J´ai cru ne jamais y arriver. Les embouteillages quelle plaie. Je vois que vous êtes impatients, je suis très
mes
Alors, bonne lecture!
Chapitre 21 : Amazonie, nous voilà !
Le temps de réduction du mélange touchait à sa fin. Très bientôt, ils devraient adjoindre ce fameux hypercharacias d’Amazonie.
En attendant, ils durent assister au match opposant Poufsouffle et Serdaigle ; le résultat les satisfit pleinement puisqu’ils menaient à la marque devant ces derniers.
Le plus pénible pour Harry fut de se rendre à cette fameuse invitation du club de Slug. Hermione y allait en compagnie d’un Ron enchanté d’enfin participer à l’une de ces réunions si prisées. Harry aurait été heureux d’accompagner Ginny, mais il la vit si souvent au bras de Dean Thomas, qu’il n’osa pas s’interposer. Luna était bien trop entichée de Drago pour espérer l’en décoller, il se décida à solliciter Vicky Frobisher qui l’avait secondé dans l’équipe de Quidditch, en début d’année.
Quand il arriva avec sa cavalière, l’ambiance battait déjà son plein : orchestre en sourdine, ballet des elfes chargés de plateaux de gâteries, fées volantes, rien ne manquait. Le maître des lieux l’aperçut et fondit sur lui mieux qu’un faucon sur sa proie.
« Vous voilà enfin ! Je craignais un désistement de dernière minute. »
Immédiatement, Harry fut propulsé dans la foule des favoris du professeur. Il remorqua Vicky à sa suite avant de se retrouver coincé par de parfaits inconnus. Il en serra des mains, répondant aussi poliment que possible aux questions embarrassantes du style :
« Vous-Savez-Qui n’a pas su vous tuer ! Pourquoi, à votre avis ?
- C’est douloureux, cette cicatrice ? »
Harry se sentait comme le difforme à qui tout le monde frottait la bosse afin de profiter d’un peu de sa « chance ».
Slughorn l’entraîna plus loin ; en chemin, ils tombèrent nez à nez avec Sibylle Trelawney. Quel choc ! Si Harry s’attendait - bien sûr – à quelques changements chez cette malheureuse victime de Voldemort, ce qu’il voyait dépassait ses plus sombres appréhensions. Amaigrie, les cheveux devenus complètement neigeux, le professeur de divination faisait bien pâle figure. Elle était présente de corps, mais son regard ne semblait qu’être tourné vers l’intérieur, ne reflétant aucune émotion. Malgré que Harry soit à peine à un mètre d’elle, Sibylle Trelawney ne broncha pas. Elle se contentait de déambuler parmi les invités en avalant régulièrement son hydromel, tel un fantôme.
Horace Slughorn parut contrarié par cette rencontre inopinée. Il tira vivement Harry en arrière afin de changer de direction. L’ennui, c’est qu’un sorcier proche – une véritable force de la nature – bloquait la retraite. Pire, il reconnut le jeune homme :
« Nom d’une harpie, mais c’est bien lui ! L’élu, le survivant : Harry Potter ! »
Il n’eut pas le temps de secouer la main de son vis-à-vis qu’un rugissement démentiel s’éleva au-dessus du tumulte ambiant.
Hallucinée, Sibylle pointa un index accusateur sur le garçon pétrifié :
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… Il naîtra de ceux qui l’ont par trois fois défiés, il sera né lorsque mourra le septième mois… Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbre ignore… et l’un devra mourir de la main de l’autre car aucun d’eux ne peut vivre tant que l’autre survit ! »
Un coup de tonnerre n’aurait pas mieux stupéfié l’assistance. Là, devant tous, la voyante venait d’énoncer la prophétie complète en désignant Harry.
Deux secondes après ces terribles paroles, le professeur Trelawney s’évanouissait. Les secours qu’on lui porta créèrent la diversion espérée par le jeune homme qui en profita pour s’éclipser le plus rapidement possible, plantant là sa cavalière déboussolée par les événements.
La nouvelle se répandit comme une poignée de poudre enflammée. Harry se revit à l’époque où on le suspectait d’être l’héritier de Serpentard. On chuchotait dans son dos, on le montrait du doigt ; partout des mines effarouchées ou curieuses détaillaient le phénomène. Si plusieurs doutes avaient été émis un moment sur le rôle qu’aurait à jouer Harry, tous étaient balayés après cette reconnaissance aussi publique que fracassante.
« Ne t’inquiète pas, Harry ! lui souffla Hermione alors qu’ils se rendaient au cours d’enchantement.
- Tu crois que ça me plaît d’être un animal de foire ? Hier, je n’ai pas pu résister : j’ai effrayé une des nouvelles de Serdaigle.
- Qu’est-ce que tu lui as fais ?
- Oh, rien. Elle me regardait avec des yeux de merlan frit, j’ai avancé en criant « bouh ! » ; elle a pris ses jambes à son cou.
- Tu n’aurais pas dû !
- Ça m’a fait beaucoup de bien, rit le garçon plus détendu. »
Le professeur Flitwick reçut les étudiants avec sa bonhomie traditionnelle. Le décor de la classe était cependant inaccoutumé. Depuis le plafond, tombait un enchevêtrement de ficelles assez grossières ; plusieurs plantes étranges s’alignaient sur son bureau.
« Ce matin, je désire vous enseigner le sortilège de tressage et celui de Pacification. Si le premier peut paraître élémentaire, sa réalisation nécessite un grand niveau de concentration. Le geste est simple, une succession rapide de petites croix, comme ceci, à laquelle vous ajoutez : Tractartis. »
La démonstration fut impeccable, les fils qui pendaient en tous sens se tortillèrent gaiement jusqu’à former une splendide torsade.
« Passons maintenant à ces plantes. Je sais qu’elles sont plus du ressort de Mrs Chourave, mais celles-ci conviennent parfaitement pour le sortilège de Pacification. Qui connaît cette variété ? Oui, Monsieur Londubat ? »
Incroyable, Hermione s’était fait damer le pion par un Neville très sûr de lui.
« Il s’agit de la Canibalus Voracius.
- C’est exact ; dix points pour Gryffondor. Observez ce spécimen ; banal, n’est-ce pas ? On dirait un œuf assis sur des feuilles. Pourtant… »
D’un mouvement du poignet, le professeur fit apparaître une tarentule très agitée qui provoqua le recul instantané de Ron. Sous le charme de Flitwick l’araignée lévita en direction de la plante. Tout se passa très vite. La tige s’allongea ; le renflement ovoïde qu’elle supportait s’ouvrit sur deux rangées de dents acérées. Il y eut un craquement sec, et des mines écoeurées : la plante avala sa proie.
« Voyons maintenant ce qui se passe si nous faisons appel au sortilège de Pacification. »
L’expérience recommença, une nouvelle tarentule fut proposée en pâture au monstre végétal. Mais, au moment où il se précipitait sur son encas, Flitwick cria :
« Paxi-dentus ! »
À la surprise générale, au lieu d’être croquée, l’araignée fut embrassée par une bouche édentée.
« Ce sortilège peut s’appliquer à toutes créatures offensives. Il suffit de modifier le suffixe. À vous, jeunes gens !»
L’entraînement débuta. Une partie des élèves s’occupa de natter les cordages tandis que l’autre tentait de désarmer les plantes carnivores. Évidemment quelques morsures se perdirent dans l’aventure, et Neville se retrouva proprement ligoté dans les fils pour une légère erreur de prononciation.
Le cours du vendredi s’expédia assez rapidement. Harry voulait peaufiner les derniers détails de l’expédition qui démarrerait vers 18 heures.
« Il y a huit heures de décalage horaire, si nous partions du matin, on serait obligé de passer la nuit sur place ; je n’en ai aucune envie.
- Moi, non plus renchérit Ron déjà paniqué à l’idée de la faune qu’ils devraient affronter.
- J’ai piqué des remèdes à l’infirmerie, déclara Hermione. J’ai eu le temps de préparer plusieurs potions, mais certaines demandent plus de temps.
- Et moi, j’ai révisé tout ce que l’on connaissait des plantes et bestioles locales, affirma Neville.
- Je suis paré au niveau de la géographie. Le professeur Dumbledore m’a beaucoup aidé à situer l’endroit le plus susceptible de receler la plante. »
Aussi discrètement que possible, ils sortirent bagages et provisions, regroupant le tout dans la cabane avant de charger la moto. Là, Harry devint songeur :
« Je n’aime pas l’idée de laisser le mélange sans surveillance avec Malefoy dans les parages. Si on cèle les portes, on n’est pas sûr de pouvoir les rouvrir, après. »
Ils cogitèrent en silence puis Hermione bondit :
« Je sais ce qu’il faut : un Repousse-Malefoy ! J’ai étudié le Repousse-Moldus ; je dois être capable de l’appliquer à un sorcier.
- Applique un Repousse-Tout, ce sera plus sécurisant ! rigola Ron.
- Avec le contre-sort à disposition, sinon, on sera fin de ne plus savoir entrer.
- Bien dit, Neville ! Allez Hermione, vas-y ! »
La jeune fille insista pour qu’ils sortent d’abord la moto. Ensuite, depuis la petite clairière face à la cabane de bois, elle lança son incantation non-formulée avec un grand geste de sa baguette. Souriante, elle prit place sur la selle à rallonge :
« Même une souris n’approchera pas à dix mètres avant d’aller voir ailleurs ! »
Réconforté, Harry assuma la manœuvre et, bientôt dans l’atmosphère déjà glacée de cette fin novembre, la moto de Hagrid, chargée de ses quatre passagers, s’éleva fièrement vers les nuages.
Si Harry avait regardé en arrière, il aurait été horrifié de ce qu’il aurait constaté. Là, dissimulé dans les bosquets, un pâle jeune homme venait d’assister à ce départ sans fanfare. Un fin sourire éclairant ses traits, Drago Malefoy se détourna à pas lents.