Un homme est mort, abattu dans une station de métro londonienne par des policiers qui le soupçonnaient d´être un terroriste : cet événement sans précédent, qui suscite bien des questions dans la presse et en dit long sur la détermination des autorités, a dominé, vendredi 22 juillet, une journée marquée par la rapide progression de l´enquête sur les quatre attentats manqués de la veille à Londres.
Scotland Yard reconnaît une bavure
Evoquant une " tragédie", que la " Metropolitan Police regrette", Scotland Yard a fait savoir, samedi 23 juillet, que l´homme, abattu la veille par la police londonienne à la station de métro Stockwell, n´était pas lié aux attentats ratés de jeudi, contrairement à ce qui avait été affirmé vendredi.
Dans son communiqué, Scotland Yard revient sur les circonstances qui ont conduit à cette bavure."L´homme est sorti d´un immeuble qui était sous la surveillance de la police dans le cadre de l´enquête sur les incidents du 21 juillet ( ...), il a ensuite été suivi par des policiers jusqu´à la station de métro. Ses vêtements et son comportement ont renforcé les soupçons". Une enquête est ouverte.
Il était 10 heures du matin, lorsqu´un homme, dont on ignorait toujours l´identité samedi matin, a été tué sur un quai de la station de métro Stockwell, au sud de Londres. Il avait, dira la police, ignoré les sommations des inspecteurs lancés à ses trousses. Stockwell est voisine de la station Oval, théâtre de l´une des explosions de jeudi.
" PROCÉDURES RESPECTÉES"
Interpellé par les policiers, l´homme, qui portait un manteau, a franchi d´un saut le portail automatique, avant d´être rattrapé au moment d´entrer dans une rame et d´être abattu, semble-t-il, de cinq balles. Ian Blair, chef de Scotland Yard, a d´abord présenté cette fusillade comme " directement liée à l´enquête" . La police a ensuite précisé avoir suivi l´homme parce qu´il sortait d´une maison placée sous surveillance en liaison avec l´enquête sur les attentats de jeudi. Ses " vêtements" ( un manteau d´hiver épais) et " son comportement" auraient " renforcé les soupçons" . Puis, dit-il encore, " il a refusé d´obéir aux instructions de la police" .