Laurent Gbagbo jouerait-il les Saint Thomas ? Dans une interview accordée au Washington Post, le président ivoirien a déclaré " je n´ai pas vu de cadavres, je n´ai rien vu", à propos de la mort des 9 soldats français dans un raid aérien de l´armée ivoirienne le 6 novembre. Selon lui, seule une enquête de son gouvernement pourrait confirmer leurs décès et les circonstances de ceux-ci.
Ainsi, pour Laurent Gbagbo, l´attaque visant un cantonnement militaire français à Bouaké – qui a fait 10 morts et une trentaine de blessés – n´aurait été qu´un " prétexte" pour Jacques Chirac afin qu´il puisse lancer une riposte destinée à détruire tous les moyens aériens militaires ivoiriens. Une riposte si rapide, selon le président ivoirien, qu´elle ne pouvait être que planifiée à l´avance. " Le gouvernement de Jacques Chirac n´a jamais accepté que je sois devenu président", a-t-il affirmé.
Depuis samedi, les intérêts français en Côte d´Ivoire sont la cible de nombreuses exactions qui ont entraîné la fuite de plusieurs centaines de ressortissants de l´Hexagone. " Ils reviendront", affirme Laurent Gbagbo dans le quotidien américain.
En France, on cherche l´apaisement
Cherchant visiblement de son côté à apaiser les esprits, le chef d´état-major des armées françaises, le général Henri Bentégeat, avait plus tôt indiqué sur Europe 1 vendredi qu´il ne pensait pas, " personnellement", que le président ivoirien Laurent Gbagbo ait donné l´ordre du bombardement, car cela aurait été " insensé". Le responsable militaire a toutefois dit être " sûr d´une chose : cette frappe a été voulue, délibérée".
Moins conciliants, les rebelles des Forces nouvelles se refusent à tous pourparlers mêlant Laurent Gbagbo et ont annoncé qu´ils ne se rendraient pas en Afrique du Sud pour tenter de trouver une issue politique à la crise.