TEMOIGNAGES DE SURVIVANTS :
BOB BIRK (2ème partie) :
« J’me suis dit tout de suite « Mon Bob, ya un truc qui tourne pas rond ici » alors j’ai couru dans la maison et j’ai tout de suite raconté à Martha, c’est ma femme, ce qu’il m’était arrivé. Alors d’abord elle m’a pris pour un fou, elle me croyais pas que j’l’avais tué l’autre, et que j’étais même pas capable de faire de mal à une mouche qu’elle disait, mais moi j’vous l’dit, j’l’ai fait, qu’on crois ou pas, et que l’trou dans sa tête j’l’ai pas imaginé.
C’est même comme ça que j’lui ai prouvé à Martha, on est sorti de la maison et là elle a compris, même qu’on a eu peur parce qu’il a eu un sursaut le bougre.
Et c’est quand on était dehors que ça a continué. On a entendu un… « sprotch sprotch » , ou plutôt un « shlack shlack », enfin bon, un bruit bizarre, et ça venait exactement de là ou était arrivé le premier qu’était allongé par terre. C’était une fille cette fois, et le bruit là, c’était parce qu’elle marchait sur son moignon, elle avait plus de pied à la jambe gauche, mais ça lui faisait rien, elle marchait quand même. Alors là moi j’vous l’dit, il a pas fait dans la dentelle le Bob comme on di, j’avais toujours ma carabine, heureusement, j’y ai décoché une décharge dans l’bidon, et elle est tombée la tête la première dans l’sable.
Martha elle m’a même vomie dessus c’est pour dire, en même temps la fille perdait ses boyaux avec le trou que j’y avais fait à l’estomac. Mais le pire, c’est qu’elle a voulu se relever… J’avais jamais vu ça moi, alors ni une ni deux, en plein milieu des deux yeux.
Martha elle m’a crié pour qu’on aille vite se cacher à l’intérieur de la maison.
On a bloqué les portes et les fenêtres avec tous les meubles qu’on a trouvés, et j’me suis gardé juste une petite ouverture à la fenêtre de la cuisine pour voir ce qu’il se passait dehors.
On a attendu… oh, bien deux heures ouais, il était 22h à l’horloge e la salle à manger, et là ça a recommencé les bruits bizarres, genre euh… viande bouillie ouais.
J’avais passé ma deuxième carabine à Martha, celle que m’avait offerte mon père quand j’étais jeune, c’était pas pour qu’elle s’en serve, elle savait pas, mais pour qu’elle me la tienne au cas où j’en ai besoin. Parce que j’avais plus beaucoup de munitions comme je revenais de la chasse, j’vous ai dit.
Donc ça a recommencé vers 22h, mais cette fois il y en avait beaucoup plus, on aurait dit qu’ils avaient attendu d’être beaucoup pour attaquer.
Tout de suite moi j’ai tiré, ça servait à rien de leur parler, ils écoutaient rien du tout.
Il y en avait une bonne dizaine qui venait d’en face de la maison, moi j’leur tirais direct dans la tête, et je rigolais, j’me coryais à la fête forraine, vous savez les jeux avec les carabines à plombs, ben pareil mais en plus dur, parce qu’ils étaient beaucoup et ça avance vite ces choses.
Même qu’à un moment yen a un qui est arrivé à la porte, et il tapait, il tapait, si fort que la commode derrière elle tremblotait, et que la porte elle s’est fendue. Vite j’ai couru devant la porte et j’ai tiré à travers. Tac dans les dents, j’l’ai vu par le petit trou que j’avais fait en tirant, la mâchoire du bas elle a sauté et ya même une dent qui s’est plantée dans la porte.
J’ai pris Martha par le bras et on a couru à la porte de derrière, ben oui fallait partir, on abandonnait le navire comme ils disent, même si ça me plaisait pas beaucoup ça, parce que c’est moi qui l’avait construite cette maison, avec mes mains !
J’ai poussé la chaise qui bloquait la porte et on a couru dehors, et là j’ai crié « Oh Bon Dieu ! » ? Il y en avait tout autant que devant, mais derrière. J’ai pris la carabine que j’avais donné à Martha et j’ai commencé à tirer sur le premier, mais ils étaient trop alors j’ai laissé tomber et on a couru. Mais je savais pas où aller pour être plus sur, alors on a couru vers le centre de la nouvelle ville… »