« S'attacher à Wagner, cela se paie cher. J'observe les jeunes gens qui ont été longtemps soumis à cette contagion. Le premier effet, relativement anodin, est la dépravation du goût. Wagner produit le même effet que l'ingestion réitérée d'alcool. Il engourdit, il alourdit l'estomac. Séquelle spécifique : dégénérescence du sens du rythme. Le Wagnérien, ces derniers temps, appelle « rythmique » ce que j'appelle, d'après une expression grecque « remuer la boue ».
Beaucoup plus grave est la corruption des idées. L'adolescent dégénère en crétin - en «idéaliste». Il est bien au-dessus de la science : en cela, il est au niveau du Maître. Par contre, il joue les philosophes, il rédige les Bayreuther Blätter : il résout tous les problèmes au nom du Père, du Fils et du Saint « Esprit wagnérien ». »
Nietzsche
