TEMOIGNAGES DE SURVIVANTS :
CHRIS VALENTINE (1ère partie) :
« Je vais tout vous raconter, en essayant d’en oublier le moins possible.
Déjà pour moi tout a commencé Vendredi soir, comme tout le monde je pense, vers 18h, 18h30. J’avais fini ma journée vers 17h, mais en arrivant chez moi, ma voisine, la sympathique Mlle Lincoln, est venue me voir, vêtue d’une simple robe de chambre, et m’a demandé si je ne pouvais pas jeter un coup d’œil à « ses tuyauteries ». Je vous avoue que je n’ai pas très bien compris au début, je me suis donc rendu chez elle et elle fût bien plus explicite. Elle m’avait tapé dans l’œil la petite, et ce depuis un petit bout de temps donc je n’ai pas vraiment résisté.
Après avoir fait mon boulot sur elle, je vous épargnerais les détails, je suis descendu à la cave pour voir les tuyaux, de la maison. Elle m’avait dit qu’il y avait des bruits étranges dans l’évier.
Je suis bien resté trente minutes en bas, il y avait pas mal de boulot, c’est au moment où je suis remonté qu’il s’est passé un truc étrange.
Il n’y avait plus aucun bruit dans la maison, mais c’était un silence pesant, ce genre de silence qui met mal à l’aise.
J’ai appelé Mlle Lincoln, tout en restant sur mes gardes.
J’avais gardé ma clef anglaise à la main et je la serrais fort, ça me rassurait un peu.
J’ai été soulagé quand j’ai vu sa silhouette dans la cuisine au fond du couloir, mais je n’aurais pas dû.
Je me suis approché je lui parlais comme si de rien était, elle était de dos, et au moment où elle s’est retournée, j’ai vu son visage, à moitié arraché, déformé par une grimace horrible, les yeux livides, elle était couverte de sang, son corps comme sa robe de chambre. Sa robe de chambre qui avait d’ailleurs légèrement glissé et laissait apparaître son sein gauche.
Cette scène était grotesque, limite ridicule même je dirais.
Elle s’est mise à courir vers moi à une vitesse folle, elle prenait appuis sur les murs pour aller encore plus vite, tout ça en poussant de petits gémissements saccadés.
Je suis resté quelques secondes à contempler la scène sans pouvoir rien faire.
Mais heureusement, j’ai eu le déclic au moment où elle se jetait sur moi, elle visait ma gorge.
J’ai frappé avec ma clef de toutes mes forces au niveau de la tempe. Elle fût stoppée net par le coup, le crâne défoncé, du sang avait giclé en traçant une ligne rougeâtre sur le mur.
J’étais en transe, ne pensant plus à rien, la clef dégoulinante de sang dans la main droite.
J’ai attendu devant le corps inerte quelques secondes, et j’ai vu les muscles de ses bras se contracter, elle n’était pas morte, et plus encore, elle tentait de se relever.
J’ai alors frappé, frappé, frappé son crâne jusqu’à que je n’en puisse plus, des gerbes de sang giclaient dans tous les sens, j’en ai vite eu le visage couvert, mais peu importait, je frappais, et je frappais, et je frappais encore et toujours.
Quand je me suis arrêté, j’ai pris conscience de ce que je venais de faire, en voyant le crâne ouvert, plein de sang et de restes de cervelle, le visage défonçait contre le parquet.
C’est marrant comme on se souvient de ce genre de détails…
J’ai eu un frisson horrible, et un goût affreux dans la bouche. Je me suis retenu pour ne pas vomir, et me suis relevé.
Il ne fallait pas que je me laisse aller, il y en avait forcément d’autres, ça ne pouvait pas être un cas isolé.
Il fallait que je réfléchisse, et vite.
Je suis sortis alors de la maison et j’ai couru m’enfermer chez moi. »