Voici un autre de mes écrits. Les deux premières pages. C´est bourré d´abberations scientifiques et d´exagération, mais c´est parfaitement volontaire, ne vous en faites pas ^^.
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Ca faisait quelques années maintenant. Le monde était devenu un tas de cendres, de ruines et de cadavres. Seuls restaient quelques survivants, parsemés au hasard sur la Terre, des petits groupes de quelques personnes. Six milliards d’âmes soumises à l’horreur, six milliards d’âmes réduites à quelques centaines. Je m’appelle Frédéric, j’ai trente-quatre ans, le peu de vie qu’il me reste se consume lentement dans un renfoncement d’une montagne des Alpes, ce que je vais vous raconter paraissait impossible il y a vingt ans, et pourtant… L’homme prend conscience des choses uniquement lorsqu’elles deviennent graves, on a toujours essayé de guérir nos problèmes, mais jamais de les prévenir, parce qu’on n’y croyait pas, ou qu’on ne voulait pas y croire, ou encore parce que certains hommes faisaient tout pour que les autres n’y croient pas. Le désastre était imminent, un peu comme une bombe, il n’attendait que le coup de départ pour se déclencher et tout raser. Ce que je vais vous raconter a débuté le jour de mes quatorze ans…
Ma mère faisait à manger, comme tous les soirs, elle était femme au foyer et n’avait rien à faire de ses journées, elle s’était reconvertie cuisinière et passait des heures plongées dans des livres de cuisine. Mon père était encore au boulot, à travailler comme un acharné pour patron qui se fichait éperdument de sa vie de famille et avait réduit les salaires des employés de dix pour cent pour pouvoir acheter un château classé monument historique en Espagne. Moi, je regardais le JT de vingt heures. Rien de bien nouveau, guerre, famine… bref le topo habituel. Ma mère mit la table et servit à manger, du poisson, encore. Je me surprenais à écouter les informations avec un intérêt particulier, alors qu’au fond de moi, je me fichais bien de savoir si tel ou tel journaliste avait été tué, si tel ou tel dirigeant magouillait avec des terroristes ou si le bijoutier du coin avait été braqué. Jusqu’à un détail qui m’interpella.
- « Les pêcheurs sont soumis à un choix cornélien. Il a été prouvé que le nombre de poissons pêchés en un jour excède de vingt-trois pour cent le nombre de poissons reproduits. Autrement dit, selon les estimations de chercheurs allemands, dans dix ou douze ans, les espèces telles que le thon, le maquereau ou la sole devraient disparaître avec beaucoup d’autres. Claire Franz en direct du port du Havre, où elle a interrogé quelques manifestants anti-pêche qu’ils qualifient « à outrance » »
- « Si on manifeste aujourd’hui, c’est parce que des gens pensent qu’il est plus important qu’ils aient un salaire stable, et que pour cela ils sont prêts à mettre en danger des dizaines d’espèce, ça perturberait beaucoup trop l’écosystème. Que vont devenir les animaux marins ? Si les poissons disparaissent, comment vont se nourrir es autres espèces ? C’est la loi de la chaîne alimentaire, supprimez les petites et vous tuerez les grandes. Je trouve tout bonnement dégueulasse qu’on cautionne ce genre de choses »
Je regardais mon assiette d’un air dégoûté. Puis je la repoussais devant moi.
- « Qu’est ce qui t’arrive ? demanda ma mère. C’est pas bon ?
- Pas envie de participer au massacre.
- Quoi ? »
Je quittais la table. Deux heures plus tard je m’endormais. Le lendemain, je me réveillais de mauvais humeur. Je ne sais pas vraiment pourquoi, même encore aujourd’hui, mais je crois que dans mon esprit jeune de ses quatorze ans, j’avais pris conscience qu’on se tuait, et qu’on en faisait profiter tout le monde. J’allumais la télé, on voyait des mecs armés qui se déplaçaient en hélico. Encore la guerre ? Un attentat ? Un complot intergouvernemental ?
- « Cette nuit, des puits de pétrole se sont asséchés, sans aucune raison apparente puisque visiblement il restait encore assez de matière pour qu’ils tournent encore pendant des années. Quelques scientifiques et ouvriers s’étaient réunis sur le champ pour essayer d’évaluer la situation et prendre les mesures nécessaires. Soudain, il y eut un énorme tremblement de terre et les puits se mirent à cracher du pétrole en tous sens. En fait, les foreuses, à cause des vibrations qu’elles effectuaient en creusent toujours plus profond, ont créées des milliers de petites fissures dans la croûtes terrestres, et hier elles se sont subitement agrandies, permettant au magma issu de beaucoup plus profond de remonter à la surface, on dénombre des centaines de morts. De plus, ce magma s’est écoulé avec une vitesse fulgurante vers la mer, transportant, si l’on peut dire, des milliers de litres de pétrole en feu. Des nappes de pétrole longues de plusieurs dizaines de kilomètres voguent actuellement sur la Mer Rouge en direction de l’Océan Indien. Elles laissent sur leurs sillages des dizaines de cadavres d’espèces sous-marines. Les forces armées essaient d’empêcher des manifestants de la lutte anti-pétrole d’investir les plages déjà touchées. »
- « Ce matin, aux alentours de trois heures, un ouragan d’une force phénoménale s’est déclenché au sud de l’Amérique du Nord. Surprise des scientifiques, qui ne s’attendaient en rien à ce qu’un phénomène météo d’une telle ampleur ne se développe à une telle période de l’année. L’ouragan, baptisé Jimmy, se dirige vers les côtes américaines à une vitesse de plus de trois-cent kilomètres par heure. »
- « Toujours ce matin, à la même heure, des pans entier de glace se sont séparés de la banquise, au pôle nord. Ces icebergs, gros comme deux fois un pétrolier, et excessivement nombreux, mobilisent toute l’attention des biologistes et de la marine internationale. »
Alors ça y est, c’était enfin parti ? Les phénomènes imprévus, les cataclysmes majeurs, les millions de morts ? Ca allait enfin arriver ? J’éteignais ma télé et je partais au lycée.
Ensuite, je ne me rappelle pas vraiment combien de temps il s’est écoulé, peut-être une semaine, ou deux. Mais les nappes de pétrole avaient contaminé toute la côte est africaine, et d’autres se dirigeaient vers l’Australie, d’autres encore s’approchaient dangereusement du sud de l’Asie. Sur certains poissons ou oiseaux morts sur les plages, une bactérie s’était nourrie d’hydrocarbures et avait mutée. Les hommes chargés du nettoyage des plages furent rapidement contaminés, la nouvelle maladie, baptisée Poséidon (car il est important de baptiser les maladies, il faut toujours savoir à quoi on s’attaque), tuait en quelques heures. Vos yeux devenaient vitreux, la bave coulait le long de la bouche et toute trace d’humidité était évacuée sous forme de transpiration. Après deux heures, on commençait à vomir tout ce qu’on pouvait. Une heure après, les protections de l’estomac étaient détruites et l’on commençait à produire à outrance des sucs gastriques qui se répandaient à grande vitesse dans l’organisme. En passant par les veines et les artères, ils arrivaient au cœur. Des problèmes respiratoires importants se présentaient alors et au bout de quelques minutes, c’était le décès. Au début, on avait essayé de contenir la maladie, mais elle se répandait à une vitesse hallucinante, et toute précaution devenait inutile. Elle arrivait à survivre en dehors de l’organisme et il suffisait de respirer pour l’attraper. En quelques semaines, la partie sud de l’Afrique fut décimée, peu de temps après le nord.