Un peu court désolé...
Chapitre 44 : La prison d’air.
Je pensais me percuter contre la roche dure, mais non, je la traversai comme on passe à travers une cascade.
De l’autre côté, tout était sombre. Seuls deux yeux rouges me fixaient dans l’obscurité.
« Je suis Feuforêve, le Gardien du passage d’une dimension à l’autre. Sache que lorsque tu es entré dans la prison, tu l’es pour l’éternité, à moins de beaucoup de chance…
- Je sais déjà tout ça, l’interrompis-je. Si je suis ici, c’est pour libérer une Ponyta nommé Tornade. Elle doit être ici depuis guère longtemps.
- Effectivement, il y a une Ponyta ici, envoyée par Ben le Sulfura si je me souviens bien. Mais pour la libérer, tu devras le payer de ta vie.
- Je le sais et je l’accepte. Je veux échanger nos places.
- Bien. »
Au fond de moi, j’entendais les gémissements de Tornade qui me suppliaient que non… Mais dans mon cœur, je la voyais au milieu de la plaine lorsque nous étions petits, crins au vent…
Tout à coup, le noir vint dans mon esprit, la pénombre remplaça l’image de Tornade, et un crissement incessant se fit entendre. Je n’en pouvais plus, j’avais mal à l’épaule… je m’évanouis.
Juste avant, j’entendis un chant mélodieux… La voix de Tornade…
« Je reviendrais… Tu as donné ta vie pour la mienne… Tu n’aurais pas dû… On se reverra… Je te sauverais… Je ne sais pas comment… pour l’instant… Tu es le plus courageux des nôtres… Même mieux que Braise… On se reverra… »
Quelques heures plus tard, environ, je me réveillais enfin. Je me trouvais dans une pièce, enfin si on peut appeler ça une pièce, remplie d’un brouillard de désespoir… Me lever releva un effort immense, presque impossible. J’avais très mal à la tête et mes forces semblaient me quitter… Je ne résisterais pas, je le savais… Tout juste si je pourrais faire la nuit…
« IL Y A QUELQU’UN ? » hurlais-je à bout de forces.
Aucune réponse, j’étais bien seul… J’avais faim, soif, froid et chaud en même temps…
Je me sentais mal… très mal…
Mais au moins… Tornade était en sûreté…
J’en peux plus… Ma Tornade… Si fougueuse jument que tu es… Te reverrais-je un jour…
Je t’aime trop… Tu es la perfection incarnée… Une jument si gracieusement modelée… Tu me manques déjà…
Plus rien ne m’importe… à part toi… Je veux consacrer tout ce qui me reste de vivre… peu de temps… à toi… superbe Ponyta…
Nous sommes nés à une lune d’écart, le même jour… moi d’abord… ensuite toi… belle jument…
Un lien incassable nous unis… Jusque à la mort… Nous serons liés…
Je vais mourir… Mais tu me rejoindras… un jour…
Et voilà… vous connaissez mon histoire…
Elle est triste mais bien réelle…
Un Ponyta possédant une puissance folle la gâche en se sacrifiant pour sa meilleure amie… Preuve d’amour oui… mais de folie…
Seulement… c’est mon cœur qui m’a guidé… Il se serait brisé si je n’avais rien tenté…
Une phrase de mon père me revenait dans la tête…
« Rappelle-toi Flamme… On a toujours le choix… Il suffit de faire le bon… »
Je ne tiens même plus…
Une sensation horrible s’installe en moi…
Une sorte de trou noir apparaît, ravalant tous mes souvenirs sur son passage…
C’est la fin…
Je vais subir une mort atroce… qui tue de l’intérieur…
Adieu ma Tornade…
Je disparais peu à peu…