Chapitre 19 : Un pas de trop sur la route
Alors que nos amis se dirigeaient vers le concessionnaire Renault, des employés reçoivent un courrier électronique provenant de la police.
- Hey ! Why does the police send to us that ? dit un employé à un autre.
Pour une meilleure compréhension, l’auteur a eu l’amabilité de traduire leurs paroles.
- Hé ! Pourquoi la police nous envoie ça ?
- Je sais pas…, dit son collègue. Rappelle moi ce que ça dit…
- Chers employés du concessionnaire Renault de Bristol, excusez nous de vous interrompre dans votre noble profession, mais nous devons vous avertir d’un danger menaçant. En effet, sept journalistes ont passé la nuit en prison, se sont évadés par une agilité des plus grandes et se dirigent vers votre concessionnaire. En aucun cas ne les laissez entrer. Ils risqueraient fort de vous demander un monospace, mais ne les laissez pas ! Professionnellement vôtre, la Police de Bristol.
Une fois que l’employé eût fini, un silence d’intense réflexion se fit comprendre. Les employés se regardèrent, puis le premier dit :
- Des évadés…
- Venus acheter un monospace… ? ajouta le second.
- On fait comme ça ?
- On fait comme ça.
Ils attendirent alors ces sept journalistes, évadés, voulant acheter un monospace.
Pendant ce temps, nos sept journalistes marchaient… à pied !
- Bon... uuuuuuuuffff… euuuuuuuuuufff… quand est-ce qu’on arrive ? demanda Couloume.
- Bientôt, bientôt, Couloume, répondit Poseidon. Bon, je compte sur vous tous, tous autant que vous êtes, pour bien vous tenir dans le magasin ! Nous ne devons pas voir l’air d’être des évadés !
- Mais non, mais est-ce qu’on a l’air d’être des évadés, franchement ! s’écria Cyrielle.
- Je te rappelle que le fait que tu aies tiré comme une folle sur les grilles t’a donné un beau résultat, rappela Jopfleger. Les grilles étaient rouillées, donc tes mains sont dégueulasses, et ta veste, n’en parlons pas ! La grille t’a valu aussi un trou au pantalon ! Ben tiens ! Tu es belle comme ça !
- C’est vrai, tu trouves ? demanda Cyrielle, dont les joues commençaient à rougir.
- MAIIIIIS NON, CHOUCROUTE ! s’emporta Jopfleger.
- ATTENTION CYRIELLE ! hurla Poseidon. LE FEU EST VERT ! NOUS NE SOMMES EN FRANCE ! STOOOOOO…
CRIIIIIIIIIIIIIIIII PAASH POUM
Cyrielle avait fait un pas de trop. Une voiture l’avait percuté pour qu’il fasse un bond d’une dizaine de mètres et atterrir plus loin, sur la route. Ses amis l’entourèrent bientôt.
- Cyrielle ? dit Claire. Tu es vivante ?
- Laisse-moi toucher son pouls, Claire, dit sagement Jopfleger.
Jopfleger s’agenouilla auprès de Cyrielle, prit sa main et tâta son pouls. Il le lâcha ensuite et se releva.
- Alors ? demanda Everlasting.
- Aucun battement ne semble me parvenir…, répondit Jopfleger.
- Alors elle est…, commença Poseidon.
- Oui, Poseidon, dit Jopfleger. Cyrielle est morte.
Chacun se surprit vouloir se souvenir des paroles de Cyrielle, de n’importe quel moment. « J’ai bu une bouteille à la santé d’Emma ! », pensait Poseidon. « N’oublie pas de raconter à Bush la blague du cheval sans tête, ça va le faire marrer », pensait Joseph. « Qui c’est qui t’a donné la recette du chou-fleur au ketchup fait maison ? », pensait Claire. « Bande de machos ! », pensa Ocelot. « C’est plutôt la Despé qui m’intéresse », pensait Couloume. Cette minute de silence finie, Poseidon appela l’ambulance anglais avec un superbe accent, qui emmena Cyrielle, et les journalistes n’entendèrent plus parler d’elle de toute la suite de leur voyage.
- Ben… où est-ce qu’ils l’emmènent ? demanda Claire.
- Peut-être bien à la morgue ! répondit Poseidon.
- Au fait, Claire…, dit Jopfleger. Emma… puis Cyrielle… Tu es la seule fille maintenant. Tu penses que tu vas mourir quand ?
Claire tomba en larmes.
- Voyons, Joseph, mais qu’est-ce qu’il t’a pris pour dire une chose pareille ? demanda Everlasting, en colère.
- Mmmh… ? Oh, juste une petite crise qui vient de m’atteindre…, répondit-il.
- Joseph… comment tu deviens… ? dit Poseidon. Comment se fait-il que tu aies cette atitude depuis que nous sommes partis ?
- Oh, c’est juste l’excitation de ce voyage, je présume.
- Bon… dans ce cas nous n’avons plus qu’à nous diriger vers le concessionnaire Renault… Mais soyez tous sur vos gardes, dit Poseidon. Deux morts dans un voyage. Nous ne sommes plus que six.
- Mais maintenant il devrait plus y avoir de problème de voiture ! dit Jopfleger. Maintenant qu’on est six, on a beaucoup plus de place dans la Smart !
- JOPFLEGER ! hurla Everlasting. ENCORE UNE ALLUSION A CA ET ON T’ABANDONNE !
- De toute façon, Joseph, tu sais très bien que nous avons laissé la Smart là-bas ! dit Ocelot.
- Tiens, c’est pas faux ce que tu dis-là, Ocelot, remarqua Poseidon. Allez, on y va. Mais ayez toujours une pensée pour Emma et Cyrielle…
Les journalistes marchaient alors, et marchaient. Ils n’étaient maintenant plus qu’à une cinquantaine de mètres.
- N’oubliez pas, vous vous tiendrez bien, rappela Poseidon.
Ils n’étaient plus qu’à vingt mètres.
- Une seule bêtise et vous êtes sûrs que vous allez avoir un bel aller-retour de ma part !
Dix mètres.
- Chut ! Vous êtes trop bavards, on risque de vous prendre pour ce que vous êtes…
A l’entrée du magasin…
- Bonjour tout le monde ! s’écria Poseidon.
- Bonjour Monsieur ! dit le vendeur avec son plus grand faux sourire et un superbe accent français. Quel modèle voudriez-Vous, Votre Magnificence ?
- Un 4x4 de préférence… puisqu’il nous faut un Monospace, répondit Poseidon.
- Vous avez le choix entre ce modèle-ci, ce modèle-ci et ce modèle-ci.
- Qu’en dites-vous, vous autres ? demanda Poseidon.
- Hum… pas celle-là, dit Jopfleger. Elle a la couleur du verre de bouteille de Champomy, elle nous ferait trop penser à…
- Joseph ! intervint Everlasting.
- Oh, et pas celle-là non plus, ajouta Jopfleger comme s’il n’avait rien entendu. Elle a la couleur brune des cheveux de…
- JOPFLEGER ! hurla Everlasting.
- Bon, celle-ci, alors…, dit Poseidon. Combien coûte-t-elle ?
- Trente-trois mille cent quarante cinq livres sterling, répondit le vendeur.
- Ah… oui nous sommes en Angleterre, c’est vrai…, dit Poseidon. Quelqu’un a des livres sterling ?
Ses amis les journalistes firent non de la tête.
- On est beaux, là, on est beaux…, fit Poseidon.
- Bah, ce n’est pas grave, Poseidon ! dit Everlasting. Allons dans un bureau de change et le tour est joué !
- Oui… euh… we’ll go to change’s office !
- Nous comprenons le français, dit le vendeur. Vous n’avez pas vu à l’entrée ? Il y a écrit « Nout parlont le frensai ».
- Oui, justement… bon nous revenons alors, hein ! dit Poseidon. We’ll go back after !
- Oui oui… allez… et revenez, surtout, la voiture sera toujours là, précisa le vendeur.