bon, c´est pas le meilleur que j´ai fait, mais le voila:
Chapitre 27
Le lendemain, après une nuit agréable, j’enfilai mon armure et je descendis dans la salle principale de l’auberge, suivi de près par Pauline, pour retrouver un Max aux cernes incroyables qui gisait là.
« T’as pas dormi ? lui demandai-je
- A ton avis ? me répliqua-t-il froidement. Y’avait trop de bruit, comme des cris de joie.
- Ça peut pas être nous ! dis-je, parlant bien évidemment de Pauline et moi. On s’est juste fait des câlins, des bisous, et un soi…
- Je sais bien que c’est pas vous ! C’est de la chambre des trois… autres… que ça venait. J’suis bien content que ma porte fermait à clé. Vivement qu’on parte, et…
- On va chasser un garuga avec eux.
- KOAAA ?!
- Bah quoi ? Tu m’a toi-même dit qu’ils étaient durs parce que sous-estimés. On est six alors ça devrait aller.
- C’est pas pour le garuga que je gueule ! C’est pour les pédés !
- Ahhhhh… Okééééé… » fis-je, puis, me tournant vers la vielle qui s’occupait de cet endroit, je commandai la même chose qu’hier soir, et retournai m’asseoir, avec Pauline, à la même table.
***
Le yian garuga ne nous avait pas encore repéré – normal, il dormait – et nous commençâmes à l’encercler lentement, les trois artilleurs – Pauline, Gérard, et Isaac – se plaçant plus loin de la créature que les épéistes, selon toute logique.
Ce spécimen de garuga était petit, plus petit qu’un kut-ku. Il ressemblait fortement à ce dernier, justement, mais en plus agressif et dangereux : sa queue était équipée de pointes féroces, et sa carapace semblait plus résistante que celle d’un kut-ku. Son bec pointu, ses oreilles démoniaques, et ses quelques poils constituant une petite crinière au dos de sa tête le différenciaient également d’un kut-ku.
Autre chose le différenciait d’un de ces petits wyverns ridicules, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus…
Il dormait en plein milieu d’une prairie, et ce n’était pas surprenant qu’il soit le seul être vivant à des kilomètres à la ronde : tous les animaux le fuyaient…
Les trois artilleurs se positionnèrent à une distance raisonnable du monstre, préparant leurs arbalètes, et visant le monstre là où il n’y avait aucun risque qu’un des autres chasseurs ne soit blessé…
Victor, équipé de deux ‘‘choses’’ qui prolongeaient ses bras et se terminaient avec des griffes que je reconnaissais comme celles d’un vélocidrome, se positionna près de l’aile droite du monstre, attendant avant de mettre mon plan à exécution – qui était légèrement plus élaboré que le ‘‘on fonce dans le tas’’ de Max…
Ce dernier, équipé de ses deux katanas, se tenait près à frapper, se retenant aussi bien qu’il le pouvait pour ne pas frapper la tête solide du monstre.
Et moi, mon couteau de dépeçage en main, j’étais près de la base de la queue de la bête, près à lui sauter sur le dos.
Le kusha de Max dormait, à quelques mètres à peine de la scène.
Puis, tout se passa très vite : Pauline tira une munition perçante dans l’œil de l’animal, il se réveilla et fut pris de violents spasmes, me laissant tout juste le temps de lui bondir sur le dos et de m’agripper assez fort pour ne pas chuter, attendant qu’il se calme.
Lorsqu’il le fit, il se retrouva dans sa position initiale, face à Max, qui commença immédiatement à rouer sa tête – bien que principalement son bec – de coups. Victor, lui, frappait l’aile droite du wyvern tant bien que mal, réussissant malgré tout à en déchirer la palmure.
Pauline, Gérard et Isaac fusillaient le garuga de munitions perçantes, tentant d’abîmer la carapace du monstre tant bien que mal, ma chérie visant le cou.
Quand à moi, je lacérai le dos hypersensible du garuga avec mon couteau de luxe, puis le plantai entre deux carapaces protectrices, penchant ensuite la lame afin de l’utiliser comme levier pour soulever la couche protectrice, mais l’agitation du monstre rendait mes efforts vains, bien que je continuais d’essayer.
La bête cracha une gerbe de flammes en avant, frappant Max de plein fouet, mais se dernier ne broncha même pas, son armure ayant comme absorbé les dégâts
Il tenta ensuite de tourner sur lui-même, pour frapper Victor avec sa queue, mais les coups de Max proches de sa tête l’empêchaient de faire quoi qua ce soit.
Son bec éclata, cessant totalement d’exister, et le garuga, la langue pendant ridiculement par un trou béant, poussa un cri aussi strident que sa condition le permettait, en fonça sur Max, me laissant tomber derrière lui, mon couteau planté dans le dos…
N’ayant pas les bons réflexes, Max se prit le monstre de plein fouet, et fut propulsé en arrière. Puis la bestiole se tourna vers Victor et moi, nous regardant avec haine de ses deux petits yeux jaunes, et se décida rapidement à charger en la direction de l’homme armé, lui en voulant certainement pour l’aile redue hors d’usage…
Les trois artilleurs eurent du mal à continuer de viser le monstre, mais réussirent malgré tout.
Victor esquiva aisément l’attaque, et se retourna pour voir un yian garuga s’écraser par terre, puis se mettre à charger vers moi. Je restai immobile.
Lorsqu’il n’était plus qu’à deux mètres de moi, je me baissai, leva légèrement le bras, et attrapa la langue à présent sèche de mon adversaire. Ne pouvant s’arrêter dans sa charge, le garuga dut continuer d’avancer et se faire arracher la langue, poussant un cri étrange dut au fait qu’il n’avait plus de bec ni de langue.
Laissant l’organe par terre, je vis que Pauline avait arrêté de tirer, et courait vers le garuga, couteau en main.
Je la rejoint assez rapidement et lui demanda, courant toujours :
« Alors ? On y va sans moi ? »
Elle ne fit que sourire, et je la rejoins. Bien que je n’avais plus mon épée – ou couteau, selon les points de vue – j’étais toujours armé, et je pourrais tester mes nouveaux accessoires dès à présent…
Le garuga se retourna brusquement vers nous, et je pus lui flanquer rapidement un coup de poing – avec les crocs sur mon gant, ne l’oublions pas – dans l’œil avant de me baisser et de glisser sous lui, ne me relevant qu’une fois hors d’atteinte de sa queue. Pauline, qui me suivait de près, lui planta son couteau – de dépeçage – dans l’autre œil, le retira rapidement, et glissa à son tour sous le monstre à présent aveugle, prenant ma main tendue vers elle pour se relever.
Le wyvern violet – voilà le détail que j’arrivais pas à trouver : il est violet – ne cessait de tourner sur lui-même, ce qui était la seule défense possible dans son état.
Max avait réveillé son kusha, qui vola au dessus du garuga, l’attrapa tant bien que mal avec ses pattes, et le mordit au cou, l’achevant net.
Max ne voulait pas des composants, les trois gays voulaient garder leurs costumes, et quand à moi j’étais satisfait de mon armure actuelle. Je chuchotai à Pauline qu’elle aurait sûrement l’air magnifique en mélangeant son armure actuelle à des morceaux d’armure garuga, et elle accepta d’être la cause de notre dépeçage. J´en profitai pour récupérer mon arme.
Nous ne rentrâmes pas au hameau qui nous avait confié la quête, enfin, pas Max, Pauline, et moi. Les trois gays, après avoir harcelé Max un moment de plus pendant que Pauline et moi nous embrassions, retournèrent au lieu-dit en nous saluant ‘‘au revoir’’.
Notre bande de trois chasseurs et un kusha se dirigea donc vers la ville, un chemin normalement sûr et sans risques. Normalement.