Les deux hommes se regardaient, katana rangé dans leur fourreau respectif, dans le dos.. Ils n’étaient qu’à cinq pas l’un de l’autre. Ils se fixaient, prêt à riposter. L’un devait se venger, l’autre avait tué la famille de son ennemi, emmené sa fille. Finalement, il se décida à s’allonger dans l’herbe fraîche du matin. Il proposa à l’autre de venir le rejoindre. Il réfléchit, puis accepta. Le meurtrier commença :
« -C’est une très belle lame, avec un magnifique fourreau, que tu as là. Qui te l’a forgée ?
Il la tint dans ses mains.
-Le Maître Félyne Hat Ori Hanzo. Il m’a enseigné l’art ancestral du combat Lynien.
-Ce nom… Voilà bien vingt-huit ans que je ne l’avais jamais entendu. Il s’était juré de ne plus jamais forger d’arme de mort. Désormais, il ne faisait que les fourreaux accompagnant. Comment l’as tu convaincu ?
-En énonçant ton nom.
-Voilà qui aide en effet. Tu es venu ici pour me tuer, et récupérer ta fille ?
-Oui.
-Ca se tient. On peux jouer du Katana maintenant, si tu en as envie. Ou nous pouvons discuter. Sache que j’ai regretter mon geste.
-Et tu crois que ça va me consoler ? Rien ne changera, ce qui est fait, est fait. Ce qui se fera, se fera.
-J’y pense, as-tu gravé un insigne sur ton fourreau, un insigne personnel ?
Il examina de plus près le fourreau bleuté. Un insigne doré, gravé, se dégageait du reste.
-Qu’est-ce ?
-Ca, c’est la tête d’un Fatalis, pour sa puissance et sa vigueur au combat. Elle est suivi par une moitié de corps de Kirin, pour sa sagesse et son intelligence. Après, tu vois l’autre moitié du corps d’un Gendrome, pour son agilité, sa rapidité. Puis c’est une queue de Diablos qui enlace le tout. Elle fracasse de nombreux crânes par sa puissance, et il la manie parfaitement. Ainsi l’association des quatre m’assure une puissance inégalée. Tu verras par toi-même.
Mais il fut pris de vitesse. L’autre avait gardé sa lame, prêt à l’embrocher. Il fit face. Sa rapidité enseignée par les Felynes lui permit de parer. En effet, il tint son fourreau face à la lame de son adversaire, et cette dernière y plongea. La lame rangée, il tira d’un coup sec pour la lâcher des mains de son adversaire. Il retourna son fourreau. Et, de son bout, il frappa à sept endroits différents dans la région du cœur. Tout se déroula en quelques instants.
-Qu’est ce que tu m’as fait ?
-Ainsi, tu peux le voir. Puissance d’un Fatalis, sagesse du Kirin, vitesse du Gendrome, queue du Diablos. T as vu que je t’ai frappé fort, mais les coups étaient réfléchis, bien placés. J’ai pu contrer ton assaut d’un simple coup de fourreau. Mon arme, fourreau compris, je la manie avec excellence.
-Qu’est ce que tu m’as fait ?
-Je t’ai frappé à sept endroits différents. Sept coups qui t’ont envoyé sept décharges électriques. Le fourreau est bien électrique, je te rassure. Il suffit désormais que tu avances de sept pas, pour…
-… faire exploser mon cœur. Les Félynes te l’ont enseigné ? Ils ne donnent ce secret à personne. Comment je suis ?
-Tu es prêt. »
Alors il se leva, décidé. Il prit une longue inspiration, et commença à marcher. Il eut une hésitation au sixième pas. Mais il ne pouvait fuir cette mort. Rien ne le sauverait cette fois. Il posa le pied. Et il s’effondra ainsi. L’autre homme, vengé, prit le Katana posé au sol de son ennemi, et la jeta aux côtés du macchabée. Il sourit à l’idée qu’un simple fourreau lui avait sauvé la vie. Il appela sa fille, et après de courtes retrouvailles, il partit.