Non, c´est l´émotion qui m´a fait pondre cette ode à nos funérailles
(et ça le fait rire en plus
).
La BLAM n´existait plus, mais sa dislocation calculée avait entraîné dans sa chute l´une des plus puissantes organisations mythosauriennes se la planète. Son chef était même devenu un chantre du pacifisme!
Ainsi, malgré l´immense tristesse de la situation, la BLAM venait sans conteste de gagner, le jour même de son décès, la plus belle victoire de son existence... Un chant de cygne magistral et inattendu, dont le mérite revient à ce soldat dévoué à sa cause qui a préféré sacrifier son organisation, sa famille, son équipe dans une folle décision-suicide pour détruire à jamais leur pire ennemi commun... Un coup d´éclat tout à son honneur, malgré la conséquence irréversible de l´acte. Moutonkiller reçut donc ce jour-là le grand insigne de Chevalier de l´Ordre du Mérite, la plus haute distinction civile et militaire connue, pour l´intégralité de sa carrière. Ses dignes compagnons en furent décorés également, puisque c´était bien entendu également la victoire d´une équipe... Jack accepta la sienne avec un gros pincement au coeur; c´était tout à son honneur également: cette victoire était aussi la sienne et récompensait son génie militaire qu´il avait depuis si longtemps mis au service du Bien, et pourtant, cette même médaille scellait à jamais une page de sa vie, une organisation qu´il avait dirigée, aimée, à laquelle il s´était consacré corps et âme et qui avait été du jour au lendemain sabordée au nom de cette même bonne cause... Il fallait avoir des nerfs d´acier pour surmonter ce dilemme, et la stoicité de Sparow refléta une fois de plus sa vraie nature: celle d´un Grand Homme.
Quant à Fahrenheit, le départ de son ami de toujours était plus fort que tout le reste. La liesse n´était pas à l´ordre du jour. Certes, un poids avait été oté de sa poitrine, le combat de sa vie venait de prendre fin et arrivait enfin l´opportunité de reconstruire ce monde en lambeaux, de commencer une autre vie; mais il s´était lui aussi, plus que tout autre encore, attaché à cette organisation, sa deuxième famille, son oeuvre (est-il nécessaire de rappeler que c´est lui qui la fonda?...) Il avait gagné la guerre, mais perdu ses compagnons, et pour un humaniste tel que lui (si-si, Fahrenheit était en vérité un romantique, un poète, quoi qu´on puisse en penser d´après ses actions ou ses antécédents), ceci était une pensée lourde à porter.
Il refusa donc la distinction étincelente qu´on lui tendait avec admiration, sans un mot superflu, sans un geste inutile. "-Je n´en ai nul besoin", déclara t-il simplement en regardant une dernière fois autour de lui, lentement, avec ce regard profond qui va bien au-delà des choses visibles, avant de s´éloigner vers son nouveau destin...