voila, voila...
petite histoire tranquille écrite par moi même
Cette histoire est réelle. Il y a vingt ans, en basse Normandie, vivait un bûcheron, Raphaël Maudisse, et son fils, Alexandre, sa femme étant morte d’un cancer du foie. Un beau jour, alors qu’il rentrait chez lui après une rude journée de labeur, il se rendit compte que son enfant n’était pas dans sa maison ( on était en pleine campagne ) . Après plusieurs jours de recherches, la police vint lui dire qu’on avait retrouvé un doigt d’enfant qui pourrait très bien être son fils sur une route de campagne.
Trois ans plus tard, une nuit, le bûcheron lisait tranquillement un livre près de sa cheminée. Il alla boire un verre d’eau dans la cuisine. Lorsqu’il revint près de la cheminée, il entendit un petit bruit au dehors . Lorsqu’il regarda sa fenêtre, il y vit une trace de main enfantine ensanglantée à laquelle il manquait un doigt imprimée sur le carreau. Pris de panique, il pris sa hache et sortit dehors. Il vit alors que le portique menant à sa maison était entrebâillé, ce qui voulait dire que quelqu’un était entré dans son jardin. Il décida donc d’aller avertir la police. Il se dirigea vers sa voiture, mais, à mi-chemin, il se rappela qu’il avait laissé ses clés de voiture dans sa maison. Il se retourna vers sa maison et il vit que quelqu’un de petite taille était chez lui, juste à côté de la porte . Il eut à peine le temps de voir cette silhouette que toutes les lumières de sa maison s’éteignirent en même temps : cette chose devait avoir fait péter tous les plombs. Le bûcheron avait peur. Très peur. Une envie de pisser lui martela l’entrejambe, et il ne la reflua pas. Il vit une ombre bouger devant lui. Il se mit alors à hurler. En proie à une panique intense, il se mit à courir dans le champs qui se situait à côté de sa maison, avec pour seul but de s’éloigner de cette chose. Alors qu’il courait le plus vite qu’il pouvait, il entendit sa voiture démarrer derrière lui. Il n’en pouvait plus de courir ; ses forces l’abandonnaient. Il entendit sa voiture rouler de plus en plus vite derrière lui. Il savait que s’il ne continuait pas à courir, il se ferait écraser par la masse de son 4x4. Il sentait presque déjà le pare-choc de sa voiture dans son dos ; il se mit à hurler de plus belle, et son hurlement résonnait dans la campagne. Tout à coup, il ne sentit plus ses jambes, la voiture le happa et il fut littéralement broyé sous elle. Sa dernière pensée alla pour sa femme, et il eut le temps de se poser une question : est ce que la forme qu’il avait entraperçu tout à l’heure était son fils, revenu de par delà les enfers ? Allait-il lui aussi pourrir en enfer ?
Bien après qu’il est été déchiqueté par l’amas de tôles et de boulons qui constituaient sa voiture, son hurlement d’impuissance et de détresse continua de résonner dans le silence de la nuit tombante.
Le lendemain matin, on porta le bûcheron disparu. Après plusieurs jours de recherches, on finit par découvrir un de ses doigts sur la route. On en déduisit qu’il était mort d’un accident, ou d’un suicide peut-être, mais personne n’en savait rien. Le dossier Maudisse fut fermé faute d’indices.