"Il faut remarquer deux choses, la première que le peuple, trompé souvent par de fausses apparences du bien, désire sa propre ruine; et, si ce qui est bien et ce qui est mal ne lui est pas inculqué par quelqu´un en qui il ait confiance, la république se trouve exposée aux plus grands dangers; mais, quand le hasard fait que le peuple n´a confiance en personne, ce qui arrive quelquefois lorsqu´il a été trompé soit par les évènements, soit par les hommes, il faut nécessairement que l´état périsse."
Nous sommes actuellement dans une crise de confiance. Qui aujourd´hui ne croit pas etre manipulé par ceux qui nous gouvernent?
Ma question est: l´état actuel doit il périr ou non?
Autrement dit, dois-t-on faire une sorte de révolution?
Non non
l´Etat ne peut pas périr. On a bien essayé pleins de fois, chaque fois il s´en est relevé plus puissant encore.
La révolution est un processus de bouleversement, pour faire table rase du passé. Tout casser pour mieux reconstruire une société.
D´ailleurs Machiavel ne dit pas qu´il faut faire la révolution, mais que l´Etat périsse. La révolution c´est un bouleversement des structures politiques, bien entendu, mais aussi politique et surtout sociales.
Et puis je sais pas ce que Machiavel entend par "Etat" (bah oui j´ai pas encore lu le Prince ^^)
Ce que je sais par contre, c´est que dans Le Prince, Machiavel prend à rebours les autres auteurs politiques (Platon, ou Hobbes par exemple) en affirmant ne s´interesser qu´au côté pratique des choses. Y´a pas chez lui de notion de bien et de mal, seulement de l´utile.
Dans ce cas, si l´état doit périr, c´est parce qu´il a perdu son pouvoir sur les individus (peut-être n´est-ce pas plus mal au fond non ?) . Le Prince a le devoir de les ré-assujétir. D´ou la nécessité d´une destruction.
Dans notre cas c´est différent. Crise de confiance peut-être, mais il n´y a pas encore de désobéissance. Au contraire, il y a "sur-obéissance". L´Etat s´est imprimé partout, et maintenant je vois mal comment le détruire. L´Etat, sous sa forme actuelle, a agi sur la société; et cette dernière nous détermine presque.
Je m´explique, on va prendre par exemple ce qu´Habermas apelle "l´agir communicationnel". Dans la société capitaliste, on observe une interpénétration de l´Etat et de la société(Karl Popper). L´Etat se socialise, et la société s´instutitionalise (par exemple, les syndicats qui deviennent des ennormes bureaucraties forgées hierarchiquement etc..). Il se trouve que la doctrine commune, c´est ce qu´on apelle l´Etat de droit.
Forcément, l´Etat a une influence sur le mode de pensée des citoyens. Cette influence (Arendt) c´est le mode "délibératif" qu´a pris le politique qui implique la mise en commun de la parole. Chose qu´il n´y avait pas avant, la politique était avant tout actions.
Dans la société cela se traduit par la frénésie de justification, de démocratie, de bidules etc... Il existe une ethique de la discussion.
Les normes divines/transcendantes ne suffisent plus à justifier nos actes, il faut apporter des arguments rationnels. C´est à la discussion qu´il appartient de fonder les rapports sociaux.
Bon, c´est un exemple parmis tant d´autres, l´Etat a tout contaminé dans ce qui nous entoure.
Dans la situation où l´on est, je vois déja mal une révolution se produire, et je vois mal aussi pourquoi il faudrait la faire, puisque l´Etat ne s´est jamais porté aussi bien.
Bon, vous m´excuserez si j´ai un peu mal compris...
Mais je pense au contraire qu´on doit réformer tout notre système politique...
Peut-être suis-je manipulé par les idées des "déclinologues", mais il me semble que la politique stagne... J´ai l´impression que l´alternance d´un parti et de son opposition qui sabote les réformes pour imposer les siennes ne fait politiquement rien avancer...
Bon, effectivement, ce n´est certainement qu´une impression... C´est vrai que notre pays n´est pas si décadent qu´on veut le dire...
Mais maintenant, quand j´écoute autour de moi, personne n´a confiance :"les politiques sont des pourris, tous autant qu´ils sont".
J´ai l´impression que la tendance est d´aller vers les extrêmes, progressivement, parce que les partis au centre semblent ne pas apporter les résultats attendus.
Résultat, comme on le voit aujourd´hui, le score du Front National n´a jamais été plus élevé, les voies se morcellent et vont aux petits partis, et on assiste à un 21 avril 2002.
Je pense qu´on est dans un cul de sac. Je ne parle pas de révolution pour le quitter, mais, je ne sais pas, d´une nouvelle constitution, d´une réorganisation de toutes les structures du pouvoir...
On devrait peut-être envisager une réforme des médias, une loi qui les empêcherait d´être partisants...
Il faudrait peut-etre faire taire les gens qui parlent de manipulations, de complots, meme s´ils ont raison, pour rétablir la confiance des gens en la politique...
Je ne sais pas du tout
Pour moi c´est OUI.
Exquis Posté le 08 avril 2006 à 22:23:15
Pour moi c´est OUI.
Ca me fait penser à un type, il avait une dissert de philo:
Pourquoi?
Il a répondu: "parce que"
il a eu 0/20 ![]()
Certain répondent par un simple mot à leur disserte et ont 20/20.
ah oui? j´aimerais bien voir ça tiens
Ce sont des légendes
Conaissant un peu le milieu de la philo, je peux te dire que jamais personne n´a eu de bonne note avec ça
Je connais même un type, qui est allé passer l´ENS Cachan, le sujet c´était "La culture".
Il a répondu (même si je suis plus trop sur de la formule) "La culture, c´est comme les poireaux; c´est pas en tirant qu´on en a"... (sa formule était effectivement meilleure ^^)
Il a eu 2
Encore que c´est gentil comme note ça (bon il s´en foutait, il était pris aux Gobelins)
"Bon, effectivement, ce n´est certainement qu´une impression... C´est vrai que notre pays n´est pas si décadent qu´on veut le dire... "
C´est en effet une impression
Et une impression sur laquelle tout le monde joue en ce moment. Machiavel a d´ailleurs pondu un texte là dessus (c´était mon texte de bac blanc d´ailleurs). Ce que l´on a du passé n´est que le meilleur écho, car la mémoire collective opère un tri. Qui se souvien que les soldats napoléoniens faisaient des petits patés avec les enfants des prussiens, et les dégustaient devant eux ?
Qui se souvient que Charlemagne prenait des milliers d´otages, mutilait les chefs, les exécutait si la province en question ne se rendait pas.
Qui se souvient des problèmes de la société de 68, des moeurs etc...
A vrai dire personne, on a tout oublié. C´est d´ailleurs souvent volontaire.
A la sortie de la guerre de 14 -18, l´Etat allemand a très bien manipulé les gens. Ils ont sauvé l´honneur de l´armée (l´armée a gagné, c´est le gouvernement qui nous a trahi : thème repris par Hitler). Aussi, y´a une anecdote sympa qui est revenue à la mode.
Il existait, du temps des romains, un village de "pré-allemands" avec un chef. Un jour, quelques légions romaines se sont pointées dans la forêt. Elles n´en sont jamais ressortie, massacrées sur le champs de bataille par ce "village d´irréductibles" germains.
Preuve que le peuple allemand est grand, fier etc...Exit la défaite de 18
On a aussi remis au gout du jour les tableaux de Guillaume I et Bismark dans toutes les salles de classe (tous les textes allemands de l´époque ont un passage sur l´innénarable salle de classe ^^).
Bref, on ne garde du passé que le meilleur.
Dans le même sens y´a Nietzsches qui a dit un truc. L´homme, devant la laideur du monde, se retirerait dans un arrière monde, formé par son esprit où tout serait beau etc... Enfin, je ne l´ai pas lu donc je peux pas dire ...
Entre réforme et révolution y´a quand même une grande différence ^^. La réforme est pacifique et institutionelle; la révolution est violente et extérieure à l´Etat.
Il existe par ailleurs des sociétés dont la structure politique est irréformable (République romaine par exemple).
Cepandant dans tous les cas, la structure politique évolue
(d´où faut pas s´inquiéter, on sait pas où l´on va; mais on s´en sortira, et l´Etat avec).
Pour la structure romaine, par exemple, elle avance par accoups, par "révolutions" successives (généralement ça finit dans le sang, et il reste une partie de la réforme révolutionnaire). C´est ça le paradoxe de la république romaine ^^ Des révolutions réformatrices, et des réformes révolutionnaires. C´est Marius et Sylla
Les extrèmes sont attirants, dans la mesure où ils proposent une solution radicale et simple (ED comme EG, encore que ce soit plus valable pour la première ^^). Forcément ce discours plait en temps de "crise", c´est à dire où l´Etat perd de son influence.
Il ne semble plus capable de nous protéger en économie (délocalisations) en sécurité (la "délinquance"... encore que c´est un phénomène particulier, souvent produit par la société capitaliste, et l´idéologie scientiste... c´est jargonnant
j´ai du l´expliquer aileurs)
Mais tu remarquera que les partis extrèmes ne proposent pas de révolutions (les trotskistes de la LCR ont abandonné il y´a 4 ans je crois, le principe de la révolution violente... le PCF aussi. Quant à l´extrème droite, la révolution lui déplaît au plus haut point, et les réformes qu´elle proposent n´en sont pas. Elles sont plutôt des marques de conservatismes). Non, si les gens votent aux extrèmes, c´est (enfin je crois) pour voir des gens "gouverner autrement" (l´accession d´hitler au pouvoir est en partie due à cette raison).
Le Pen ne veut surement pas réorganiser le pouvoir. C´est gouverner autrement, et à la rigueur changer la société (c´est à dire les mentalités : il est un catho fini, antisémite à souhait mais pas forcément contre les arabes. Il est nationaliste de surcroit : pas de révolution à l´horizon, un retour au passé si).
Pour l´extrème gauche, il suffit de lire la II° Internationale, tu auras leurs idées (sauf le principe de révolution). Mais en sommes c´est un "meilleur" partage des richesses. Là aussi on agit sur la société, pas sur l´Etat.
Donc, au final, la structure politique ne paraît pas du tout en dissolution. Au contraire, elle va même très bien.
Il faut distinguer l´Etat, et le gouvernement.
Ceux qui sont aux commandes sont critiqués, pas tellement les commandes (bon on a le refrain anti fonctionnaire ... mais après) et la société est critiquée, mais pas sa tête institutionelle.
" Certain répondent par un simple mot à leur disserte et ont 20/20. "
Autre légende du BAC ultra connu :
SUJET : Qu´est ce que le culot ?
-->Le culot c´est ça...(le reste de la page et des autres feuille reste vide).
Mais bon, je te déconsseille d´essayer ce genre de truk.
Merci de m´éclairer gijoe...
Ca a pas l´air con du tout ce que vous dites (oui, je vouvoie, vous etes pas un gamin ça se voit)
Par contre, le problème, c´est que vous parlez de scientisme:
"[L´état] ne semble plus capable de nous protéger en économie (délocalisations) en sécurité (la "délinquance"... encore que c´est un phénomène particulier, souvent produit par la société capitaliste, et l´idéologie scientiste..."
Qu´est ce que vous entendez par idéologie scientiste?
Tu peux me tutoyer
j´ai que 18 ans tu sais ^^ (j´espère au moins que ce que je dis est clair :D parce que parfois ls phrases sont un peu bidonc mais bon...)
Le scientisme, c´est l´idée selon laquelle (en très gros) la science peut tout expliquer, que seule la science existe et qu´elle est norme universelle (Un peu comme Dom Juan de Molière : "Je crois que deux et deux sont quatre; et que quatre et quatre sont huit" : c´est une croyance irrationelle en des objets rationels. Y´en a plein de nos jours encore ^^)
Bon la délinquance est un concept juridique, mais c´est aussi et surtout un concept de psychologie.
Je m´appuie là sur Foucaut : l´auteur a pour but de déconstruire les savoir : ils ne sont ni universels, ni intemporels. Le savoir est un processus d´identification entre le réel et le rationel, des outils d´analyse qui sont, selon les scientistes, "immortels". Il se refuse aux "invariants". Deuxième étape : puisqu´il n´y a pas de vérité, mais des régimes de vérités à un moment donné de l´histoire : il faut se rendre compte de leur "mode d´apparition". Descendre dans les pratiques dans lesquelles naissent les représentations du monde.
Puis, troisième proposition. Il faut faire sortir une nouvelle "episteme", une antithèse de la première proposition. C´est à dire qu´au sujet pensant de Descartes, se constitue en face son contraire : l´autre, le déclassé, le rejeté.
Puis, dans son bouquin "Histoire de la Folie" il interroge la conception de la folie dans les sociétés occidentales (la délinquance est du même type).
La folie est inconnue au moyen age. En fait, elle est constituée comme un don de dieu, parce qu´elle est un écart au commun des mortels (tout le monde n´est pas en transe permanente, non libre etc...)
Avec l´apparition du scientisme, et plus précisément de la psychologie; la folie a été décrite, analysée (sans jamais vraiment pouvoir l´expliquer...) et institutionalisée.
C´est à dire qu´on s´est mis à construire des asiles dont l´efficacité est toujours aussi peu démontrée. Ils sont d´ailleurs critiqués par André Breton, à la fin de Nadja (puisque l´héroïne est envoyée dans un asile, alors qu´elle n´est pas folle... simplement différente).
Voilà donc, la folie est à la base un écart au commun. Les sciences de l´hommes ont érigé ce "commun" en norme transcendante, scienfifique etc...
Dans la société il se passe la même chose.
Le délinquant est celui qui refuse de se plier aux règles de la société, il est son antithèse. Ce n´est ni un criminel, ni un meurtrier, ni un pédophile, ni rien d´autre. Le statut de délinquant est bien différent. Un Criminel commet un crime, mais que commet un délinquant ?
Il s´oppose simplement à la société comme elle est. Il vit de flux qui ne sont pas controlés par le pouvoir (la drogue, les trafic divers et variés) d´une manière qui ne plait pas au pouvoir, parce qu´il est hors de sa sphère d´influence.
Il est d´ailleurs curieux de constater que la notion de déliquant apparaît au XIX et pas avant...
On peut aussi adopter l´explication sociologique : la délinquance est une violence produite par la violence incontrolée d´un marché libéralisée à laquelle le travailleurs doit se plier.
Ensuite, on peut étudier la prison^^ mais ça fait longtemps que j´ai pas lu le bouquin où c´est écrit ![]()
"Ca me fait penser à un type, il avait une dissert de philo:
Pourquoi?
Il a répondu: "parce que" "
fallait plutôt mettre: "pourquoi pas ?"
^^
L´exemple de la psycologie, des asiles psychiatriques, ce n´est pas un "excès de scientisme", c´est juste soit une mauvaise voie, soit une voie pas assez maîtrisée...
Je ne sais pas trop, si en citant Descartes, vous parliez de ce Malin génie, mais il s´avère que le scientisme nous permet de progresser aujourd´hui...
Je ne dis pas que ce scientisme n´a pas de barrière, je ne dis pas qu´il est l´expression de la vérité, meme si c´est ma foi, je dis que le scientisme est aujourd´hui une chose qui marche mieux que les religions pour expliquer les mécanismes de l´univers...
Je dis qu´il marche mieux, parce que même si les religions proposent une explication convenable, le scientisme les dépasse... Il les dépasse car derrière chaque mécanisme complexe se cache une explication, complexe elle aussi.
Cette explication complexe est, quand elle est maitrisée, la seule qui permette jusqu´à maintenant de prévoir l´évolution d´un phénomène, ce que la religion n´a jamais permi de faire.
Et une des forces du scientisme, c´est d´être en perpétuelle évolution, de remettre en question ses mécanismes sans arrêt.
Car avec le scientisme, on sait, on ne croit pas... Meme s´il reste une part de doutes, le scientisme se base sur des preuves. Une nouvelle idée ne sera pas aussi rejetée que dans une religion.
Contrairement à la religion, il suffit de convaincre, il n´y a pas besoin de trouver une justification dans les paroles d´un dieu.
Tant qu´il nous permet de cerner des phénomènes et de les prévoir (par exemple, la météo, les caractéristiques de la chute d´une balla a partir de quelques données au départ, etc...), tant qu´il progresse, il n´y a pas de raison de changer de mode de pensée.
Sisi le scientiste croit irrationellement en une chose : en la science, aussi paradoxal que cela puisse paraître. (il me semble même que Descartes défonse les Athées dans les Méditations métaphysique, la 3°; pour ces mêmes raisons ^^)
Quant à comment marche la science, il faut lire Foucault, Popper et Kuhn, et tu va voir si elle est tant embarassée par la vérité, si elle a toujours raison etc...
Le scientisme c´est la croyance invétérée à la science; pas la pensée que la science remplit son rôle. Pour les scientistes, la science explique tout, normalise tout, permet tout (ce qui est manifestement faux) et n´a pas tant à être tempérée par la morale. [c´est la une différence entre les mentalités françaises et anglaises. Eux dès qu´ils peuvent; ont par là même le droit de faire. Nous, le droit prime sur le pouvoir
]
L´exemple de l´asile, est en fait l´exemple d´un "trop de science". En fait, la science commence à déborder sur la société (c´est ce procédé qui crée les délinquants, et les fous entre autres).
C´est à partir du moment, ou quand il y´a un crime, on va faire appel au psychologue, pour qu´il dise si cet individu est normal ou pas.
Si tu veux, la justice n´est plus tellement. On ne juge pas la culpabilité d´un homme, on juge son appartenance à la norme (non coupable) ou sa différence (fou, délinquant ou autre).
C´est faire croire que le général est ce qui doit être, qu´il doit être universel.
L´écart statistique est normalisé : pour être homme, il faut avoir quatres membres. Ceux qui n´en ont que trois, à la suite d´erreurs génétiques, ne sont plus des hommes comme les autres : on les regarde différemment.
Par exemple on considère le meurtre comme anormal, non pas comme il devrait être : c´est à dire un crime, ou une violation de la loi (tout est baucoup plus simple comme ça... )
En citant descartes je faisai pas référence au malin génie, mais simplement au sujet pensant; pour dire qu´en face se constitue un autre, qui est "anormal".
ok... Je comprends ce que vous voulez dire...
Mais je ne suis pas d´accord.
On considère toujours bien un meurtre comme un crime. On essaie juste de comprendre les raisons qui poussent un homme au meurtre.
Je trouve tout à fait normal qu´un homme malade (c´est à dire avec un mental non adapté à notre société) n´ait pas la même peine qu´un meurtrier de sang froid.
On doit l´enfermer, mais pas lui donner une peine qu´il ne peut pas comprendre...
Car le but d´une peine de prison, c´est quand meme la punition. Or, la punition n´est appréciée que quand on la comprend...
Une personne incapable de comprendre qu´il a fait quelque chose de mal en tuant doit, certes, etre enfermée, mais comme une personne folle.
Bon, ensuite vous dites que la science doit être tempérée par la morale...
Cela dépend de ce que l´on entend par "morale".
Car si la morale se base, religieusement, sur un malentendu, sur une chose à laquelle on doit croire aveuglément sans la comprendre, alors la suivre permet d´avoir une loi, une norme, mais qui ne sera pas forcément la plus appropriée.
Se baser sur la science permet de faire les choix les plus appropriés... Meme s´il y a des erreurs et que la nature de l´homme est de les reconnaitre le moins possible.
Je pense que quand la science permettra de prévoir des comportements humains (et je suis convaincu que ce sera le cas un jour), on devra progressivement abandonner notre morale actuelle pour en garder une plus appropriée.
C´est un des axiomes sur lequel on peut baser la croyance en la science, que chaque chose a une cause rationelle.
Mais ça revient à croire en un autre dieu, un autre dogmatisme ni meilleur ni pire que les autres.
Le meurtre est un crime, mais le meurtrier n´est plus simplement un criminel... il est quelque chose de plus. Avant, la peine pour le meurtre, c´était la mort.
Tout était simple (horrible peut-être; très peu humain sans doute). Un mauvais sujet était éliminé de la vie.
Enfin non, ce n´est pas exact.
Le meurtrier est envoyé en prison. La prison est un lieu où l´on attend la peine (elle n´est pas la peine, elle est un lieu de rétention et d´attente). La peine elle même c´est le banissement, la torture, ou la mort.
De nos jours (seulement à partir du XIX), avec ce "débordement" de la science, la fonction de la prison a changée. Elle est devenue peine en soi. Un lieu où on purge sa peine. L´idée qui s´est développée est de "réinsérer" l´individu, et de lui faire "réparer" sa faute.
La réinsertion, ça s´apelle la modification du matériau humain : la manipulation (le plus grand présupposé des lumières : l´homme est maléable).
La prison est aussi le lieu de banissement où l´on envoie tous ceux qui ne sont pas pareils (on y mèle les meurtriers, les pédophiles etc... sans distinction. L´asile est une prison, mais en plus développé^^)
Pour mieux dresser les corps (la délinquance, par exemple, est un aspect du refus d´être comme les autres, de travailler comme les autres) on les fait travailler : du même coups il paie sa dette.
Le but de la prison n´est pas en fait la punition, mais le formattage en même temps que la punition. Et c´est aussi un outil politique, pour maintenir la cohérence de la société.
J´ai dit que toute chose se construisait en face de son autre. Ici c´est la même chose : comment fabriquer une société ? C´est à dire un ensemble monolithique (car les objets faits d´une seule matière sont plus solides, généralement). Il suffit de distinguer les participants à la société et les autres... Ces derniers on les envoie en prison.
Et cet envoi en prison, on le justifie rationellement (grace à la psychologie, et à d´autres sciences) c´est à dire qu´on le normalise, alors qu´il n´a pas à l´être.
Normaliser, par définition c´est rendre légitime. La loi est fondamentalement illégitime. Toute ces choses sont des mécanismes du pouvoir
Fin bon c´est brouillon
le mieux c´est que tu trouve un livre ou est résumé la pensée de Foucault ^^ Ca sera bien mieux foutu
Quant à la morale, pas question de la morale chrétienne. La morale signifie simplement se poser la question du bien et du mal, du légitime et de l´illégitime. Les anglais répondent à cette question en disant "On peux, il faut donc le faire". Je crois qu´ils sont dans l´erreur, et ça peut conduire à des catastrophes (Les bombes atomiques, on ne savait strictement rien de ce que ça allait faire... on savait même pas si ça allait péter. A leur arrivée au japon, la première chose qu´on fait les ricains, c´est installer des labos pour analyser ce qui s´est passé [radioactivité et Cie] )
C´est bien de flooder par citations, l´idéal étant, bien sûr, de le saupoudrer de raisonnements personnels, hein (un peu originaux, ceux-ci)?
Ca me gene pas du tout en plus c´est interessant.
Mais pour en revenire au scientisme ne pensez vous pas qu´il a tendance a ce dogmatisé et que certaine theorie accepté par toute la communauté scientifique sont difficile a remettre en question ??
Ben j´ai cité aucun auteur ... j´ai beaucoup vulgarisé ce qu´ils pensent...
Des raisonnements personnels, ça n´existe pas. Tout au plus on fait semblant d´avancer, ou alors on ne sait pas que ce qu´on dit a déja été très bien décrit par quelqu´un.
Généralement, ce quelqu´un est intelligent, compétent et tout le bazard, donc pourquoi pas s´appuyer sur lui être dans le vrai ?
Ensuite, si tu trouve que ce que dit Foucault n´est pas original... je me demande ce qui peut être original ![]()
Si tu ne le trouve pas original, c´est plutot parce que ce qu´il a dit est rentré dans le sens commun , alors qu´il a été le premier à le dire.
Enfin, ses raisonnements à lui, je les ai fait miens. J´y adhère en partie, donc c´est ma pensée que tu vois là, en majeure partie. D´autant plus que j´interprète forcément Foucault (C´est comme ça avec tous les auteurs, aujourd´hui on lit Descartes après Kant... donc ça a une grande influence sur ce qu´on y voit... Les méditations cartésiennes de Husserl, sont un moyen pour lui d´exposer sa pensée, en lieu et place de celle de Descartes).
Pour le scientisme, evidemment que ça a tendance à se dogmatiser. Le scientisme est de toute façon un dogmatisme : "Je crois que la science peut tout expliquer". Il oriente toute notre conception du monde, et considère la science comme un dieu, comme le seul facteur de progrès possible. Ce qui a été largement remis en question par les évènements d´il y´a 60 ans : la science seule est capable d´horreurs. D´ou ce que les gens qui savent apellent technoscience : la science doit servir à quelque chose [1/3 du budget, est attribué aux sciences théoriques, 2/3 aux sciences pratiques], le problème est que maintenant elle est aussi un objet économique, et qu´elle est ainsi dénaturée .. etc...
Remettre en cause une théorie en science est très facile, il suffit d´attendre la mort de son auteur ^^.
Bon plus sérieusement, y´a une différence là dessus entre sciences humaines et sciences "dures".
Les penseurs en science humaine, sont trainés dans la boue toute leur vie. Parfois, ils sont sacrés institutionellement (c´est le moment où ils se prennent pour Dieu, et où leurs théories cessent d´être interessantes). QUoiqu´il en soit, toute leur vie ils vont devoir se battre pour que leur théorie marche. Un peu de sparadrap par là, du scotch par ici.
Par contre, quand ils meurent, leur oeuvre est laissée intacte : comme un objet sacré. On se prosterne devant leurs bouquins (les philosophes par exemple. Pourquoi n´adule-t´on pas les types comme Ricoeur ? Parce qu´ils ne sont pas encore mort).
En science dure, c´est le contraire. Tu trouve une théorie, tu l´applique, tu bidouille, ça marche (c´est à dire que l´expérience et la prévision de certains phénomènes est possible) donc c´est vrai. Là tout de suite, sacre institutionnel, des centaines d´étudiants te prennent pour Dieu, tu fais le JT etc etc... Toute ta vie sera comme ça, tu sera Dieu pour tout le monde. Autour de toi va se constituer un corps de gens qui vont défendre ta théorie.
A ta mort, et à la mort de ceux qui te défendent... on va commencer la déconstruction. Au final, de ta théorie, il n´en restera rien (ou généralement).
Donc, la science n´est pas tant orientée que ça par la vérité. Elle est orientée par l´expérience (En astronomie, prévoir les phénomènes célestes par exemple).
Une théorie A apparaît. On s´accorde à dire que c´est LA théorie pour expliquer CE phénomène (La relativité d´Einstein par exemple, ou mieux :l´évolutionnisme de Darwin). Glaciation autours de cette théorie, des tas de scientifiques sont séduits, et adhèrent à cette chose.
Quelques temps après apparie une théorie B, qui se veut LA théorie pour expliquer CE même phénomène (par exemple la "théorie" de l´Intelligence Design).
Forcément y´a opposition.
La aussi, des scientifiques sont séduits, et adhèrent à la théorie B.
Donc, il y´a débat entre les tenants de A, et les tenants de B avec des arguments le plus souvent bidon (les vrais arguments, on ne les voit jamais ^^).
Deux issues sont possibles, soit les B gagnent, soit les A gagnent. La question est comment ? En fait, c´est une victoire du nombre. Il s´agit de débouter le plus de scientifiques tenants de la théorie.
La théorie A reste institutionelle pendant quelques années, c´est à dire le temps que les tenants de A quittent l´institution, ou meurent.
Plus de gens pour soutenir A, B l´emporte. Les meilleurs défenseur de B sont sacrés institutionellement, en même temps que leur théorie. Elle est LA théorie pour expliquer CE phénomène.
Puis voici une théorie C et ainsi de suite...
Ce qui est scientifique n´est pas que ce qui est vrai, ou vérifiable; c´est ce qui séduit les scientifiques.
Kanzaki, je vien de retranscrire la théorie d´un auteur ... lequel ? ![]()