Williams doit privilégier les appuis et non la réduction de la traînée
Fantastique n’est pas l’adjectif qui correspond le mieux au début de carrière en Formule 1 du benjamin du plateau, Nico Rosberg. L’entrée en matière avait pourtant été époustouflante, dès le GP de Bahreïn, où le jeune Allemand avait marqué 2 points et avait été, exploit s’il en est, l’auteur du meilleur tour en course dès sa première participation à un Grand-Prix. Le nouveau pilote Williams avait doublé la mise 2 au Nürburgring, mais le manque de fiabilité de sa machine a souvent plombé ses espoirs de top 8, synonyme de points.
L’association Williams/Cosworth connaît une période difficile, une pente savonneuse qui fait dégringoler les deux partenaires historiques dans la hiérarchie du moment. Leur parcours est symptomatique d’une écurie outsider qui tire son épingle du jeu en début de saison, avant que les rouleaux compresseurs financiers et technologiques des grands constructeurs ne se mettent en branle. De fait, malgré un développement continu, la Williams FW28 a plutôt tendance à reculer. Actuellement 8è au championnat Constructeurs, avec un maigre total de 10 points, l’écurie de Grove n’a pas su saisir toutes les opportunités qui se présentaient à elle, à l’instar d’un Grand-Prix de Monaco particulièrement douloureux pour les hommes de Sir Frank. Williams est classée derrière Red Bull Racing, et ne devance que la Scuderia Toro Rosso, MidlandF1 et Super AguriF1. Interrogé sur une possible amélioration du potentiel de la Williams au cours de cette saison, le pilote Australien Mark Webber estime avec amertume « Nous ne pouvons descendre plus bas, alors oui nous allons progresser. »
Quant à son coéquipier Nico Rosberg, il reste convaincu que l’équipe est sur la bonne voie, et qu’elle commence enfin à voir le bout du tunnel. « Après le Grand-Prix des Etats-Unis, notre directeur technique, Sam Michael, a déclaré que nous devions prendre le temps de nous poser les bonnes questions, et d’en discuter afin d’avancer et de trouver des solutions adaptées. A chacun de se pencher sur ce qui ne va pas, d’approfondir les questions afin de comprendre ce qui ne fonctionne pas ; c’est ensemble que nous trouverons la solution » précise Nico Rosberg.
« Tout le monde a effectué cette démarche personnelle et nous savons maintenant très précisément où se situent les différents problèmes rencontrés. Il nous est donc possible de nous améliorer ; il y a déjà eu des progrès enregistrés et je pense que cela va continuer dans ce sens lors des tests prévus cette semaine en Espagne, pour le prochain GP et au delà. »
Malgré un nouvel aileron avant et des ailettes sur les pontons, apparus à Magny-Cours, la FW28 ne progresse pas par rapport à la concurrence et régresse globalement, tout comme la Honda RA106. En interne on se pose la question de savoir si réduire la traînée à tout prix plutôt que d’augmenter les appuis est la bonne approche. Un ingénieur a avoué à GP2006.COM « nous n’avons aucune chance de rivaliser avec ceux qui ont des éléments aérodynamiques flexibles dans les lignes droites. Il nous faut trouver plus d’appuis. »
Toyota et ses forts appuis donnent raison à cette philosophie : les pneus sont épargnés et les vitesses de pointe moyennes ne sont finalement pas un si gros handicap sur la plupart des circuits modernes.