Sunderuhe la dévastée.
Le spectacle à notre arrivée était atroce.
Des carcasses boursouflées flottaient sur l'eau, empilées sur le bord par le ressac, d'autres encore étaient répandus dans des chaumières en feu, certains même respiraient encore, Dieu sait par quel prodige. Certains étaient rongés par les flammes encore vivants, leurs râles mourants étouffés par des relents sanguinolents.
J'achevais les mutilés, et consternés, nous observions le massacre. Certaines blessures ne ressemblaient en rien à ce que je connaissais. Les corps calcinés crépitaient, comme si ils avaient été foudroyés avant d'être dévorés.
Nous pataugions dans le sang, trébuchants sur des dépouilles amputées, découvrant avec horreur une nouvelle scène de cruauté sauvage à chaque recoin du village exterminé.
Et l'eau. L'eau était verte, d'un vert de mort, de putréfaction. Quel monstre effroyable pouvait vivre au fond de ce lac maudit ? Quelle était cette horreur responsable de ce carnage ?
La puanteur des innombrables corps pourrissants au gré des vagues était insupportable. Le lac entier semblait être entouré de cadavres cyanosés.
Il fallait quitter ce lieu maudit, sans attendre.
Tandis que, frappés par l'horreur qui régnait en ces lieux, nous nous apprêtions à partir, la barrière de corps s'ouvrit. Je ne sais comment, mais les cadavres noyés, par respect ou crainte, s'écartèrent, dérivants, ouvrant un passage innommable vers l'abysse maudite.
Des hommes, ou du moins, des êtres ressemblants à des hommes sortirent des flots. Nous étions tétanisés par cette terreur sourde qui remontait, crevant la surface fétide du Lac, se dirigeant vers nous.
Elles étaient difformes, distordues, comme des poissons. Ces silhouettes étaient diablement humaines, mis à part leurs mains et pieds palmés, des lèvres indécemment épaisses et veules, des yeux globuleux et vitreux, et d'autres traits ignobles dont ma mémoire ne veut plus entendre parler.
Nous reculions, toujours horrifiés par cette vision de cauchemar, ces horreurs d'un autre monde qui fondaient sur nous. Mais en aucun cas elles ne venaient pour nous : Elles semblaient nous ignorer, préférant dépecer des cadavres au hasard, et les emporter vers le fond, comme de vulgaires sacs de chair bouffie destinée à nourrir je ne sais quelle monstruosité là-dessous.
Nous n'y tenions plus, nous devions fuir, loin de ces créatures inhumaines.
Je lisais la terreur sur les visages de mes compagnons, une terreur plus marquante que celle des brigands, une terreur insidieuse, qui hanterait nos nuits jusqu'à nous tuer.
( Le rapport avec MH est assez peu présent, mais c'est un extrait de ma Fic MH en cours, postée sur le forum LPG. Hors contexte, c'est sur que ça parait bizarre, m'enfin on précisera plus tard que c'est un Wyvern qui a mis le boxon. D'ailleurs, 'faudra que j'la mette ici. )