Coucou c´est encore nous
J´ai un nouvel écrit fantastiquement magnifique et je ne sais où le poster. Et comme ma carrière brillante d´écrivain a commencée ici, autant qu´elle s´y termine
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« J’écoute toujours les mêmes musiques, je mets toujours les mêmes vêtements, je fais toujours les mêmes trajets, j’ai toujours les mêmes amis, je vois toujours les mêmes endroits, je respire toujours les mêmes odeurs, je mange toujours les même choses, j’occupe toujours mon temps de la même manière, je fais toujours la même chose, j’assiste toujours aux mêmes cours, je traîne toujours avec les mêmes personnes, j’aime toujours les mêmes, j’entends toujours les mêmes choses… Toujours les mêmes infos, les mêmes visages, les mêmes impressions, les mêmes choix, les mêmes contraintes, les mêmes règlements, les mêmes gouvernements, les même guerres, les mêmes paix, les mêmes mesures et contre-mesures, les mêmes bombes, les mêmes pleurs, les mêmes défaites…
Toujours, toujours, toujours… »
Baptiste repose la lettre sur sa table de nuit. Il l’avait écrite le jour de sa première tentative de suicide, se trancher les veines. Elle aura été suivie par une seconde, médicamenteuse. Torse nu, visage pâle noyé dans la fumée de cigarettes. Cheveux noirs en bataille, muscles saillants, bouche sèche, jambes longues. Désespéré.
D’un geste désinvolte et lent, il porte à ses lèvres le filtre orangé qui le relie à sa propre mort. Telle une infime corde qui sans cesse se noue autour de lui. Il aspire, expire. Sa vie ressort par sa bouche, grise, désordonnée, morne. Il se laisse tomber à la renverse sur son lit. Un rayon de lumière s’infiltre entre ses rideaux et lui éclaire le visage, lui donnant pendant quelques secondes un air angélique. Le Soleil vient de se lever. Il fait de même, s’habille rapidement, inutile d’être présentable, si Enfer il y a, Baptiste ne tient pas à s’y monter agréable. D’un pas lent et mélancolique il se rend dans sa salle de bains, fait mine de se préparer, comme si la journée était tout ce qu’il y avait de plus normale. Il dit au revoir à sa mère, à sa sœur, et caresse une dernière fois son chien, qui jappe à tout rompre. Il marche vers l’arrêt de son bus, une fois arrivé il s’assoit sur le banc et attend.
Autour de lui, il y a d’autres jeunes. Beaucoup répondent aux stéréotypes courants, le skater avec ses cheveux longs, son baggy et son MP3 dans les oreilles, le rappeur habillé en Nike de la tête aux pieds, la poufiasse habillée huppé qui fait éclater les bulles de son chewing-gum, puis deux ou trois autres, banal ceux-là. Baptiste sourit, il sent ses forces le quitter, il voit son car arriver, il voit sa meilleure amie se précipiter vers l’arrêt en courant.
- « Ouf ! J’ai failli le louper ! »
Elle s’approche, lui fait un bisou sur la joue, aucune réaction.
- « Baptiste ? »