A la lecture de l'en-tête, je me pose une question bête (ça c'est de la rime octosyllabique improvisée de fou) :
Celui qui écrit ne détient-il pas automatiquement le pouvoir ?
De fait, si on adopte une réponse positive, cela voudrait dire que quiconque prend la plume pour rédiger la constitution en fera sa chose, son élément, son œuvre scripturale ! Dit comme ça, on pourrait penser que ça justifie d'autant plus que le peuple devrait, s'il est souverain, se charger lui-même d'écrire la constitution. Or, c'est oublier que l'écriture est une approche personnelle, intime, qui n'émane que de l'esprit de son auteur. Je ne dis pas que le texte en entier ne peut pas incorporer des passages de plusieurs auteurs différents mais cela ne laisse qu'une compilation, et quand bien même il y ait correction c'est le correcteur au final qui s'approprie le texte en le dénaturant de son auteur dès la première virgule pour le naturaliser à sa cause. Si la coutume a érigé le pouvoir monarchique, l'écriture a érigé le pouvoir oligarchique. Pour le pouvoir démocratique, en définitive, je pense qu'il faudrait inventer autre chose sur laquelle se reposer.