bon, un peu plus court et nul que ce que je voulais, mais tant pis...
Chapitre 19
Je me calmai, puis m’aperçus soudainement du carnage qui a eut lieu. Le rathalos azur n’avait plus d’ailes – une tranchée, l’autre lacérée – l’extrémité de sa queue était coupée, il portait de nombreuses traces de morsure au cou, son dos était tailladé, son torse n’était plus, et il avait la mâchoire déboîtée. Il y avait du sang partout, mais tout de même moins une fois mes lunettes lavées.
« Bon, dit Max, on va récupérer assez de composants pour faire deux morceaux d’armure à Kenneth, et une nouvelle arme aussi, donc une des ailes.
- Attends, fis-je, tu m’avais pas dit qu’une arme feu serait dangereuse ? Et que je suis pas assez expérimenté pour en avoir une ?
- Ouais, mais en fait je voulais garder mes affaires… Et puis ça sera marrant de te voir endetté à vie pour un truc aussi con ! »
Se ce, il me laissa pour s’approcher de la tête du monstre, et sorti son couteau de dépeçage – en nettement meilleur état que le mien – et se mit à le glisser sous une des plaques qui protégeait le haut du crâne de la bête. Il l’utilisa comme levier pour la retire, puis fit ce geste plusieurs fois jusqu´à ce que tout le haut du crâne soit visible.
Puis, utilisant une pierre pour enfoncer le couteau dans l’os, il finit par créer une ouverture dans la boîte crânienne du rathalos. Je pouvais voir le cerveau du wyvern, pas plus grand que celui d’un humain. Je ne pus m’empêcher d’en attraper un bout et de goûter.
Pas super : visqueux et sans goût, un peu salé par le sang mais sans plus…
« Je te le laisse, déclarai-je à Max
- Pire que moi… dit Arthur
- Ça ça reste à voir… lui répondit Edouard
- T’as intérêt à me le laisser, gueula Max, ça se vends cinq mille zenis, quand même !
- Rhô c’est bon, pas besoin de t’énerver… »
Max rangea le cerveau dans une boîte, qu’il mit dans son sac, et une fois le dépeçage terminé, Arthur baissa son pantalon et, comme à son habitude, urina sur le cadavre.
« Comment il fait pour pisser autant ? demanda-je à Edouard, qui semblait être plus proche d’Arthur qu’Arkellor ne le sera jamais
- Bah en fait il boit tout ce qu’il peux avant qu’on parte pour la quête… Et il a une vessie très résistante…
- Ah, ok… »
Satisfait de la réponse, je me tournait vers le nid, où gisaient cinq gros œufs, dont deux en bon état – parmi les trois abîmés, j’avais donné des coups de pieds dans deux d’entre eux ; le troisième avait l’air d’avoir éclos…
« Ça se vend combien un œuf ? demandai-je à haute voix
- Les prix peuvent aller de mille à trois mille zenis, selon son état… me répondit Arkellor
- Bah, on prend les deux. dis-je. Ça vaut bien le coup du déplacement ?
- Ouais, si on les casse pas en chemin… dit Arthur
- Pour qui vous me prenez ? Un barbare ?
- Bah… Ouais… répondit Edouard à la place des autres
- Mais je suis pas brutal ! Je suis délicat et fait attention à ce que je fais !
- Bah ça te rends plus proche d’un psychopathe que d’un barbare, mais bon, faut pas casser les œufs…
- Pour qui te me prends ? Un con ?
- Bah…
- Nan, tais-toi en fait. »
Puis, en me retournant, je pus voir un bébé rathalos – azur – qui sortait d’un recoin d’ombre, couinant tout en rampant. Il utilisait ses ailes comme pattes pour avoir une meilleure stabilité, compte tenu de sa faiblesse.
J’avais tué – enfin, on avait tué – ses parents… Je m’approchait lentement de lui, et tendis la main, lui caressant la tête…
La viande du bébé était beaucoup plus tendre que celle de la mère, c’était même délicieux ! Le goût me rappelait quelque chose mais je n’arrivais pas à déterminer quoi…
« T’es vraiment un monstre… me dit Max
- Eh ! Qui c’est qui voulait couper les ailes de l’autre truc, hein ?
- Ouais… Mais là t’es carrément cruel ! Il avait rien fait au monde ce pauv’ machin ! »
Décidant de laisser tomber le sujet, j’attrapai un œuf – c’était beaucoup plus lourd que ça en avait l’air – et commençai à me déplacer vers la sortie de la zone, suivis des autres – qui me devancèrent tous rapidement, à l’exception d’Edouard, qui lui aussi portait un œuf, et d’Arthur, qui traînait mon aile de rathalos derrière lui.
Au bout des deux jours de trajet du retour, et je ne sais combien d’alternances pour qui porterait les œufs et l’aile, on arriva à la ville, et on alla rapidement vers l’auberge de la guilde, car les cuisiniers manquent toujours d’œufs de wyverns, d’après Pauline.
Nous vendîmes ensuite le cerveau à un prix raisonnable et négocié – 6500 zenis – et, avec la prime déversée par la guilde pour le succès de notre quête, on se fit XXX zenis chacun.
J’allai vars l’armurerie, suivi de Pauline, afin de se faire des nouveaux équipements – je traînait l’aile derrière moi à mon tour.
« T’as l’air d’aller mieux. remarqua le vieil artisan
- Une vraie tuerie et un tas de fric, ça fait plaisir, non ? lui répondis-je
- Pas sûr pour la tuerie, mais c’est vrai que c’est agréable l’argent… Qu’est-ce que je peux pour vous ?
- Il nous faudrait des nouvelles armures. dit Pauline. J’ai des composants de rathian rose pour la mienne, et mon ami ici voudrait une plate et des gants en rathalos azur.
- Mais bien sûr, ça devrait être faisable. Par contre je ne peux pas vous garantir une armure complète, pour la rathian…
- Ça ne fait rien… lui répondit-elle
- Et, euh… C’est pour quoi l’aile que tu traîne derrière toi depuis tout à l’heure ? me demanda-t-il
- Hein ? Ah, tiens, je l’avais complètement oublié celle-là, remarquai-je, euh… C’est possible de me faire une épée longue à partir de ça ?
- Oui, mais elle ne sera pas d’aussi bonne qualité que si tu l’avais faite à base d’une aile de rathalos rouge…
- Bah, ça ira…
- Bon, vu le temps que ça prendra… Vous pouvez revenir chercher vos armures demain soir.
- Et pour mon épée ?
- Je te dirais ça quand tu reviendra chercher ton armure. »
Suivant Pauline jusqu’à l’auberge, elle me déclara :
« Je crois que je vais quitter mon poste à la guilde, pour pouvoir me mettre sérieusement à la chasse, avec toi…
- Bah, euh… je ne savais pas quoi répondre. C’est super ! »
Elle ne répondit pas. Une fois à l’intérieur, Max vint vers moi et me dit :
« Kenneth ! Un fatalis a été repéré de l’autre côté de la chaîne de montagnes, juste au nord ! Je vais enfin pouvoir me faire mon casque !
- Et qu’est-ce qui te dit que tu vas pas encore lui éclater les cornes ?
- … Ton optimisme éclatant me surprendra toujours Kenneth…
- Bah quoi ?
- Nan, rien…
- Et tu sais quoi ?
- Dit toujours…
- Pauline va arrêter de travailler ici pour devenir chasseresse à plein temps !
- Hein ? Ah, d’accord. Bon, je pars demain à l’aube.
- Comment ça ‘‘je’’ ? On viens pas avec toi ?
- Nan, vous êtes tous trop nuls pour affronter un fatalis, la guilde ne vous autorisera pas à faire la quête.
- Ah… »