DROLE DE PISTOLERO OU LEA AU COLT D´OR
L’homme est pensivement assis derrière son bar au Wild Wide West Saloon.
Son visage, assez détonnant dans ce milieu, est très jeune et très glabre, on pourrait l’appeler Face d’Ange.
Mais ce soir, il est dépité. La journée n’a pas été très bonne.
‘’Ce saloon ne va pas marcher longtemps’’ se dit l’homme, ‘’les clients sont rares, le bar n’a pas encore d’habitués, et les clients de passage sont souvent des marchands de camelote ou des tueurs à gages.’’
‘’A ce rythme, la population de Condor City va baisser dramatiquement’’ poursuit l’homme au visage poupin.
Mais la ruée vers l’or est passée, et les bons clients se sont évaporés pour tenter leur fortune ailleurs.
Arthur de son côté est comme toujours occupé à faire la tournée des bars.
Pas qu’il soit un client intéressant, car il n’aime que cet infâme tord boyaux à six pences.
Néanmoins, Arthur ne peut pas passer devant un estaminet sans qu’il se sente obligé d’écluser un dernier petit coup.
Justement, le voici traînant ses rangers devant le Wild Wide West Saloon.
‘’Bon ben il serait peut-être temps que je regagne mes quartiers. Estelle ne va pas tarder à rentrer, elle est danseuse de French Cancan au Blue Berry’s, ce serait bien que je lui prépare un bain chaud.’’
‘’Tiens, j’aime bien ce nom, Wild West Saloon. Quelle imagination, ces tenanciers ! Allez, un dernier petit coup et je rentre chez moi. Mais je ne peux quand même pas manquer l’ouverture d’une nouvelle échoppe. Il y a peut-être même moyen de se rincer le gosier gratuitement, si le patron veut faire un geste pour fidéliser une clientèle.’’
Le voici poussant la porte à double battant ajourée avec le logo WWW S.
‘’Hey, Barman, pour moi ce sera un whisky double. Sans glaçons. Dis-donc, tu viens d’ouvrir ? Tu sais qu’à Condor City, ça se fête. Normalement, si le patron est pas trop regardant et a envie de se faire de bons clients, il offre une tournée générale à chaque nouvel arrivant. Tu peux compter sur moi pour en parler à mes potes, et je te prie de croire que j’en ai quelques uns’’.
L’homme derrière le comptoir commence à s’affairer.
Arthur sent qu’il est devenu nerveux.
A la grande surprise d’Arthur, il sort son colt et vise Arthur.
Celui-ci sent que les balles sifflent à ses oreilles et plonge derrière une table.
Il s’apprête à hurler à l’homme pour lui demander des explications, car Arthur ne connaît cet homme ni d’Adam ni d’Eve et c’est la bien première fois qu’on voit un patron d’estaminet tirer sur ses clients sans sommations.
A ce moment-là, Léa qui est le shérif de cette country et qui a entendu les coups de feu, entre dans le saloon.
Elle dégaine son revolver, et en une fraction de seconde loge trois balles dans le bras droit du patron pour le paralyser et le maîtriser. Comme à son habitude, Léa est très élégante avec ses jeans serrés et son chapeau cow-boy qu’elle porte à ras des yeux.
Arthur la réprimande, en lui demandant pourquoi elle a tiré sur le patron, alors qu’Arthur voulait parlementer et juste ramener cet olibrius à la raison. ‘’C’est que j’en connais, des barmans irascibles. Certains ont la gâchette facile’’.
Léa sourit, et explique calmement à Arthur que si elle n’était pas intervenue, Arthur ferait probablement déjà les délices du croque mort qui a son entreprise juste à côté du Blue Berry’s.
Pourriez-vous expliquer ce attitude si expéditive de Léa ?