Le président Jacques Chirac a convenu de se rendre au début de l´année prochaine à la Maison Blanche pour des entretiens avec George W. Bush, dans le cadre d´une initiative américaine visant à réchauffer des relations bilatérales quelque peu dégradées depuis la crise de l´Irak.
La Maison Blanche a approché le chef de l´Etat français pour qu´il lui rende visite à Washington dans les premiers mois de 2005, ce que la partie française a accepté, a déclaré, mardi 22 décembre, un haut responsable de l´administration Bush. " Nous essayons de trouver une date qui puisse convenir à Jacques Chirac", a-t-il ajouté.
M. Bush se rendra dans plusieurs capitales européennes en février, mais Paris n´est pas sur son itinéraire officiel, même si, fait-on remarquer à Washington, le chef de l´exécutif américain verra Chirac avec d´autres dirigeants européens à Bruxelles, en marge d´un sommet de l´OTAN prévu dans la capitale belge.
Prié de dire s´il existait toujours des divergences avec Chirac sur la conduite de la guerre en Irak, le responsable américain a répondu : " Tout cela appartient au passé. C´est, en tout cas, notre vision des choses."
Les relations franco-américaines sont tendues depuis que Paris a refusé d´approuver l´invasion de l´Irak en mars 2003. La dernière rencontre entre les deux chefs d´Etat remonte à juin dernier, lors d´un sommet de l´OTAN à Istanbul, en Turquie. Le président français s´était alors une nouvelle fois démarqué de son homologue américain, le prenant vivement à partie pour avoir invité l´Union européenne à intégrer " à terme" la Turquie.
M. Bush " est non seulement allé trop loin, mais il est allé sur un terrain qui n´est pas le sien", avait lancé le président français. " Il n´avait aucune vocation à donner une obligation ou une voie quelconque à l´Union européenne. C´est comme si j´expliquais aux Etats-Unis la façon dont ils doivent gérer leurs relations avec le Mexique", avait-il ajouté.
Les deux hommes avaient paru plutôt froids et distants l´un avec l´autre, du moins lors des événements ouverts à la presse, avaient constaté les photographes.
LE DIALOGUE N´A JAMAIS ÉTÉ ROMPU
En dépit des tensions entre Paris et Washington, l´Elysée insiste cependant sur le fait que le dialogue n´a jamais été rompu et que les relations personnelles entre MM. Chirac et Bush ne sont pas mauvaises.
La présidence française a ainsi souligné récemment que les deux pays seraient encore amenés à travailler ensemble, par exemple dans la lutte contre le terrorisme.
Au lendemain de la réélection de M. Bush, Jacques Chirac a adressé à son homologue un message de félicitation où il l´appelait " cher George". " Au nom de la France et en mon nom personnel, je souhaite vous exprimer mes plus vives félicitations pour votre réélection à la présidence des Etats-Unis d´Amérique, a écrit M. Chirac. Je forme le vœu que votre second mandat soit l´occasion de renforcer l´amitié franco-américaine", ajoutait-il.
Début juin, peu avant les cérémonies marquant le 60e anniversaire du débarquement allié en Normandie, le président américain avait assuré que M. Chirac était son " ami" et qu´il n´avait " jamais été fâché avec les Français".
Il s´était dit prêt à inviter M. Chirac dans son ranch de Crawford ( Texas, Sud), une marque d´intimité réservée à quelques dirigeants. " S´il veut venir voir des vaches, il est le bienvenu. Il peut venir voir des vaches", avait dit M. Bush.
La Maison Blanche a confirmé par ailleurs une rencontre de M. Bush avec le chancelier allemand Gerhardt Schröder le 23 février, dans le cadre de sa visite en Europe, et une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine le 24 février, lors d´un sommet Russie - Etats-Unis dans la capitale slovaque Bratislava. La France, l´Allemagne et la Russie s´étaient opposées à l´invasion de l´Irak par les Etats-Unis.
Avec AFP