Un topic consacré à Jirô Taniguchi,un fantastique mangaka
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Jirô Taniguchi fait partie des mangaka les plus réputés. Souvent conseillé en Europe pour ceux qui se disent rétifs à la production manga habituelle dont ils n´aiment ni le style de dessin, ni les histoires. Certes, on ne va pas revenir là-dessus, l´affaire estentendue, il y a plein de choses tellement différentes dans les mangas. Toujours est-il que Taniguchi est un peu à part, et semble plus " accessible" à un lectorat de bandes dessinées franco-belge " classique".
En effet, monsieur Taniguchi aime prendre son temps dans ses bandes dessinées. Donc, ô lecteur vénéré, si tu aimes les histoires en 46 pages dans lequel on rentre vite dans le vif du sujet, si tu aimes les scènes d´actions virevoltantes et les conclusions au couteau, passes ton chemin car il est ici question du temps qui passe, des relations humaines se construisant sur des dizaines d´années et des liens riches et complexes qui unissent l´enfance, l´adolescence et l´âge adulte. Pour développer cet univers Jiro Taniguchi se permet d´offrir des oeuvres de plusieurs centaines de pages minimum, pour notre plus grand bonheur. Et pour les valeureux encore parmi nous qui pensent qu´il n´y a pas que ce qui se consomme en moins d´une heure trente qui mérite d´être vécu - ce qui éliminerait d´emblée, ô grand malheur, les films de Martin Scorsese et Sergio Leone, les bons restaurants, la majeure partie de la littérature et toute discussion pseudo philosophique avec le sexe opposé ( mais ceci est un autre problème, je m´égare) - trois séries majeures de Jiro Taniguchi s´offrent donc aujourd´hui à eux.
Grâce à son don rare pour observer de façon réaliste et délicate la société japonaise et les failles, les frémissements de ses personnages, Jiro Taniguchi se distingue des mangas classiques. En France on lui trouverait plutôt un équivalent dans le cadre du cinéma. Il s´apparenterait ainsi à Claude Sautet. Qu´il s´attache précisément aux racines de l´identité japonaise - notamment à l´ère Meiji, au début du XXe siècle - dans Au temps de Botchan grâce à l´écrivain Natsuo Sekikawa au scénario, ou qu´il aille en solo au cœur des relations familiales dans Quartier Lointain et Le journal de mon père, il peint toujours avec une grande intelligence et finesse les liens qui se tissent entre ses personnages à travers le temps.
Cet auteur japonais est un écrivain, voire un horloger des sentiments dans le monde de la bande dessinée. Tout est mûrement réfléchi et décrit. C´est très rare de voir tant de justesse. A partir du moment où le lecteur accepte de se lover dans ses histoires, Jiro Taniguchi sait que le temps joue avec lui. Car ensuite le lecteur ne peut plus quitter ces êtres de papier et de dessins qui ont pris chair devant lui. Il a désormais besoin d´en savoir plus, de les observer évoluer et de comprendre ce qui soutient leurs actions, que cela soit l´écrivain Sôseki entouré d´une bande de jeunes hommes dans Au temps de Botchan, les relations difficiles unissant un père à son fils et révélées lors de la veillée funéraire du père dans Le journal de mon père ou, à travers Quartier lointain, le voyage dans le temps d´un adulte pour renaître dans sa peau de jeune garçon trente ans auparavant, offert comme une seconde chance pour sauver sa famille de l´éclatement suite à la fuite de son père à l´époque.
Dans Quartier Lointain et Le journal de mon père, Jiro Taniguchi se passionne pour les relations familiales, tout particulièrement celle d´un fils avec son père et les conséquences à posteriori sur ce futur adulte. A travers ces fils cherchant à mieux comprendre leur père il offre à ces premiers un magnifique miroir à leur propre vie d´adulte. Cette structure en contrepoint est brillante. Jiro Taniguchi part du père pour conclure sur la vie présente du fils, interpénétrant temps passé et présent. On considère communément qu´un auteur écrit toujours le même livre, fait toujours le même film. C´est aussi vrai pour Jiro Taniguchi. Chacune des oeuvres citées précédemment sont des variations sur les thèmes de la filiation et la constitution de l´identité. Le journal de mon père en est la variation réaliste et finement ciselée. Quartier lointain en est la variation fantastique et poétique, l´entrée la plus aisée pour pénétrer dans l´univers de cet auteur japonais. Quant Au temps de Botchan, c´est sans hésiter la variante intellectuelle, la plus littéraire, à recommander à ceux qui proclament sans arrêt la supériorité de la littérature sur la bande dessinée afin de les faire définitivement taire.
Ses oeuvres parues en France:
-Le journal de mon père
-L´homme qui marche
-Quartier lointain
-Kaze no shô
-Le sommet des dieux
-Au temps de Botchan
-Le chien Blanco
Bientôt plus d´infos
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Ca fait de la lecteur alors je lis.
)
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Quartier lointain
L´histoire:
Nakahara Hiroshi est un salary-man quinquagénaire comme il en existe des millions au Japon. Sa vie se résume à train-boulot-beuvrie-train-dodo. Loin de sa famille, il ne voit pas grandir ses enfants. Un jour sans s´en rendre compte il se trompe et monte dans un train en direction de sa ville natale. Alors qu´il compte faire demi-tour une fois arrivé il se dit qu´il va finalement profiter de l´occasion pour aller se recueillir sur la tombe de sa mère. Chose qu´il n´a pas fait depuis des années. Au cimetière, il se met à repenser à son enfance et une vague de nostalgie le saisit. Il se demande si sa mère décédée prématurément a jamais été heureuse. Pris d´un étourdissement, il se réveille quelques minutes plus tard dans la peau du jeune homme qu´il était à 14 ans. Hiroshi croit rêver et décide donc de se rendre dans son ancien quartier. Tout est redevenu comme antan. Même sa maison détruite depuis des annèes est là. Sa mère, son père, sa grand-mère ne comprennent pas son étonnement. Ils le pensent fatigué. Hiroshi à nouveau sous l´autorié parentale va donc décider de les écouter et d´aller dès le lendemain à l´école. Il y revoit ses anciens amis sachant tout de ce qu´il va leur arriver dans le futur. Conscient qu´il lui est accordé ici une deuxième chance de revivre cette adolescence Hiroshi veut éviter de refaire les mêmes erreurs et de corriger ainsi son passé. Son regard d´adulte sur ce qui lui paraissait futile autrefois va le conduire à profiter de chaque instant. Mais quelles répercussions ces modifications vont-elles avoir sur son présent ?
Personnages principaux
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Nakahara Hiroshi : marié jamais à la maison, deux filles qui le détestent, il travaille sur Tôkyô et ne voit pas défiler sa vie. Cette erreur de train va le conduire dans sa ville d´origine et lui permettre par miracle de revivre sa vie d´adolescent insouciant. Le fait de savoir ce qui va advenir lui permet de voir à quel moment les choses ont mal tourné. Il a vraiment du mal à croire à ce qu´il vit mais plutôt que de gâcher cette formidable occasion, il décide d´en profiter.
Nagase Tomoko : c´est l´intello de la classe qui lui a toujours parue inaccessible. Elle ne s´est jamais intéressée à lui dans le passé mais désormais face à la maturité dont fait preuve Hiroshi elle ne peut qu´être fascinée. Elle ne lui cache pas ses sentiments et Hiroshi est surpris de découvrir qu´elle est une fille sensible, blessée par la vie tout comme lui.
Elle dit clairement ce qu´elle pense et ne passe pas par quatre chemins !
Nakahara Kazue : mère de Hiroshi. Décédée à 48 ans d´une crise cardiaque Il se rend compte qu´il l´a très mal connu. Son mari, le père de Hiroshi les abandonné. Il a quitté le foyer un jour et n´est jamais revenu. Elle a dû élever seule ses deux enfants. Elle a perdu son premier mari lors de la seconde guerre mondiale.
Une femme au destin tragique.
Nakahara Yoshio : c´est le père de Hiroshi. Quand il revient dans le passé Hiroshi réalise bien vite que c´est à cette époque qu´il va disparaître de sa vie. Il essaie de comprendre pourquoi celui-ci va décider du jour au lendemain de les laisser orphelins de père. Hiroshi semble avoir énormément d´estime pour lui et va essayer d´éviter son départ.
L´homme qui marche:
L´homme qui marche ? C´est celui qui prend le temps de vivre dans un Japon moderne. Celui qui s´arrête pour regarder un oiseau. Un rêveur forcené dont on connaît juste les gestes quotidiens, comme figés dans le temps.
Tel est ce que l´on peut lire au dos de l´unique volume de ce manga. Et croyez moi : tout est dit. Ce manga suit la vie d´un homme dont on ne connaît pas le nom, cet homme passe beaucoup de temps à marcher et à observer le monde qui l´entoure, il vit simplement comme tout le monde aimerait et devrait vivre. Cela peut paraître extrêmement banal et inintéressant, pourtant Taniguchi a réussi à faire de cette histoire une œuvre poétique, reposante ; tout cela en grande partie grâce aux cadrages et à la mise en scène percutante. Je vous conseille de lire cette BD au pied d´un arbre, à la lueur du soleil, caressé par une petite brise.
SUr celui-là moins de chose à dire.
En attendant il porte bien son nom
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Quoique...
SYNOPSIS
La vie d´un homme peut être parfois bien simple. Une banale promenade dans le parc peut se transformer en véritable découverte, même pour quelqu´un d´expérimenté. Contempler la nature, respirer l´air du vent, profiter des rayons du soleil ou encore de la pluie malgré soi, regarder les autres marcher, piquer une tête dans la piscine, le calme et la quiétude, le repos et la tranquillité, le bruit mais aussi le silence... Voici les mots qui résumeraient de façon simpliste, mais néanmoins juste, le train-train habituel d´un homme qui marche, ou plutôt de L´homme qui marche.
AVIS
Nous avons affaire ici à une œuvre du célèbre ( du moins au Japon) Jirô Taniguchi, à qui l´on doit en particulier Le journal de mon père ( Chichi no koyomi). Il s´agit là d´un manga bien particulier, vous n´y trouverez ni action ( par là j´entends des scènes vives et dynamiques que l´on a l´habitude de voir dans un shônen par exemple), ni énormément de textes. À l´image de la narration, la lecture est reposante, enivrante même dirais-je. Un certain bien être arrive à nous sans que l´on s´en rende compte. L´intérêt de ce manga réside justement dans le fait qu´il ne s´y passe rien, du moins rien de vraiment particulier, un peu comme si cet homme qui marche, c´était nous. C´est encore plus troublant quand on s´aperçoit que du début à la fin, on ne connaît pas le nom de cet individu. L´autre grande particularité de ce titre se situe bien sûr au niveau des dessins qui sont en parfaite osmose avec la poésie qui ressort de l´œuvre. Taniguchi parvient avec son trait pourtant simple mais précis à nous restituer parfaitement les décors qui ont une place importante dans l´appréciation du manga. En effet, ils sont tellement criant de vérité qu´on croirait vraiment visiter le quartier dans lequel on a toujours vécu. Les personnages ne sont pas en reste bien que personnellement, le style ne me fasse pas plus d´effet que ça. Plus que jamais ce sont les décors qui priment. À cela on rejoint le découpage qui est très réussi, un exemple, à un moment l´homme promène son chien et arrive devant un immense parc, la planche se finit au moment où l´homme tourne la tête. On tourne la page et l´on découvre un double page. indescriptiblement belle ! La magie prend place dans l´esprit du lecteur, ça en devient même féerique.
Comment résister à ce manga ? la réponse est simple : on ne peut pas ! Pourquoi ? Tout simplement parce L´homme qui marche est unique en son genre, il est à la fois beau, accessible mais aussi très poétique. Il parvient en même pas 150 pages à nous plonger littéralement dans un univers de paix... presque de rêve, et pourtant si réel que l´on n´en décrochera pas si facilement. À posséder absolument dans sa collection.
ADAPTATION FRANÇAISE
Une autre grande trouvaille de Casterman, l´adaptation souffre de quelques bugs de retouches. Je m´explique, pour ne pas inverser les caractères japonais de certaines cases, étant donné que le sens de lecture est occidentalisé, l´éditeur a jugé nécessaire de retourner les cases en question. De ce fait, le placement de celles-ci sont parfois maladroite et pas parfaitement alignées par rapport aux autres ( regardez de plus près vous verrez). Et quelque part c´est vraiment regrettable car à la base le cadrage de Taniguchi est parfait. Un exemple tout bête pour prouver ce que je dis : p.78 le couple ne sont pas assis du même côté entre chaque case ! À part ça, le lettrage est fait à la main, il est d´ailleurs plutôt réussi. Le papier employé est bon même s´il jaunit plutôt vite. La couverture reste fidèle à l´originale, à savoir superbe. L´encrage est pour ainsi dire parfait. Une très bonne adaptation pas chère en plus, qui hélas, souffre du problème évoqué un peu plus haut. Vraiment dommage, car ç´aurait pu être parfait. Oui oui, parfait.
ça ne vient pas de moi,vous vous en seriez doutés.
http://www.the-ryoweb.com
salut a tous!
alors moi je suis decu que le topic de jiro taniguishi ne marche pas a ce point!
ce mangaka est formidable
j´ai acheté : quartier lointain, le journal de mon pere, et on m´a preté au temps de bochtan
que tous ceux qui connaissent ce mangaka viennent sur ce topic!
Exactement
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ah oui et j´ai aussi l´homme qui marche
en tout cas ca fait plaisir de parler a quelqun qui aime taniguishi ![]()
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Faut que je lise au temps de Botchan aussi
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je suis en train de le lire et le dessin et un peu different mais bon , c´est du taniguishi!
sinon quartier lointain m´a litteralement fait pleuré tant c´est émouvant
C´est vrai que c´est très émouvant
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Moi je n´ai lu que quartier lointain de lui mais force est de reconnaitre la qualite de cette auteur
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Je mettrai des infos sur les autres séries
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Au temps de Botchan
1905, an 38 de l´ère Meiji. De constitution fragile et d´un naturel nerveux, Natsume Soseki se remet difficilement de son séjour de deux ans en Angleterre. De retour à Edo, il cherche un remède à son mal-être et à son amertume. Bien que vivant aisément de ses émoluments d´enseignant, il se tourne lentement vers l´écriture dont l´exercice possède la vertu d´apaiser ses tourments.
Les souffrances de Soseki sont celles de son époque et de ses contemporains. Résolument tourné vers la modernité, alors incarnée par l´Occident, le Japon de Meiji est travaillé par des contradictions douloureuses : pour faire jeu égal avec les grandes nations modernes, il faut les imiter mais cela implique un renoncement partiel et déchirant à ce qui fait la spécificité du pays. Ce tiraillement schizophrénique, Soseki l´incarne et le met en scène : Botchan, le roman qui décidera de son avenir d´écrivain, transpose des éléments, des situations et des personnages typiques du Japon de l´ère Meiji. Dans son roman, comme dans sa vie, Soseki constate avec tristesse que ce sont " les gens odieux qui domineront le Japon de demain".
Le quatrième de couverture d´Au temps de Botchan qualifie l´oeuvre de " première manga littéraire de la bande-dessinée" ( on notera l´emploie du féminin). De fait, la littérature est objet et sujet de l´oeuvre de Taniguchi et Sekikawa. Les auteurs mettent en abîme les éléments constitutifs de la vie de Natsume Soseki et ceux de son oeuvre la plus connue : le Botchan du titre. Avec Soseki et ses démons, ils évoquent également l´effervescence politique et culturelle qui caractérisait le Japon de Meiji. Le ( la) manga est bel et bien une fresque qui dépeint les protagonistes de cette époque en ébullition à l´heure de la marche forcée vers le " progrès" et la construction du Japon moderne.
Les références à l´histoire nipponne, le parallèle constant entre les situations décrites et leur transposition dans le roman de Soseki font d´Au temps de Botchan une oeuvre à clef dont la lecture, pour stimulante qu´elle soit, requiert quelque investissement. Mais l´effort consenti est amplement récompensé.
Ceux qui ont apprécié le style graphique de Jiro Taniguchi dans l´Homme qui marche ou Quartier lointain retrouveront avec plaisir son trait agréable et clair, qui sied parfaitement à la narration de Sekikawa. Laquelle délaisse la linéarité pour une profusion d´histoires ( personnelles) dont les multiples embranchements et dérivations finissent subtilement par dépeindre l´Histoire ( d´un pays).
A noter qu´Au Temps de Botchan est une oeuvre imposante également par sa taille ! Conformément à l´édition japonaise, Seuil compte publier les quelques 1500 pages du manga en 5 tomes, sachant que le rythme de parution sera assez lent ( 1 volume par an). De quoi laisser le temps au lecteur nippophile d´apprécier le manga et, éventuellement, d´aller explorer l´univers littéraire et historique qu´il met en scène !
Le journal de mon père
C´est sur l´initiative de sa femme que Yoichi retourne à Tottori, sa petite ville de province, pour assister à la veillée funèbre de son père. Ayant pratiquement rompu toute relation avec ses parents, Yoichi est réticent à l´idée d´entreprendre ce voyage.
Pourtant, lorsqu´il arrive à Tottori, il est bien accueilli par sa famille et les nombreuses relations du voisinage venu rendre un dernier hommage au père décédé. Ce père qui est bientôt au coeur de discussions qui replongent Yoichi dans ses souvenirs d´enfance. Il revit ainsi les traumatismes, infimes ou violents, qui ont façonné l´homme qu´il est devenu. Le grand incendie qui ravagea en même temps que le village la maison et le salon de coiffure familial. L´opiniâtreté de son père à reconstruire sa vie à force de travail. L´éloignement progressif de sa mère puis le divorce des parents. Son sentiment d´exclusion face à une famille recomposée, malgré la douceur de sa belle-mère et la présence de sa soeur.
Au cours des échanges avec les protagonistes de cette époque, Yoichi découvre de nouvelles facettes de la personnalité de son père, qu´il n´avait pas su, ou pas voulu, voir.
" Le Journal de Mon Père" est un voyage dans le temps entrepris par l´intermédiaire des mémoires. Yoichi a gardé des évènements de son enfance des souvenirs partiels, et partiaux. Très attaché à sa mère et profondément affecté par la séparation de ses parents, il fait porter la responsabilité du divorce à un père qu´il juge froid et distant. Alors qu´il n´est qu´un jeune garçon, il élabore une image négative de cet homme réservé. Image dont il refuse de se départir en grandissant. La veillée funèbre et le récit à plusieurs voix qui l´accompagnent lui permettent d´envisager un portrait plus nuancé d´un homme qui, malgré les liens du sang, était resté pour lui un inconnu. Et surtout de garder de ce père, paradoxalement retrouvé après sa mort, un souvenir placé sous le signe de " l´apaisement", titre du troisième et dernier volume. " Le Journal de Mon Père" est aussi un voyage dans le temps pour le lecteur, dans le Japon rural de l´après-guerre, encore sous occupation américaine, qui constitue la toile de fonds du récit.
Les thèmes et le ton de ce manga sont similaires à ceux de Quartier Lointain du même auteur : le retour sur ( ou dans) le passé permet, sinon de résoudre les crises, du moins de les apaiser, de pacifier les relations entre les membres d´une famille que les malentendus et les non-dits avaient progressivement éloignés les uns des autres. Jirô Taniguchi creuse cette veine avec brio, signant des oeuvres pleines de sensibilité mais évitant l´écueil du pathos, notamment parce que la sincérité de son propos et l´affection qu´il porte à ses personnages sont patents.
J´ajouterais que " le journal de mon père" et " Quartier lointain" sont deux magnifiques mangas,très émouvants.
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Pour info,L´orme du Caucase va bientôt sortir chez Casterman
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La collection Ecritures de Casterman comprend d’ores et déjà trois mangas de Jirô Taniguchi : L’Homme qui marche, Quartier lointain et Le Journal de mon père. En juin, une nouvelle oeuvre du mangaka viendra compéter cette offre : L’Orme du Caucase.
Signé(e) Taniguchi et Utsumi, ce ( cette) manga est adaptée par Frédéric Boilet ( L’Epinard de Yukiko, Mariko Parade). A l’inverse des trois oeuvres pré-citées, il ne s’agit pas d’un seul récit mais d’un recueil de nouvelles mettant en scène des histoires telles que Taniguchi les affectionnent : récits intimistes, micro-évènements, anecdotes à la morale humaniste…
L’histoire éponyme raconte ainsi la relation d’un couple âgé avec le grand orme qui occupe un coin du jardin. Il est également question d’une petite fille qui a peur d’être abandonnée ou d’un homme qui reconnaît son enfant quelques 25 ans après sa naissance.
Un recueil qui plaira sans nul doute à tous ceux qui ont aimé les précédents ouvrages de Taniguchi parus dans la collection Ecritures. Disponible en juin.
Source : Castermag’ #6, printemps 2004
re:source→ http://www.mangajima.com