Chapitre I
---------------
Les voyageurs devaient parfois traverser des dizaines de kilomètres avant de ralier une grande ville. Les plaines de Kalash étaient de ces immenses étendues que traversaient régulièrement des hommes et des femmes de tous horizons. Aussi, plusieurs petites villes, ou grands villages, s´étaient installées sur les routes plus ou moins fréquentées de ces vastes plaines.
Le soleil commençait à décliner alors que l´auberge de Gorstan accueillait déjà quelques hommes fourbus par une longue marche, désireux de se reposer le reste de la journée et de passer la nuit dans une chambre confortable. L´aspect de certains clients rappelait fatidiquement celui d´aventuriers à la recherche de quelque noir secret. Les armes étant acceptées à l´intérieur de l´établissement, on pouvait voir, accrochées à leur gaine, quelques épées impressionnantes.
Le climat était banal, des plus décontracté, car même si Gorstan participait aux aventures de quelques guerriers, ce n´était qu´en leur offrant asile et repos. C´est pourquoi un homme faillit s´étrangler avec un os de poulet lorsque, fracassant presque la porte d´entrée, un étranger pénétra ce lieu, l´épée à la main.
- Salut, les amis ! s´écria-t-il. On ne se fatigue pas trop ?
Le patron de l´auberge, alors occupé à préparé le plat d´un client, se précipita vers le nouveau venu, plein de colère.
- Vous êtes fou ? Vous avez faillit casser ma porte !
Mais l´étranger ne l´écoutait pas: il fixait tous les visages qui étaient tournés vers lui, comme à la recherche de quelqu´un. Soudain, il le trouva: un homme grand et mince au visage pâle qui essayait de se faire tout petit. L´étranger, lui, était grand et fort, une longue tignasse brune encadrait son visage maintenant ironique ainsi qu´une courte barbe mal rasée.
- Figias ! Mon vieil ami !
Sa phrase sonnait faux. Il s´approcha alors de celui qui avait attiré son attention, de plus en plus blème. Le climat était tellement tendu que plus personne n´osait dire mot. D´un instant à l´autre, quelque chose allait se passer.
...........................
L´étranger fut subitement arrêté dans son élan par un géant qui brandit une lance d´airain.
- Pousse toi de mon chemin: cette affaire ne te regarde pas, lança-t-il à son agresseur.
- Mais qui es-tu pour me donner ainsi des ordres ?
- Mon nom est Adellbard.
- J´en ai rien à foutre de ton nom, rugit le géant. Laisse Figias tranquille ou je te défonce le crâne.
Adellbard eut l´air étonné.
- Comment sais tu que j´en veux à cet homme ? Je veux peut-être tout simplement lui parler ?
Pour toute réponse, il reçut un puissant coup dans le dos qui le fit chuter. Un autre homme désarmé venait de l´agresser.
- Ma parole ! C´est une association !
Lorsqu´il se releva l´homme désarmé voulu lui donner un autre coup. Adellbard lui pris le bras et le brisa impitoyablement. Le géant rugit de nouveau et projeta puissement sa lance. Elle fut facilement attrapée par notre ami qui, se baissant, lui transperça la jambe.
- Il y a d´autres amateurs ?
Toute la clientèle de l´auberge se leva.
- Foutredieu ! C´est même carrément une secte !!
Ce groupe enragé se précipita sur lui, tel un seul homme. D´un seul bond, il arriva sur une table et de là, offrit une volée de coups de pied à tout ceux qui s´approchaient de trop près.
Figias en profita tout naturellement pour rejoindre la sortie.
- Il vous a drogués ou quoi ?
Adellbard n´arrivait pas à y croire. Tous les hommes dégainèrent leurs armes et entreprirent de grimper sur la vaste table rectangulaire. L´agressé marcha sur les têtes de la vague d´assaut et, sans perdre l´équilibre, sauta hors de l´établissement enfièvré. Il apperçut immédiatement Figias qui courrait pitoyablement à quelques mètres de là. Rapide comme le vent, il rejoint son cheval qui l´attendait docilement à deux pas de là et entreprit une folle course dont l´enjeu était autant d´échapper à ses poursuivants que de rattraper Figias.
N´hésitez pas à laissez vos avis. Je continuerai de tout façon bientôt.
@toute !
..........................
Le vent sifflait à ses oreilles tandis qu´il rattrapait inexorablement sa victime. Lorsqu´il furent enfin côte à côte, Adellbard sauta de cheval et atterrit lourdement sur Figias. Le cheval, bien dressé, s´arrêta immédiatement de courir. Les deux hommes étaient sonnés par le choc mais pas suffisement pour ignorer l´immense foule agressive, tout autour.
- Mais qu´est-ce qui leur prend à tous ?
Adellbard ne pouvait comprendre; la situation paraissait totalement insensée: le village entier semblait ligué contre lui. Comprenant néamoins qui était à l´origine de tout cela, il prit sa victime entre ses bras et lui mit l´épée sous la gorge.
Plus personne n´osait bouger ni s´approcher d´avantage.
- Vous êtes fous ? demanda Adellbard. Ne me dites pas que vous voulez tous proteger ce type ? Je parie que vous ne le connaissez même pas.
Son auditoire resta muet. Il était composé d´hommes, de femmes, de vieux, et même d´enfants.
- Qu´est-ce que tu leur as fait ? demanda-t-il à Figias qui n´avait encore dit mot.
- Tu le sais bien. Tout le monde, le sait. C´est un pouvoir que tu ne peux comprendre. TUEZ LE !!
Un homme de la foule prit la parole.
- On ne peut le faire, il vous tuerai.
- Faites-le ! Il est au courant, on ne peut le laissez vivre.
- ARRETEZ VOS COMPLOTS ! hurla Adellbard. Le premier qui bouge sera responsable de la mort de cet homme que vous aimez tant !
La situation lui échappait mais il pensait pouvoir la controler. Figias prétendait avoir un pouvoir supérieur, investit d´une mission par une Entité qui dépasse l´imagination humaine. Mais c´était impossible: ce n´était qu´un criminel, un simple criminel. Et pourtant, cette foule !
- On va devoir vous tuer tous les deux, trancha le villageois.
- Quoi ! s´exclamèrent simultanément les deux hommes.
- Vous êtes devenu des dangers chacun, dit une femme en s´avançant, aussitôt immitée par le reste de la foule.
- Nooooon ! Je vous l´interdit, vous ne pouvez pas !!
Adellbard lacha de peur son otage. Il essaya en vain de s´échapper mais fut encerclé de toute part. Son épée trancha l´air, trancha la chaire. Il tua une douzaine d´habitants mais fut rapidemment submergé. Le dernier son qu´il entendit fut le cri déchirant de Figias qu´on écorchait.
Merci Odin37 ! Ca fait toujours plaisir le premier message positif ;)
Chapitre II: Welcome to the real world
--------------------------------------------------
Adellbard se réveilla en sursaut, le corps trempé de sueur. Un rapide regard le fit revenir à la réalité. Il était bien dans une chambre d´auberge mais elle n´avait rien à voir avec celle de son rêve. Ce n´était donc qu´un cauchemar, empreint néamoins des souvenirs pénibles du passé. Il remarqua alors qu´il avait dormi tout habillé. La journée d´hier l´avait tant épuisé qu´il s´était endormi comme une masse.
Il faisait encore nuit mais néamoins une certaine agitation semblait avoir lieu dehors. Jetant un coup d´oeil à la fenêtre grande ouverte il distincta avec horreur qui était responsable de ce raffut: la milice de la ville ! Elle entrait en ce moment même dans l´établissement, et ce ne pouvait être que pour lui ! Il rassembla précipitemment ses affaires et, au moment où il entendit que la totalité de la milice grimpait l´escalier qui conduisait aux chambres, il sauta par la fenêtre. Il atterrit brutalement sur ses pieds. Une horrible douleur les traversa comme si la circulation du sang était coupée.
- Plus un geste !
Cette injonction résonnait comme une horreur. Il leva les mains et se retourna. Un garde de la milice avait eu la présence d´esprit de surveiller le dehors depuis le seuil de la porte. Il braquait une arbalète sur lui. Il était fichu.
- HE ! Vous autres ! cria-t-il à l´intention de ses collègues. J´ai attrapé le tueur de villageois !
Aucun moyen de s´échapper. Les autres arrivèrent et lui entravèrent les mains d´une solide corde et le dépossèdèrent de ses armes.
- Alors mon joli ? Quel effet ça fait d´être condamné à mort ?
- Si tu veux le savoir, tu peux prendre ma place.
Tout les gardes éclatèrent de rire tandis qu´il se frayaient un chemin dans les dédales des rues.
Adellbard pensait tristement que ce serait sa dernière ballade dans la chaleur de la nuit.
Ils parcouraient maintenant une ruelle éclairée par la lueur vagabonde de quelques torches.
- Quand je vais raconter aux autres que c´est moi qui l´ai capturé ! Et facilement !
- Fait une culbute, pauvre con !
- Et les gars ! Je trouve que Frank à raison. Cet assassin a été attrapé un peu trop facilement. Vous croyez pas qu´il mérite une raclée avant de mourir ?
- Et que va dire le chef si on le ramène en piteux état ?
- On dira qu´il s´est défendu...et nous aussi !
Les gardes échangèrent un regard entendu. Ils s´assurèrent de la tranquilité du lieu avant de commencer. Frank se mit devant Adellbard et recula le poing pour mieux frapper. La victime ferma les yeux et pria le Ciel que cela ne dure pas trop longtemps.
Shcit ! Un sifflement et un cri étouffé. Adellbard rouvrit les yeux et vit Frank comme paralysé, une impressionnante flêche lui traversant le cou. Sous l´oeil horrifié de chacun, il s´écroula dans une mare de sang. A ce moment, les torches s´éteignirent pour les plonger dans les Ténèbres de la mort.
C´est gentil Odinlm de venir voir ma nouveauté !
En effet j´ai l´impression de sans cesse progresser et je pense pondre quelque chose de pas mauvais du tout ! Merci en tout cas pour tout tes encouragements.
@+
Ha bon ? Tu trouves que ça manque de suspense ? Bah, si tu le dis, je veux bien me surpasser, dès demain ;)
PS: le dernier message, c´était plus pour faire remonter mon sujet que pour continuer l´histoire !
CHAPITRE III: Le dernier rêve
----------------------------------------------
Une éternité s´était écoulée. Il ouvrit péniblement les yeux. A travers le brouillard de son esprit, il distingua la silouhette de ce qui semblait être un garde. Pourtant, sa tenue lui était totalement étrangère.
- Tu as bien dormi on dirait. Tu dois avoir la conscience tranquille.
La voix était grave et calme. Une voix appaisante.
- Où suis-je ?
- Dans la cellule de maintient de Vistrish.
- Quoi ?
Retrouvant peu à peu ses esprits, il tourna le regard de tout les côtés et découvrit une minuscule pièce sans fenêtre et devant la seule porte se tenait le garde au visage impassible.
- Tu as l´air de débarquer. Tu veux que je te raffraichisse la mémoire ? On t´as trouvé inconscient parmi les cinq cadavres de la milice. On ne sait comment tu as réussi à te libérer de tes cordes mais l´évidence nous a frappé.
- Non, ce n´est pas moi qui ai assassiné ces hommes, c´est quelqu´un d´autre !
- Ben, voyons ! Il a tué tout le monde sauf toi ?
- De toute façon j´ai toujours eu des liens aux mains, je n´aurais pas pu...
- Suffit ! Je te répète qu´on t´as trouvé libéré de tes cordes. N´essaie pas de nier l´évidence.
Le garde fit mine de partir.
- Attendez ! Je ne comprends pas ! Comment je suis arrivé ici ! Et quelle ville est Vistrish ?
- Une ville ? s´exlama le garde. Ha! Ha! Ha! Ha!
Son fou rire, Adellbard l´entendit longtemps. Dès que la porte fut fermée, les Ténèbres revinrent le hanter. Sauf qu´elles n´étaient pas glacées. Elles apportaient une horrible chaleure difficilement supportable. Et pour combien de temps ?
alor on ce le fai ce maillon faible
Ben, oui. Je veux bien !
venez vous s´iscrire dans le forum maxjlc et tidusff10 pour un nvs mallons faible 3 fois plus dur que les autre venez nombreus
@+CIAO
Ma parole, ça devient un sujet de pub ici !!
..........................
Un moment ou un autre, la fin de la torture arrive. La porte de la cellule s´était ouverte en grand. On venait chercher Adellbard.
Deux hommes lui mirrent des chaînes sous le regard du garde de tout à l´heure.
- On a réglé ton cas. Tu vas voir, les prochains jours vont pas être banals.
La lumière extérieure était aveuglante. Impossible de voir quoi que ce soit. Il faisait chaud aussi dehors mais un vent frais lui carressait le visage mélé de sueur. On le conduisit par de longs chemins, il grimpa des escaliers et, finalement, on le jetta dans une nouvelle cellule.
- J´espère que la nuit précédente t´as fait de beaux rèves Briesk parcque ici...t´en feras plus.
De longues minutes s´écoulèrent avant qu´il ose ouvrir les yeux.
- Haaaaaaaaaaaaa !
- Hoo! Hoo! Pas la peine de crier. Je pourrais mal le prendre.
Un homme partageais la même cellule, un homme resté silencieux depuis le début. Cet homme était noir.
- Alors mon joli ! Je suppose qu´on ne t´as rien dit sur ce qui t´est arrivé ces derniers jours. Je vais le faire: ici c´est le Sanctuaire de Vistrish. Ne t´inquiètes pas pour le nom; c´est simplement une prison.
- Voilà qui est rassurant.
- Evite de me couper la parole quand je suis dans mes explications. Cette prison n´est pas comme les autres. On y met que les cas les plus extrèmes. Et si tu me racontais ton histoire ?
- Tu risques de ne pas me croire.
Son compagnon eut soudain un drôle d´air. Sans prévenir, il s´écroula sur le sol. Adellbard se demanda ce qui lui arrivait. Il jetta par hasard un coup d´oeil vers la petite fenêtre de la cellule et constata avec horreur qu´il faisait nuit alors que la minute précédente un puissant soleil trônait dans le ciel !
.................................
Le couloir qui longeait sa cellule était lui aussi complétement sombre...mais pas sans vie ! Un bruit de frotement, comme celui d´un large manteau qui traîne sur le sol... Ce bruit, Adellbard l´avait déjà entendu.
L´Ombre surgit alors devant les barreaux, la même qui avait tenté de le tuer dans les rues désertes où on l´avait trouvé. Son sang se glaça dans ses veines à la vue de cette horreur. L´ombre siffla comme si elle tentait de poignarder le coeur d´Adellbard d´un simple regard...en immaginant qu´elle ait des yeux. Cette masse informe l´épia longuement prête à tout moment à se glisser entre les barreaux pour achever sa triste besogne.
- Bientôt je reviendrai.
Sa voix était aigue et rauque à la fois.
- Je veux que tu le saches. Chaque nuit je reviendrai te hanter. Addelbard...Chaque nuit jusqu´à ta mort. Ne t´inquiètes pas, elle viendra. Quand tu verras mon visage, c´est le sien que tu verras. Nous ne feront qu´une...
Elle tendit alors ses bras vaporeux qui se glissèrent jusqu´à presque frôler Addelbard. Il cria de toutes ses forces pour que ce cauchemar s´arrête.
- Les cauchemars...viennent toujours la nuit...
Et elle repartit aussi soudainement, aussi innexplicablement qu´elle était arrivée emportant les Ténèbres avec elle.
CHAPITRE IV:
---------------------
Tout revint brutalement à la normale et son compagnon de cellule se moqua gentiment de lui.
- Tu en fais une drôle de tête ! Alors, tu me l´explique ton histoire ?
Il se souvenait à peine de ce qui venait de se passer et, pressé de partager son aventure avec quelqu´un, il se mis à table.
- Heu...Et bien...j´étais un chasseur de prime il y a peu de temps encore et la tête d´un homme a été mise à prix. Cet homme s´appelait Figias.
- Jamais entendu parlé !
- Hmm. Il était mélé à des histoires que certains qualifiaient de...surnaturelles. Mais je n´ai jamais cru à ce genre de sornettes.
- Tout comme moi.
- Il y a presque un an, j´ai retrouvé sa trace dans les plaines de Kalash. Et la suite est complétement dingue. Tous les habitants du village dans lequel il se trouvait ont subitement voulu me tuer. Ils étaient comme possédés.
- Par ton Figias ?
- Exactement. Ils ont fini par le tuer, prétextant qu´il était devenu un danger.
- Pour qui ? demanda l´autre passionné par l´histoire.
- Pour son Maître. La créature qu´il servait et qui lui a donné tous ses pouvoirs. Le hic, c´est qu´au moment même où ils l´ont tué, l´envoutement a cessé et ils ont retrouvé leurs esprits. Mais trop tard: j´avais déjà dû tuer des villageois pour me défendre.
- Et c´est ça ton histoire de tueur de villageois ?
- Ben oui !
Une fois de plus, il dû supporter les rires que déclenchait invariablement son histoire.
- Et tu disais que tu ne croyais pas au surnaturel ? Ha ! Ha!
- J´ai bien été obligé par la suite. Les habitants ne se souvenaient de rien et ils m´ont vu entouré de cadavre, une épée ensanglanté à la main.
- Et c´est pour ça que depuis ce jour, tu fuis la justice ?
- Exactement. Les apparences sont contre moi et qui pourrais croire une telle histoire ?
- Surement pas moi ! On est tous innocents ici, mais on a des alibis plus plausibles. Quel merveilleux conte ! Mais t´as pas à t´en faire: y´a pas de créatures sanguinaires qui rôdent dans ces lieux. Juste des types en mal d´amour qui essayeront peut-être de te faire passer un moment privilègié.
- C´est ça...et si tu continuais plutôt à me renseigner sur cette prison ?
- Je ne crois pas, non, lança une nouvelle voix. Toltan t´en as suffisement raconté...
Salut Odinlm, t´as reçu mon mail ?
.............................
Le nouveau venu était un garde qu´Adellbard n´avait jamais vu. Il chercha frénétiquement la bonne clé du fourreau. Lorsqu´il la trouva, il la mit dans la serrure mais ne la tourna pas tout de suite.
- Mais qu´est-ce que vous faites ? demanda Toltan.
Ce n´est pas l´heure de la promenade.
L´autre ne répondit pas. Il dégaina son épée et pénétra la pièce exiguë en ne quittant pas Adellbard des lieux. Celui-ci anticipa les mouvements du garde et se jetta sur le bras armé.
En dernier recours, il lui mordit même la main jusqu´au sangs. Ne supportant pas la douleur, l´enragé lacha son arme. A ce moment Adellbard le rua de coups jusqu´à ce que son corps ensanglanté
s´écroule sur le sol.
- Mais...mais il est dingue ce type ! balbutia Toltan. Pourquoi il t´a agressé ?
- Tu me crois à présent ?
Adellbard rammassa l´épée et scruta le couloir.
- Si c´est ce à quoi je pense, tout les gardes vont rappliquer ici dans quelques instants. Tu me suis ?
- T´es le type le plus dingue que j´ai vu, Briesk. Alors il est hors de question...que je reste ici pendant que tu te fais la malle.
- Très bien mais tant qu´on y est...
Des bruits de précipitations dans le couloir annonçaient le début des ennuis.
- Mon vrai nom est Adellbard !
- Quoi ?
..............................
- ON Y VA !
Aussi rapidemment que possible, les deux compères se jettèrent hors de la cellule au moment où des gardes armés d´arbalettes arrivaient. Sans la moindre sommation, ils visèrent les deux prisionniers et tirèrent leurs carreaux. Ce ne fut qu´en se jettant dans l´angle du couloir suivant que les deux hommes eurent la vie sauve. Les arbalétriers se lancèrent à leur poursuite sans se douter un seul instant qu´ils restaient cachés hors de leur vue. La surprise fut totale et en moins de temps qu´il faut pour l´écrire, les soldats gisaient sur le sol, inconscients.
- Ils n´ont pas d´épées, constata Toltan déconfit.
- Prends une arbalète et fait le plein de carreaux, on en aura besoin.
- D´accord. Au fait, j´ai pas fini mon histoire de la prison.
- Est-ce vraiment le moment idéal pour en parler ?
- A partir du moment où on s´échappe, oui.
- Abrège.
- Et bien...Le sanctuaire est renommé comme la prison la plus sûre du monde car...
- Caaaaaaar...?
- Caaaaaaaar elle se trouuuuuuuuuuuve...en plein...DESERT !
- QUOI ? Et c´est maintenant que tu me le dis ?
- Hé !
- Tu as d´autres cachoteries avant qu´on se fasse tuer ?
- Personne n´a jamais réussi à s´échapper parcque...
- Parcque quoi ? Il faut t´arracher les mots de la bouche.
- PUTAIN ! DERRIERE TOI !!
Chapitre I
------------------
A Rivendell, la plus belle cité elfe de ces temps-là, une fête grandiose était sur le point de
débuter. Tout se déroulait sur la Grand-Place en cette douce nuit du mois de juin. Des tables
immenses étaient dressées de telle façon qu’un aigle survolant le dessin ingénieux qu’elles
formaient aurait vu une superbe étoile à sept branches, symbole de la victoire sur les forces du
mal.
Des dizaines de statues majestueuses entouraient le lieu des festivités. Elles avaient ceci
d’originales qu’elles représentaient toutes des scènes dans lesquelles les torches jouaient un rôle
important. Lorsque les ténèbres recouvraient la Grand-place elfique, les torches s’allumaient
spontanément et dégageaient une aura magique sur les sculptures. C’est alors que semblaient
s’animer de valeureux archers elfes qui s’apprêtaient à exercer leur art sous les lumières de leurs
châteaux et d’autres guerriers qui tentaient désespérément de brûler les multiples têtes d’une
hydre mauvaise.
Tout à l’entour, un splendide jardin, porteurs d’innombrables espèces de fleurs
susceptibles d’émerveiller même le plus blasé des observateurs de la nature. Les couleurs
orangées, jaunes et bleutées explosaient en un formidable feu d’artifice lorsque le vent les faisait
s’incliner dans tous les sens comme c’était le cas ce soir. Clou du spectacle, le château du roi,
sans aucun doute la plus merveilleuse des constructions royales qui se leva jamais. D’autant plus
éblouissante qu’elles étaient rares, celle-ci était un joyau d’art gothique. L’intérieur était comblé
de tapisseries, de vitraux, de statues et d’autres choses tout aussi merveilleuses. Tout une vie
passée à l’intérieur ne pouvait lasser de la vue de ces oeuvres parfois torturées, parfois presque
malsaines lorsque elles représentaient des démons et autres créatures infernales, parfois
jouissantes lorsque étaient mis en avant les beautés de femmes aux courbes généreuses et aux
visages aux traits fins et délicats.