Chapitre 13 : Prison à tout prix
- On est où, là ? demanda Couloume.
- En cellule, répondit simplement Jopfleger.
- Et ils sont où, les autres ?
- En cellule…
- Et comment ça se fait qu’ils soient pas avec nous, alors ? demanda Couloume.
- Tu sais bien que j’ai toujours la malchance de tomber sur toi…, lui dit Jopfleger. Poseidon, Everlasting et Ocelot sont en face. Cyrielle et Claire sont quelques cellules après la nôtre vers la gauche.
- Et pourquoi on est là ?
- Ah, Couloume ! Hé bien, je suppose que c’est parce que nous sommes en Angleterre…
- On pourra sortir, quand même… ? se soucia Couloume.
- Qui sait… ?
Il y eut un silence puis Couloume reprit :
- T’es déjà allé en prison, toi… ?
- Hem… oui, une fois…, répondit Jopfleger.
- Toi ? Toi, Joseph Jopfleger, le plus sage des sages, le plus intelligent des intelligents, rédac’ chef adjoint du journal du News news, tu es déjà allé en prison ?
- C’était il y a quelques années… J’avais passé mon permis de conduire il y a peu de jours…
- Oulà ! Mais tu parles d’un temps que je ne connais pas !
- Hem ! s’exclama Jopfleger en faisant semblant de ne pas avoir entendu. On partait en boîte avec des amis, alors tu sais ce que c’est, hein ! Qui dit boîte, dit alcool, et qui dit alcool, dit bourré ! C’est ce qui m’est arrivé. Hop, les flics qui me font souffler, et il paraît que j’ai été le cas le plus impressionnant qu’ils ont vu. Ca a valu une semaine de prison et trois cents francs d’amende, puisqu’à l’époque on était toujours en franc.
- Ah, les anciens francs étaient déjà passés ? demanda Couloume.
- Hé oui, je suis un jeunot, moi ! répondit Jopfleger sur la défensive. Par contre, toi, t’en as dû faire, de la prison ! ajouta-t-il sur l’offensive.
- Non, étant jeune, j’étais exemplaire ! répondit Couloume.
- Ben tu fais bien de le dire à l’imparfait car ce n’est plus le cas…, dit Jopfleger. Je suis fatigué, je vais me reposer sur le lit.
Pendant ce temps, Everlasting, Poseidon et Ocelot parlait d’un sujet autrement plus intéressant, dans la cellule de prison d’en face.
- Vous avez vu les voitures qu’il y avait, chez Renault ? demanda Poseidon.
- Ouais, Renault a sorti sa propre version de la Deux chevaux ! répondit Ocelot. Et si on prenait celle-ci ?
- Non, Cyrielle veut un monospace, Gautier, lui dit Everlasting.
- Rooh, Cyrielle, Cyrielle ! s’exclama Ocelot. De toute façon y en a que pour elle dans cette fichue baraque !
- Hé oui, qu’est-ce que tu veux, Gautier ! fit Everlasting. Cyrielle rime avec belle… nickel… hirondelle… Disney Channel… Woups !
- Non mais c’est n’importe quoi quand même ! s’écria Ocelot. Je vais bientôt me plaindre à la direction !
- La direction c’est moi, dit Poseidon. Et elle te dit « la ferme » !
- Argh ! En tant qu’illustrateur du journal News news je pense pouvoir avoir une plus haute estime de la part du boss !
- Ben tu peux te rendre enfin compte de la vérité, alors ! répondit Poseidon.
Puis un silence se fit sentir.
- Au fait, on en est où, avec Barbie ? demanda soudainement Everlasting.
- Zéro pour cent de réussite, répondit Poseidon. Echec total.
- Affirmatif, Général, dit Ocelot.
- Qu’est-ce qu’on va faire, alors ? demanda Everlasting.
- Je ne sais pas, répondit Poseidon. Peut-être qu’on va retourner en France… Peut-être pas… Peut-être qu’on devra rester en prison plus de jours que prévu... Je n’en ai aucune idée…
Au même moment, Claire et Cyrielle, qui occupait une cellule à elles toutes seules, se lamentaient.
-Mais qu’est-ce qu’on a fait pour mériter un truc pareil, hein, qu’est-ce qu’on a fait ? s’écriait Cyrielle.
- Nous avons roulé à contre sens et fuit la police…, répondit Claire. Je pense que ça suffit pour aller en prison, en Angleterre !
- C’est sympa, Claire, de me consoler ! Tu pourrais te montrer un peu plus compréhensive avec moi, tu crois pas ?
- Oh, ça va… de toute façon, si Cyrielle n’est pas contente, personne ne doit être content ! Toujours pareil avec toi !
- Ah, c’est comme ça ! Et qui c’est qui t’a donné la recette du chou-fleur au ketchup fait maison ? Hein, c’est qui ? C’est moi !
- Hey ! fit Claire. C’est même pas vrai. Je te l’avais donnée l’an dernier et c’est en voiture, quand on se dirigeait chez les Baskerville, que tu m’as dit que tu avais inventer cette recette ! Moi j’dis que tu es une tricheuse et une râleuse !
- Ah ouais ? Tu crois ? Ben puisque c’est comme ça je change de cellule !
Cyrielle se leva, s’approcher de la grille et la tira de façon à ce que la grille s’ouvre.
- Et voilà, place à la liberté ! dit enfin Cyrielle.
- Co… Comment t’as fait ? demanda Claire.
- Cette question ! J’ai ouvert la grille, tout simplement ! Bon, si ça te dérange pas, moi, j’y vais.
Et elle laissa Claire seule dans la cellule.
- Pssssst ! Joseph ! J’ai peur !
Jopfleger ronflait sur le lit tandis que Couloume restait debout, tel un être sans âme. Des bruits de pas se faisaient entendre, explicant sans doute la peur de Couloume.
- Des bruits de pas se font entendre, ce qui explique sûrement ma peur ! précisa celui-ci.
- Miamiamia ! fit lentement Jopfleger.
Jopfleger venait juste de se réveiller, et ses bruits faisaient croire qu’une vache était en train de manger.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il d’une voix ensommeillée.
- Ecoute ! J’entends des choses ! Et écoute ce bruit régulier ! Qu’est-ce que c’est ?
Jopfleger écouta puis dit :
- Ca, c’est une femme que nous connaissons bien !
- C’est moi ! dit une voix.
Jopfleger et Couloume se retournèrent en direction de la grille et virent…
- Cyrielle !
- En chair et en os ! approuva cette dernière.
- Mais comment se fait-il que…, commença Jopfleger.
- Que je sois hors de ma cellule ? Oh, c’est bien simple : il suffit de tirer la grille et elle s’ouvre. Fais-le, tu verras.
Jopfleger et Couloume s’approchèrent de la grille et y posèrent leurs mains. Ils tirèrent enfin et… la grille s’ouvrit.
- C’était aussi simple que ça…, dit Couloume.
- Où est Claire ? demanda Jopfleger à Cyrielle.
- Dans la cellule, elle n’a pas voulu sortir…, répondit-elle. Bon, je vais ouvrir la porte de la cellule de Guillaume, Benoît et Gautier.
Cyrielle s’éloigna de leur cellule y fit très peu de pas pour arriver devant la cellule des garçons.
- Coucou, c’est moi ! Cyrielle ! Bon, ne perdons pas de temps ! Tous les trois, ouvrez la grille de votre cellule en la tirant ! Ne me demandez pas pourquoi, mais ça marche !
- Qu’est-ce qui…, commença Cyrielle.
- FAITES CE QUE JE VOUS DIS ! hurla Cyrielle.
Ils firent alors ce qu’ont fait avant eux Cyrielle, Jopfleger et Couloume.
- Ca marche, on est là…, dit Everlasting.
- On peut y aller ! Il nous suffit juste d’aller chercher Claire et on est repartis ! s’écria Cyrielle.
Jopfleger et Couloume les avaient rejoints. Nos amis se dirigèrent vers la cellule de Claire et quand ils y arrivèrent, celle-ci dit à voix basse :
- Il n’y a aucun gardien… et nous sommes les seuls prisonniers… où sont les autres ?
- Ne t’en fais pas, Claire, c’est même un avantage pour nous ! dit Jopfleger.
- Allez… on n’a pas de temps à perdre, dit Poseidon. Let’s go !
Les journalistes marchèrent à grande vitesse, mais petits pas silencieux. Ne me demandez pas comment, mais une fois arrivés à l’ « accueil » de la prison, où des gardiens riaient, chantaient et jouaient – ce qui expliquait l’absence de gardien autour des cellules – ils sortirent sans qu’aucun des gardiens ne les interpellent.
- Aaaaah ! Enfin l’air pur de Bristol ! s’écria Poseidon. Venez, le concessionnaire Renault est pas loin, on va acheter la voiture avant de se remettre en route… !