allez une petite suite très coutre, tout ce que j´ai pour le moment
« - Dis papa, c’est quoi la guerre ? ». Cette phrase résonne encore dans ma tête. Ce jour là, ma fille avait entendu les récits des soldats qui rentraient du front. Ne lui ayant jamais parlé de ce côté noir de l’être humain, il était légitime qu’elle me pose la question. J’ai toujours cherché à éviter cette discussion, peut-être car j’espérais que mes enfants ne connaissent jamais cela, qu’ils restent dans une sorte de bulle, où il fait bon vivre et où les hommes sont encore des êtres civilisés. Seulement, il fallait bien que mes enfants grandissent, et s’il ce sujet fait partie de l’apprentissage de la vie, autant en parler, plus vite ça sera commencé, plus vite ça sera terminé. Mais il n’est jamais facile de parler de ces choses là, sans omettre les vérités, et sans choquer un enfant.
Je me souviens encore de ma réponse : « - La guerre ? Et bien, c’est une chose que moi-même je ne m’expliquerai jamais, mais je vais faire un effort pour toi. Vois-tu, il arrive un temps où les hommes développent des divergences d’opinions et d’intérêts entre eux, comme quand toi et ton frère vous vous chamaillez pour des futilités par exemple. Il arrive que pour les hommes, ces futilités deviennent de véritables problèmes. Et quand les hommes ne s’entendent plus entre eux, ils font la guerre, ils vont donc se battre les uns contre les autres, pour des divergences, allant jusqu’à mourir pour ce qu’ils défendent. »
- Pourquoi ils ne discutent pas entre eux, comme tu nous dis souvent de le faire Inia et moi, pour régler nos problèmes ?
- Et bien, c’est une bonne question, et tu as raison, ça réglerait bien des problèmes en effet : Mais, les hommes ont une logique bien plus absurde qu’ils ne le laissent paraître, ils préfèrent donc aller se faire massacrer, plutôt que d’adopter des compromis.
- Ils sont bêtes !
- Oui.
- Et personne ne commence les discussions alors ?
- Non, malheureusement, les choses se sont tellement compliquées que personne n’ose faire le premier pas.
- Même toi ?
- Je ne suis pas quelqu’un assez important pour qu’on m’écoute.
- Je t’écoute bien pourtant.
- Oui, mais toi tu es déjà très intelligente.
Ces souvenirs me reviennent régulièrement. Les enfants sont parfois bien plus mûrs que certains adultes. La preuve est flagrante, quand on voit le combat qui se déroule dans la plaine. Mais pour notre troupe, nous avons choisis l’autre solution, peut-être que finalement c’était le bon choix.
Nouas avions parcouru deux lieues avant de rejoindre l’homme étrange. Il était toujours en marche devant nous, ne nous laissant pas le choix pour faire une pause, afin de retrouver nos esprits. Finalement, au bout de la falaise, il s’arrêta pour scruter l’horizon, murmurant en même temps quelques paroles incompréhensibles.