Bon, voilà, j'envoie les premiers chapitres écrits. C'est une suite d'une première fic du nom de The Two Winged Angel.
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Prologue
Il faisait sombre, et le froid s’intensifiait cruellement dans tout le complexe, en particulier dans les geôles de l’édifice. L’air glacial s’infiltrait par la moindre fissure entre les pierres mal jointes des cellules. Le caveau était sale, et une épouvantable odeur de pourriture et d’excréments flottait dans l’atmosphère déjà lourde d’une attente à la fois chargée de peur et d’impatience. Par endroit, vu l’humidité terrible qui régnait dans les cellules, le froid transformait l’eau en plaque de glace qui recouvrait les fissures des pierres ou en une fine couche de neige mouilleuse qui blanchissait tout un pan de mur. Le caveau ne possédait qu’une petite meurtrière, qui faisait perdre de chaleur qu’elle ne laissait entrer de lumière, ce qui plongeait une cellule dans une éternelle semi obscurité, troublée de temps à autre par la porte ouverte par les geôliers qui jetait de la nourriture de façon irrégulière à l’intérieur du cachot.
Le caveau renfermait un secret bien gardé, connu seul des gardes postés devant la porte, bien que même eux ignoraient la nature de ce qu’ils gardaient. Aucun son ne sortait de la cellule, aucune lumière ne filtrait à travers les barreaux de la porte qui aurait pu laisser apercevoir ce qu’ils gardaient. C’était comme s’ils surveillaient un vide total.
En fait, dans le coin le plus sombre du caveau, une forme immobile assise contre le mur de pierre semblait attendre quelque chose. On ne distinguait rien de ses traits, sinon qu’elle était habillée de haillons informes, déchirés et crasseux. La sombre silhouette était difficilement repérable dans l’obscurité opaque du cachot, mais lorsque le silence se faisait dans tout le donjon, les sentinelles postées tout autour parlaient d’une faible respiration sifflante, comme un râle, qui disait-on, sortait de la bouche du prisonnier, si c’était bel et bien une créature humaine. Certains disaient que c’était une bête sauvage qu’on ne nommait même pas dans le moindre bestiaire, d’autres que c’était une créature venue d’un autre monde. Mais tous s’accordaient pour dire que c’était un sujet d’expérience du chercheur en chef.
***
Le donjon était silencieux, un silence à peine troublé par le bruit de pas des gardes qui faisaient leur ronde dans le couloir truffé de portes menant sur chaque cellule. La dernière porte était la seule fabriquée avec un alliage de métal spécialement blindée, et des dizaines de serrures de toutes les formes et de toutes les sortes barricadaient la salle. Deux soldats se tenaient bien droit devant la porte.
Des pas lourds se firent entendre dans l’escalier de pierre, laissant apparaître un homme de haute taille, vêtu d’un sarrau blanc passé par-dessus des vêtements de bonne coupe noirs. Il possédait une épaisse chevelure auburn qui pendait libre sur ses épaules, bien plus long que ce la règle ne le dictait dans les laboratoires, et des yeux noirs à l’éclat cruel. Les soldats qui passèrent devant lui adressèrent au nouveau venu un bref signe de tête avant de continuer leur ronde. Le scientifique promena son regard sur le couloir mal éclairé par des lampes jaunes, puis se dirigea lentement d’un pas lent vers la dernière porte du couloir, celle qui était blindée.
Erik était le meilleur scientifique de sa division et c’était lui qui dirigeait sa section de chercheurs sur les effets de la Protomatéria, à la demande de la Centrale. L’homme avait débarqué de l’université, il y a trois ans et s’était fait recruté par la Centrale immédiatement. Depuis, il avait passé trois ans à accumuler les nominations et les méritas. Récemment, il avait obtenu la promotion qu’il convoitait, c’est-à-dire le poste de chef des chercheurs sur la recherche de la Protomatéria. Il y a peu, Erik avait découvert dans les données de l’ordinateur le sujet d’expérience enfermé dans une geôle du donjon du complexe avec la mention spéciale de ne pas le prendre à la légère. Erik n’en avait pas prit compte et avait fait le nécessaire pour voir ce sujet si intriguant.
Le scientifique s’arrêta devant la porte de métal et regarda par le judas. Il n’y vit que goutte, que de l’obscurité épaisse et silencieuse qui y régnait. L’opacité était telle que le peu de lumière qui filtrait par les barreaux du judas était aussitôt avalée par la noirceur. Erik fit signe aux gardes de lui ouvrir et les observa s’exécuter avec un zèle qui l’emplit de satisfaction. Personne, cependant, ni les gardes ni le scientifique, ne remarqua que quelque chose avait bougé dans la salle. Et personne ne remarqua que dans l’obscurité, deux yeux d’un rouge flamboyant de haine et d’une rage inhumaine s’étaient ouverts, comme deux phares sanglants dans une nuit sans lune aux couleurs d’un noir d’encre.
Le scientifique apparut sur le seuil de la cellule, sa silhouette longiligne se détachant en noir clairement dans la lumière jaune du couloir. La clarté chassa la noirceur du caveau éclairant la pièce glaciale.
Tout se passa un éclair.
Il ne vit rien venir.
Rapide comme l’éclair, une forme sombre se jeta sur l’homme en sarrau blanc et l’empoigna par le col de façon à l’étrangler cruellement. Erik ne put opposer de résistance et mourut sous les yeux ébahis des soldats, hypnotisés par la rapidité de l’attaque. Ils finirent pas se ressaisir et empoignèrent leurs armes.
Ils ne tirèrent jamais.
Le scientifique, de son vivant, portait toujours un revolver à son côté dans son holster. La créature en haillons attrapa l’arme d’Erik et, avec une vitesse et avec une habileté fulgurantes, tua tous les soldats présents, morts par une balle chacun, sans qu’aucuns ne puissent faire un seul geste. La jeune personne se releva enfin de sur le cadavre encore frais du scientifique. Elle se montrait à la lumière. Ses yeux rougeoyants étaient le plus frappant de son visage émacié. De longs cheveux noirs comme l’ébène lui arrivait au milieu de dos, droits et plats. La lumière jaune dessinait des zones claires comme des zones sombres sur son visage aux traits fins et au regard haineux. Elle était pâle, et frêle comme un roseau, bien que maigre à cause de la malnutrition. De petites marques rouges zébraient sa peau blême, comme des coups de griffes autant que des engelures dues au froid de la cellule. Elle était nue pied, et il s’agissait, somme toute, d’une jeune fille d’environ seize ans.
L’adolescente coula un regard vers l’escalier, et voyant qu’elle n’avait pas été repérée, courut droit dedans. Elle évita les soldats, gardant bien serré dans sa main le revolver volé sur le corps du scientifique, et fit son chemin jusqu’à la sortie du complexe. Une fois dehors et hors de portée des regards des soldats, elle jeta au loin le revolver et se mit à courir le plus loin possible du bâtiment pour disparaître dans les ruines de Midgar la Grande.
Seulement, elle ne savait pas que son crime avait été vu et filmé. En effet, une caméra de surveillance, rattachée au bâtiment principal de la Centrale. Derrière l’écran de son ordinateur, dans un laboratoire privé du complexe de la Centrale, un homme portant des lunettes étincelantes, pressa un bouton sur son clavier, un sourire amusé sur les lèvres. Il se détourna de l’ordinateur et se leva pour regarder sur l’écran géant, sur laquelle le visage de la jeune fugitive était figé.
- Profite de ta chance, Drucilla Valentine.
Et il partit d’un long éclat de rire qui se répercuta sur les murs et dont l’écho de l’édifice silencieux à cette heure fit entendre longtemps après que celui-ci se soit éteint.
Chapitre 1
Le jeune homme s’arrêta devant la maison à deux étages. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’il contemplait la bâtisse aujourd’hui occupée. Il s’agissait de la maison d’enfance de sa mère, Tifa. Son regard glissa vers la petite maison juste à côté. Celle de son père. Cloud. Ses parents adoptifs.
Denzel regarda du côté du grand manoir Shinra. Attiré par une étrange force, il s’y dirigea d’un pas lent. Il passa les grilles et entra dans la demeure. Le lierre avait prit d’assaut la vieille maison et les salles tout comme les escaliers étaient en ruines et pourries. Le jeune homme marcha vers l’escalier à sa droite et le monta puis grimpa l’autre petit escalier, toujours sur la droite pour finalement déboucher sur un couloir qui desservait deux chambres. Il prit celle en face de lui. Un mur de brique s’élevait dans le coin de la pièce. Il fit mine de d’appuyer la main sur la pierre froide, mais à cet instant, une sorte de flash l’aveugla. Il recula précipitamment.
- Mais qu’est-ce que… ?
Denzel regarda autour de lui, à la recherche de ce qui aurait pu expliquer l’incident, mais il ne trouva rien. Il posa donc son regard sur le mur et l’examina minutieusement, sans le toucher. Rien d’anormal.
Il avança la main vers les briques. À nouveau un flash, mais cette fois-ci, Denzel continua de marcher et il toucha la pierre. Il se sentit aspiré dans le vide et il lui sembla perdre connaissance.
« La porte s’ouvrit. Il marchait maintenant dans un long escalier en colimaçon fait de planches pourries, mais pourtant l’air si résistant. Il descendit et se retrouva dans un long couloir sombre. Des ossements d’animaux jonchaient les coins. Mais rien de vraiment effrayant. Il s’arrêta devant une porte de bois, au fond du couloir. Le battant s’ouvrit sur une femme tenant un enfant dans ses bras.
- Vite, Lucrecia. Tu dois partir avec Drucilla avant qu’il ne soit trop tard.
La voix était inquiète et nerveuse. La femme secoua la tête.
- Je ne veux pas te laisser seul contre eux. Nous avons vaincu Hojo ensemble, ramené la paix sur ce fichu monde, je ne laisserai pas des satanés scientifiques gâcher notre vie à tous les deux encore une fois !
Des larmes perlaient aux coins de ses yeux.
- Drucilla ne doit pas tomber aux mains de l’ennemi, tu le sais autant que moi.
La femme serra contre elle l’enfant qui observait sa mère d’un regard grave, tout à fait inhabituel pour un bébé de cet âge. On aurait dit qu’il comprenait le drame qui se déroulait.
- Oui, je sais…
Des coups de feu se firent entendre.
- Vite ! Ils arrivent ! Passe par les égouts !
- Non ! Je ne te laisserai pas, Vincent !
… »
Denzel ouvrit les yeux péniblement. Il était allongé sur le parquet, près du mur de brique. Sa vue était quelque peu brouillée mais lentement il recouvrait la maîtrise de lui-même. Il s’assit et observa les alentours.
- Que s’est-il passé ? murmura-t-il en fixant ses mains.
Son cerveau répondait comme au ralenti, c’était comme s’il nageait en plein brouillard. Il se souvenait de rien après qu’il ait touché le mur de brique…
Denzel contempla ce mur en question, incertain. Il s’était passé quelque chose lorsqu’il avait voulu toucher le mur et lorsqu’il l’avait senti sous ses doigts, une sorte de vision s’était déroulée, il s’en souvenait maintenant.
Mais il ignorait comment cela avait pu se produire.
***
- Dis, comment Lucrecia et Vincent ont-ils disparu ?
Denzel, accoudé au rebord de la fenêtre à l’auberge de Nibelheim, tenait le téléphone collé contre son oreille.
- Pourquoi cette question soudaine ? fit la voix de Cloud.
Denzel gribouilla sur une feuille de papier.
- Pour savoir. Que leur est-il arrivé ?
Cloud resta silencieux un instant.
- Personne ne le sait vraiment. Ils habitaient le Manoir Shinra. Il y a là une porte dérobée dans un mur de brique. Des villageois te renseigneront sûrement mieux que moi là-dessus. Ils connaissaient bien Lucrecia et Vincent.
- Merci.
- Et Denzel, pas de geste irréfléchi, d’accord, sinon ta mère me tuerait.
Denzel griffonna au bas de sa feuille quelques mots et esquissa un sourire.
- C’est noté !
Le jeune homme raccrocha et glissa son portable à sa ceinture. Il tapota du crayon la feuille dans un geste songeur. Il finit par jeter le crayon et chiffonner la feuille pour la mettre à la poubelle puis il quitta l’auberge. La place était presque vide à part ça et là des animaux qui trottaient tranquillement. Pas un villageois en vue. Il décida de se rendre au Manoir Shinra.
Le mur semblait normal. Denzel le contemplait, n’arrivant pas à se décider à marcher la fameuse porte dérobée. Il prit une profonde inspiration et avança. Rien ne se passa, et Denzel laissa échapper un soupir. La porte s’ouvrit d’elle-même et le jeune homme pu jeter un coup d’œil de l’autre côté. Comme il se doutait, c’était bel et bien un escalier qui descendait vers un couloir sombre. Denzel le descendit et marcha avec prudence vers la porte de bois au fond. Il posa la main sur la poignée et tourna. Dans un grincement, elle s’ouvrit et il pénétra dans une pièce qui était à la fois un laboratoire et une bibliothèque. Mais nulle trace de quoi que ce soit avec la vision qu’il avait eue un peu plus tôt.
Sauf la grande tache argent et rouge qui s’était étendue jusqu’au mur derrière la table du côté du laboratoire. Témoin du drame qu’avait entr’aperçu Denzel.
Chapitre 2
Les ruines étaient silencieuses. Midgar la Grande n’était plus qu’un amas de pierre et de bâtiments détruits sur des kilomètres à la ronde. Elle n’offrait d’abri qu’aux infâmes et aux animaux errants. Les réacteurs Mako étaient depuis longtemps non fonctionnels et le plus grand édifice qu’avait connu la ville, le QG de la Shinra, la fierté du Président Shinra lui-même, s’élevait tristement au centre de toutes ces ruines, couverte de fissures et de trous béants, comme si elle pleurait cette perte.
Aux environs du Secteur 7, dans le cimetière des trains, une forme bougeait vers la ville neuve où les gens s’étaient réfugiés après la destruction de Midgar. Edge. La silhouette clopinait et chancelait tant bien que mal vers les bruits rassurants des voitures et de l’animation des quartiers les plus huppés de Edge. Le complexe de la WRO dépassait de loin les autres bâtiments. Et c’est dans cette direction que l’inconnue se dirigeait.
Rouge XIII renifla l’odeur de la nouvelle venue avant même qu’elle n’ait dépassé le point de jonction entre la ville morte et les abords de Edge. Nanaki trottina silencieusement vers la silhouette mouvante sur sa gauche. Il lui semblait reconnaître la personne. Il grimpa sur le rebord d’une maison et suivit à distance la fugitive. Lorsqu’elle eut atteint l’intersection entre l’orphelinat de Tifa et la route menant au complexe, Rouge XIII sauta devant la jeune personne. Les yeux rouges d’une jeune fille n’exprimèrent aucune surprise devant l’apparition de la bête. On aurait dit qu’elle le connaissait.
- Qui es-tu, petite ? demanda Rouge XIII de sa voix grave.
L’inconnue haussa ses frêles épaules sous ses haillons sales et puants. Puis en un éclair, elle ramassa une pierre pointue et la pointa vers lui. Nanaki fit un bond arrière pour se mettre hors de portée de la jeune fille.
- Calme-toi, petite, ici, personne ne te veut de mal. Viens, je vais te conduire à Tifa.
La jeune fille secoua la tête et agita son arme fragile devant elle. Ses jambes vacillèrent et elle s’écroula sur l’asphalte, inconsciente. Nanaki s’approcha prudemment et vint la flairer. Elle ne bougea pas. Alors d’un puissant coup de mâchoire, l’animal la mit sur son dos et il se mit à courir vers l’orphelinat de Tifa.
***
Marlene aidait Tifa à faire la vaisselle. Les deux femmes n’étaient pas de trop pour l’orphelinat. Heureusement, celui-ci était vide. Les jeunes orphelins avaient tous été adoptés par des adultes qui voulaient d’eux. Donc, le bar était leur seule source de revenus, mais il n’y avait rien à plaindre. Les deux femmes profitaient de la tranquillité qu’offrait cette période de l’année.
Après la vaisselle, elles allèrent s’asseoir à l’une des tables du bar. Quelques minutes plus tard, Marlene souhaitait bonne nuit à la femme qui l’avait élevée en l’absence de son père, Barret, et montait à sa chambre dans l’aile gauche. Tifa sourit et en poussant un soupir tranquille, s’adossa contre la banquette. Cloud était encore partit dans la journée, et Dieu savait quand il reviendrait, alors Tifa relaxait. C’est alors que la voix grave de Rouge XIII se fit entendre derrière la porte d’entrée.
- Tifa !
Tifa se leva et alla ouvrir à son ami, mais quelle ne fut pas sa surprise de découvrir quelqu’un sur le dos de Rouge XIII.
Celui-ci entra et doucement se débarrassa de son fardeau sur le sol. Il s’agissait d’une jeune fille aux longs cheveux noirs. Elle était petite et ses membres frêles ramenés contre elle la faisaient paraître plus jeune et plus délicate.
- Qui est-ce donc ? Non, non, on verra les questions plus tard, pour l’instant, il faut s’occuper d’elle.
Sur ce, elle souleva dans ses bras la jeune inconnue et monta à l’étage. Rouge XIII la regarda grimper les escaliers puis alla s’asseoir au bas des marches. Quelques instants, une jeune femme vint le rejoindre.
- Bonjour Shelke, grogna Nanaki.
Celle-ci lui adressa un signe de tête.
- J’ai entendu Tifa monter les marches rapidement. En tout cas, plus rapidement que d’habitude. Que se passe-t-il ?
Nanaki leva le museau vers la jeune femme.
- Une petite a traversé de Midgar jusqu’ici et je l’ai suivit. Lorsque j’ai voulu l’aborder, elle m’a menacé d’un caillou puis elle s’est écroulée. J’ai fait ce que je devais faire : l’amener en lieu sûr.
Shelke fronça les sourcils.
- Elle est ici ?
Rouge XIII acquiesça.
- À quoi ressemble-t-elle ?
- Selon mon opinion ? À Vincent, comme deux gouttes d’eau. À la différence près qu’elle est petite et frêle. Je ne lui donne pas plus que douze ans, tellement elle paraît jeune.
Shelke hocha la tête.
- Sauf que tout le monde sait que Drucilla aurait aujourd’hui seize ans, si elle est vivante.
Nanaki inclina la tête.
- À quoi penses-tu, Shelke ?
La jeune femme sourit et agita la main.
- Je vais proposer mon aide à Tifa.
Puis elle laissa Rouge XIII pour monter à l’étage.
***
Drucilla Valentine ouvrit les yeux dans un lit moelleux et au milieu de draps propres et qui sentait bon. Elle gémit tant la lumière était forte, elle qui était habituée à l’obscurité totale. Elle leva une main devant ses yeux et tenta de se relever. C’est alors qu’elle remarqua qu’elle était nue. Des pansements entouraient ses mains et ses pieds et ses blessures avaient été soignées et nettoyées. La jeune fille remonta la couverture jusqu’au menton et se redressa sur son lit.
- Tiens, tu es réveillée.
Vive comme l’éclair, Drucilla chercha quelque chose pour se défendre, mais ne trouva rien à sa portée.
- N’espère pas t’attaquer à moi, tu risques d’avoir plus mal que maintenant.
Une jeune femme s’approcha du lit et se posta à un mètre du bord.
- Je vais poser une règle. Je ne t’approcherai pas à moins d’un mètre du lit. Ça te va ? continua la jeune femme.
Drucilla chercha la moindre trace de félonie dans les yeux de la belle inconnue, mais à son grand regret, n’en trouva. Tout était si facile quand les gens étaient méchants, elle pouvait s’en sortir sans trop de problème grâce à ses pouvoirs, mais elle ne savait guère quoi faire quand les gens étaient gentils avec elle. Elle donna donc son accord d’un signe de tête. La jeune femme esquissa un sourire.
- Bien. Je vais te poser quelques questions, mais si tu ne veux pas répondre maintenant, tu pourras répondre plus tard, d’accord ?
Drucilla acquiesça une autre fois.
- Sais-tu parler ?
Drucilla fronça les sourcils. Quelle était donc cette question ? La femme voulait-elle l’amadouer ? Ne savant que faire, elle hocha la tête. L’inconnue n’en demanda pas plus.
- Veux-tu me dire ton nom ?
Cette fois, Drucilla répondit par la négative.
- D’accord. Veux-tu me dire qui sont tes parents ?
Nouvelle réponse négative.
- T’a-t-on fait du mal là où tu étais ?
La jeune fille ne répondit pas et se rallongea entre les draps. La jeune femme ne posa plus de questions et se retira, la laissant seule. Elle plongea dans ses pensées. Ou plutôt dans les réponses qu’elle n’avait pas dites à l’inconnue. Ses parents, elle les avait si peu connu. Il lui avait été arraché alors qu’elle n’avait un an, elle n’avait plus deux qu’un vague souvenir d’eux. Ce qu’elle savait, c’est ce qu’elle avait entendu des scientifiques qui travaillaient sur elle. Ils étaient Vincent Valentine et Lucrecia Crescent. Quant à savoir si on lui avait fait du mal dans les labos, elle-même en avait fait. Suffit de repenser à ce qu’elle avait fait quelques jours plus tôt, lorsqu’elle s’était évadée. Elle avait tué plus de dix personnes.
Drucilla ferma les yeux. Il fallait qu’elle se repose. Et qui sait ? Peut-être la gentille femme reviendrait demain. Non qu’elle ait besoin d’elle, mais elle aimait bien sa présence. Féminine, tranquille, maternelle. Elle lui rappelait sa mère…
Alors voila ce que sont devenus tous nos héros 16 ans apres, les choses commencent bien, j'espere que la suite gardera le niveau meme si je ne doute plus de tes talents d'écrivaine depuis longtemps
J'ai hate de lire la suite ![]()
pour dénicher d'autres lecteurs potentiels
Au moins, je sais que je peux compter sur toi pour rester au poste !
![]()
Absolument
d'ailleurs, quand arrive la suite?
A moins que tu ne veuilles pas la faire pour un seul lecteur, je comprendrais si c'était le cas ![]()
Salut !
Bon bin, en un mot^^ : j'adore !
L'écriture est fine et soutenue, les lieux sont correctements et précisement détaillés. Voila, j'attends la suite avec impatience^^
Le seul hic étant que je n'ai que très peu joué à Dirge of Cerberus, et j'ai donc du mal à comprendre certains évenements...
Ceci dit, c'est excellent, merci beaucoup^^
Tient une autre fic
je n'ai pas fini l'autre et a mon avis il faudra attendre la fin de mes examens mais continue, je dévorerais ça pendant les vacances ![]()
Bienvenue aux nouveaux ! Je suis contente que ma nouvelle fic vous plaise, et pour ceux qui ne savent pas, j'ai commencé cette histoire avec une autre fic qui se passe avant. Elle se nomme The Teo Winged Angel, pour ceux que ça intéresse, et c'est sûr que clarifirait plusieurs choses.
Quartum
Bonne lecture, dans ce cas !
remshart
Je te conseille vivement de jouer à Dirge Of Cerberus, parce que moi, j'ai adoré. C'est sûr que certaines choses, et il pourrait même y avoir du spoil, mais je ne suis pas ta mère, donc c'est toi qui décide !
Chapitre 3
Denzel passa le reste de sa semaine à Nibelheim dans l’espoir de glaner plus d’information sur la disparition de Vincent et Lucrecia. Il en possédait si peu et la vision qu’il avait eue l’intriguait. Il était persuadé qu’il s’était passé quelque chose la journée même à Nibelheim qui avait conduit Vincent et Lucrecia à disparaître. Malheureusement, peu de personne se souvenait d’un évènement particulier cette journée-là, ou l’avait oublié, après quinze ans. Malgré cela, tous se rappelaient parfaitement du couple, mais Denzel désespérait de trouver quelqu’un dans ce village qui se souvienne la raison de leur départ. Ou de leur enlèvement.
Denzel ruminait de sombres pensées tout en mangeant sa soupe à l’auberge lorsqu’un vieillard vint l’aborder.
- M. Denzel Strife ?
Ainsi appelé, le jeune homme leva un regard un peu surpris au vieil homme qui se tenait à côté de sa table. Il posa sa cuiller dans son bol à moitié plein et recula un peu sa chaise.
- C’est bien moi. Que puis-je faire pour vous ? Asseyez-vous, je vous en prie.
- Merci.
Le vieillard s’installa en face de lui et joignit les mains sur la surface plane de la table.
- Alors, que puis-je faire pour vous ?
Le vieil homme sourit.
- Vous, rien. Moi, je détiens des informations qui, à ce qui semblerait, vous intéresse beaucoup. Je me nomme Eldas.
Denzel attrapa un crayon dans sa poche et sortit son calepin.
- Je vous écoute.
- Vous n’êtes pas journaliste, j’espère ?
- Non, non, rassurez-vous.
Le vieillard commença son récit :
- Ici, les étrangers ne font attention à personne, surtout pas aux vieux hommes comme moi. Mais je me rappelle comme si c’était hier de cette journée pluvieuse. Un groupe d’hommes armés accompagnant trois scientifiques étaient arrivés dans cette ville. Ils n’avaient pas l’air commodes. Ils se sont dirigés vers le Manoir Shinra, là où Vincent et Lucrecia s’étaient installés après la naissance de leur petite, très adorable en passant. C’était il y a quinze ans. On a entendu des coups de feu dans la maison. Mais après plus rien. Les hommes sont ressortis un peu plus tard, en transportant des corps. Peu d’entre nous ont été témoins de ceci, car ils étaient tous dans leur maison à cause de la pluie, mais ceux qui étaient à l’extérieur l’ont vu. La plupart ont déménagés, aujourd’hui. Je suis le seul assez brave pour le raconter. Si je le fais, c’est parce que je dois une fière chandelle aux Valentine. Ils m’ont sorti de la ruine et m’ont aidé à me remettre à fond. C’est pour eux que je fais ça.
- Je vous remercie du fond du cœur, Eldas. Vos informations me sont très précieuses, vous ne pouvez pas savoir.
Eldas lui coupa la parole.
- Oh oui, je sais, fils de Cloud.
Denzel sursauta. Il n’aurait jamais soupçonné quelqu’un dans cette ville sache qui il était. Il leva un regard incertain vers le vieillard.
- Vous savez qui je suis ?
Celui-ci sourit.
- Bien sûr ! Bien que tu ne sois pas son vrai fils, tu as des airs de famille, comme ta façon de marcher ou de parler. Je t’ai vu tout à l’heure, sur la place. J’étais ici quand ton père est venu au monde, tout comme ta mère et tout ceux qui sont né dans cette petite ville. Plusieurs m’appelle le Doyen.
Denzel se demanda comment ce monsieur pouvait en savoir autant sur lui, mais s’il avait vraiment vu son père voir le jour, alors il devait dire la vérité.
- Merci, monsieur.
***
Drucilla jeta un coup d’œil à la porte. Elle était immobile. Discrètement, elle soupira. Puis elle regarda à nouveau et esquissa une grimace dégoûtée. Les vêtements pliés posés sur la chaise ne lui ressemblaient vraiment pas. Rose et bleu. Pas spécialement son genre. La jeune fille doutait qu’il s’agisse de Shelke, celle-ci ne lui aurait jamais apporté ça, ou du moins choisi ces vêtements.
Pour l’instant, elle ne portait rien du tout. C’était quand même mieux que rien. Elle attrapa le gilet rose, l’enfila rapidement et répéta le geste pour les pantalons. À ce moment-là, quelqu’un cogna à la porte. Drucilla s’immobilisa dans la pièce. Shelke entra dans la chambre sans geste brusque, comme pour ne pas effaroucher un animal aux abois et la regarda de la tête au pied, l’air songeuse.
- Tu sais, je voudrais que tu viennes avec moi. Tu veux bien ?
Drucilla inclina la tête d’un air méfiant.
- C’est seulement pour tes vêtements. Cela ne te va pas. Je voudrais que tu viennes avec moi pour le montrer à Tifa. Ne t’inquiète pas.
La jeune fille acquiesça et suivit la jeune femme dans l’escalier qui descendait au rez-de-chaussée. Ele jeta un coup partout, assimilant chaque détail dans l’endroit où elle se trouvait. C’était sa manière à elle de se retrouver. Elles arrivèrent dans la salle du restaurant. Tifa était derrière le comptoir, à nettoyer, comme d’habitude.
- Tifa, ces vêtements ne lui vont pas, dit Shelke.
La quadragénaire leva la tête de son labeur. Puis elle avisa Drucilla derrière Shelke.
- Effectivement, cela ne lui va pas.
Shelke observa la jeune fille qui soutint son regard.
- Tu sais, Vincent avait la même pâleur…
Drucilla sursauta violemment.
- Vincent…Valentine ?
Les deux femmes la regardèrent la jeune fille d’un air surpris, seulement, Drucilla décela dans les yeux de Shelke une lueur particulière. Elle comprit qu’elle se doutait de qui elle était, mais elle ne l’avait jamais forcée.
- En effet. Tu le connais ? demanda Tifa.
- Pas vraiment…
La jeune fille baissa le regard.
- Ton nom, tu ne nous l’as jamais dit. Te sens-tu prête à nous le dire ? s’enquit doucement Shelke.
- Drucilla… Valentine. Je suis la fille… de Vincent Valentine… et…et…
Drucilla plissa le front dans un effort pour se rappeler.
- Lucrecia.
Tifa haussa un sourcil. Puis sa joie éclata comme un volcan en furie. Elle se jeta sur Drucilla qui le prit mal et s’esquiva. Tifa essaya tant bien que mal de l’attraper, mais Drucilla ne se laissait pas faire. Shelke se mit à rire. Drucilla devenait enfin une vrai jeune fille, enfin quelque chose qui y ressemblait !
***
Denzel rentra à l’orphelinat quelques jours plus tard, dans la nuit. Toutes les lumières étaient éteintes et aucun son n’en sortait. Il entra silencieusement dans la maison et se dirigea discrètement vers l’escalier. C’est alors que le déclic d’un verrou résonna. Denzel tourna la tête vers le bruit, et se retrouva avec le canon d’un colt sous le menton. Lentement il leva les mains de chaque côté de sa tête.
- Me suis-je trompé de maison ? Je ne suis pas à l’orphelinat de Tifa ? demanda le jeune homme.
La silhouette était celle d’une jeune fille. L’inconnue dont il ne pouvait voir les traits dans l’obscurité ne fit aucun geste pour enlever le canon du colt. Denzel se demanda depuis quand sa mère engageait des sentinelles de nuit, surtout des aussi jeunes. À moins que ce ne soit une orpheline ayant appris le maniement des armes et qui voulait s’essayer sur le premier venu ?
- Écoute, je ne suis pas dangereux. Je m’appelle Denzel Strife.
À ce nom, l’inconnue baissa le fusil le rangea à son côté et disparut quelque part dans l’obscurité. Le jeune homme resta planté au milieu de la pièce principale, regardant l’endroit où la fille avait disparut. Ce ne pouvait être qu’une sentinelle. Mais quand Tifa l’avait-elle engagée ? Et pourquoi ?
Il ne sut la réponse que le lendemain matin. Il descendit au rez-de-chaussée après avoir passé la nuit dans sa chambre. Sa mère s’affairait à préparer le déjeuner. Marlene était assise à l’une des tables et parlait avec Shelke, qui écoutait avec attention. Il voyait rarement Shelke, étant donné que celle-ci était souvent en mission. Il finit de descendre les marches de bois et s’étira longuement.
- Bonjour, Tifa.
La quadragénaire leva la tête.
- Tiens, bonjour Denzel. Tu es arrivé cette nuit ?
- Oui.
- As-tu bien dormi, au moins ?
Denzel sourit. Sa mère adoptive ne s’étonnait plus de les voir arriver dans son orphelinat à toutes les heures.
- Très bien.
Le jeune homme s’installa à côté de Shelke, qui lui adressa un signe de tête. Marlene de l’autre côté lui adressa un sourire. Elle et lui étaient amis depuis très longtemps, plus rien ne leur causait de surprise.
Tifa servit le déjeuner et s’en retourna derrière le comptoir. Comme à son habitude, elle mangeait bien avant tout le monde, et à part de Cloud et Vincent, c’était la première levée. Denzel se remplit une assiette et se mit à manger avec appétit. Il avait beau passer des jours et des jours dans les meilleurs auberges, nulle ne pouvait rivaliser avec la cuisine de Tifa.
- Au fait, quelqu’un a vu Drucilla ? demanda Tifa.
La fourchette de Denzel s’arrêta dans sa course.
- Drucilla ?
- Non, je ne l’ai pas vue. Elle doit être partie. De toute façon, elle était rétablie. Cette jeune fille est capable de se débrouiller toute seule.
Tifa acquiesça.
- Quelqu’un peut me dire qui est cette Drucilla, s’enquit Denzel.
- Drucilla Valentine est la fille de Vincent et Lucrecia. Elle est apparue dans la ville il y a deux semaines en très mauvais état. Elle semblait arriver de Midgar. C’est d’ailleurs non loin de là que Rouge XIII l’a trouvée, expliqua Marlene.
- Oui, au fait, il est où notre toutou à poil rouge ? s’exclama Shelke.
Tifa haussa les épaules.
- Disparu lui aussi. Quelle bande d’ingrat, partir comme ça sans me dire un mot ou me dire merci ! Remarque, Cloud est pareil.
Denzel et Marlene pouffèrent de rire.
- N’empêche que je m’inquiète pour cette petite, fit Tifa.
Le silence retomba dans la salle à manger, troublé de temps à autre par les bruits d’ustensiles.
- Oh, oui, Tifa, j’avais une question à te poser.
- Laquelle ? Ne parle pas la bouche pleine, c’est impoli.
Denzel avala sa bouchée.
- Depuis quand engages-tu des sentinelles de nuits et jeunes en plus de ça ?
Marlene et Tifa l’observèrent d’un air ahuri. Shelke pouffa silencieusement en gardant le nez dans son assiette.
- Quoi, qu’est-ce que j’ai dit ? s’inquiéta le jeune homme.
Shelke coula un regard amusé à Denzel.
- Je crois que tu as fait la connaissance de Drucilla, hier soir.
- Quoi ?
Cette fois, la jeune femme éclata de rire franchement.
- Et tu laisses une fille de cet âge se promener avec une arme à feu dans l’orphelinat, au risque de faire tuer tout le monde ? s’écria Denzel, estomaqué.
- Elle a simplement dû te prendre pour un voleur ou un truc du genre, dit Marlene. Durant les derniers jours, elle ne dormait jamais, elle s’asseyait ici, sur le bord de la fenêtre et surveillait l’orphelinat toute la nuit.
- C’était sa façon à elle de montrer à Tifa sa gratitude pour l’avoir recueillie, ajouta Shelke.
Chapitre 4
Rouge XIII s’arrêta sur le dessus d’un rocher et huma l’air. Puis il jeta un regard vers la jeune fille muette derrière lui. Elle n’avait pas parlé depuis leur départ.
- Ça va, petite ?
Drucilla ne répondit pas. Elle s’arrêta à côté de lui, et s’installa dans l’herbe. Nanaki comprit qu’elle faisait une pause. En bas de la colline s’étendait une vaste étendue verte et au centre de cette immense vallée se dressait une énorme tour bleue faite de métal et de pierre. Drucilla observait avec une curiosité accrue cette tour. Rouge XIII le remarqua.
- Dis donc, tu n’as pas dû voir beaucoup chose dans ton coin. Cette tour que tu vois, là, c’est Fort Condor.
- Fort Condor ? répéta Drucilla de sa voix sans vie et rauque.
- Oui. À l’origine, c’était un réacteur Mako qui était construit au sommet, mais il est à l’abandon, maintenant. D’ailleurs, ce qui a valu le nom de Fort Condor à cette tour, c’est justement le Condor qui s’y était installé après que le réacteur ait été laissé pour compte.
- Il…il…y est encore ?
Nanaki secoua sa tête.
- Non, en tout cas, pas pour l’instant. Peut-être y reviendra-t-il.
La conversation tomba au point mort après cette déclaration. Drucilla se leva et Rouge XIII sauta devant elle pour lui servir de guide. Ils marchèrent tout l’avant-midi et n’atteignirent la tour qu’à midi. La porte de la tour de pierre était gardée par un homme tout en muscle au visage avenant. Drucilla ne le vit pas tout de suite, occupée comme elle était à essayer de ne pas tomber. Lorsqu’elle l’aperçut enfin, ses yeux s’agrandirent, mais elle ne fit aucun geste. L’homme ne semblait pas avoir d’intentions malsaines envers eux. Rouge XIII prit les devants et remonta rapidement l’allée vers le gardien.
- Salut, gardien.
L’homme sourit.
- Salut, gardien du Canyon Cosmos. Que nous vaut ta visite ?
Nanaki assit son arrière-train sur le sol rocheux et attendit que sa jeune compagne le rejoigne. Drucilla avança prudemment et s’arrêta derrière son guide.
- Nous nous arrêtons seulement pour dîner. Nous avons marché toute la nuit – la jeune fille derrière moi ne dors jamais – et tout l’avant-midi.
- Alors, faites donc, mes amis. Le Vieux vous attends à sa table.
Nanaki inclina la tête.
- Soyez remercié.
Puis il quitta le gardien et entra dans la grotte derrière l’homme. Drucilla lui emboîta les pattes mais stoppa net lorsqu’ils arrivèrent devant une longue corde qui montait le long du mur. Rouge XIII l’observa avec ce qui passait pour une esquisse de sourire.
- Comme tu le vois, on accède à l’étage supérieur par une corde. Mais aussi comme tu le sais, je suis un animal, donc je ne peux grimper à cette corde.
Drucilla suivit du regard la longue corde balancée contre le mur rocheux. Elle s’approcha et la prit entre ses doigts puis tira dessus, comme si elle voulait la tester. Ensuite, elle fixa Nanaki.
- Ne t’en fais pas, je te retrouverai en haut.
Drucilla secoua la tête puis leva son visage vers le haut. Puis elle se hissa lentement vers l’étage supérieur à l’aide de sa force de traction de ses bras qui pourtant semblait si frêles. Rouge XIII la regarda monter et lorsqu’elle fut rendue à la moitié et qu’il n’y eut plus de danger qu’elle tombât de fatigue, il se dirigea vers les longs pics de roche qui débouchaient sur le réacteur, à l’air libre. D’un puissant bond, il grimpa sur le premier et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il arrive aux trois quart des pics. Ensuite il emprunta une petite corniche qu’il passa avec toute l’agilité que lui proférait son statut d’animal jusqu’à l’ouverture de l’étage où Drucilla se rendait au moyen de la corde.
Drucilla mit finalement la main sur le bord de l’ouverture, et d’une dernière poussée, se haussa dessus. Elle massa doucement ses muscles qui commençaient à faire mal en attendant que son guide animal se montre. Celui ne tarda guère. Il apparut après quelques secondes par une minuscule corniche et s’arrêta à côté d’elle.
- On continue ?
Drucilla se leva et suivit son compagnon vers la pièce principale de la tour. Un vieil homme était assis au seul meuble de la salle. L’animal au pelage de feu s’en approcha d’un pas trottinant.
- Tiens, bonjour, Nanaki, prononça le vieillard
- Bonjour, vieil homme.
Le vétéran pencha un peu la tête vers Rouge XIII et s’immobilisa, comme s’il avait entendu un bruit quelconque.
- Jeune fille, fille du Chaos et du Monstre sans nom, tu peux approcher sans crainte.
Drucilla ne se demanda même pas comment il avait pu sentir sa présence alors que Nanaki ne le lui avait pas dit. Elle décelait à la manière d’un monstre, comme il l’avait si bien dit, une aura particulière autour de ce vieillard. Elle marcha lentement et s’arrêta derrière lui.
- Viens devant moi, que je puisse te voir, petite.
La jeune fille ne se fit pas prier et s’exécuta. Le Vieux tendit une main et palpa sa joue blême tel un collectionneur touche une précieuse statue fragile. Puis il lui prit la main et suivit les lignes de sa paume doucement. Finalement, il la lâcha lorsqu’il sentit que la jeune fille commençait à être mal à l’aise d’être ainsi examinée.
- Si jeune… Etre si jeune et posséder un tel pouvoir…
Drucilla, intriguée, fixa du regard l’homme.
- Pouvoir ?
Nanaki observa la jeune fille. Il lui semblait qu’elle devenait plus sociable au fur et à mesure de son contact avec le Vieux.
- Oui, un pouvoir terrible. Tu as hérité des anomalies qui caractérisaient ton père et ta mère, et ainsi fusionnés, ces anomalies sont dangereuses autant pour nous que pour toi. Mais spécialement pour toi, si tu n’apprends pas à t’en servir à bon escient.
Drucilla écarquilla les yeux et se pencha vers l’avant.
- Dangereux ?
L’homme fixa enfin ses yeux dans ses prunelles rougeoyantes et la jeune fille recula de plusieurs pas avec une expression presque effrayée. Le Vieux ne la voyait pas. D’énormes cataractes couvraient ses yeux plissés.
- Assez ! Tu le découvriras le moment venu… à moins que tu ne l’ais déjà découvert ?
Drucilla recula un peu plus, vraiment effrayée, cette fois.
- As-tu cette marque sur ta poitrine ? Sens-tu parfois une étrange sensation parcourir ton corps au point où tu voudrais le hurler mais rien ne sort ?
La main de la jeune fille glissa vers sa poitrine et secoua la tête frénétiquement. Rouge XIII bondit sur ses pattes et s’interposa entre le Vieux et Drucilla.
- Nous allons prendre congé, si tu veux bien nous excuser, vieil homme.
Nanaki fit un geste de la tête vers la corde et Drucilla s’y dirigea en courant. Mais au lieu de glisser le long de la corde, elle sauta carrément en bas de la corniche et atterrit sur la pierre dans un bruit sourd. Elle disparut par l’entrée de la grotte. Rouge XIII se dépêcha d’en faire autant et de la rattraper avant qu’elle ne disparaisse réellement pour de bon.
Il réussit à la rejoindre aux abords de Junon. Elle s’était arrêtée dans le petit boisé tout près, et assise dans l’herbe verte, attendait que l’animal arrive à sa hauteur.
- Tu cours vite, Drucilla.
La jeune fille fixait ses mains sans avoir trop l’air d’y croire. Nanaki, inquiet, approcha le museau.
- Qu’y a-t-il ?
Elle leva enfin son regard de braise vers l’animal. Son visage était encore plus blême que normalement.
- Le… le Vieux… il dit vrai…
Nanaki inclina sa tête de fauve sur le côté, l’air interrogateur. Manifestement, il n’avait pas comprit. Drucilla baissa la tête, puis attrapa le col de sa veste, elle lui montra une marque sombre sur sa poitrine, juste au-dessus de son cœur. Elle avait la forme d’une griffe. Rouge XIII recula de quelques pas, stupéfait.
- J’ai la marque, et j’ai déjà fait usage de mes pouvoirs par le passé… Mais pas pour le bien, je dois avouer…
Nanaki l’écouta tranquillement. C’était la première fois qu’il l’entendait aligner plus d’une phrase de suite. C’était un bon signe.
- Comment ça ? Explique-toi.
Drucilla secoua la tête. Comment réagirait son ami si elle lui disait qu’elle avait tué sous le coup de ses pouvoirs plus de gardes que n’importe qui en quelques secondes ? Mal, sûrement. C’était d’ailleurs pourquoi elle devait le cacher.
- Changeons de sujet, tu veux bien ? dit la jeune fille.
L’animal acquiesça.
- Nous allons à Junon. De là, nous prendrons le bateau pour Costa Del Sol. Mais j’ai une question à te poser.
Drucilla lui fit signe de poursuivre.
- Connais-tu seulement notre destination ?
La jeune fille sourit doucement.
- Nibelheim.
Chapitre 5
Denzel soupira. Il était coincé dans cette stupide trappe, alors qu’il aurait déjà dû être de l’autre côté de la montagne ! Comment avait-il réussi, une fois de plus, à se trouver dans cette position fâcheuse, alors que tout se déroulait si bien ! Le jeune homme se le demandait. Il s’était rendu facilement jusqu’au chemin qui montait à travers la montagne pour rejoindre le réacteur Mako, où, normalement, il aurait emprunté les rails pour se rendre à Corel. Mais non, il avait fallu qu’il tombe dans ce stupide piège à monstre, sûrement construit par des enfants, à attendre qu’on veuille bien le libérer. Et cela dit, si les enfants ne revenaient pas pour voir s’ils avaient une prise – ce qu’il était, vu sa condition – dans les heures qui venaient, ils trouveraient peut-être un moribond affamé dans quelques jours !
Le cheminant soupira à nouveau. Il avait épuisé toute les idées pour ce sortir de ce bourbier, et aucune n’avait porté fruits. Il attendait donc, assis contre le panneau de bois, et guettait le moindre bruit au-dessus de lui. Il ignorait combien de temps il resta ainsi, car il avait depuis longtemps perdu le compte des heures, mais il finit par sentir les vibrations d’une personne qui marchait non loin. Un voyageur, ou un montagnard. Quoi qu’il en soit, il n’allait attendre qu’il passe son chemin sans faire quoique ce soit pour se sortir de ce maudit trou ! Il se mit donc à demander de l’aide. Il entendit des bruits des voix, et sut qu’il avait été entendu. Mais lorsqu’on le hissa du trou, ce ne fut nullement un voyageur qu’il vit, mais un bandit avec sa troupe de mécréant pensant le détrousser et ensuite le faire prisonnier. Denzel comprit qu’il n’avait quitté le trou que pour tomber entre les mains de méchants. « Quelle chance !» pensa-t-il avec cynisme.
Il se laissa emmener sans dire un mot. Il n’était pas armé, et n’avait aucun moyen de se défendre. Il se maudit intérieurement. Ce qu’il avait été idiot de ne pas amener ses armes avec lui !
Le groupe campa aux abords du réacteur Mako. Les bandits laissèrent leur prisonnier, ligoté solidement, derrière un boqueteau de broussailles, avec un garde non loin. Denzel ferma les yeux et se laissa aller contre le tronc d’un arbre mort. Aussi bien prendre des forces, si jamais il réussissait à se libérer dans un moment d’inattention de ses geôliers.
Il ignorait que ce moment était si proche.
En effet, lorsque tous les hommes du camp se furent endormis, y compris le garde et Denzel, une petite silhouette se faufila entre les corps allongés sur le sol. Elle s’approcha furtivement de Denzel et le contempla. Puis elle se glissa derrière lui et entreprit de défaire les cordes qui le liaient. Le jeune homme s’éveilla à ce moment, et heureusement, lorsqu’il sentit qu’on lui enlevait ses liens, eut le bon sens de ne pas faire de bruit. Rapidement, les cordes tombèrent sur le sol, et Denzel exhala un silencieux soupir de soulagement. Il se frotta les poignets puis se leva et fit face à son libérateur. Aussitôt, la forme sombre lui attrapa l’avant-bras et Denzel n’eut d’autres choix que de la suivre. Tout en s’efforçant de ne pas faire de bruit en marchant derrière la silhouette, qui, elle, était tout à fait silencieuse - si il n’avait pas senti la main qui lui enserrait l’avant-bras, il aurait probablement perdu son sauveur – ils s’éloignèrent du camp des bandits. L’aube se pointait à l’horizon, et l’inconnu put lui lâcher le bras, étant donné que Denzel pouvait le voir. Denzel suivit son libérateur et remarqua qu’ils avancèrent sur les rails en direction de Corel. Finalement, il se rendrait quand même à sa destination. Ils marchèrent donc pendant quelques heures et ils atteignirent Corel au lever du soleil. Une ombre les attendait au bout des rails. Petite, trapue, la silhouette n’avait rien d’humain. Denzel plissa les yeux, incertain. Un monstre ?
Il n’en était pas sûr, car son guide s’en approchait sans la moindre peur. Probablement son acolyte. Les rayons du soleil touchèrent la silhouette noire, la lumière dorée des rayons allumant des brillants reflets de feu dans le pelage d’une bête. C’est ainsi que Denzel le reconnut. Rouge XIII était assis au bout des rails, son regard suivant chacun des pas des humains devant lui. L’acolyte de son fameux sauveur était donc Nanaki.
Ils arrivèrent enfin à Corel. Rouge XIII se leva et vint voir Denzel.
- Salut, Denzel.
Puis il tourna la tête vers l’inconnu recouvert d’une sorte de bure de moine noire. L’animal semblait sourire.
- C’est donc là que tu as été toute la nuit.
Denzel comprit que Rouge XIII n’était en rien l’aide de son sauveur, mais que l’acte venait complètement de l’être devant lui. Denzel le jaugea du regard. Celui-ci était très petit, à peine plus grand qu’un enfant lui arrivant au milieu de la poitrine. Denzel était pourtant plus grand que la moyenne, il était même devenu un vrai colosse. Pourtant, il avait été sauvé par… par quoi, en fait ?
Rouge XIII s’assit en regardant l’inconnu encapuchonné. Il semblait attendre quelque chose. Finalement, son ami porta des mains plutôt fines pour un homme à son capuchon qu’il renversa vers l’arrière, dévoilant…
Denzel ouvrit la bouche de stupeur. Dieu, il avait été sauvé par une jeune fille ! Ahuri, le jeune homme détailla avec des yeux ronds la jeune créature qui se tenait devant lui. De longs cheveux noirs et des yeux rouges comme le feu. Une peau pâle. Des traits fins indéniablement féminins. La jeune fille ouvrit soudain la bouche pour répondre à Nanaki.
- Je l’ai senti lorsque nous sommes passé dans la montagne, mais je n’en étais pas sûre.
Une voix douce et mélodieuse, mais avec un petit quelque chose de rauque au travers.
- Denzel !
Le jeune homme sursauta, et reprenant ses esprits, détacha son regard de la jeune fille pour observer Nanaki.
- Où te dirigeais-tu ?
Le jeune homme sourit.
- En fait, j’étais parti à ta recherche et de la fille de Vincent. Vous êtes disparus tous les deux en même temps. Maintenant, je t’ai trouvé, donc il me reste…
- Drucilla, fit la belle inconnue.
- C’est cela.
La jeune fille esquissa un petit sourire niais.
- Et où comptez-vous la chercher ?
Denzel haussa les épaules.
- Je l’ignore. Je ne sais même pas à quoi elle ressemble. Je comptais me rendre au Gold Saucer, sinon, au Canyon Cosmos, et dans les villages dans ce coin-là.
La jeune fille ne laissa pas le temps de répondre à Rouge XIII, lui jetant un regard insistant, et se détourna ensuite pour observer Denzel.
- Il me semble qu’elle aura certainement besoin d’un guide, si elle ne connaît pas la région.
Denzel acquiesça vaguement.
- C’est un fait. Ne l’auriez-vous pas rencontrée, par hasard ?
- Pas spécialement.
La jeune fille enleva la bure et la roula, laissant Denzel voir son corps frêle et mince, mais musclé tel un félin. Elle serra la bure dans un sac à dos, qu’elle arrima sur son épaule.
- Nanaki et moi nous rendons à Nibelheim. Je vous invite à nous accompagner, si vous le souhaitez.
Denzel sourit, ravi.
- J’en serais enchanté.
- Bien, il ne nous reste plus qu’à nous mettre en route, grogna Rouge XIII.
Denzel ne comprit pas trop pourquoi, mais il eut le sentiment que l’animal se moquait de lui. La jeune fille aussi. Il décida de laisser faire et il suivit l’inconnue et son ami. La jeune fille lui jeta un regard amusé.
- Que comptez-vous faire, après que vous aurez trouvé Drucilla ?
Denzel marcha à sa hauteur.
- Je rentrerai à la base d’Avalanche.
Il l’observa attentivement, incertain.
- Nous sommes-nous déjà rencontré ?
La belle secoua la tête.
- Si, une fois. Je vous menaçais de mon colt, dit-elle en lui montra l’arme passé à sa ceinture. Oh ! Et au fait, je ne me suis pas présentée ! Je m’appelle Drucilla Valentine.
Ah! Je vois que l'attente était justifiée, tu n'as pas chomé! ![]()
De tres bons chapitres tres prenants et qui donnent envie de lire la suite que j'attends avec impatience ![]()
Lorsqu'il y a attente, normalement, c'est parce que soit je suis en manque d'inspiration, soit en grosse rédaction. Mais sérieusement, là, j'ai vraiment un problème d'inspiration, donc il risque d'avoir une grande attente.
J'espère être capable d'en sortir assez rapidement, mais si jamais vous avez des idées qui peuvent m'aider, c'est le bienvenue ! ![]()
T'inquiete pas, étant moi meme écrivain d'une fic depuis peu
et actuellement en panne d'inspiration
je peux comprendre que tu ne puisse pas avoir tout le temps plein d'idées ![]()
Merci, c'est très rassurant !!! ![]()
Mais de rien
Tu peux toujours compter sur moi pour te rassurer en cas de besoin ![]()
![]()
Petit
pour demander des nouvelles ![]()