COUPE DE FRANCE / MARSEILLE-RENNES :
Le match a déjà commencé
samedi 15 avril 2006 - 10 h 43 - Olivier DE LOS BUEIS
Mercredi, Marseille et Rennes, rivaux en championnat, s’affrontent en demi-finale de la Coupe de France. Avec des propos très durs contre l’OM et les arbitres qui le protégeraient, Lazlo Bölöni a déjà lancé le match sur le plan verbal.
Marseille-Rennes a déjà commencé. Rarement habitué à ce genre de joutes verbales en France, où le langage policé et le politiquement correct ont fait école jusque dans nos vestiaires, la sortie préméditée de Lazlo Bölöni à l’annonce du tirage de la Coupe de France ressemble aux répétitifs affrontements verbaux entre clubs des championnats espagnols, italiens ou portugais. Pour rappel, l’entraîneur roumain lançait à l’annonce du match Marseille-Rennes en demi-finale de la Coupe de France : « Je ne suis pas heureux d´aller à Marseille. Ce tirage n´est pas favorable pour le Stade Rennais. J´aurai préféré jouer à la maison pour bénéficier du soutien de notre public mais aussi pour faciliter notre récupération physique. Mais plus que tout, il va falloir encore avaler le cinéma marseillais. Ce problème existe depuis plusieurs années en France et n´a toujours pas été solutionné. Quand tu vas là-bas, tu sais que tu joues face à une équipe protégée. Il y a de la simulation permanente et le jugement tombe toujours de leur côté. Voilà, j´avais tout cela sur le coeur depuis quelques temps. C´est dit. »
Depuis, les messages se sont agglutinés. Les supporters marseillais, encore échaudés par le point retiré par le CNE suite à l’affaire PSG-OM, demandaient à corps et à cris des sanctions contre ces propos déplacés. On peut leur donner raison. Ces paroles ne valorisent pas le sport et sont clairement anti-sportifs. Mais après tout, cela ne reste qu’un jeu. A force de répéter que les entraîneurs et les joueurs ne font que dans la langue de bois, ils pourraient être ravis de ce genre de sortie. Aux dirigeants, joueurs et supporters marseillais de répliquer avec intelligence lors de cette rencontre. Nul doute qu’ils sauront chauffer les oreilles de Bölöni sans avoir à lui jeter des téléphones ou autres projectiles comme ce fut le cas avec Luis Fernandez à une époque. Pape Diouf, président suspendu et qui donc parle en son nom propre et plus pour l’OM, si l’on a tout compris au jugement du CNE, lui a déjà répondu: « Laszlo Bölöni est un homme qui n´a aucun respect pour le corps arbitral auquel il prête des intentions malhonnêtes. Ces propos ne sont pas dignes. Si, comme il le prétend, l´arbitrage penche toujours en faveur de l´OM, nous ne serions pas où nous sommes mais plutôt à la place de Lyon. Heureusement que le ridicule ne tue plus sinon, Bölöni se désintègrerait tout seul. Ces propos masquent une trouille certaine de venir à Marseille. Je préfère les propos plus élégants de son président qui parle, au sujet de ce match, d´un grand spectacle. »
Un grand spectacle, il devrait y en avoir sur la pelouse et autour. Ce match, déjà très intéressant, n’avait pas vraiment besoin de ce piment-là. Mais voilà, Bölöni n’a pas pu s’en empêcher. Reste à voir si sa manoeuvre peut-être constructive pour son équipe. Nommé pour arbitrer ce match, M.Piccirillo ne semble pas être du genre à céder à ce genre d’arguments. Certains internautes, toutefois, s’interrogent sur le fait que l’homme en noir puisse avoir des attaches familiales dans le Sud de la France. Soyons assez intelligents et respectueux des arbitres pour croire que ce genre de considération n’entre pas dans leur façon d’arbitrer. Avec cette bagarre de cour d’école commencée par Lazlo Bölöni, le match est déjà lancé sur des mauvaises bases. Dans d’autres pays, ce genre de polémique est quotidien. Dans d’autres sports, on pense même que cela fait partie du show. Dans le football français, cela fait tâche. Faut-il que le CNE sanctionne Bölöni pour avoir dit ce qu’il pense ? Sans doute. Mais il est quand même dommage qu’on soit obligé d’en arriver là. La liberté d’expression ne semblerait en effet plus avoir de vie réelle dans le football français…