Je ne suis pas loin de considérer le Ring comme le chef d´oeuvre de Wagner, peut-être devant Tristan et Parsifal.
L´exceptionnelle densité musicale de l´oeuvre pendant plus de 15 heures est unique dans l´histoire la musique; la cohérence stylistique est également remarquable, surtout quand on sait que ce projet l´occupa pendant plus de 3 décennies. (il a d´abord écrit le livret des 4 opéras avant de coucher la moindre note)
L´ensemble est une saga se déroulant sur plusieurs générations, du vol de l´Or du Rhin à sa restitution par Brunnhilde, de l´apogée des Dieux à leur chute.
Sa conception, sa cohérence avec cet enchevêtrement extraordinaire de leitmotives (on peut en dénombrer 80) en font une oeuvre hors du commun; ces leitmotives ont la qualité d´être d´une grande simplicité (ce sont souvent des thèmes à base d´arpèges et de gammes) et pourtant aisément reconnaissables par leur utilisation, leur orchestration, etc...
Ce qui frappe c´est également cette fusion entre musique et drame, entre musique et texte; je pense aux imprécations d´Alberich, ou encore au monologue de Wotan dans l´acte 2 de la Walkyrie, où l´introspection du Dieu se traduit par un chant peu chanté justement, comme se parlant à lui-même. (bien que Brunnhilde soit présente)
Debussy s´en souviendra, assurément.
Mais la portée de l´oeuvre n´est pas que musicale; Wagner a fait son miel de toutes sortes de légendes nordiques et germaniques pour élaborer ses livrets en utilisant les thèmes qui l´intéressaient. (la paternité, l´amour, la fidélité, le pouvoir, etc...)
L´ensemble est passionnant à suivre au premier degré, et plus riche encore si on l´approfondit.
L´orchestration n´est-elle pas l´une des plus belles du XIXè siècle?
Le début de l´Or du Rhin, avec cet accord de mi bémol majeur de plusieurs minutes se développant et se propageant dans l´orchestre, est un véritable miracle orchestral.
Bien sûr cet orchestre rutilant et somptueux est souvent difficile à surmonter, d´où le grand défi pour les chanteurs.
Mais croire que l´orchestre du Ring est une grosse machine bruyante serait une erreur; les moments subtils ne manquent pas. (la rencontre entre Sieglinde et Siegmund, les murmures de la forêt, presque impressionistes, etc...)
De plus, la Walkyrie est peut-être l´opéra le plus immédiatement accessible de Wagner, pour qui a peur de se perdre dans les grandeurs wagnériennes.
Son lyrisme, sa richesse mélodique et orchestrale, en font surement l´ouvrage wagnérien le plus séduisant pour le néophyte.
Si vous ne connaissez que les extraits orchestraux, la Chevauchée des Walkyries, les murmures de la forêt, la Marche funèbre ou l´Immolation de Brunnhilde, attention, vous n´avez encore rien entendu!
Car toutes ces grandes pages font partie d´un tout indivisible, l´utilisation des leitmotives notamment nécessitant d´envisager l´oeuvre dans son intégralité.
N´oubliez pas que a passé près de trente ans à composé cette Der Ring des Nibelungen! c´est l´oeuvre d´une vie.
Je me suis trompé : ce sont plus de 200 leitmotives qui sont recensés.
Après "n´oubliez pas que..." J´ai omis Wagner
Il doit bien y avoir des fidèles qui vouent un culte à Wagner...
Moi, évidemment je l´aime beaucoup.
Bon on peut comprendre Nietzsche quand il disait que ses opéras étaient l´oeuvre d´un puceau pour des puceaux
... non mais mise à part quelques aspects, j´aime plus que tout les leitmotivs de Wagner.
Comme j´aime le dire (car j´aime bien lacher des phrases choc qui énervent mais qui reflètent assez ce que je pense) "La musique s´arrête avec l´Art de la fugue puis reprend avec Tristan et Iseult"
...
Non mais je n´ai pas le temps de discuter, je go manger moi
et après je vais regarder Tristan et Iseult sous la direction de Barenboim tiens ![]()
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Chaud, ce topic me rappelle que je ne connais presque rien de Wagner ![]()
Va falloir que je m'y mette...
As-tu besoin d'aide pour débuter dans Wagner?
Ce serait avec plaisir ![]()
Parce que franchement, je ne sais pas trop par où commencer...
Merci de patienter un peu, j'ai eu un problème sur mon ordinateur... toutes mes excuses.
Richard Wagner est l'auteur de treize opéras.
Les trois premiers sont des essais de jeunesse, à écouter après les dix autres car ils sont loin d'être personnels.
Tu peux toujours avoir une approche biographique sur Wikipédia(et le synopsis si tu cherches bien), je ne la ferai pas ici, j'évite un maximun d'alourdir le contenu déjà chargé.
Pour débuter dans, il faut éviter Parsifal et le Ring: festival scénique en un prologue et trois journées (même la Walkyrie, car cet opéra comme je l'ai dit précèdemment fait parti d'un ensemble monumental, il perdrait de son souffle dramatique si l'on le réduisait à une seule journée)
Dans l'ordre de composition:
1843 : Le vaisseau fantôme, premier de ses dix opéras majeurs, on sent encore quelques influences extérieures mais les italianismes sont quasiment absents. durée :2h30 c'est un de ses opéras les plus courts. Pour commencer, ce n'est pas mal mais il ne faut pas juger Wagner sur cette oeuvre; elle ne porte encore son empreinte puissante et il n'est pas faîte de sa maturité.
Dois-je constituer une discographie?
Merci en tout cas de prendre la peine de m'aider, c'est très sympa
Donc, pour commencer, le vaisseau fantôme serait une bonne piste? Y a t il une interprétation que tu préfères?
Constituer une discographie serait assez long, je vais pas non plus t'embêter...
Ca me fait très plaisir de t'aider. Je me sens utile pour une fois car j'ai l'impression d'être un hérétique; je ne connais rien à la musique japonaise, du moins, ça ne me touche pas.
Sinon pour les enregistrements, j'essaye de ne point t'affliger le mono (les chanteurs des années 40 à 60 représentent l'âge d'or du chant wagnériens après c'est le déclin, il faut que chanter Wagner demande une voix d'une puissance et d'une endurance incroyable, certains sont morts après avoir chanté leur rôle comme Hermann Schorr je crois dans Tristan et Isolde)
Je t'évite d'office certains interprètes comme Astrid Varnay, voix géniale mais timbre très...particulier.
J'aurais aimé te conseiller Karajan mais il est difficile à trouver. (qui, pour une fois s'en sort prodigieusement bien dans Wagner, c'est un chef à éviter pour Wagner)
Si tu trouve Böhm (1962) prends la sans attendre sinon Solti est excellent.( c'est un excellent chef mais la vision de ses Wagner sont toutes neutres, il ne t'impose rien contrairement à un Knappertsbusch mystique comme dans son Parsifal)
Je ne connais rien non plus en musique japonaise, ça ne m'attire pas du tout. Le seul intérêt que je trouve à cette musique, c'est d'être une source inépuisable de trolls
Les chants en mono sont si horribles que ça? Parce qu'un enregistrement mono peut parfois être meilleur qualitativement qu'un stéréo. Si le seul défaut de ces enregistrements est d'être en mono, ce n'est pas un problème.
Je vais chercher la version de Karajan, et si je trouve pas, je prendrais Bôhm ou Salti.
1845 Tannhäuser.Je me lance dans une présentation rapide de cette oeuvre qui m'a amené à Wagner et à l'opéra tout court.L'oeuvre se situe entre l'écriture du Vaisseau Fantôme et de Lohengrin et qu'elle a été remaniée pour être présentée au public parisien en 1861. On y trouve donc des éléments novateurs. Pour l'essentiel cependant cet opéra peut sembler plutôt "conventionnel".
On peut résumer l'ensemble de l'action à celle du retour d'un paria dans sa patrie. Le 1er acte nous présente donc le héros chez Venus où il semble avoir fui le monde. Il y a trouver tous les plaisirs des sens... un monde plein de volupté. Pourtant il est désormais las. Il veut partir au grand regret de sa déesse dont il vantait l'amour:
"Un Dieu, sans se lasser peut vivre de plaisir, mais moi, je suis sujet au changement; la joie n'habite pas seule mon coeur; dans le bonheur j'aspire à la douleur. Ton royaume, je dois le fuir!"
La suite de l'acte nous présente le retour de Tannhauser en Thuringe où il est accueilli par ses anciens camarades. Ce sont des retrouvailles teintées de réprobation car lui Heinrich a abandonné un ange Elisabeth.
Le deuxième acte commence donc par les retrouvailles d'Elisabeth et Tannhauser. Elle revit depuis qu'il est de retour... Ensuite l'action se noue autour d'un concours de chant organisé par le Landgrave. Le sujet est le suivant: "l'essence de l'amour". Wolfram propose un chant qui suscite le rire de Tannhauser qui vante au passage le seul amour qui vaille: celui du Venusberg. Stupéfaction générale: Tannhauser redevient paria. Il vient de dire sans honte le plus abominable des pêchés qui puisse être commis. Tous le réprouvent sauf Elisabeth qui intercède en sa faveur. Tannhauser ému veut se repentir... C'est décidé il doit partir en pèlerinage à Rome pour expier ses pêchés et soulager ainsi Elisabeth de sa peine.
Le troisième acte est sans action. On entend le retour des pèlerins. Elisabeth prie la vierge toute puissante pour le pardon de Tannhauser. Elle meurt. Enfin Tannhauser revient de Rome visiblement érpouvé par le voyage. Il cherche à retourner auprès de Venus. Le pape a refuser son pardon: il ne connaîtra jamais la rédemption de la même façon que les rameaux ne pourront jamais refleurir sur le bâton du souverain pontife. Venus apparaît la tension est au maximum Wolfram prononce le nom d'Elisabeth et le monde de Venus s'effondre. Les derniers pèlerins reviennent de Rome et chantent le miracle "le bâton du pape a refleuri". La grâce de dieu est sans limites. Tannhauser meurt à son tour.
Il existe deux versions le remaniement de 1861 consistant pour l'essentiel au rajout d'un baller illustrant le monde du Venusberg au I. Cette musique est assez impressionnante et démontre la maîtrise de l'orchestre acquise par Wagner.(avec quelques inégalités mais rien qui ne relâche l'attention : pas de longueur pour moi en tout cas)
Durée: 3h20
Discographie : Evidemment l'idéal reste Sawallisch(1962 de préférence) mais je n'ai pas réussi à mettre la main dessus!
Là encore Solti fait un excellent travail, à prendre les yeux fermer. (attention au prix)
P.S: Attention au prix des opéras wagnériens, ça peut sans difficulté atteindre plus de 80 € en particulier pour Siegfried et le Crépscule des Dieux.
P.S : En plus de Parsifal et du Ring à éviter pour les novices: les Maîtres chanteurs de Nuremberg, on peut le considérer comme un interlude gai au sombre univers de wagner.
Le mono ne te dérange pas, alleluia alors!
Vaisseau fantôme: Cluytens, Knappertsbusch( même si il y Varnay...)
Tu me dis si j'écris des pavés, je peux te faire des écrits plus concis.
tu écris beaucoup, mais c'est très intéressant, et ça me donne vraiment envie d'écouter cette œuvre
Je vais récupérer ces deux œuvres, et m'écouter ça
En tout cas, un grand merci pour tes conseils.
Veux-tu que je fasse Lohengrin et surtout Tristan et Isolde.
Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, certains sont du même avis que moi : Tristan et Isolde et le plus bel opéra du monde : il parle d'une histoire d'amour d'une beauté si époustouflante que seule l'éternité de la mort peut lui rendre justice. Vraiment c'est au-delà du génie. Je manque de partialité mais après écoute, tu me comprendras...enfin j'espère!
Mais as-tu déjà écouter de la musique classique?
Si non, commencer par Wagner risque d'être hardu vu la longueur des opéras et la langue qui t'impose la lecture du livret en même temps.
On dit souvent que les thuriféraires de Bach et Mozart vouent une intolérance absolue à Wagner alors qu'un novice peut accrocher rapidement...
1850: Lohengrin
A bien des égards Lohengrin peut-être une entrée en matière idéale dans le monde de Wagner. Je vais exposer brièvement l’Action de l’opéra acte par acte avant de parler davantage de la musique, enfin je donnerai des avis plus personnels sur l’œuvre… je veux dire le rapport que j’entretien avec cet opéra.
Je ne peux m’empêcher de me représenter la situation de départ comme une situation de décadence à plusieurs niveaux. C’est d’abord la situation d’un Empire germanique menacé par les attaques des Huns à l’est. L’action se déroule au Xème siècle alors que le Roi Heinrich der Vogler cherche à réunir des armées pour mener la guerre à l’Est. On ne peut s’empêcher de penser au mythe du Drang mach Osten qui marque l’histoire allemande. A cela s’ajoute une situation de décadence plus locale qui est celle du Brabant qui se retrouve sans chef suite à la disparition de l’héritier légitime le jeune duc Gottfried. Son tuteur Friedrich von Telramund entend prendre le pouvoir avec sa nouvelle femme Ortrud. Pour cela il met en accusation la sœur du duc Elsa traînée devant le Roi Heinrich pour avoir tuer son frère. Elle se retrouve ainsi également dans une situation de potentielle déchéance. Sur ce Elsa a rêvé d’un chevalier qui viendrait défendre son honneur et Lohengrin arrive ainsi sur son cygne comme une promesse. C’est une promesse pour Elsa bien sûr et il affronte et défait sans peine Telramund dans un duel placé sous le regard de dieu. C’est aussi une promesse pour le Brabant puisqu’il est susceptible d’en devenir le souverain en se mariant avec Elsa. Enfin c’est une promesse pour l’Empire dont il pourra mener les troupes qui seront ainsi victorieuses contre les slaves. Mais à tout cela il y a une condition: personne ne devra connaître le secret des origines de ce Héros salvateur.
Le deuxième acte commence nous présente une nouvelle configuration décadente: celle du couple malheureux Ortrud/Telramund. Telramund est désormais déconsidéré puisqu’il a perdu son duel et il met en accusation Ortrud. Quant à celle-ci elle est issue d’un ancienne lignée de rois païens dont elle voudrait rétablir la légitimité. Cette femme s’avère être, sans contestation possible, le personnage fort de cette pair de méchants. Elle n’a que faire de la puissance de ce « Dieu » chrétien… Qu’on lui donne la puissance à elle et elle démontrera l’imposture de Lohengrin. Pour elle ce dernier a triché en utilisant la magie et cette magie sera défaite quand ce dernier aura révélé le secret de ses origines. Telramund est ainsi revigoré par les conseils de cette femme païenne qui invoque Wotan et Freia avant d’instiller le doute dans le cœur d’Elsa quant aux origines de son futur époux. Elle fait contrition pour émouvoir Elsa qui consent à pardonner cette « malheureuse femme » qui est autorisée à la rejoindre pour les noces. Ces dernières se déroulent devant le peuple de Brabant qui est à nouveau témoin d’une mise en accusation portée par Telramund et sa femme contre Lohengrin. Ces derniers sont repoussés et Elsa fait encore une fois le vœux de ne jamais demander à son mari quoi que ce soit sur ses origines. Si elle le faisait il serait contraint de répondre mais aussi de partir pour retourner chez lui.
Le troisième acte : La première scène nous présente la nuit de noces d’Elsa et Lohengrin. Très vite Elsa se fait curieuse et ses questions deviennent de plus en plus pressantes et précises. Lohengrin la met en garde il lui précise qu’il vient d’un monde de lumière mais qu’il ne peut vraiment rien lui révéler. Elle finit par lui poser la question fatale… Telramund pénètre dans la chambre de époux pensant le sortilège rompu. Il est tué d’un coup par le chevalier blanc. Lohengrin révélera son secret devant tout le peuple de Brabant. Devant ce dernier Lohengrin découvre le corps de Telramund et justifie la mort de ce dernier. Enfin il révèle son secret: il vient de Monsalvat ou brille le Saint Graal. Il est le fils de Parsifal et il est doté, en tant que chevalier du Graal, de pouvoirs surnaturels. Avec ces derniers il doit défendre les innocents contre l’injustice mais il ne doit pas révéler son secret faut de quoi ses pouvoirs disparaîtront. Lohengrin s’en va et Ortrud révèle alors qu’elle est responsable de la disparition du frère d’Elsa qu’elle a transformé en cygne. Lohengrin rend son apparence humaine à ce dernier. Au final on revient donc à la situation de départ qui n’aura changé que par la mort de Telramund. A maints égards Lohengrin est donc une promesse non tenue.
je vais être assez bref sur la musique. Il faut savoir que les trois actes ont été composés en ordre inverse: d’abord le III, puis le II et enfin le I. Et à dire vrai le IIIème acte semble légerement moins "tendu" qe les autres. Le duo Elsa/Lohengrin est magnifique c’est certain mais devient intéressant surtout avec les questions d’Elsa. On reconnaît alors le motif angoissant du prélude du II qui prend plus de coprs et d’agitation jusqu’à la question fatidique. C’est un des nombreux exemples du talent de Wagner dans ces moments de tension/détente que j’aime tant dans cette musique. Enfin on pourra retenir le célèbre « Im fernem Land… » construit sur le thème du prélude du I. Le deuxième acte est sans aucun doute le plus original grâce au duo des méchants. Cette musique est aussi envoûtante pour moi que l’entrevue Alberich/Hagen dans le Crépuscule. On peut même clairement trouver des cellules ou motifs identiques à certains utilisés dans l’Or du Rhin. Bref un sommet… j’aime aussi beaucoup le duo Elsa/Ortrud « Es gibt ein glück » avec ce mélange du chant hypocrite d’un côté et celui de la générosité de l’autre côté… Bon la suite est plus inégale mais le final avec le chœur et les orgues est fort impressionnant. Enfin la musique du premier acte est elle aussi inégale. Il y a d’abord ce magnifique prélude qui est vraiment magnétique: onirique et flottant avec ces cordes dans les aigus… Bref on sait comment Chaplin reprendra ce prélude dans le Dictateur lors des deux rêves de Hynkel: celui du tyran jouant avec le globe et celui du Barbier déguisé. La suite de l’acte est vraiment inégale le discours de Henri et les appels du Hérault sont relachés . En revanche l’entrée et le rêve d’Elsa sont superbes. Idem pour l’arrivée de Lohengrin avec des chœurs époustouflants « Wie ein schwan… » Bref une musique vraiment variée avec une écriture de plus en plus complexe on a presque déjà un flot continu. Enfin c’est vraiment le chef d’œuvre de Wagner concernant l’utilisation des chœurs pour moi.
Durée : 3h40
Discographie : Sans aucun doute Kempe (en version stéréophonique) et surtout Lovro von Matacic, ce dernier est tout simplement incroyable.