Chapitre 2 : 8 ans plus tôt
- Nan, mec, j’t’ai dit que j’arrêtais ! Me cherche pas, j’ai rangé la caisse ! J’suis arrivé a un âge ou la chance joue plus que les reflexes dans les Runs !
-Mais qu’es tu racontes, mec ! Ca doit être le 35ème fois que tu m’la sors celle-là ! Allez, en plus y’aura Joa’ ce soir ! Tu t’souviens, le même Joa’ qui t’a foutu 20 secondes à ta « dernière » d’y a 3 jours ! Tu peux pas nous lâcher sur une défaite ! Franchement t’abuserais sur ce coup-là !
- Bon, j’verrais, mais tu m’fais vraiment chier mec !
- Je sais, c’est pour ça qu’tu m’adore !
Johnny le savait, cette course pouvait lui rapporter très gros, mais aussi lui faire très mal s’il se loupait. Il hésitait, tournait, retournais la demande, en se questionnant, en pesant le pour et le contre… Sai fierté ou sa vie, son porte-monnaie ou l’hôpital… Il s’alluma une clope, pour se détendre, réfléchir. Après tout, une course, une dernière, un seul et tout petit Run, ca ne pouvait pas lui faire de mal !
-C’est bon, j’la fais, mais seulement si c’est toi qui me payes l’essence, Bry’ !
-Ok, ok, si c’est que ça qui peut te faire plaisir ! Bon, la course commence à 20h30 derrière le hangar, sous le périph’ ! Sois pas en retard, j’ai négocié que 15 minutes avec les flics, pas 1 de plus ! Et maintenant, sors de chez moi, ou on va croire qu’on négocie la course !
Le soir, 20h00, derrière le hangar, sous le périph’ :
Johnny, doucement appuyé sur sa caisse, fumait sa clope, dans le plus grand calme. Les bruits des moteurs ronronnaient de toutes parts, les Runners étaient tous prêts à en découdre… Tous, sauf lui. Il se demandait toujours si il avait bien fait d’accepter. Mais bon, il était là, la course allait commencer, et il n’avait plus le choix.
10 minutes le séparaient de ce Run décisif… Johnny décida enfin de se mettre au volant. Il n’eut pas même le temps de démarrer que, à l’autre bout de la rue, un des Pick-Up utilisé pour barrer les routes, déboulla a toute vitesse, klaxon Bloqué :
- Bougez-vous ! Tires-vous ! On s’est fait bai*er ! Les Flics débarquent ! C’es…
La fin de sa phrase fût incompréhensible. Des sirènes retentissaient à de toutes parts du quartier. Les flics sortirent de l’ombre par dizaines tel des chiens enragés à qui on leur avait volé leur bout de pain !
Johnny ne réfléchissait même plus, il démarra, fit demi-tour, et s’enfuit, en bon délinquant qu’il était depuis sa tendre enfance. Des flics, il en avait semé, mais jamais autant en Une seule fois. Comme il connaissait bien le quartier, il n’avait pas peur de se perdre, mais plutôt que son « bébé » ne le lâche. C’était la seule peur qui le tourmentait.
A chaque tournant, il croisait une voiture qui devait courir ce soir, et que les flics avaient rattrapé . Il pensait aux autres a Joa’, a Bry’, à ces nouveaux Runners, qui ne pourraient sans doute jamais goûter aux joies de courrir.
Johnny quitta le périph’ sans trop de mal, mais les flics continuaient de le suivre, et il savait que rester en ville était impossible pour lui, à cause de sa notoriété et surtout de son casier. Il savait qu’une seule condamnation de plus le priverait des 10 prochaines années de sa vie. Il décida donc de quitter la ville au plus vite, de laisser tout derrière lui, sa famille, si petite soit-elle, ses amis, son boulot miteux de garagiste, son train-train quotidien. Il venait de prendre conscience de ce qui lui arrivait, et il commençait à avoir peur.
Derrière lui, les 2 flics continuaient de le suivre, avec une certaine distance, mais ils commençaient à gagner du terrain.
- Saloperies de bagnoles, quel est le con qui a eu l’idée de leur donner des caisses aussi puissantes. Ces saloperies de flics ! Déjà que je vous aimais pas beaucoup !
Un hélicoptère passait au-dessus de sa tête. Il posa son Flash sur Johnny. On entendait distinctement le pilote : « Johnny ******, par arrêté fédéral, vous êtes à présent en état d’arrestation, veuillez garer votre véhicule ou nous utiliserons la force ! »
Ce n’était plus la ville qu’il devait quitter, mais la Pays entier ! Heureusement, la frontière Canadienne, son ElDorado, sa Terre Promise, était a moins de 10 kilometres, et il savait aussi que ce seront ces 10 kilometres les plus longs de sa vie
Sweet d’ici a la fin de la semaine !
Désolé pour le retard, et le manque d’inspi’ 
Dédi aux Canadiens, j’passe par chez vous 