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Minority Report - Steven Spielberg - 2002

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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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Untrucadire
Untrucadire
Niveau 10
22 octobre 2015 à 19:22:51
[[sticker:p/1jnh]]
Lt-Schoufleur
Lt-Schoufleur
Niveau 5
31 janvier 2016 à 12:39:46

Malgré son esthétique très digitalo-artificielle (bon nombre de scènes graphiquement retouchées), Minority Report contient pourtant beaucoup d'éléments assimilables à une dénonciation de l'évolution technologico-totalitaire de notre société occidentale. En effet, plusieurs éléments imaginés dans un futur fictif sont comparables à des outils existant aujourd'hui:
- le flashage oculaire rappelle les smartphones et leur géopositionnement par satellite permanent
- les publicités individuellement ciblées sont une réalité sur internet (cf les cookies qui enregistrent nos pérégrinations et transfèrent les données aux sites commerciaux, qui adaptent leurs fenêtres pop-up publicitaires en fonction de notre consommation)
- les journaux aux images animées trouvent leur équivalent dans les tablettes informatiques
- les voitures à pilote automatique sont déjà technologiquement accessibles à la production, mais impossibles à commercialiser pour des raisons juridiques (responsabilité, assurance)
- la drogue fictive "neuroïne", par ses effets oniriques et narcotiques, rappelle les opiacés, notamment l'héroïne

Ce film de science-fiction qui se déroule dans un futur assez proche ne manque pas de références à l'Antiquité classique:
- les précogs (sortes d'oracles qui prévoient les crimes à venir) sont au nombre de trois, comme les Parques
- l'oracle la plus douée du trio est une femme, comme la Pythie
- à l'instar d'Oedipe, le héros John Anderton se voit prédire un avenir de meurtrier qu'il fait tout pour éviter, sans succès.

Malgré sa mise en scène très hollywoodienne, Minority Report offre donc au spectateur un dépaysement futuriste satisfaisant (décors industriels, froids, cliniques et parallélépipédiques; technologies imaginaires spectaculaires, comme le sickstick/vomitrique, le jetpack, le flashage optique), tout en lui proposant une intrigue tragique (un homme au passé douloureux qui veut empêcher une prédiction de se réaliser en enquêtant à la fois sur le passé et le futur) et une lecture critique de la société de consommation hyper-technologisée. Le film remplit assez bien ses objectifs durant une heure et demie (soit la durée normale d'un film), jusqu'à la scène - qui aurait dû être finale - où Anderton retrouve sa future victime. Quelle que soit l'issue de cette scène, qui confronte la fatalité et le choix individuel, le film aurait pu être intégralement bon s'il se terminait là-dessus. Le dilemme de cette scène fait penser au film Seven de Fincher, dont tout le monde connaît la fin cruelle (à la fois dénouement, exécution du criminel et accomplissement de la prédiction). Malheureusement, Minority Report n'est pas un film de Fincher de 90 minutes, mais un film de Spielberg de 145 minutes. Tout ce qui suit après cette scène, sans être fondamentalement chiant ni gâcher totalement le plaisir de la distraction, sombre dans le rebondissement spectaculaire de polar de série Z (conclu par une fin heureuse bien débile à l'amerloque), et présente conséquemment un intérêt très limité - tellement limité, que je n'en parlerai même pas.

Honnêtement, à ce stade de la chronique, je m'apprête à accuser Spielberg d'avoir honteusement judaïsé une œuvre de science-fiction géniale et complexe pour en faire un blockbuster commercial. Je m'apprête à faire cela parce que je viens de lire le résumé de la nouvelle originale intitulée The Minority Report de Philip K. Dick, dont le scénario du film de Spielberg n'est pas une adaptation, mais une pure trahison. La fin n'est pas du tout respectée; les enjeux de réflexion soulevés par la nouvelle de K. Dick sont clairement détournés et neutralisés par la spielbergisation. Au lieu de dénoncer l'invasion publicitaire hyper-technologisée, le film offre un boulevard aux marques (ou dirons-nous sponsors?) qui apparaissent à l'écran. Classique détournement capitaliste de la critique du capitalisme.

Pourquoi accuser Monsieur "Montagne de jeu", me dira-t-on? C'est vrai qu'il n'a peut-être pas participé à l'écriture du scénario. Qui sont donc les scénaristes? Un certain Scott Frank et un certain Jon Cohen. OK, tout s'explique. "Encore des Norvégiens". Ceci dit, le fait de traquer les patronymes pas très catholiques relève d'une certaine paresse intellectuelle de ma part et je plaide coupable. Kubrick a largement prouvé qu'un cinéaste pouvait être du peuple élu et réaliser des films intelligents, forts, subversifs et mondialement renommés en dehors du formatage politiquement correct. Donc je vais clore ma digression sur ce conseil: lisez la nouvelle originale de Philip K. Dick.

Vomit-Crush
Vomit-Crush
Niveau 10
31 janvier 2016 à 14:31:40

Oh tiens ce topic. Je viens justement de... l'emprunter à la médiathèque avec mon poto Jean-Déhèle. 'Me souvient même pas l'avoir vu.

Lewul
Lewul
Niveau 31
31 janvier 2016 à 14:42:19

La fin heureuse est très bien :hap:
Et le plan final est une belle référence à la fin d'un film de Tarkovski !

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
31 janvier 2016 à 15:23:07

Je n'aime pas non plus la fin mais faut que je le revoie :hap:

Lewul
Lewul
Niveau 31
31 janvier 2016 à 16:05:10

Blazco' éternellement contre moi :-((

Lewul
Lewul
Niveau 31
01 février 2016 à 03:07:47

Tous ses films récents n'ont pas forcément cette caractéristique, malgré son chef op constant !

moucheBZZZZ
moucheBZZZZ
Niveau 35
01 février 2016 à 14:23:04

Le 10 septembre 2014 à 23:42:55 Lt-Schaffer a écrit :
"tout ce qui se passe après son emprisonement n'est que le fruit de son imagination dans son cryo-sommeil :( "

:d) C'est quand même là qu'on se dit que Christopher Nolan a fait du mal au cinéma.

Pourtant c'est un truc auquel Spielberg tient : chacun est libre de sa libre interprétation (la flemme de rechercher des interviews pour citer ses dires). Il ne vient jamais donner d'explications, c'est une question qui a été récurrente concernant MR et il n'a jamais confirmé ou infirmé l'une et l'autre des hypothèses : réalité ou fin rêvée. C'était pareil avec A.I., il lui a fallu des années pour mettre les points sur les i concernant les super méchas de la fin du film, là je pense par ras-le-bol de la connerie de certains qui étaient persuadés d'y voir des aliens.

Thanh-DatNguyen
Thanh-DatNguyen
Niveau 9
01 février 2016 à 19:26:44

Je suis tout à fait d'accord avec toi Schaffer, que certains films ont tout de même une communauté qui a tendance à sur analyser (coucou Matrix et Nolan :noel: ) , mais il y avait quelques temps, un gars avait posté une analyse plan par plan de la fin de The War of the Worlds où il disait que Tom Cruise mourrait à la fin et je dois admettre que son "analyse" se tient :

https://medium.com/@LJGhost/la-guerre-des-mondes-ou-comment-jaime-le-cinema-8dd7ed9fbc69#.7vsh6em5k

Je me disais que c'était pas du tout le genre de Spielberg de faire ce genre d'"entourloupes". Je me demandais ce que tu en penses.

moucheBZZZZ
moucheBZZZZ
Niveau 35
01 février 2016 à 21:00:59

Le 01 février 2016 à 17:06:31 Lt-Schaffer a écrit :
Oui non mais à ce moment-là on ne s'en sort plus, et puis Indiana Jones meurt dans la séquence d'introduction de Raiders, écrasé par la pierre, et le reste il l'invente depuis le paradis... Enfin il faut que la piste fasse sens, et là j'ai juste l'impression que c'est un phénomène d'interprétation de l'ère Nolan. Ou alors il y a une analyse et une réflexion sérieuse à soumettre derrière... Mais si c'est juste pour lâcher "il rêve toute la fin", y compris des séquences avec d'autres personnages où il n'est pas présent, c'est juste pas la peine...

Sauf que ça se tient et que ça fait sens. Le film insiste bien sur le fait que les détenus sont dans un état de rêve permanent... Quand Anderton se rend à la "prison", le maton fait une réflexion à retenir : "Regardez comme ils ont l'air pacifique, mais à l'intérieur (en toquant sa tempe) ça bout, ça bout, ça bout..." Quand Anderton rejoint les autres détenus, il lui sort : "Il parait que tu vas avoir des visions, que ta vie défile devant tes yeux, que tous tes rêves se réalisent." Gros plan sur le visage de Tom Cruise avec l'espèce de cerceau bleu autour de la tête et montage cut direct sur sa femme dans le bureau de Burgess. Pas de fondu au noir, comme s'il n'y avait aucune ellipse et que les hallucinations prenaient la suite directement.

Rien que par ce montage, Spielberg brouille bien les pistes. Et c'est la magie de tout le truc (qu'il a bien compris et pas toi apparemment), chacun est libre de sa propre interprétation et personne, même pas lui, n'a à dire c'est comme ça que ça se passe. Peut-être que tu as raison, peut-être que c'est moi, mais personne n'a à dire que l'autre est en plein délire. Ceux qui veulent y voir une fin tragique où le héros se fait emprisonner pendant qu'un meurtrier s'en tire à bon compte, c'est leur choix. Ceux qui veulent y voir une fin où est bien qui finit bien pour les gentils, ils sont tout autant dans le bon.

Encore une fois c'est la raison pour laquelle Spielberg ne veut donner aucune explication sur la fin.

AllSunny
AllSunny
Niveau 44
01 février 2016 à 21:15:52

Enfin, je ne sais pas mais c'est pas parce qu'on dit "interprétation libre" qu'il faut déblatérer de la théorie de pacotille.
D'autant plus qu'elle ne se base que sur ce qui l'arrange, et le pire c'est que dans ton histoire de montage, tu trouverais le moyen de dire que ça appuie ta théorie qu'il y ait un fondu noir ou non.

moucheBZZZZ
moucheBZZZZ
Niveau 35
01 février 2016 à 21:31:09

Mais qui tu es pour dire que c'est de la théorie de pacotille quand le réa lui-même ne veut veut donner de réponse définitive.

TLDR de mon précédent post : personne n'a tort, personne n'a raison.

Sans déconner les mecs, vous me faites regretter d'avoir ranger mes Première, Studio, Ciné Live et autres Ecran Fantastique de l'époque je sais pas où à la cave pour vous sortir les déclarations de Spielberg.

Message édité le 01 février 2016 à 21:33:36 par moucheBZZZZ
AllSunny
AllSunny
Niveau 44
01 février 2016 à 23:25:47

mouche :d) Tu te rends compte que ce que tu dis, c'est que même une théorie de pacotille est acceptable au nom d'une pseudo-loi "personne n'a raison, personne n'a tort" ? Ca ressemble à une variante du "chacun ses goût" à ce niveau.
Sinon Schaffer a très bien dit la chose, pour insister, tu te bases sur quelques points qui n'ont aucune consistance dans leur ensemble, c'est du remplissage d'arguments que des arguments fondateurs qui font prolonger vers une réflexion.
Tout ce que tu racontes, c'est que le héros rêve en citant un bout de scénario extrait de son contexte, qui peut donc alors orienter vers tout et n'importe quoi, tu en fais un argument artificiel. Ca + un argument sur UN cut, et tu fais comme si c'était la révélation de l'année super cachée de la mort qui tue.

Comme si pour donner un sens ou une réflexion dans le cinéma, il faut faire une partie de cache-cache ...

AllSunny
AllSunny
Niveau 44
01 février 2016 à 23:41:27

Enfin, je veux dire Minority Report, c'était le thème parfait pour faire de l’ambiguïté. Et du coup, on voit que c'est pas vraiment ce qui intéresse le réalisateur.

Rare12
Rare12
Niveau 7
01 février 2016 à 23:45:34

"C'est pas une question que je n'aie pas compris (ce qui est quand même un peu vexant compte-tenu du rapport passionné que j'ai avec le cinéma de Spielberg)"

:d) https://www.jeuxvideo.com/lt-schaffer/forums/message/390170187

:-(

Lewul
Lewul
Niveau 31
01 février 2016 à 23:46:45

Lt ce salaud ! :(

Thanh-DatNguyen
Thanh-DatNguyen
Niveau 9
01 février 2016 à 23:48:37

Autant pour moi, c'est vrai que j'aurais du te citer le passage au lieu de te balancer le lien comme cela. Je voulais parler vers la fin du film.

Après que Tom Cruise sauve sa fille du tripode en balançant des grenades à l'intérieur, tout le reste du film subit un étalonnage(?) particulier. Tout est brillant, comme si c'était l'au-delà, pour symboliser la mort du père. Et surtout, la séquence finale où il rentre chez lui. Là je te renvoie au lien (ne lis pas tout hein, juste à partir du moment où il fait l'analyse plan par plan du final, avec les images). Je dois admettre que c'est plutôt intéressant comme interprétation.

Surtout que je suis le premier à conspuer les gens qui se touchent sur un plan d'une demi-seconde sur une bague. Il faut admettre qu'il y a tout de même matière à interprétation, même si cela est étonnant de la part de Spielberg.

yuzz
yuzz
Niveau 10
01 février 2016 à 23:48:40

Les twists de fin qui mettent en doute la réalité du récit, ça date pas d'hier. Mais c'est clair que l'énorme popularité d'Inception a grandement diffusé cette façon de voir les choses. En plus, quand on sort un truc comme ça, on a l'air intelligent. Que du bénef !

Bon bien sûr, souvent, c'est du vent. Moi ça me fait un peu penser au théorie du complot. On part d'un détail insignifiant pour essayer de démontrer quelque chose qui bouscule tout. Comme on dit "Quand on cherche, on trouve". Si demain, je veux montrer l'apologie de l'homosexualité dans le cinéma Scorsese, je suis persuadé que je peux monter une théorie avec "arguments" à l'appui.

AllSunny
AllSunny
Niveau 44
01 février 2016 à 23:55:23

Oui donc on est plus dans un vieux phénomène qui a énormément gagné en visibilité et en popularité en gros.

Après il faudra un jour que je revois du Spielberg, parce qu'en y repensant, c'est vraiment dommage qu'il soit aussi "sur-popularisé" et qu'on ne voit pas au-delà de ça. Rien que son côté sentimentaliste, en y repensant, c'est vraiment quelque chose de frais dans le cinéma tout en faisant écho à son histoire, bref intéressant quoi.
Et puis d'ailleurs, c'est étrange, mais le thème de la paranoïa est très peu présent chez lui, j'ai l'impression, c'est peut-être une raison pour laquelle on le cataloguait de "cinéaste transition du Nouvel Hollywood à l'Hollywood d'après" ?

Rare12
Rare12
Niveau 7
01 février 2016 à 23:56:13

https://www.jeuxvideo.com/lt-schaffer/forums/message/390168555
Mon petit coeur... J'espère que tu as revu Hook aussi. :-(
(il y a de quoi faire un bon gros dossier sur le topic de War Horse !)

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