ARTHUR, ARTISAN BOULANGER ET FIER DE SON METIER
Le Saint Patron des boulangers se nomme Saint Honoré.
Pour la petite histoire :
Quand un jeune homme dissipé annonça qu´il voulait devenir prêtre, une vieille dame éclata de rire et lui prédit un avenir d´évêque lorsque sa pelle aurait des feuilles !
Curieusement, celle-ci se mit aussitôt à fleurir.
En 1202, un boulanger parisien offrit neuf arpents de terre à l´Eglise pour construire une chapelle à saint Honoré en plein milieu de Paris.
Celui-ci devint alors le protecteur de tous les boulangers et donna son nom à un gâteau, les connaisseurs apprécieront.
Arthur lui n’est pas un saint, mais un brave patron et fier d’appartenir à cette corporation.
Il aime son métier, cela ne le dérange pas de se lever dès potron-minet, pour préparer sa pâte.
Ensuite il la laisse savamment pétrir dans un pétrin ultra moderne.
Puis il l´extrait, la découpe et la dispose sur de belles plaques qu´il enfourne.
Il surveille ensuite soigneusement la cuisson pour que la croûte soit bien dorée et la mie bien fine, très souple.
Sa boulangerie marche bien, il l’a baptisé ‘’Le rendez-vous des gourmets’’.
La clientèle est fidèle car la population est composée de parfaits gastronomes, très au fait du bon goût et des bonnes méthodes de panification.
Mais un jour, Arthur a eu envie de changer d´air.
Il s´achète une autre boutique dans un tout autre quartier.
Avec la sobriété qui le caractérise, Arthur a appelé son nouveau magasin ‘’Le palais des délices’’.
Et là, curieusement, alors que la farine, l´eau, le sel, la levure ainsi que tous les ingrédients classiques soient impeccables, son pain moisit.
Cette moisissure ne se produit pas seulement lorsqu´il fait un temps humide, elle est systématique.
Arthur le sait très bien, car ses clients viennent le lui dire tous les jours.
Il le fait même exprès.
Et pourtant, à aucun moment les clients ne traverseront la rue pour changer de boulangerie.
Ils viendront râler, mais resteront fidèles au Palais des délices.
Pourtant, Arthur ne s’est pas exilé au Pôle Nord et ses clients ne sont pas des zoulous ou des aborigènes, mais des personnes en tous points comparables à celles qui fréquentaient assidûment son premier commerce.
Arthur n’agit pas par avarice, et n’a aucun esprit de revanche envers qui que ce soit.
Malgré les protestations générales, il continuera à fabriquer du pain qui moisit très vite, et la clientèle continuera de l’acheter.
Et si les gens l’achètent, c’est bien pour leur consommation personnelle, pas pour élever des rats ou d’autres sortes d’animaux.
Difficile à expliquer qu’il n’y ait aucune défection, alors qu’il existe d’autres boutiques dans les environs, dont les patrons fabriquent un pain d’excellente qualité!
Comment arriver à comprendre cette fourberie d’Arthur ?