En pleine compos, c'est long et pénible, crois-moi !!! ![]()
Salut
ou est-ce que je peux trouver la premiere partie de ta fic?
C'est simple, il suffit de trouver le topic The two wimged angels écrit par PinkFox.
Bon, j'annonce que l'inspiration m'est revenue et voilà que j'envoie mon sixième chapitre... Dis donc, je vois la fin de la première partie arriver très vite il me semble...
'Fin, bonne lecture !!!
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Chapitre 6
La jeune fille s’étira longuement. Elle ne dormait jamais, du moins presque pas, alors elle assurait toujours les veilles de nuit. Rouge XIII, bien souvent, s’installait à côté d’elle et faisait un bout de nuit avec elle, après quoi il s’endormait. Denzel, quant à lui, il s’était couché près du feu et semblait dormir profondément. Drucilla était donc seule. Elle sortit de sa veste quelque chose pour occuper sa veille : un pipeau. Elle le porta à ses lèvres et se mit à jouer. Un air enchanteur s’éleva bientôt dans la nuit, la rendant magique. Denzel se réveilla aux premières notes. Endormi, il resta sans bouger à écouter la musique, puis sans faire de bruit se redressa sur les coudes et regarda du côté de leur veilleuse. Sa silhouette se découpait dans les lueurs de la lune. Un petit sourire se dessina sur son visage, et décidant de ne pas la déranger, il se recoucha et se rendormit, bercé par les notes enchanteresses.
Il n’en revenait pas qu’elle l’ait berné si facilement, quelques jours plus tôt. Et pourtant, il aurait dû voir que c’était elle. La même peau pâle que son père, les mêmes cheveux, les mêmes yeux rouges flamboyants, tout rappelait Vincent. Le reste, c’était Lucrecia, mais l’ayant peu connue, il ne pouvait dire quel côté tenait d’elle ou tenait de son père.
Ils avaient atteint Corel peu après leur discussion, où la jeune fille n’avait plus parlé du tout. Elle s’en remettait complètement à Rouge XIII, qui lui servait de guide à travers les contrées dans lesquelles ils voyageaient.
Denzel, quant à lui, ne savait trop que faire. Il s’était dit qu’il irait rejoindre son père dans la base d’Avalanche, la Cité Oubliée, qui justement grâce aux efforts de la mère de Drucilla, Lucrecia, s’était remise à vivre. Mais il était encore avec Rouge XIII et la jeune fille, et il ne savait toujours pas quoi faire. Dans son subconscient, une bataille se livrait avec rage. Une part de lui voulait rester avec ses nouveaux amis et surtout avec Drucilla, qui l’attirait comme une aiguille est attirée par un aimant. Mais une autre part lui soufflait qu’il avait mieux à faire que de badiner avec une jeune fille, presque encore une enfant.
- Hé, Denzel ! Regarde où tu marches !
Le jeune homme sursauta brusquement. Drucilla l’observa par-dessus son épaule, tandis que Nanaki s’était complètement retourné pour le rappeler à l’ordre. Denzel baissa les yeux et remarqua un objet pointu dépasser du sol. Il se pencha. Il s’agissait d’un bout de dague enfoncé exprès dans le sol pour qu’on marche dessus. Les chasseurs ou les bandits s’en servait souvent, et tout le monde avait appris très tôt à les éviter, car chacun connaissait leurs emplacements.
Il se releva et jeta un regard d’excuse vers leur guide à quatre pattes. Même Drucilla l’avait aisément évité, alors qu’elle ne connaissait même pas la région, en dehors de celle de Midgar. Et lui aurait marché dessus sans s’en rendre compte si Nanaki ne l’avait pas prévenu juste à temps.
Ils reprirent leur marche à travers les plaines. Leur objectif était de rejoindre Gongaga avant la tombée de la nuit. Tout trois marchait d’un bon pas, et Drucilla ne semblait même pas fatiguée pour le moins du monde, alors que Denzel sentait l’épuisement le gagner graduellement. Et quant à Rouge XIII, bien… il faisait comme à son habitude, il marchait et attendait. Finalement, ils virent enfin la sombre silhouette du réacteur en ruine se détacher sur la lumière déclinante du soleil. Denzel exhala un soupir de soulagement, et en suivant ses amis, ils haussèrent le pas. Ils arrivèrent à l’entrée du village pile lorsque le soleil disparu à la cime des arbres.
- Enfin ! s’exclama Denzel en s’étirant avec délice. Je commençais à m’ennuyer avec vous deux.
Rouge XIII lui jeta un coup d’œil.
- Ce ne serait pas parce que tu es épuisé ?
Denzel se frotta la nuque, embarrassé.
- Bah… euh… en fin…peut-être un peu…
Un espèce de sourire découvrit les crocs de Nanaki, qui ficha la frousse au jeune homme.
- M’est avis que oui, moi. Et bien, mon ami, allons louer une chambre à l’auberge. Tu viens, Drucilla ?
La jeune fille aux yeux rouges secoua la tête et se détourna pour sortir du village pour aller vers les ruines du réacteur. Elle disparut entre les arbres. Tandis que Denzel regardait encore l’endroit où la fille de Vincent s’était fondue dans l’obscurité, Rouge XIII trottina vers l’une des huttes où il entra demander asile pour la nuit. Après quelques instants, le jeune homme le suivit.
Drucilla observa les alentours, intriguée. Sa longue séquestration dans une cellule sombre à alimenter une haine déraisonnée l’avait coupée totalement du monde extérieur et à présent, libre comme le vent, elle savourait avec délice le vent qui soufflait sur sa joue pâle, au bruit des arbres sous la brise, elle qui n’avait connu que les bruits des chaînes et des portes ainsi que des voix étouffées des gardes à sa porte.
Devant elle, les ruines du réacteur Mako s’élevaient tel un monument sinistre des époques antérieures de la gloire de la Shinra. Les pièces métalliques éparpillées un peu partout dans l’herbe servaient de maison ou de nid aux habitants actuels, et la nature avait repris ses droits sur les restes. Partout, du lierre et des arbres tout autant que des touffes d’herbes jaillissaient par la moindre fissure et emplissaient l’espace, devenant ainsi une véritable tour végétale tout au règne de la nature.
Dans la lumière des étoiles qui s’allumaient une à une dans le ciel, la jeune fille se sentit comme inspirée par la douce mélodie du vent et sortit son pipeau de sa veste. Elle porta l’instrument à ses lèvres et souffla. Les notes s’élevèrent dans une magnifique harmonie avec le vent qui se mit à tourbillonner autour d’elle. Des cris d’oiseaux retentirent dans les ruines et accompagnèrent le chant et on aurait dit que même le bruissement des arbres se mettait de la partie. Rien au monde n’aurait pu toucher le cœur d’un homme autant que cette douce mélodie dirigée par le pipeau d’une jeune fille et accompagnée par la nature elle-même. C’est alors que des fleurs soulevées dans le vent formèrent la gracieuse silhouette d’une femme sans visage. Toute la nature se tut dans un silence respectueux. Drucilla interrompit son chant et leva les yeux vers l’apparition.
- Fille de la nature, fléau de la terre, tu as entonné le chant. Désormais, tous les dieux de la Planète sont à tes côtés. Écoute la voix des Cetras, ce sang sacré qui coule dans tes veines. Si tu es en danger, ou perdue, écoute ton cœur et les Anciens t’aideront. La survie de cette planète est entre tes mains.
La jeune fille ne parut pas comprendre.
- Mais comment puis-je avoir la destinée du monde si je ne sais même pas de quoi vous voulez parler ? Je suis qu’un fléau dans ce monde, la fille d’un vampire et de la fille d’un savant fou ! Comment pourrais-je sauver ce monde, comme vous dites ?
La femme sembla sourire.
- Patience, jeune fille. Parfois la route est emplie d’embûches, mais à chaque problème il y a une solution. Tu trouveras, aies confiance en toi.
Puis la silhouette s’évapora et les milliers de petites fleurs s’éparpillèrent dans le vent. L’une d’elle se posa en douceur dans sa paume et se transforma en un disque d’argent dans lequel seize cavités rondes étaient creusées. Au milieu de ces trous était gravé un instrument : un pipeau.
Soudain, dans le vent, un murmure lui parvint.
- Recherche les rois de la planète, ils t’aideront dans ta quête.
Ce n’est que quelques heures plus tard, lorsqu’elle se rendit à la petite maisonnette où elle logerait avec Rouge XIII et Denzel, qu’elle remarqua que l’une des cavités n’était plus vide. Une sphère rouge y était ancrée et scintillait d’un éclat magique. Aussitôt, dans son esprit, un mot se forma : Titan.
***
Denzel s’étira avec plaisir. L’air frais lui fouetta le sang et il sourit. À côté de lui, Drucilla, dans son mutisme habituelle, semblait songeuse. Soudain, elle se tourna vers Nanaki.
- Nanaki, j’ai une faveur à te demander.
L’animal leva le museau vers elle et attendit qu’elle se prononce.
- J’aimerais que nous nous arrêtions à ton village natal, Canyon Cosmos.
Rouge XIII ne cacha pas sa surprise.
- Comment savais-tu que c’était mon village natal ?
Drucilla haussa les épaules vaguement.
- Peu importe.
- Je n’y vois aucun problème. Nous y serons après-demain, si tout va bien.
Ah enfin la suite, un excellent chapitre tres bien décrit ![]()
De nouveaux mysteres font leur apparition ![]()
J'espere que ton inspiration ne te lachera plus car j'ai hate de lire la suite ![]()
J'ai déjà fini l'autre chapitre, mais je ne pourrai pas l'envoyer avant lundi. Alors, avec un peu de chance, tu en auras plus d'un à lire. Alors, à lundi !!! ![]()
Ok, vivement lundi ![]()
Le dernier post que j'ai envoyé était le 30 mai... Et je n'ai pas envoyé le chapitre promis ! Oulà !
En tout cas, je lance un petit avertissement ! Je suis en vacances, alors il est possible qu'on voit pas l'envoi de nouveaux chapitres avant le retour des classes, en août. Je suis désolée, mais je ferai mon possible pour en écrire le plus que je peux !
Salut ! ![]()
En effet, ce chapitre tarde un peu à venir la ![]()
Bon, eh bien, j'imagine qu'on a plus qu'à attendre la rentrée, mais au moins, t'auras des chapitres en réserve ![]()
En effet, j'ai des chapitres en réserve. Jusqu'à la deuxième partie !!!
Voici donc un chapitre !!!
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Chapitre 7
« Les pas résonnaient dans le couloir sombre. Les coups de feu retentissaient partout et les cris des hommes blessés jaillissaient un peu partout. Dans la cave, la femme tenait contre elle son enfant, qui les yeux attentifs, observait les alentours. Un homme en cape rouge se tenait devant la porte et, le fusil paré, surveillait les bruits à l’extérieur.
- Ne discute pas, Lucrecia, je peux y arriver seul. Tu dois protéger Drucilla !
La femme secoua la tête avec véhémence.
- Non, je ne peux pas te laisser seul. Tu ne pourras pas y arriver cette fois. Ils sont trop nombreux et ils sont armés jusqu’aux dents !
Les coups de fusils se firent plus proches.
- Vite, Lucrecia ! Les égouts !
L’enfant s’agita soudain et se débattit dans les bras de sa mère. Des cris rauques sortaient de sa bouche. Une balle fut tirée et transperça le battant de bois, trouant du même coup l’épaule de l’homme.
- Vincent !
- Lucrecia ! Maintenant !
Les voix étaient plus proches et deux autres balles traversèrent la porte, manquant de peu la tête du père. L’enfant se débattait de plus en plus fort et ses cris devenaient plus aigus. Une nouvelle balle transperça l’homme, au flanc cette fois. Le sang coula à flots.
- Les égouts, vite, avant qu’il ne soit trop tard ! »
Denzel se réveilla en sursaut, trempé de sueur, la respiration saccadée. Encore une vision. Elle semblait poursuivre la première qu’il avait eue à Nibelheim. Le jeune homme calma sa respiration et s’assit au bord de son lit. Que voulait donc dire ces visions ? Était-ce un message ? Était-ce envoyé par Lucrecia et Vincent ? Tant de questions qui restaient sans réponse.
En soupirant, Denzel se leva et alla se servir un verre d’eau dans la cruche laissée à leur disposition par leur hôte. C’est alors qu’il remarqua que Drucilla était revenue au cours de la nuit, et fait étrange, s’était allongée sur un des lits. Elle gémissait. Le jeune homme s’approcha et remarqua qu’elle avait les yeux fermés. Elle dormait. La jeune fille devait faire un cauchemar. En s’approchant plus près, Denzel put remarquer que ses gémissements, écoutés plus attentivement, était en fait des mots.
Drucilla appelait ses parents.
Denzel en fut tout retourné. Il s’était attendu à n’importe quoi sauf à cette supplique qui trahissait l’unique faiblesse de la jeune fille. Il avait vu Drucilla comme quelqu’un de taciturne, qui ne démontrait guère ses sentiments, qui n’avait aucune faiblesse. Qui avait une force de caractère hors du commun. Mais comme n’importe quel humain, Drucilla avait des peurs et un désir profond.
Emu, Denzel s’éloigna sans faire de bruit et sortit à l’air libre. Dans le ciel, les pâles lueurs de l’aube éclaircissaient par endroit, rendant un peu de clarté dans le village. Drucilla et Rouge XIII ne tarderaient pas à se lever.
En effet, quelques minutes plus tard, des pas lui indiquèrent l’arrivée de Drucilla. La jeune fille vint s’asseoir à côté de lui.
- Debout ?
Lorsqu’elle parlait, c’était souvent que par mots clés. Sauf lors de leur première rencontre, il ne l’avait jamais entendue formuler des phrases complètes.
- Oui. J’ai eu une vision. Ça m’a réveillé, répondit-il à la jeune fille.
Drucilla hocha la tête.
- Mais toi, pourquoi es-tu debout ?
La jeune fille haussa les épaules. Elle n’en dirait pas plus. Rouge XIII apparut derrière eux et s’étira longuement.
- Préparez vous, nous partons, les enfants.
***
Ils atteignirent le village de Canyon Cosmos au milieu de l’après-midi. Le voyage s’était passé sans encombre et dans la monotonie habituellement. La joie de Rouge XIII à leur arrivée était contagieuse. Dès leur passage à l’entrée, il les quitta et disparu quelque part dans le village, laissant ses compagnons se débrouiller. Peu après, Drucilla avait disparu à son tour, et Denzel s’était retrouvée tout seul. En maugréant, il s’était retiré dans l’auberge où il avait loué une chambre.
Assis sur le lit qui était assez confortable, il sortit son portable et composa un numéro.
- Salut Cloud.
- Tiens bonjour, fiston. Il y a longtemps que tu as donné de tes nouvelles.
Un lent sourire se peignit sur le visage de Denzel.
- Oui, je sais.
- Que me vaut l’honneur de ton appel ?
Denzel soupira longuement.
- Je suis en ce moment à Canyon Cosmos, avec Rouge XIII et… Drucilla Valentine.
Un long silence éloquent grésilla dans le portable.
- Je croyais que la fille de Vincent avait disparu en même temps que lui et Lucrecia ?
- Il semblerait que non. Elle a survécu, on ne sait comment, et s’est retrouvée chez Tifa. C’est d’ailleurs là que je l’ai rencontrée. Elle me menaçait d’un colt !!!
Dans le cellulaire, Cloud éclata de rire.
- Quoi ? Ce n’est pas drôle tu sais !
- Je sais, Denzel, mais c’est que c’est ainsi aussi que j’ai fait la connaissance de Lucrecia. Je l’ai menacé et on s’est battu. Elle l’a remporté !!!
Amusé, Denzel sourit pour lui-même.
- Dis donc, tu me l’avais caché, ce bout-là.
- Enfin, revenons à ce qui te tracasse. Je te raconterai une autre fois ma vie.
Le sourire du jeune homme s’évanouit tout à coup.
- Drucilla a vécu toute sa vie sans connaître réellement ses parents. Mais moi, depuis ce jour où je t’ai appelé, à Nibelheim, j’ai des visions. Je vois ce qui s’est passé le jour où Lucrecia et Vincent disparaissent, et c’est troublant.
- Et qu’as-tu vu ? demanda Cloud, la voix soudain très grave.
- Ma première vision était dans le sous-sol de la Maison Shinra. Lucrecia tenait Drucilla dans ses bras et Vincent lui disait de partir avec elle pour sauver leur vie tandis que lui les combattraient, mais Lucrecia refusait. Dans la deuxième, Vincent se fait blesser alors qu’il tient la porte. Lucrecia refuse toujours de partir sans lui, et Drucilla commence à s’agiter et à crier bizarrement, alors qu’au début, elle est bien immobile.
Un long silence accueillit ses paroles.
- Denzel, c’est très grave ce que tu me dis là. Si tes visions sont exactes, tu viens de découvrir comment Vincent et Lucrecia ont disparus. J’aimerais beaucoup rencontrer Drucilla. En tout cas, si une autre vision te vient, préviens moi !
La ligne coupa. Denzel raccrocha à son tour et se laissa tomber sur le lit avec lourdeur. Il avait omis de dire à son père que Drucilla se dirigeait à Nibelheim, et volontairement. Il ne voulait pas que son amie soit une bête de cirque, bien qu’il eut des doutes sur ce que Cloud aurait voulu faire. Il connaissait son père, et jamais il n’aurait fait du mal à quelqu’un consciemment. Mais Drucilla était une personne très farouche, et un rien la faisait disparaître. Comment réagirait-elle s’il l’amenait à Cloud ?
***
Drucilla avait attendu que tout le monde soit occupé pour se glisser hors du village. Lorsqu’elle se fut assurée que personne ne la suivait, elle se dirigea vers la forêt qui surplombait le canyon. La Forêt Ancienne. Elle savait qu’un esprit magique habitait ces lieux. La jeune fille devait trouver des réponses à ses questions, et lui, en tant que dieu, il devrait lui en fournir, bien que la déesse lui en avait dit bien peu.
Elle pénétra dans les bois enchantés. Un peu partout, de minuscules grenouilles sautillaient joyeusement, tout en gardant leurs distances avec les gigantesques plantes carnivores, qui n’attendaient que les bestioles ne pointent le bout du nez un peu trop proche de leurs grandes corolles. La jeune fille évita avec soin l’une de ces plantes et continua son chemin à travers la végétation mutante. Puis, elle se retrouva devant un précipice, sans moyen de passer l’autre côté.
- Zut ! jura-t-elle.
Drucilla fouilla du regard les environs, à la recherche d’un quelconque moyen de traverser. Elle finit par aviser un arbre qui montait dans le feuillage et qui permettait qu’on grimpe sur son tronc. Habilement, elle monta et se retrouva dans un vrai sanctuaire végétal. Partout, des branches créaient des passerelles vers d’autres niveaux ou s’étalaient loin devant. Drucilla laissa échapper un gémissement.
- Comment suis-je supposée trouver ce satané esprit magique quand on se perd facilement dans cette maudite forêt ? s’exclama-t-elle à haute voix.
Comme pour répondre à son appel, une forte bourrasque souffla autour d’elle. Il lui semblait entendre une mélodie dans le vent qui se mit à tourbillonner autour d’elle. Rapidement, les branches claquèrent autour d’elle dans un bruit de tam-tam, créant un rythme endiablé. Des mots lui vinrent aux lèvres qui sortirent en chant :
« Écoute le vent qui souffle
Celui qui joue, qui écoute
Le zéphyr qui raconte, qui console
Qui démontre son humeur
Jamais Il ne sera dompté
Jamais Il ne sera capturé
Car Il est insaisissable tout autant qu’intouchable
C’est le vent qui souffle
C’est le vent qui joue
Écoute son appel
Lève-toi et réponds-y ! »
La forêt toute entière se tut. Le vent aussi. Drucilla observa les arbres immobiles, tout autour, à la recherche d’un moindre signe. Puis soudain dans un cri, le rythme reprit, mais cette fois, une voix chanta à sa place :
« Qui es-tu, insignifiante créature
Pour me mander comme un vulgaire esclave
Personne ne peut me demander ainsi
Car le vent et moi ne font qu’un
Alors toi qui es assez courageuse pour me défier
Explique toi ou encourt mon courroux ! »
Drucilla sourit. Ça y est, Typhon se manifestait. Il ne lui restait qu’à lui faire gagner sa cause. Lentement, elle leva les bras au-dessus de sa tête et dans une voix magnifique, chanta.
« Toi, maître du vent
Toi, maître de cette forêt
Tu as fait de moi un fléau
Toi et les autres
Alors vient à mon aide
Fais jouer le vent
Fais crier le zéphyr
Fais souffler la brise
Car tu as un pacte
Et tu dois le respecter
Alors réponds à mon appel ! »
Le silence se fit autour d’elle. Puis un éclatante lumière rouge s’alluma et un tout petit être assis flottant dans l’air se matérialisa.
- Tu es forte, fille du vampire. Peu réussissent à cet âge à me soumettre à leur volonté par des paroles aussi justes. Alors, je répondrai à l’appel et me joindrai à ta bataille. Prends garde au vent, il peut guider ta voie !
L’être se dissipa comme la brume, et une petite sphère rouge apparut. Elle tourna un instant autour de la jeune fille. Drucilla sortit le disque d’argent et la matéria se scella d’elle-même dans sa cavité. Une inscription se grava au-dessus, comme pour Titan.
Typhon.
Code de confirmation pour message trop long... Quelle poisse !!!
Ah, voici enfin le nouveau chapitre ![]()
Bien, tu souleves de nouveaux mysteres dis-moi ![]()
Bien, j'ai hate de lire la suite et de savoir pourquoi Drucilla a besoin de materias
Pour le coup du message trop long, essaye de diviser ton chapitre en deux messages, ça devrait arranger ça ![]()
Chapitre 8
Peu de personne avait remarqué sa disparition, sauf bien sûr Denzel. Le jeune homme s’était finalement endormi sur le lit en attendant que sa compagne ne daigne venir se coucher. En effet, Drucilla était entrée dans la chambre quelques instants, puis sur la pointe des pieds, en était ressortie pour se diriger à l’extérieur.
À l’heure actuelle, assis sur le second palier du village, Drucilla observait les étoiles. Celles-ci brillaient ardemment, comme de petits feux qui allaient exploser. Puis, le sentant plus qu’elle ne l’entendit, elle jeta un regard à Rouge XIII derrière elle avant de reprendre son observation. L’animal s’assit à côté d’elle et leva le museau lui aussi vers le firmament.
- Tu sais, tes parents le faisaient aussi. Très souvent. C’est un trait de caractère qui te vient d’eux, lui dit Nanaki.
Drucilla eut un lent sourire.
- Peut-être.
Le silence s’installa entre eux. Tout ce qui troublait cette atmosphère apaisante étaient le chant des grenouilles au loin et le bruit de leur respiration.
- J’aime les étoiles. C’est étrange, mais il me semble que rien ne peut les atteindre, ni nos actes, ni nos peines, ni nos joies. Elles sont là, immobiles, silencieuses, à veiller sur nous.
Rouge XIII l’écouta sans broncher. Drucilla était très sage pour son âge. Et le poids qui pesait sur ses jeunes et frêles épaules était bien lourd.
- Nanaki ?
- Oui ?
- Tu crois que mes parents sont encore vivants ?
Rouge XIII la regarda. Elle avait détaché son regard du ciel et observait le feu, en contrebas.
- Je l’ignore. Je suis désolé.
Drucilla soupira.
- Ce n’est pas ta faute.
La jeune fille se leva.
- Bonne nuit.
Rouge XIII inclina la tête. Il ne la quitta pas des yeux, et même lorsqu’elle fut descendue au premier palier, il continua à la fixer. Quand elle eut disparu à l’intérieur de l’auberge, l’animal se leva et rentra chez lui, dans l’observatoire.
Denzel dormait lorsque Drucilla entra dans la chambre, à son grand soulagement. Elle se dirigea vers le second lit lorsqu’une violente douleur l’assaillit. Elle se courba en étouffant le gémissement qui montait dans sa gorge. Elle attendit quelques secondes puis la douleur reflua pour finalement disparaître. La jeune fille se traîna jusqu’au lit où elle s’étendit, épuisée. Du bout des doigts, elle effleura son ventre, là où la crise était apparue. Elle sentit une minuscule boule grouillante sous la peau. Drucilla retira vivement ses doigts. Qu’abritait-elle donc dans son corps ? Un parasite ? Un monstre ? Un… tribut ?
Pour la première fois, Drucilla eut réellement envie de demander de l’aide, de réveiller Denzel ou même d’aller voir Rouge XIII pour leur en parler. Mais rapidement, cette pensée fut chassée. Elle survivrait à cela comme elle avait survécu à quinze années d’existence d’horreur.
***
Les trois amis partirent le lendemain matin en direction de Nibelheim. Tout au long du voyage, Drucilla sentait monter en elle un sentiment étrange, comme de nostalgie. Elle rentrait enfin chez elle après quinze années de disparition. Chez elle. Ces mots sonnaient faux dans sa tête mais pourtant, c’était bien de cela qu’il s’agissait.
Rouge XIII, à l’avant du groupe, tenait le rôle de guide. Sous un œil différent, certains superstitieux auraient vu là un chien ramenant ses moutons à la bergerie, ou d’autres encore, un loup entraînant d’innocentes brebis dans l’univers malfaisant du diable. Mais là s’arrêtaient les métaphores, car Drucilla n’était guère une innocente brebis, et Nanaki encore moins un loup.
Le trajet se déroula en silence, chacun ayant ses propres pensées noires à ruminer. Ils atteignirent Nibelheim au milieu de l’après-midi, sous une petite pluie fine qui s’était mise à tomber un peu plus tôt. À l’entrée du village, la jeune fille s’immobilisa et leva lentement le regard vers l’énorme bâtisse blanche en décrépitude. La pluie s’était soudainement mise à tomber plus drue, obstruant la vue. Denzel et Rouge XIII abandonnèrent Drucilla sous l’averse et se réfugièrent dans l’auberge, à côté. Drucilla ne les vit même pas. Elle s’avança, un pas après l’autre, à l’assaut de la pluie qui battait ferme, et se rendit devant les grandes grilles noires.
- Fille du vampire, tonna une voix grave.
Drucilla se retourna. Deux yeux rouges l’observaient dans l’obscurité qui était soudainement tombée grâce aux nuages porteurs de l’orage. Un éclair déchira le ciel, illuminant le géant qui se tenait là, devant elle. Il ressemblait à ces monstres mi humains mi géants recouverts de métal bleu aux larges épées semblables à des couteaux de boucher. Mais ce géant-là était noir, avait une longue lance rouge dans sa main et montait un cheval blanc à six pattes.
- Odin, murmura la jeune fille.
Le dieu hocha la tête.
- Je sais ce que tu recherches, et ce que tu abrites dans ton corps. Mais ne perds pas espoir, petite. Ta quête ne fait que commencer, et que de périls tu rencontreras dans ta route. Maintenant, lève la tête et reçoit ton dû !
Drucilla fit ce que le dieu lui demandait et sortit le disque d’argent qui pendait toujours à sa ceinture, dissimulé par la bure qu’elle portait. Odin se dissipa et laissa apparaître une petite étoile rouge à sa place. Dans le ciel, le soleil commençait à apparaître, laissant des zébrures rouges sur les nuages aux nuances de violet, de mauve, de gris et de noir. La lumière rouge tourbillonna sur des cercles de plus en plus grand tout en gagnant de vitesse et se précipita sur le disque à toute allure. Une nouvelle sphère rouge s’ajouta derrière celle de Typhon. Un petit sourire d’extase se dessina sur les lèvres de la jeune fille, aussitôt remplacée par un cri de douleur. Drucilla plaqua ses mains contre son ventre en se penchant violemment vers l’avant. Elle tomba à genoux.
La douleur finit pas passer, laissant la forme grouillante dans son ventre plus grosse qu’il y a quelques jours. Épuisée, haletante, la jeune fille peina pour se redresser et en tremblant, elle regagna l’auberge.
***
Denzel et Rouge XIII virent l’étrange phénomène se produire à l’extérieur, mais à cause de la pluie qui les avait forcé à gagner l’abri de l’auberge, ils n’avaient pu aller porter secours à Drucilla, qui avait disparu sous la forte averse. C’est donc inquiet qu’ils scrutaient la place publique du village à la recherche de la silhouette familière de leur jeune amie.
Elle apparut finalement sur la place après que l’averse se fut terminée et qu’une étrange lumière rouge est éclatée dans le ciel. Elle tremblait de tout son corps frissonnant et butait sur le moindre obstacle devant elle. Denzel se rua à l’extérieur juste lorsque Drucilla chancela et s’écroulait sur le sol. Le jeune homme voulut la soulever pour la porter à l’intérieur, mais la jeune fille le repoussa.
- Non !
Elle se releva et tant bien que mal, rentra à l’intérieur, Denzel derrière elle.
La lune se levait dehors. Tout le monde dans l’auberge dormait à poings fermés. Tous, sauf Drucilla. La jeune fille se faufila à l’extérieur sans un bruit et grimpa après l’imposante tour métallique au centre de Nibelheim. Au sommet, une main pour se maintenir en équilibre, l’autre sur son ventre, elle scruta le firmament. Un lent sourire se dessina sur ses lèvres. Elle jeta un dernier regard à l’auberge, où ses amis dormaient toujours, sans se douter que leur jeune compagne s’apprêtait à les quitter.
Elle les abandonnait pour une bonne raison. Elle avait une quête à terminer, et elle devait comprendre la réelle signification de sa destinée.
Après, seulement après cela, elle pourrait peut-être retrouver ses amis.
Mais maintenant, elle devait partir.
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Voilà, un autre chapitre !
Ah, voila qui fait plaisir
Un tres bon chapitre recelant bon nombre de mysteres, mais que peut-il bien arriver à Drucilla ? Et ou va-t-elle ? Autant de questions dont j'ai hate d'avoir les réponses
Vivement la suite de cette histoire ![]()
J'enverrai des nouveraux chapitres ce midi ( beaucoup plus tard pour ceux de France) et j'espère que tu les aimeras !!!
![]()
Malheureusement, j'ai eu de problèmes avec ma disquette, donc je les envoie tous aujourd'hui, enfin j'espère ouvoir tous les envoyer.
Bonne grosse lecture, ça risque d'être pesant !!!
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Chapitre 1
Un coup retentit, suivi aussitôt d’un juron sonore. Des bruits de pas résonnèrent calmement dans la pièce close. Quelques mots chuchotés tout bas, puis les pas rebroussèrent chemin. Un nouveau juron emplit le silence.
Tifa fit rouler les muscles de son dos, se redressa bien droite et se dirigea vers la sortie. Même à quarante ans, elle avait gardé sa grande forme physique. Son seul regret était de ne pas avoir formé d’apprenti, comme c’était la coutume dans leur groupe. Maître Zangan le lui avait longtemps répété. Un soupir lui échappa. Elle verrait cela une autre fois. Pour l’heure, son mari la demandait.
Tifa entra dans l’habitacle qui servait de bureau à Cloud. Celui-ci n’était pas seul. Son fils unique était assis sur l’une des chaises, et Rouge XIII, couché dans un coin de la pièce, roupillait tranquillement.
- Qu’y a-t-il ?
Cloud leva la tête vers elle.
- Ah Tifa ! J’aimerais savoir ce que tu sais de notre nouvelle fugitive.
- Fugitive ?
Denzel lui adressa un sourire sombre.
- Drucilla Valentine. Elle a disparu il y a une semaine pendant la nuit sans nous avertir, après être arrivée à la fin de l’après-midi sous l’averse et à moitié morte.
Tifa lui jeta un regard interdit.
- Ça alors… c’est étrange… (Elle se tourna vers Cloud) Je ne sais pas grand-chose de cette jeune fille. Shelke avait insisté pour s’en occuper et je le lui ai accordé. Mais je sais qu’elle n’était pas très bavarde et répondait rarement ou par mots-clés.
Rouge XIII ouvrit un œil.
- Tu sais que tu es d’une aide fabuleuse ?
Tifa rougit. Ce n’était quand même pas sa faute si elle ne l’avait pas côtoyé pendant des semaines ! Sans daigner répondre à Nanaki, elle continua sa description :
- Je me souviens que dans la dernière semaine, elle ne dormait jamais et veillait l’orphelinat. Armée, précisa-t-elle.
Denzel acquiesça vaguement.
- Je confirme. Lorsque je suis rentré de Nibelheim, elle m’a menacée de son fusil. Elle m’a relâché seulement lorsque je me suis nommé, donc elle savait qui j’étais.
- On lui avait dit ton nom pour qu’elle te laisse passer si jamais tu revenais pendant la nuit. Je ne savais pas quand tu rentrerais, expliqua Tifa.
Cloud n’avait toujours pas dit un mot. Il se leva de son bureau et se posta devant ses compagnons.
- Si Vincent avait été là, ou même Lucrecia, tout aurait été plus simple. D’ailleurs, s’ils étaient ici, rien de tout cela ne serait arrivé et nous ne courrions pas après leur fille. Or, lorsque la petite est née, j’étais présent, ainsi que son père et son oncle. Nous seuls connaissons son importance.
Il s’interrompit et jeta un regard nostalgique vers un cadre accroché à son mur. Il s’agissait d’une photo sur lesquels Cloud, Sephiroth, Lucrecia, Vincent et leur fille posaient. La jeune femme tenait Drucilla dans ses bras tandis que Vincent avait passé son bras autour ses épaules. Cloud et Sephiroth souriaient à l’objectif sur les côtés. Comme ils étaient insouciants et heureux ce jour-là ! Qui aurait dit qu’ils seraient séparés seize ans plus tard ? En soupirant, Cloud reporta son regard vers ses amis.
- Le seul moyen de retrouver la petite serait de contacter son oncle. Malheureusement, il a disparu il y a cinq ans dans l’Est. On a perdu sa trace pas très loin de Utaï.
- C’est là que j’interviens ! s’exclama une voix.
Yuffie déboula dans le bureau avec son entrain naturel. La jeune femme avait vieilli depuis leur dernière aventure, mais jamais elle n’avait cessé d’exaspérer ses collègues.
- J’ai retrouvé Sephiroth il y a quelques jours. Heureusement pour vous, il avait déjà senti la manifestation de sa nièce et il est parti à sa recherche.
Nanaki se redressa et s’étira longuement.
- C’est la première bonne nouvelle que j’entends dans ma journée. Et je crois que c’est la seule que j’entendrai, alors je vous quitte.
Sur ce, l’animal sortit du bureau et s’élança vers les grands escaliers, laissant derrière lui ses compagnons ahuris.
Cloud observa les deux femmes qui avaient encore leurs visages tournés vers la porte.
- Alors que faisons-nous de cette brillante jeune fille lorsqu’elle nous aura rejoins ? demanda-t-il avec bonne humeur.
Tifa lui jeta un coup d’œil. Sa fausse joie ne trompait personne, et il le savait. Quelque chose le tracassait, et Tifa en connaissait la source.
Drucilla Valentine. Fille de leur meilleur ami Vincent Valentine, de l’incroyable combattante que Tifa n’ait jamais vue, Lucrecia Crescent, une jeune fille qui était l’unique survivante d’une disparition mystérieuse qui aurait peut-être conduit à la mort de ces deux personnes extraordinaires. Dans un certain sens, Tifa comprenait son mari, car elle-même se serait creusée la tête pendant une journée ou deux avant de rendre les armes. Pas Cloud.
- Je suggère de l’interroger sur ses parents, proposa Yuffie.
Cloud croisa le regard de Tifa.
- Je crois qu’une de nos camarades n’est pas du tout en accord avec toi, ma chère Yuffie.
La jeune femme s’empourpra lorsqu’elle découvrit qui était la fameuse camarade.
- Qu’en dis-tu, Tifa. As-tu une idée à nous proposer ? s’enquit Cloud.
- Oui, j’en ai une. Je vais prendre cette jeune fille en apprentie. Si elle a la moindre parcelle du pouvoir de Lucrecia, je crois pouvoir l’aider. Et qui sait ? Peut-être me fera-t-elle confiance si je lui pose quelques questions ?
Cloud sourit.
- Accordé.
En passant, c'est la deuxième partie.
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Chapitre 2
Nul n’aurait pu dire quelle était la forme sombre qui bravait la tempête par un jour du mois de janvier. D’ailleurs personne ne devait la voir, barricadés derrière leurs portes à se réchauffer près du foyer en attendant que le blizzard s’arrête.
Pourtant, Drucilla n’était pas la seule à affronter la tempête. À quelques milles de là, pas très loin du village auberge Le Glacier, une autre silhouette luttait tant bien que mal sous le vent déchaîné qui apportait par millions de minuscules flocons de neige qui dansaient sur un rythme endiablé, rendant la visibilité totalement nulle.
La jeune fille n’avait pas senti la présence de cet inconnu, car le blizzard créait un bouclier l’empêchant de percevoir les choses à distance. Mais le contraire, malheureusement, n’était pas vrai.
Drucilla s’immobilisa un instant et observa les alentours, sans en voir grand-chose. La neige couvrait tout. Partout que du blanc. Sauf que sa vision à elle avait viré au rouge pour éviter l’éblouissement. Avec un soupir, elle repris sa marche à travers la neige qui lui arrivait maintenant aux genoux. Être en partie vampire, partie démon n’avait pas que des avantages. Cela ne l’épargnait guère de la pesanteur. Elle s’enfonçait à chaque pas dans l’épaisse couche blanche et froide.
La jeune fille eut un petit sourire tandis qu’elle peinait dans la neige. Lorsqu’elle était partie, il y a dix jours, elle s’était dit qu’elle reviendrait peut-être voir Denzel. Maintenant, cela lui semblait presque obligé, vu que sa prochaine invocation se terrait dans la forêt endormie, celle-là même qui protégeait le tombeau d’Aeris et du coup, la base militaire d’Avalanche.
La base était à peu près à dix lieues de l’endroit où elle se trouvait. Selon ses estimations, elle la rejoindrait dans trois jours, au mieux. Tout d’un coup, Drucilla perdit le sourire. Elle avait la mauvaise impression que le blizzard durerait tout le temps qu’elle prendrait pour se rendre à la cité perdue. Si ses impressions étaient exactes, elle voyait d’un air sombre son voyage s’allonger brusquement…
***
Sephiroth s’étira avec délice. Peu lui importait que le temps jouait en sa faveur ou non, et qu’il fît si froid qu’on aurait pu en mourir, il ne sentait rien de tout cela. De toute façon, il se rapprochait de son objectif.
Lorsqu’il l’avait localisé, il avait eu l’agréable surprise de découvrir que Drucilla se dirigeait vers la base. Il avait pensé que la pister serait plus difficile et il la trouverait beaucoup plus loin.
Heureusement, le blizzard empêchait sa nièce de le sentir, mais si elle possédait les pouvoirs de ses parents, comme il le pensait, Drucilla devait avoir l’impression d’être suivie.
Sephiroth sourit. Comme il avait hâte de la revoir ! La réunion de famille risquait d’être peu banale, comme l’a toujours été le reste…
***
Il faisait nuit. La tempête avait cessé depuis quelques heures, et à la base, le vent ne soufflait plus. La cité était à l’abri de tout changement climatique, mais le blizzard avait quand même laissé sa trace sur la base. Le vent avait soufflé avec une fureur formidable, bloquant chacun dans leur maison.
À l’extrémité nord, une silhouette se hâtait vers la base, située au centre de la ville. La jeune fille souffrait le martyre. Le froid avait laissé des marques sur sa peau blême, et le parasite qu’elle abritait se tortillait douloureusement dans son ventre. Celui-ci avait considérablement grossi durant sa quête. Les dernières invocations lui avaient révélés que la créature se développait lorsqu’elle sentait une forte magie à l’œuvre. Or, lorsque les dieux lui léguaient leurs pouvoirs, le parasite se nourrissait de sa chair et utilisait sa magie nouvelle acquise pour grandir. Quand Drucilla l’eut apprit, elle avait refusé de continuer. Les dieux ne lui avaient pas laissé le choix.
Maintenant, plus rien ne comptait que de rentrer au chaud à la base, et de semer l’homme qui la suivait. La jeune fille implora Bahamut de l’aider. De ce fait, elle savait qu’elle tranquilliserait la bête et qu’elle se rendrait plus vite à la base. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le parasite cessa de remuer et la jeune fille se retrouva en un rien de temps devant la petite forêt qui entourait le coquillage protégeant la cité. Elle poussa un soupir de soulagement. D’un pas hâtif, elle traversa la forêt, admirant au passage la magnificence des arbres de cristal. De minuscules points blancs flottaient dans le vide. Puis elle se retrouva devant le lac. Pas un souffle de vent ne venait troubler la surface plane de l’eau, qui miroitait sous le ciel rempli de nuages. Drucilla trouva l’endroit féerique. Soudain, un tourbillonnement au-dessus du lac attira son attention. Une silhouette se dessina dans l’air. Il s’agissait du fantôme d’une jeune femme. Elle portait une robe longue et ses cheveux tressés en une longue natte étaient attachés sur sa nuque par un ruban. Le fantôme la salua puis disparut.
- Repose en paix, Aeris, murmura une voix derrière la jeune fille.
Drucilla fit brusquement volte-face. Un véritable colosse se trouvait devant elle. De fins cheveux argentés tombaient librement dans son dos, son visage aux yeux de turquoise l’observant avec un calme serein, l’inconnu portait une tunique noire passée sur de larges pantalons de la même couleur. Des épaulettes de métal sur ses épaules étaient attachées par de multiples ceintures se croisant sur son torse. Des gants et une grande cape noirs complétaient l’ensemble. Mais ce fut l’interminable lame bouclée sur son dos qui lui fit écarquiller les yeux. Une masamune !
- Bonsoir petite.
La jeune fille recula d’un pas. Elle n’avait pas peur, mais elle n’avait pas confiance en cet homme au regard de loup.
- Ne t’inquiète pas, je ne te veux aucun mal. Ma mission consistait à t’emmener ici, mais tu l’as fait toute seule, je n’ai eu qu’à te suivre.
Drucilla porta son regard sur le lac, avant de le ramener sur l’homme.
- Sais-tu qui je suis, Drucilla ?
- Non.
Sa voix avait résonné dans l’espace. L’inconnu tressaillit.
- Je suis ton oncle. Sephiroth le Grand, Général des Armées de la Shinra et Soldat 1ère Classe dans le corps armé. Autant je fus crains et admiré, autant je fus haï par les hommes. Je suis aussi l’homme qui tua la dernière des Cetras, Aeris, cette femme dont tu as vu le fantôme.
Drucilla croisa les bras sur sa poitrine et braqua ses yeux sur Sephiroth.
- Autrement dit, le mal incarné.
Sephiroth fit une grimace.
- Plus maintenant. C’est ta mère qui m’a ramené.
- Ma…ma…
Il eut un sourire désabusé.
- Oui, ta mère. Nous sommes tout deux nés du même père et de la même mère. Et ce fut elle qui réussit à me ramener des Ténèbres dans lesquelles j’étais plongé. Tu n’en as peut-être pas conscience, mais tu es le fruit de deux personnes remarquables, qui sauvèrent plus d’une fois le monde.
- Sephiroth ! Mon vieil ami !
Un homme blond sortit du coquillage sans crier gare. Il se dirigea vers eux en courant. Drucilla se sentit menacée, et ne fit que ce qu’elle seule aurait pu faire dans sa peur : elle sortit son colt et le pointa sur le nouveau venu.
Sur les hauts monts, au-dessus du lac, quelqu’un observait la scène avec intérêt. Rouge XIII secoua la tête, exaspéré.
- Cette fois, Cloud, tu as vraiment tout manqué.
Chapitre 3
Cloud resta surpris du geste plutôt inapproprié de la jeune inconnue se trouvant avec Sephiroth. Jamais il n’aurait pensé qu’elle pointerait le canon de son arme sur lui, encore moins qu’il ne pourrait réagir sans se faire tirer dessus !
Levant lentement les mains en signe de paix, Cloud s’immobilisa. La jeune fille ne le lâcha pas des yeux, le tenant toujours en joue. C’est alors qu’un cri retentit au-dessus d’eux.
- Drucilla !
La jeune fille reconnut sans peine la grave voix de Nanaki. Comprenant qu’elle n’était pas attaquée, elle baissa son arme et le rangea. Derrière elle, Sephiroth contenait très mal son amusement. Son meilleur ami, autrefois son pire ennemi, le plus magnifique combattant qu’il n’est jamais vu vaincu sauf par sa sœur, venait de se retrouver les bras ballants devant un fusil pointer sur lui. Cerise sur le gâteau, il n’avait absolument rien fait ! Lui qui, durant la guerre de Jenova, aurait désarmé n’importe qui en quelques secondes, s’était retrouvé aussi inoffensif qu’un bébé.
Rouge XIII atterrit en souplesse entre Drucilla et Cloud.
- Ça va, calme-toi, ils ne sont pas ennemis.
Drucilla acquiesça et se pencha pour serrer dans ses bras l’animal. Celui-ci se laissa faire, très touché qu’elle le considère assez comme un ami pour lui donner l’accolade. Drucilla ne s’adonnait guère à ces futilités. Enfin, la jeune fille se releva et donna la main à Cloud par-dessus Nanaki.
- Désolée.
Le chef d’Avalanche eut un franc sourire.
- Ne t’en fais pas. Je te pardonne.
Il lui serra la main.
***
Tifa découvrit avec stupeur qu’on avait emmené la jeune fille dans le bureau de Cloud dès son arrivée à la base. Furieuse, elle se précipita vers l’habitacle. Dès que son regard tomba sur la fille de son amie, elle remarqua sa grande fatigue et les multiples engelures qui avait marquée sa peau pâle. Aussitôt, elle se tourna vers son mari.
- Cloud ! Comment peux-tu…
- Du calme, Tifa, tu peux l’amener immédiatement avec toi pour la soigner. En fait je m’attendais à ce que tu viennes le faire.
Tifa lui jeta un regard noir, fit signe à la jeune fille de la suivre et sortit de la pièce. Drucilla la suivit des yeux, hésitante. Son regard croisa celui de son ami. Nanaki fit un signe bref de la tête. Drucilla se leva et emboîta le pas à la quadragénaire.
Lorsque la porte se fut refermée derrière elles, Cloud regarda Sephiroth. Ils se comprirent instantanément.
- Elle n’est pas à ce quoi je m’attendais, avoua Cloud.
- Et à quoi t’attendais-tu donc ? répliqua Rouge XIII. Une autre Lucrecia ?
Cloud soupira longuement.
- Peut-être. Je ne le sais pas moi-même.
Sephiroth eut un rictus moqueur.
- Vous n’avez rien remarqué ?
- Remarqué quoi ?
Le visage de son ami devint grave.
- Vous n’avez vraiment rien remarqué. Drucilla ne semble pas… normale.
Nanaki parut sourire.
- Tiens donc, un autre qui nous n’avance à rien. Elle est à moitié démon et moitié vampire. De plus, elle est une descendante de la Calamité. Il y a de quoi ne pas être normal.
Sephiroth secoua la tête.
- Non, ce n’est pas ce que je veux dire. Vincent avait une aura magique, ma sœur aussi. Mais celle qui entoure ma nièce n’est pas l’équivalence de ces deux auras.
- Autrement dit ? s’enquit Cloud.
- Notre cher prodige porte un autre être en elle. Un parasite.
***
Tifa l’emmena dans une hutte qui servait d’hôpital. Drucilla observa son nouvel environnement d’un œil désintéressé. La hutte n’était guère plus grande que le bureau de Cloud, mais elle avait le mérite d’être confortable. La jeune fille s’installa sur l’un des lits de camp et regarda s’affairer Tifa. Celle-ci ouvrit un pot d’onguent et délicatement, en posa sur les nombreuses engelures sur ses bras et son visage. Drucilla tressaillit au contact du baume sur sa peau, mais lorsque la douleur s’évanouit, elle se détendit et lança un regard de gratitude vers Tifa. La quadragénaire s’assit à côté d’elle.
- Alors, d’où arrives-tu comme ça ? Tu as fait un sacré bout de chemin depuis que tu nous as quittés à l’orphelinat.
- Glacier.
La surprise se peignit sur le visage de Tifa.
- Du glacier ? Que diable as-tu fait au glacier ?
La jeune fille haussa les épaules. Tifa réprima un sourire. Elle aurait cru voir Cloud lui dire : ce n’est pas tes affaires.
- Bon, puisque que je t’ai soignée, j’ai une proposition à te faire.
Drucilla la regarda avec une minuscule lueur d’intérêt dans les yeux.
- J’aimerais voir tes capacités en combat. Je te propose donc d’être mon apprentie pendant un moment, et je t’enseignerai les arts martiaux.
Tifa lui présenta sa main. Drucilla la contempla un instant, sans réaction, comme si elle réfléchissait à sa réponse. Puis elle la serra. Tifa eut un large sourire.
- Parfait ! Viens me rejoindre dehors à l’aube, demain matin.
***
Dès que Drucilla ait pu quitter l’infirmerie, elle se dirigea aussitôt vers l’escalier montant à la surface. Arrivée au centre du coquillage, elle prit tout son temps pour observer le chef-d’œuvre des Anciens. Le coquillage, enroulé sur lui-même, mesurait plusieurs mètres de haut et tout n’était que décorations sous-marines. Mais l’endroit dégageait une atmosphère de sérénité et de paix, et Drucilla s’y sentait bien. Elle sortit du coquillage et se retrouva devant le lac, l’objet qui l’avait attiré au-dehors. Ou plutôt, le fantôme qui y était apparu. Comme à son arrivée, quelques minutes plus tôt, la jolie femme se matérialisa à nouveau sur le lac, sans créer le moindre remous sur la surface lisse de l’eau.
- Vous me connaissez, n’est-ce pas ? fit Drucilla. J’ai l’impression de vous avoir déjà vue quelque part…
Le fantôme sourit gentiment.
- Ta mère était une Cetra. Le sang qui coule dans tes veines est le même de ce qui fut le mien. Grâce à cela, tu as pu m’entendre te parler dans ta tête lorsque tu entrais en transe. J’essayais de calmer ton esprit en fureur et empli de haine… Mais malheureusement, ces efforts ont été vains.
Drucilla sentit son sang se glacer. Ce fantôme avait vu son crime. Il y avait assisté sans qu’il puisse l’en empêcher. La jeune fille devint blême.
- Oui, Drucilla, j’ai vu ce que tu as fait à ces hommes. Ne t’en excuse pas, il est trop tard, maintenant.
Drucilla fixa intensément le fantôme.
- Comment puis-je racheter ma faute ? Comment seulement puis-je me débarrasser de cette créature qui me hante à l’intérieur de moi, cette autre partie de mon être qui n’a qu’un besoin de sang et de chair fraîche ? Dites-moi, savez-vous que je suis condamnée à mourir ? Je porte un parasite, et lorsque ma quête sera terminée, il me tuera. Est-ce tout que cela vous fait ?
La jeune fille tomba à genoux au bord de l’eau, le corps secoué de tremblements. Des larmes coulaient sur ses joues, brûlantes. C’était ça, la vérité. Elle allait mourir après avoir accompli une quête pour des dieux qui s’étaient servis d’elle.
- Ne blâme pas les dieux.
- Pourquoi pas ? C’est eux qui m’ont donné cette quête tout en sachant que je n’y survivrais pas. Pourquoi ne devrais-je pas les blâmer ? cria Drucilla, folle de rage.
- Car il n’est pas dans leurs desseins que tu me rejoignes si vite.
Drucilla eut un sursaut d’espoir.
- Que voulez-vous dire ? Que je ne mourrai pas lorsque le parasite atteindra sa pleine maturité ?
Aeris sourit.
- Ce n’est pas à moi de te le dire…
***
Drucilla resta longtemps assise au bord du lac, perdues dans ses pensées, ressassant sa conversation avec le fantôme d’Aeris. Lorsqu’elle se leva enfin, la lueur meurtrière qui animait ses yeux depuis le premier jour de sa séquestration avait enfin disparu. La jeune fille avait prit sa décision. Elle profiterait de ces moments qui lui restaient pour les vivre pleinement et ensuite… bien ensuite, elle aviserait. Elle avait bon espoir que les dieux ne la laisseraient pas tomber.
Chapitre 4
Tifa trouva Drucilla auprès du lac, à l’aube. Tandis qu’elle en approchait, elle avait comme l’impression que quelque chose avait changé chez la jeune fille. Elle ignorait quoi, mais cela était visible dans sa posture, son maintien. Lorsque Drucilla se tourna vers Tifa, celle-ci remarqua la disparition de cette lueur qui lui faisait toujours froid dans le dos quand elles se fixaient dans les yeux.
- Bonjour, Drucilla.
- Ainsi pour toi, Tifa, répondit la jeune fille, à la grande surprise de son interlocutrice. Ne soit pas si étonnée que je te répondre, il est grand temps que j’aligne plus d’un mot dans une phrase.
Tifa sourit.
- Bon…Alors, voyons tes capacités.
Elle se mit en garde, un poing devant elle, l’autre tout près de sa joue, les jambes légèrement écartées, le bassin à demi tourné. Drucilla eut un petit sourire, debout devant elle. Elle n’avait pas bougé. Tifa n’attendit pas plus longtemps. Elle s’élança dans une série de feinte. C’est alors que Drucilla se mit enfin en mouvement. Tout les coups que faisaient grêler la combattante ne touchèrent même pas la jeune fille tant elle esquivait vite. Les yeux vifs, elle observait les moindres attaques de son adversaire, cherchant une faille qui ne tarderait pas à apparaître.
Elle avait raison.
Lorsque la grêle d’attaques s’espaça, Drucilla se fendit. Un coup, un seul, bref, léger, précis, invisible. Avant même d’avoir pu dire un seul mot, Tifa se retrouvait le visage contre terre, à quelques trois mètres de là. En grimaçant, la quadragénaire se releva et fit face à la jeune fille.
- Je crois que, finalement, tu n’as pas besoin de moi. Tu as tout hérité de tes parents en dedans de toi.
Drucilla s’inclina devant sa décision.
- Si ce n’est pas trop demandé, j’aimerais que nous restions amies, Tifa.
Tifa éclata de rire.
- Tu n’as pas besoin de le demander, tu sais. Ça se fait tout seul !!!
***
Denzel arpentait le long couloir des chambres, au Manoir Shinra. Il s’y était téléporté, à la recherche de nouveaux indices pour la disparition de Vincent et Lucrecia. Mais il avait beau toucher à tout ce qui aurait pu leur appartenir, aucune vision ne l’assaillait. Il était dérouté. Comment pourrait-il résoudre ce mystère ?
En soupirant, il se rendit dans la chambre où il avait eu sa première vision, actionna le passage secret et descendit de long escalier de bois. Il traversa le passage et poussa la porte au fond. Le laboratoire du Manoir. Le jeune homme s’immobilisa sur le seuil, laissant son regard courir sur la pièce. Tout était comme avant. Rien n’avait changé, et même dans ses visions, la pièce restait la même.
Denzel soupira. Si au moins un signe, n’importe quel, pouvait l’aider à définir ce qui était arrivé aux parents de Drucilla, il aurait l’esprit tranquille. Mais rien, à part la tache de sang, ne pouvait l’aider.
Le jeune homme emprunta le couloir aux murs couverts de livres, en choisi un, et alla s’asseoir au bureau. Une fois installé, il ouvrit le livre dans le milieu, et s’y accoudant, posa son menton dans sa main en réfléchissant à son dilemme. Le seul moyen, maintenant, était de se servir de Drucilla. Malheureusement, il ne savait pas où elle était. Sûrement à des milles de l’endroit où il se trouvait. Il ferma le livre ouvert devant lui sans même l’avoir lu, se leva et sortit de la pièce.
***
Drucilla était assis au bord du lac, contemplant la surface lisse, plongée dans ses pensées moroses. Bientôt, elle le savait, elle devrait partir à la recherche de la dernière invocation, et là, sa vie basculerait à jamais. Machinalement, elle tâtonna dans sa bure, qu’elle avait mise avant de sortir, et en sortit le disque d’argent. Quinze sphères rouges, ancrées dans leurs cavités, brillaient de mille feux. Au centre, comme tracé par le feu, se voyait le pipeau. « Un seul, et ensuite, je mourrai peut-être… »
Drucilla soupira tristement. Elle avait espéré qu’Aeris lui donnerait plus d’indices de ce qui lui arriverait après… le sacrifice. Ses paroles énigmatiques avaient jeté un trouble dans son esprit, et avait excité le parasite. Elle le sentait bouger avec énergie, comme s’il savait que sa libération était proche. Peut-être le savait-il, d’ailleurs, car n’était-il pas un fruit des dieux ?
Encore plus désespérée qu’auparavant, la jeune fille rangea le disque d’argent. À quoi bon se ronger l’esprit pour le futur ? Il arriverait bien assez tôt.
- Drucilla ?
Elle leva la tête. Une silhouette marchait dans sa direction de façon hésitante.
- Oui ? Qu’y a-t-il ? fit-elle en se levant.
- Est-ce réellement toi ? Ou bien est-ce une illusion ?
Drucilla fronça les sourcils. Qui était donc cet impudent ?
- Qui êtes-vous ? Vous êtes dans l’ombre, je ne vous vois pas.
Ce n’était pas vraiment la vérité, mais elle passa sous silence qu’elle pouvait voir l’aura rouge autour de son corps, sa chaleur corporelle. Elle pouvait sentir son souffle et le sang qui circulait sous sa peau… Drucilla secoua la tête. Elle n’avait jamais succombé à cette tentation de chair et de sang qui caractérisait sa moitié vampire ; ce n’était pas maintenant qu’elle allait le faire.
Elle entendit un juron sonore, puis la personne sortit de l’ombre des arbres. La jeune fille en resta muette de stupeur, bien que rien ne se vit sur son visage. Denzel était bien la dernière personne qu’elle s’attendait à voir ici…
- Denzel, prononça-t-elle d’un ton posé. Il y a longtemps…
Le jeune homme eut un sourire désabusé.
- Très longtemps, à peine une semaine et demie. Je crois que tu n’as pas tout à fait la même notion de temps que nous.
Aucune ombre, pas même le moindre rougissement, ne passa sur son visage calme. Denzel sourit intérieurement. Si Drucilla parlait beaucoup plus, elle n’en cachait toujours pas moins ses émotions à la perfection.
- Quand es-tu arrivée ?
- Hier.
Denzel fronça les sourcils. Comment se fait-il qu’il n’ait eu vent de son arrivée ? Il faudrait en parler avec Cloud, qu’il se promit de faire dès que possible.
- Alors, comment trouves-tu notre base ?
Drucilla eut un imperceptible haussement d’épaule.
- Je n’ai pas tout visité, mais Tifa m’en a donné un aperçu. Tout ça, dit-elle, en montrant de la main le lac et le coquillage, c’est l’œuvre des Cetras, mon peuple. Mais plus encore, au-delà de cette forêt, c’est ma mère qui a aidée à leur construction. C’était son projet.
Le jeune homme en resta interdit. Drucilla ne connaissait même pas ses parents ! Et pourtant…
Elle avait raison. Lucrecia avait fait énormément pour la communauté d’Avalanche. Grâce à elle, maintenant, des dizaines de soldats de l’armée n’avaient plus à craindre pour leurs familles.
- Tu sembles en connaître un long bout sur nos vies ici. J’en suis content, fit-il.
La jeune fille eut une esquisse de sourire qui disparut tout aussi vite qu’il était apparu. Elle lui adressa un bref signe de tête et le quitta.
Et voilà, j'espère que vous apprécierez ces différents chapitres !!!!
Yaaahoooooooooo !!! ![]()