Je me suis pas mal intéressé au caligarisme, mais je ne trouve pas de réel rapport entre ce courant mineur et "La nuit du chasseur". En fait ce qui m'intéresserait ce serait de savoir s'il est vraiment possible de définir un expressionnisme cinématographique en-dehors du caligarisme, qui s'est défini par un parti-pris consistant à rendre les tourments des personnages au travers d'une déformation de l'image (décors déformé et jeu des acteurs adapté). M ne me paraît pas avoir de rapports avec l'expressionnisme; Lang ne s'en est jamais revendiqué, et on n'y retrouve pas de partis-pris artistiques allant dans ce sens. En ce qui concerne Nosferatu pareil; le film a pu être influencé par une certaine esthétique expressionniste, mais à mon sens ça ne reste qu'une influence esthétique. Murnau ne cherche pas vraiment à projeter la vision du protagoniste.
"A la base l'expressionnisme c'est aussi l'enfermement, la ville, les névroses du 20eme siècle... etc (d'ou Metropolis + Caligari + M)."
Pas vraiment d'accord. Ces caractéristiques se retrouvent dans certains films expressionnistes, mais dépassent ce courant. Cela ne me semble pas être un vrai critère de définition pour ce mouvement, qui est antérieur à son application cinématographique.
"Et bien l'imaginaire de la scène, très onirique et lyrique, se rapporte à celle du regard de l'enfant. Les moyens d'expressions (ici la mise en scène, la photographie, la musique et le jeu d'acteur) sont utilisés de manière à retranscrire cette impression. Ce sont les sentiments humains qui passent par la forme, sans tenir compte d'un éventuel réalisme."
C'est intéressant, peut-être discutable. Mais je ne suis pas sur que cela suffise à parler d'un "expressionnisme formel". Seuls certains moments me semblent pouvoir rentrer dans l'idée d'une projection de la vision de l'enfant. Et encore, est-ce que l'expressionnisme se résume à ça?