Ok je fais la réponse de gijoe.
Gallilée a construit un savoir (la gémoétrisation)qui s´est constitué contre la physique d´Aristote, avec ses mouvements contraints, ses mouvements naturels etc.... qui distinguait le monde sub lunaire (nous) et le monde supra lunaire peuplé d´ether et de "corps parfait" décrivant des "trajectoires parfaites" (le rond) parfaitement prévisibles par lui. Le monde sub lunaire par contre, c´est le chaos.
De même Lavoisier va contre l´alichimie etc...
Ce que Gallilée et Lavoisier ont ouvert s´apelle un paradigme, c´est à dire un modèle théorique qui détermine les faits significatifs du point de vue de la théorie. Le paradigme est une interprétation sur laquelle se base toute science.
Ce n´est pas le changement de paradigme qui marque le projet en science (comme si on pouvait les empiler, dans une direction précise; faisant ainsi l´unité des savoirs) mais l´ouverture sans cesse renouvelée de nouveaux paradigmes.
Ainsi, le paradigme de Gallilée est toujours valable. On l´utilise pour certaines expériences qui mettent en scène les phénomènes "gros".
Par contre, à un niveau plus petit, ça ne marche pas. Il y´a le paradigme relativiste (celui instauré par Einstein, et sa fameuse théorie).
Etc...
Le progrès du savoir est marqué par sa décomposition, non pas son unité. Et il n´est pas dit qu´au final tout se recoupe au travers d´un seul paradigme.
L´histoire des sciences montre que l´évolution des sciences n´est pas due à l´accroissement des faits et des concepts conformes au paradigme. Au contraire, cela vient de l´accroissement du nombre d´anomalies.
C´est à dire les faits inattendus, et énigmatiques qui contredisent le paradigme et qui deviennent par là même significatif.
La multiplication de ces anomalies fait naitre l´exigence d´un nouveau paradigme explicatif. Une période d´affrontement entre les divers paradigmes s´ouvre. Une période de "révolution scientifique" qui s´achève comme je l´ai dit plus haut.
D´ou des refontes, des coupures et la multiplication des coupures épistémologiques.
Pour prendre un exemple d´anomalie. Il y´a un siècle, un scientifique a trouvé une expérience qui -pensait-il- allait révolutionner le monde. Il arrive à l´académie des sciences.
Tu peux faire l´expérience chez toi.
Il prend une casserole, verse de l´huile dedans (de l´huile de baleine, mais ça marche aussi avec la notre il me semble).
Dans l´huile, il verse des copeaux de bois.
Il allume alors le gaz, jusqu´à ébullition. Ca bout, ça fait des bulles, c´est le foutoir, les copeaux bougent dans tous les sens.
Il éteint le gaz, la température redescend, l´eau se stabilise.
Et là, Oh révolution : les copeaux de bois sont assemblés en octogones (enfin, en figure géométrique exacte de 6 ou 8 cotés je sais plus).
La thèse du scientifique consiste à dire, que du désordre peut naître l´ordre. Une chose qui est impossible dans les représentations du paradigme de l´époque. Aujourd´hui on a le concept des fractales, qui ressemble un peu à ça. On est capable de penser ce paradoxe, grace à un nouveau paradigme.
Maintenant, quant à la théorie scientifique elle même.
Elle est faite de concepts, c´est à dire des représentations abstraites et générales, cad comprenant un certain nombre de caractères extraits du réel et d´une représentation. Le concept est le résultat d´une opération mentale, qui trouve son origine dans le réel, et liés par une opération mentale qui les compare, les rapproche, les lie à partir de signes pour en produire une représentation universelle.
La différence avec le concept commun, c´est qu´il doit pouvoir être vérifié par l´expérience. C´est à dire une vérification bien définie qui lui fournit un critère d´application.
Exemple de la dureté d´un minerai. M1 et M2. Le terme "plus dur que" est appliqué à ces minerais. Pour déterminer lequel des deux est le plus dur, on va tirer un trait avec un morceau de M1 sur M2.
M1 sera plus dur que M2 si et seulement si il raye M2.
D´ou la signification du concept dépend entièrement du choix des critères opératoires d´application.
Ensuite il y´a une seconde vérification : en science les concepts sont liés par une équation algébrique de la forme y=f(x).
Comme le dit Hempel "les concepts scientifiques sont les noeuds d´un réseau de relations mutuelles, systématiques, dont les lois et les principes théoriques forment les fils".
Le concept scientifique ne renvoie pas à une expérience subjective liée à la sensation ou le sentiment; mais se définit rigoureusement et objectivement (par exemple : le concept de masse, claculée objectivement a partir de la formule p=m.g)
L´expérience doit, quant à elle toujours avoir un point d´ancrage dans la théorie (et se différencie par là de l´expérience commune).
Voilà.
De toute façon, ses réponses à gijoe, personne ne les lis.