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Ce fut cette soirée là, alors que nous étions tous chez David, assis autour d’une table et sirotant un café, que j’annonçai que j’allais m’absenter pendant environ deux semaines. Je conseillai à ma recrue de s’occuper de mon retour, avec l’aide de Sarah si cela est nécessaire. Seulement, celle-ci annonça qu’elle s’absentait également, partant pour la France dans le but de renouer avec sa famille et rester avec elle pendant une période de deux mois. Ça fait long quand même deux mois… Je me levai alors de ma chaise et sortis dehors en demandant à la rousse de m’accompagner. Celle-ci me suivit donc, et sur le perron je lui demandai un petit service.
_Essaye de recruter quelqu’un dans le pays des mangeurs de grenouilles, ça pourrait toujours nous être utile.
Mon réseau de recrutement atteint l’Europe. Joie.
Sarah est d’accord et elle annonce qu’elle doit partir dès maintenant, sans perdre de temps. Quelle rapidité dans ce départ, vous trouvez pas que ça cache quelque chose? Mais bon, on a tous nos petits secrets… Donc, une fois qu’elle es parti en m’embrassant sur la joue au préalable, je rentrai de nouveau dans la baraque de ma recrue et lui tins un peu près le même discours qu’avec Sarah.
_On va continuer à s’amuser, essaye de recruter des personnes comme nous.
Un demi-sourire narquois se peint sur son visage.
_Et je les trouve où, je dois arpenter les asiles?
Je secoue la tête en signe de négation.
_Ils viendront à toi.
Et sur ce, je m’éclipse, le laissant seul avec trois tasses de café encore fumantes. Je suis parti dans le but de revenir durant une semaine ou deux dans mon endroit que je pourrais dire natal, c’est à dire mon ancien squat. Voir de nouveau Loran.
Et dès que celui-ci me vit revenir, il me sauta carrément dessus, le visage éclairé par la joie. On aurait dit un chien faisant honneur à son maître lorsque celui-ci revient chez lui. Loran m’expliqua que je tombais au bon moment car la municipalité avait décidé de faire évacuer le squat et de le raser afin de construire un HLM sur les restes. Bien sur, mes amis n’allaient pas se laisser faire. Ils étaient prêt à tout pour empêcher les forces de l’ordre de les évacuer, quitte à utiliser des barres de fer. Le projet d’évacuation était prévu pour demain, autant vous dire que l’ambiance était assez chargé de stress.
Juste avant que nous allions nous coucher, je pris Loran dans un coin. Je lui expliquai alors que je le voulais à mes côtés pour une mission. Je lui montrai alors le plan du bâtiment que j’avais pour but de faire exploser. Lorsqu’il s’aperçut de quoi il s’agissait, il fit pratiquement un bond en arrière.
_Putain, t’es cinglé, tu vas quand même pas faire sauter ça!
Je lui répondis qu’il le fallait, que je n’avais pas d’autre solution, que cela se jouait sur mon honneur.
_Mais c’est un acte terroriste!
Il est vrai, mais bon, c’est ma mission, je ne dois pas échouer. Loran, lui, semble déboussolé. Il secouait la tête en ruminant des choses incompréhensibles. Puis il leva son regard vers moi et me dit:
_Non, désolé, je ne peux pas. Ça sera sans moi… désolé…
A ce moment là, je le méprisai et j’étais vraiment en colère contre lui. Après tout ce que j’avais fait pour Loran, il refuse de m’aider en retour. Je suis déçu, très très déçu par son comportement. Et il peut être sur que pour demain, mon aide, il ne l’aura pas non plus. Qu’il se débrouille seul.
J’allais me coucher à même le sol du salon, en pensant à tout ce que j’avais fait dans ce lieu et ses alentours. Demain, le squat sera rasé, et au vu du souvenir amer que me laisse la traîtrise de Loran, je ne compte rien faire pour les aider. Non, rien. Loran, tu m’as trahi alors que je t’avais enseigné les codes de l’honneur, tu ne mérites que mon dédain, plus jamais je ne t’aiderais, plus jamais. Jamais… Je te hais…