Chapitre 23
Au bout de deux jours de marche – plus que quelques heures avant d’arriver à la ville – on passa par une zone du marais qui m’était familière… L’endroit où Karen était morte. Etrangement, le corps du gravios avait complètement disparu…
Je ne l’aimais plus, mais je la respectais encore assez pour aller visiter sa tombe.
Alors que je m’approchais du petit monticule de terre, je vis que quelqu’un avait lâchement dérobé l’épée que j’avais planté dedans, ainsi que le bouclier posé contre la pierre, à côté…
Sortant une des griffes du gypcéros d’avant-hier, je m’approchai de l’arbre à la gauche de la sépulture, et y gravis ‘‘ICI GÎT KAREN, HÉRITIÈRE DU CHEF DE KOKOTO’’, pour continuer d’identifier le caveau. Bon, d’accord, pas super comme message, mais rien de mieux ne me venait à l’esprit.
« On peut y aller. » dis-je calmement à Pauline. Elle approuva d’un faible hochement de tête. *
En chemin, nous ne croisâmes que quelques genpreys et kelbis – qui n’avaient aucune importance à mes yeux – et nous finîmes par arriver sans trop de peine à la ville, puis à l’auberge de la guilde.
Sachant que ni moi ni Pauline n’avaient d’intérêt à garder le cristal lumineux du gypcéros, on le vendit, et, avec la prime déversée par la guilde – ils semblaient s’occuper de tout ceux-là – on se fit bien deux mille zenis chacun.
Un chasseur – qui portait une armure rathalos dont la tassette était remplacé par un truc ridicule en métal un peu verdâtre, trop court à mon goût – qui se situai pourtant derrière moi, attira soudainement mon attention, et pour cause : il sautait à cloche pieds sur une table, en levant les bras et en claquant des doigts du mieux qu’il le pouvait avec son armure… Personne ne faisait attention à lui.
Je m’approchai de lui :
« Euh… T’as un problème ?
- Ouais ! dit-il en continuant de sauter et … tout le reste. J’ai besoin d’au moins deux autres chasseurs pour m’aider à tuer un monoblos, dans le désert !
- Arrête de sauter, t’as l’air essoufflé ! il le fit, et s’assied – enfin, tomba – sur la table
- Y’a un monoblos, reprit-il après avoir récupéré son rythme habituel de respiration, dans le désert… J’ai besoin d’aide pour le tuer…
- Attends, j’était dans le désert il y a deux semaines… Tout y est mort, y’a plus rien…
- Beaucoup de choses peuvent changer en deux semaines. me fit-il remarquer
- Ouais… Bon, je suis avec une amie… Et avec toi ça fera trois, et…
- Ah, non ! Quatre ! Je suis avec mon cousin, il astique son épée, dans sa chambre.
- Quoi ?! Y’a pas de connotations sexuelles j’espère…
- Des connotations quoi ?
- Bon, ça va… On part quand ?
- Bah maintenant, tiens !
- Maintenant ?
- Oui ! Le désert est à quelques heures à peine, si on part maintenant, le monoblos dormira quand on y sera !
- Pas bête ça-aaa-AAA-AAATCHOUM ! OÙ EST CETTE SALETÉ DE CHAT ?
- Ah, t’es allergique… C’est mon melynx, Missy…
- Nia ! On m’appelle ? un melynx – un chat à fourrure noire qui aime voler des objets – surgit de derrière lui
- ATCHOUM ! Bordel !
- Nia ! A vous souhaits.
- ATCHOUM ! Pauline, commande le remède s’il te plait… elle courut vers le comptoir
- Euh… Je m’appelle Khorne. dit le chasseur qui se tenait devant moi – Pauline était revenue avec une grosse choppe de ma boisson préférée, mélangée à du jus d’amerinsecte
- Moi c’est Kenneth, dis-je après avoir tout bu, et elle c’est Pauline.
- Enchanté, je vais chercher mon cousin et mes armes, et on y va. »
Il se retourna, partit vers les escaliers, les monta vers le couloir interminable qui menait aux chambres, et revint quelques minutes plus tard avec un chasseur en armure faite de carapaces violettes avec une lame lacerator dans le dos : Arthur !
« Kenneth ?
- Vous vous connaissez ? demanda Khorne
- Ouais ! C’est avec lui qu’on a chassé le couple rose-azur…
- Ahhhh, alors c’est lui le psychopathe ?
- Eh ! protestai-je
- Eh ouais ! répondit Arthur
- Alors on va l’avoir ce monoblos ! » déclara Khorne
Nous nous équipâmes, et je ne pus m’empêcher de remarquer les étranges épées doubles de Khorne : une petite hache violette à la lame orange, et une étrange épée qui semblait être faite de lave à l’état solide – mais pas rocheux.
« Hein ? Nan, c’est pas vraiment des épées doubles… J’ai pris deux épées simples : ma hache contient du poison puissant et mon épée est faite à partir de moelle de rathalos, alors ça fait comme des petites explosions de flammes… Mais tu dois savoir ce que c’est, quand je vois ton arme.
- En effet… Bon, on y va ?
- On y va ! » cria Arthur
***
La nuit était froide dans le désert, heureusement que Khorne avait pensé à amener de quoi se réchauffer : des couvertures utilisées comme capes, et surtout des breuvages chauds. Ils n’étaient pas vraiment chauds, mais ils réchauffaient quand même une fois ingérés…
Missy était venue avec nous, et elle était équipée d’
On arriva rapidement dans une petite zone de sable, entourée de murs de roche, avec quelques crevasses qui servaient d’entrée aux animaux plus petits et aux chasseurs. Je reconnaissais au fond le passage qui menait au village félin où on a rencontré Milo. Je pouvais apercevoir le monoblos dormir en haut d’un immense rocher.
Même si j’avais du mal à le voir à cause de l’obscurité et du sable sur mes lunettes, je distinguais très bien sa silhouette, et pouvais alors en déduire – en m’aidant aussi de ce que j’ai retenu de mon encyclopédie – sa position.
Il était recourbé sur lui-même, toujours debout, ronflant paisiblement. Son unique corne se dressait majestueusement au dessus de son petit bec – ce wyvern ne peut être que végétarien, lorsqu’on y pense – et sa crête impressionnante lui donnait plus de valeur. Il avait comme une seconde crête dans le bas du dos… Plutôt ridicule à mon goût.
Sa queue, dont l’extrémité enflée possédait deux rangées de pointes et un dernier pic tout au bout, était recourbée sur le côté, comme pour entourer le monstre – bien que pas assez longue pour cette tâche…
A mon signal, Pauline – qui vise très bien et qui, de toute manière, est la seule ici à pouvoir le faire – tira une munition explosive droit dans l’œil du monoblos ! Il hurla de douleur – un cri strident au point de ma paralyser quelques secondes – en tombant du rocher sur lequel il était, s’effondrant sur le sable.
Une bien étrange matière, le sable. Si on y va lentement, on s’y enfonce sans problème. Mais si on y va rapidement – comme le faisait le monoblos lors de sa chute – on se cogne contre une paroi quasi-indestructible.
Pendant la chute du wyvern, nous eûmes le temps de grimper sur la corniche, au fond de la zone – un peu plus loin se trouve le village des chats, mais ce n’est pas notre destination – et de se réfugier au fond juste à temps pour esquiver un coup de queue assez haut placé du monoblos.
La bête se réfugia de l’autre côté de la zone, puis, comme il n’avait pas l’air d’avoir un cerveau très développé – pour ne pas dire comme un con – il chargea dans notre direction, et planta sa corne dans la paroi verticale de la corniche.
« Allez ! cria Khorne. Tous sur la corne !
- NE LA COUPEZ PAS ! criai-je en retour. J’ai une idée !
- Ça veut dire une idée de comment faire souffrir le monoblos. » souffla Arthur à son cousin
Arthur et moi descendirent chacun d’un côté de la tête du monoblos éborgné, et commencèrent à frapper à la base de la corne. Khorne aussi frappait la corne, mais au dessus cette fois. Pauline, quand à elle, s’était écartée sur le côté et fusillait la crête de munitions perçantes.
Mes coups et la moitié de ceux de Khorne faisaient des petites explosions de flamme par lesquelles j’étais fasciné… Son autre arme, elle, répandait une substance pourpre semblable au poison du gypcéros, qui coulait carrément de la corne pour former une flaque par terre. Arthur faisait plus de dégâts externes qu’internes, mais c’était un peu le but de son arme, non ? Pauline avait déchiqueté au moins la moitié de la crête du monstre et continuait à s’acharner dessus…
« STOP ! » criai-je, signalant que si on continuait de frapper, la corne resterait coincée dans le mur.
A peine Arthur et moi fûmes nous remontés sur la corniche que le monoblos réussi à décoincer sa corne, laissant un trou abominable à sa place. Laissant mon épée bleue et quelque peu difforme derrière moi, je sautai en bas pour achever mon plan – et le monoblos, par la même occasion.
Le monstre borgne poussa un nouveau cri, et s’enfoui dans le sol, creusant devant lui pour ensuite remplir le vide derrière.
« Reviens ! me cria Khorne
- Nan ! Cours ! » hurla Arthur
Sans réfléchir, je choisi la deuxième option, et courus dans tous les sens. Sentant le sol trembler derrière moi, je m’arrêtai, et me retournai pour le retrouver face à face avec le monoblos ! Je lui bondis sur le visage, m’agrippant à la partie amochée de sa crête ; il poussa un autre cri de douleur, et, lorsqu’il eu fini, je me retournai sur sa tête – c’est pas beau à voir un œil explosé – afin d’être face à la corne branlante.
Je sortis mon couteau de quarante centimètres, et commença à flanquer des coups rapides dans les entailles déjà faites, débarrassant le monstre rapidement de sa corne. Criant à nouveau, il tomba encore par terre – il commence à avoir l’habitude, non ? – et me laissa le temps de m’emparer de sa corne, de la pointer vers l’avant, et de la planter dans sa mâchoire inférieure, la faisant dépasser juste au dessus de l’endroit où la corne était à l’origine.
Arthur, Khorne et Missy – tiens, où était-elle passé tout ce temps là ? – descendirent et vinrent attaquer le monstre à terre, Pauline restait en haut pour lui tirer dessus.
« Il se débrouille bien ton pote ! remarqua Khorne à Arthur
- T’as vu ? » lui répondit-il
Assez rapidement, nous l’eûmes éventré, décapité, et cul-de-jatté dans d’atroce souffrances.
Une fois la corne, les pics de la queue, et quelques morceaux de carapace récupérés, Arthur baissa une fois de plus son pantalon et une mare d’urine se forma sous le monoblos mort.
On pouvait tout juste apercevoir les premiers rayons du soleil, nos ‘‘capes’’ nous seront inutiles pour le retour…
Au bout de quelques heures à peine on arriva, tous exténués, à la guilde et j’allait me coucher en même temps que les autres lorsque j’aperçus un chasseur qui dansait d’une manière qui me semblait familière… Puis je le reconnu : Maximilien, enfin, Max !
Il me reconnu, arrêta de danser, me dit que j’avais fière allure avec mon nouvel équipement, puis, une fois que je lui eu raconté mes aventures, il me conta son histoire…
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note de l´auteur: le verbe "cul-de-jatter" est une invention totale, mais ça va bien dans la phrase 