Article parut ce matin dans les DNA:
Hormis la différence de niveau, il n´y a aucune raison pour que le Sporting Schiltigheim ne puisse pas rivaliser et vaincre Toulouse aujourd´hui en 8e de finale de la Coupe de France.
Jamais deux sans trois ? Après avoir mis au tapis les professionnels de Troyes ( L1) puis ceux de Beauvais ( L2), les Schilikois vont-ils réussir, pour leur 3e match d´affilée à domicile en Coupe de France, à éliminer ceux de Toulouse ( L2) ? Les 5 010 privilégiés qui seront aujourd´hui au stade de l´Aar répondront par un « Oui » tonitruant à cette question. Et on a bien envie d´afficher un même optimisme. Car les succès des Schilikois contre les Troyens puis les Beauvaisiens ont semblé presque naturels.
Moins d´espaces
Mais voilà, il y a un monde entre une équipe de L1 en crise, une formation de L2 robuste sans être géniale et une escouade toulousaine solidement ancrée dans une dynamique de victoires et qui possède la meilleure attaque et la meilleure défense de L2. « Toulouse, c´est une équipe qui se regroupe pour étouffer son adversaire, analyse José Guerra, l´entraîneur du Sporting. Elle développe un système tactique compact et efficace. Pas du tout du même acabit que Troyes ou Beauvais. » « On va affronter le leader de L2, une équipe jeune au jeu bien huilé et qui nous laissera certainement moins d´espaces, prédit-il. Ça ne va pas être simple. Il nous faudra réussir l´entame de match, ne rien compromettre, contrôler l´adversaire, se mettre le public dans la poche, avoir beaucoup de chance et un grand gardien. » Peut-être, par humilité, José Guerra oublie-t-il que son équipe est aussi aux avant-postes de son groupe de CFA 2, a elle aussi un jeu bien huilé, n´a plus perdu un match depuis le 29 septembre et se pose en candidat très sérieux à la montée en CFA ( Dijon II, actuel leader, étant bloqué par son équipe I). Sans rien changer à son jeu, le Sporting a conscieusement bâti sa saga en Coupe de France depuis son déplacement à Mutzig le 22 septembre dernier. Depuis, c´est avec le même dispositif qu´il a forgé sa marque de fabrique si efficace en championnat et en Coupe. L´appétit venant en mangeant, les coéquipiers de Fabien Weber ont enchaîné les performances et les voilà aux portes des quarts de finale avec les yeux tout entier de la France braqués sur eux parce qu´ils sont le Cendrillon de l´épreuve.
Savante alchimie
« Samedi, il faudra beaucoup plus de choses que l´envie de la performance et le plaisir de jouer, estime José Guerra. Il y aura probablement une période d´observation et de tâtonnement en début de match. A ce moment, il ne faudra rien céder. Chaque minute qui passera sera une chance supplémentaire. Par contre, si on se retrouve menés au score contre une équipe de pros, ça va être dur. En fait, il ne faudra avoir peur, ni faire preuve d´un excès de confiance. Un juste milieu sera nécessaire. L´enjeu ne devra pas l´emporter sur le jeu. » Si Schiltigheim en est arrivé là, c´est précisément parce que l´équipe et son entraîneur réussissent une savante alchimie depuis les trois coups de la saison. A raison de trois entraînements par semaine, pas un de plus. C´est pour cela que ce 8e de finale est une magnifique récompense pour les efforts fournis. C´est aussi pour cette raison que le Sporting mérite d´aller jouer à l´étage du dessus. En Coupe et e nchampionnat. Et ses joueurs n´ont pas encore atteint leurs limites...
L´important, c´est l´humain
Le match d´aujourd´hui contre les Toulousains dont le dispositif reste mystérieux sera peut-être un cauchemar. Inversement, en jouant leur jeu sans pression ni émotion, Régis Loison et les siens vont réussir un nouveau coup de tonnerre et faire rugir de plaisir un stade de l´Aar qui sera plein comme un oeuf et que l´on voudra bruyant. Mais le plus important, c´est l´humain. « Comment mes garçons vont-ils se comporter ? , s´interroge José Guerra. Je les sens motivés, concernés, sereins et prêts à faire quelque chose. Quoi qu´il arrive, il faudra leur rendre hommage. Il ne devra surtout pas y avoir de déception. »