Je suis pas absolument d'accord avec tout dans ta critique mais facile 95%
Je trouve à la deuxième vision que les passages les plus forts sont non pas ceux de violence mais ceux des relations entre Tom et sa femme, magnifiques
Et je dirais plutôt que le film montre qu'on ne peut pas lutter contre notre part de violence, ou on dira même d'animalité (pour sa femme), dès que cela touche à nous ou notre famille. La force du film est de démarrer en accumulant les clichés (famille américaine heureuse dans une ville paisible, ado "harcelé" par un caïd, sauf que ceci est présenté après une intro choc, qui grâce à une transition géniale nous laisse augurer de la suite.
Le déferlement de violence dans le café est terriblement efficace, Cronenberg montre le sang et les blessures de la façon la plus réaliste possible, et on comprend bien que ça s'éloigne du film américain moyen. La séquence de violence physique la plus marquante reste pour moi le type qui se fait tuer par enfonçage de nez dans le visage, atrocement bien fait.
Comment ne pas parler ensuite de Mortensen, qui même en revoyant le film arrive à nous convaincre qu'il n'est que Tom Stall, simple commerçant. Très dérangeant puisque paraissant crédible dans le film, on peut se dire qu'il est impossible de connaître vraiment quelqu'un, même son propre mari après plusieurs années de vie commune, je trouve ça terrifiant.
Par contre là où je ne peux qu'être d'accord avec Dark, c'est le fait qu'on ne sorte jamais de la spirale de la violence qui est parfaitement illustré. Au début du film, on pense que ça va s'arrêter là et que le film sera vraiment psychologique, traitant des conséquences, de la communauté et du cercle familial. Après trois meurtres de plus, on a compris, mais justement ça ne peut finir autrement que dans un bain de sang et le meurtre de son propre frère. Où s'arrête la violence ?
Pour ce qu'on en sait, à la fin quelqu'un pourra retrouver sa trace et le tout finira très mal pour lui et sa famille, mais là n'est pas l'intérêt. La violence appelle la violence, ou pour faire plus antique, qui a tué par l'épée périra par l'épée. La fin qui pourrait paraître un "happy-end" - avec de grosses pincettes - est tout le contraire, on finit sur le plan fixe de Tom/Joey regardant sa femme, terrifiée à l'idée de ce qu'il a pu faire, lui à ce que sera le futur de sa famille.
Je sens le tout un peu bordélique, mais ça vient du coeur 