Je te conseille cette analyse:
http://www.cndp.fr/Tice/Teledoc/dossiers/dossier_sentiers.htm
"(...)La dernière scène du film s´interprète à la lumière de tout ceci. La seule femme (et la seule Allemande) qui apparaît dans le film une jeune fille perdue, sans doute prisonnière, effrayée par le troupeau d´hommes qui la siffle dans la salle. Par des champs-contrechamps, Kubrick nous montre l´agitation presque bestiale de cette meute, et la frayeur contenue de la jeune fille qui va se mettre à chanter. On sent déjà, d´ailleurs, la violence des violeurs d´ Orange mécanique. Mais ici, la voix de la jeune femme fait cesser les sifflets. Et surtout, Kubrick alterne maintenant des plans de la chanteuse avec des plans d´hommes pris individuellement, de visages gagnés par les larmes. Par cette courte pause dans la guerre, les soldats s´individualisent, prennent un visage. Cette espèce de meute compacte qui en faisait de quasi-bêtes, « prêts à tuer beaucoup d´Allemands » comme les y invitait le général Mireau dans les tranchées au début du film, se dissout en hommes au regard ému par la voix d´une jeune Allemande. C´est pourquoi Dax, qui suivait la scène par la fenêtre, ordonne de leur laisser encore quelques minutes, afin qu´ils se retransforment le plus tard possible en machines à tuer ou en massive chair à canon.(...)"