Un Edito engagé, à l'image du magazine, certes discutable sur certains points, mais qui me fait quand même plaisir. Pour ceux qui n'ont pas eu l'ocassion de le lire, le voici retranscrit mot à mot :
"Bienvenue chez les cons.
Vous voulez faire du cinéma? Vous êtes habités par cette passion depuis votre plus jeune âge?Vous griffonnez scénario sur scénario et rêvez d'en voir un se concrétiser pour de vrai? Quoi? En plus, vous donnez dans le registre fantastique?! Bon, ben va peut-être falloir revoir votre copie, car chez nous, vous n'êtes pas les bienvenus. Réfléchissez un instant. Vous voulez obtenir les aides du CNC? Dans ce cas-là, optez plutôt pour un drame philosophique mettant en scène le déchirement psychologique de personnages neurasthéniques. Soyez clairs dans votre note d'intention : oui, le film sera chiant, l'image sera moche, mais à 2h30 du matin sur une chaîne culturelle, ça passera comme une lettre à la poste. Autre solution : pour obtenir un budget plus conséquent, misez sur une tête d'affiche populaire. Mais attention, préférez les comiques ou les animateurs télé (d'ailleurs quelle est la différence?), c'est bien plus rassurant, et en plus, ça fera plaisir à vos grands-parents. Pour la note d'intention, c'est presque pareil : le film sera chiant, l'image sera moche (pensez à tourner en 1.33, vous éviterez les recadrages télé), mais à 20h50 sur une chaîne grand public, ça passera comme une lettre à la poste. Voilà, vous avez maintenant les clés pour percer dans le cinéma français., donc cessez de perdre votre temps avec vos conneries de films d'horreur bricolés le week-end entre potes, cessez de baver sur le cinéma espagnol qui ce mois-ci nous balance une bombe dans la gueule avec un long dont le budget est deux fois inférieur à nos productions horrifiques nationales, et réveillez-vous une bonne fois pour toutes : la France n'est pas le pays du fantastique."