Chapitre 8
Monarch se retrouva plaqué contre le mur de l’auberge, Khlaine le tenait fermement par les épaules. L’aubergiste arriva alors, pausant chacune de ses mains sur un des deux hommes essayant de les séparer.
- Messieurs, pas de bagarre dans mon établissement, s’il vous plait !
- Si jamais, elle venait à mourir, je te promets que je te ferais souffrir pendant toute ta misérable vie ! rugît Khlaine en direction de Monarch.
- Y’a bien longtemps que les fantômes ne me font plus peur, répondit t’il avec son sourire vide.
- Arrêtez ! Tu devrais plutôt te trouver auprès de ta sœur, Khlaine ! protesta Linoa.
Le jeune homme relâcha son emprise sur l’être de glace, au grand soulagement de l’aubergiste qui retourna derrière son comptoir. Quand à la jeune fille, elle restait assise sur une table, la tête entre ses deux mains, attendant impatiemment son retour. Le temps s’écoulait lentement pour les deux adolescents restés dans le salon, seul les chocs entre les verres leur rappelaient qu’ils n’étaient pas tout à fait seuls. De plus, le dialogue entre les deux compagnons était totalement inexistant. La jeune fille, lasse d’attendre sans rien faire, se leva et se dirigea vers la sortie sans dire où elle se dirigeait.
- J’ai bien cru qu’elle ne partirait jamais, articula Monarch.
Le jeune homme se retourna et partit en direction des escaliers, il les emprunta en faisant le minimum de bruit, et poussa délicatement une porte en bois. Coraline était allongée dans un lit recouvert par plusieurs couvertures pour la réchauffer, Khlaine était assit à coté de la structure faîte entièrement de bois. Malgré le fait qu’il s’agissait d’un fantôme, retenir son corps dans ce monde lui demandait énormément d’énergie l’obligeant à dormir, comme en ce moment même. Il ne pouvait s’empêcher de repenser au baiser que lui avait fait Coraline, cette chaleur corporelle qui lui faisait naître tant de haine. Ses yeux se pausèrent sur ses lèvres, bleutées par le froid, c’était peut être de sa faute si elle était dans cet état, mais cela l’importait peu.
- Shiva, soigne la !
La déesse des glaces apparut en même temps qu’une faible bise glaciale. Un cristallin apparut dans sa paume qui s’envola pour se pauser au dessus du torse de la fillette, puis il pénétra dans son corps. Monarch n’attendit pas de voir les effets car il savait que maintenant elle ne risquait plus rien, il se dirigeait déjà vers la sortie, lorsque Coraline prononça une phrase inconsciemment. Cette dernière phrase fit naître une haine encore plus terrible au fond de son cœur, sous la crispation de ses doigts, la charnière de la porte se gela. Ses pas résonnèrent jusqu´au salon où une chaise se traîna sur le sol avant que tout bruit ne cesse…
-Tu es tout seul aujourd’hui ? Ma future femme n’est pas avec toi ? fit t’il visiblement déçu.
- Je te demande pardon ? ne comprit pas le Nekomata.
- La jeune fille ! Linoa je crois, elle n’est pas avec toi.
- Ah ! Non, elle se trouve à l’auberge avec d’autres compagnons. Mais tu ne m’attendais pas juste pour me parler d’elle ?
- Non, en fait, j’ai parlé de toi au roi quand je suis venu faire mon rapport, et il voulait te rencontrer. Je suis heureux que tu sois ici, cela m’évite de parcourir le monde pour te retrouver.
- Paresseux ! murmura Auras pour lui-même.
Le général l’invita à le rejoindre, pour le conduire ensuite devant une double porte construite dans un bois magnifique qui fut ensuite teint en blanc. Deux gardes leur ouvrirent, les faisant entrer dans une pièce aux décorations multiples, un long tapis rouge traversait la salle pour aller jusqu´au trône. Auras avançait en tournant sur lui-même regardant tous les portraits des hommes représentés, il souhaitait se retrouver parmi eux un jour et alors ce jour-là, il aura réalisé le plus grand rêve de sa sœur. Son regard s’arrêta sur un portrait différent des autres, un homme à la chevelure argentée était représenté sur l’un des tableaux, mais le plus impressionnant était le fait qu’il avait une queue comme lui.
- Il s’agit de ton père, petit ! s’exclama une voix.
Auras se retourna, la voix était celle du roi, il était soutenu par Perfect. L’homme semblait essoufflé, son teint pâle laissait voir qu’il n’était pas au paroxysme de sa forme.
- Majesté, vous devriez restée coucher, vous n’êtes pas en état de bouger, intervint Perfect.
Le général le reconduisit vers une porte ouverte, le Nekomata les suivit. Le souverain s’allongea péniblement, accompagné de toussotements.
- Vous connaissiez bien mon père ? questionna-t-il sans attendre.
- Il était mon meilleur général, sa mort fut un événement tragique pour notre armée. Il parlait souvent de ses enfants, toi et ta sœur, Kisa… D’ailleurs, où est elle ? Vous n’êtes pas venu ensemble ? demanda le roi intrigué.
La mine du jeune homme changea radicalement, une profonde tristesse pouvait se lire dessus. Le roi finit par comprendre et son visage trouva vite la même expression que celui d’Aurasmash.
- Je suis vraiment navré petit, je ne voulais pas réveiller de mauvais souvenirs. Tu dois te douter que je ne souhaite pas te parler que de ton père. Il était un maître épéiste hors pair, et à te voir, tu as dû hériter de ses capacités. Tu dois savoir que nous allons être attaqués, dans pas longtemps par deux factions ennemis, j’aimerais que tu prennes part à cette guerre ! s’exclama le roi.
- Je suis désolé, mais j’ai horreur de tuer, et une guerre signifie des milliers de cadavres, répondit Auras d’un ton las.
- Ton père était comme toi, mais il s’est vite rendu compte que pour protéger les personnes auxquelles on tient, il est parfois inévitable de tuer. Il l’a fait pour protéger notre nation… Et moi-même. C’est pourquoi je te demande de bien réfléchir. Une chambre d’ami va être préparée pour toi.
- Inutile, je préfère retourner auprès de mes amis… Je viendrais vous donner ma réponse demain.
Il salua le roi et le général.
La jeune fille marchait dans les ruelles sombres de la ville, croisant de pauvres hommes sans toits ou alors saouls. Chacun d’entre eux se retournait sur son passage, la jeune fille serrait fermement la garde de son arme, et elle savait très bien que Sylia n’était jamais très loin. Une autre silhouette épiait la jeune fille, d’allure plutôt fluette, il s’agissait en fait d’une jeune fille portant une kimono.
- A en croire la description du frérot, elle fait partie du groupe qu’il a attaqué. Je vais me débarrasser d’elle, cela fera toujours une gêneuse en moins, murmura la silhouette.
Elle disparut, pour réapparaître sur les toits, sautant de maison en maison, avant de retomber devant Linoa, la jeune fille dégaina son arme aussitôt. L’ombre sortit un objet d’une masse imposante qui était accrochée à son dos, d’un coup une bourrasque de vent l’envoya dans une pile de caisse. Elle se releva sans grande difficulté, son adversaire qui lui était inconnu avait disparut, Lino scruta chaque recoin sans pour autant voir quelque chose. Une autre bourrasque l’envoya au sol, mais cette fois-ci, elle vit l’ombre se mouvoir, elle attrapa une caisse et l’envoya sur elle, l’objet fit mouche. Elle pu enfin distinguer son adversaire, une fille assez jeune, les bourrasques de vent provenaient de son éventail aux proportions irréalistes.
- Qu’est ce que tu me veux, petite ? demanda Linoa.
- Je suis venue pour vous tuer, mon frère sera fier de moi. Et je ne suis pas petite d’abord ! hurla-t-elle.
- Oh ! Excuse moi, gamine.
La jeune fille se releva d’un coup, frappa latéralement avec son éventail, touchant Linoa dans les côtes. Elle rouvrit son imposante arme, mais elle n’eut pas le temps de produire une nouvelle bourrasque que Lino planta son épée dans la toile détruisant l’éventail de son adversaire. L’adolescente ne sembla pas pour autant dépourvue et donna un coup de pied dans le bras de son ennemi lui faisant lâcher son épée. Un combat à mains nues s’enchaîna alors, et la jeune ninja prenait petit à petit l’ascendant sur le combat, elle frappa consécutivement Linoa au bas ventre, dans le visage et aux jambes. La guerrière tenta de contre attaquer d’un coup de poing qui fut facilement paré pour ensuite se recevoir un coup de coude en plein dans le nez. Elle n’avait aucune occasion de riposter, elle se retrouva de nouveau à terre sa main s’accrocha à une autre caisse en bois, qu’elle lança au visage de son adversaire avec un cri rageur. La jeune fille envoyait tout ce qui lui tombait sous la main telle une furie, obligeant la ninja à reculer. Puis apparut une troisième personne envelopper dans une cape noir, il s’agissait de Sylia, l’Esper de Linoa. Une chose peu commune se produisit ; Les deux corps se mirent à briller, la lueur qu’ils dégageaient, éclairait les ruelles comme en plein jour. Leurs corps semblèrent ne faire plus qu’un, une lueur rouge s’en dégageait maintenant, et une nouvelle personne apparut. Celle-ci avait de longs cheveux noirs détachés descendant jusqu´au bassin, accompagnés par une jupe noire avec deux bottes grises remontant au mollet, et dans son dos, une cape noire dans laquelle sortait une aile blanche et une autre noire. Une chaîne traversait son front, un léger sourire parcourut le visage de la sublime créature laissant voir deux canines un peu plus développées que la normale.