Bon, eh bien... Si ceux que ça intéresse sont d´accord: je poste.
Après un long parcours dans le ventre de la falaise, ils accueillirent l’air libre avec un réel plaisir.
« C’est magnifique ! s’extasia Hermione en détaillant leur nouvel environnement. On dirait… un jardin. »
Effectivement, à croire qu’ils étaient au Paradis. Quelle harmonie !
Partout, gracieuses, des fleurs ouvraient leurs délicats pétales, distillant dans l’atmosphère des parfums suaves. Bosquets, buissons, parterres, tout était orchestré dans un festival enchanteur de tons les plus parfaits.
Enivrés des senteurs multiples, les amis se régalèrent de ce spectacle grandiose, oubliant même le but de leur venue.
Hermione et Ron, main dans la main, se mirent à courir sur le gazon. Riant, le jeune homme saisit sa compagne par la taille, la faisant tournoyer en l’air.
« Ils sont fous ou quoi ? demanda Harry, étonné par cette attitude puérile.
- Ils s’aiment ; ils ont bien le droit de s’amuser un peu, soupira Neville, l’air extatique. D’ailleurs, moi aussi, j’ai envie de rigoler ! »
D’un coup, le jeune Londubat s’éloigna en courant puis, avec une souplesse digne d’un champion de gymnastique, il exécuta plusieurs sauts périlleux. Voir ses amis s’ébattre ainsi stupéfia Harry qui demeura cloué sur place. Qu’est-ce qui leur arrivait ? Ne voilà-t-il pas qu’ils formaient une ronde à trois et chantaient à tue-tête des comptines de gosses de cinq ans ?
« Eh ! Je vous signale que le temps passe. Cessez vos gamineries, immédiatement ! »
Loin de l’écouter les autres n’en rirent que de plus belle, laissant Harry complètement désorienté face à ce nouveau problème. Roulades dans l’herbe, culbutes, parties de chatouillis, cette succession d’enfantillages laissait Harry de marbre. Il ne comprenait pas.
Puis, brusquement, tout s’arrêta.
Plus de rires, plus de mouvements, rien ! Le joyeux trio paraissait pétrifié mieux que par un « Petrificus Totalus »
« Ce n’est pas drôle ! À quoi vous jouez ? » s’inquiéta Harry en s’approchant lentement des corps statufiés dans leur posture antérieure.
Voulant secouer sa troupe, il posa une main tremblante sur le bras de Ron, et la retira vivement.
« Glacé ! Ils sont comme congelés, qu’est-ce que… ? »
Un bruissement proche l’obligea à se détourner ; c’est alors qu’il la vit.
Elle était sans conteste la plus belle femme du monde. Une Vélane ? Grande, élancée, une cascade de cheveux blonds lui descendant presque aux chevilles, drapée d’une toge immaculée, elle le regardait en souriant.
« Qu’attends-tu pour rejoindre tes amis ? » susurra-t-elle d’une voix mielleuse.
D’abord interloqué, Harry répliqua fermement :
« Qu’est-ce que Vous leur avez faits ? Annulez ça tout de suite !
- Sûrement pas ! J’ai si peu de visiteurs ; quelques statues supplémentaires agrémenteront plaisamment mon jardin. Pourquoi mes parfums ne t’atteignent-t-ils pas ? Cela me surprend. En quoi es-tu différent ? Qui es-tu ? Que veux-tu ?
- Je… je suis Harry Potter, je cherche une plante. »
La divine apparition éclata d’un rire cristallin :
« Tu as osé pénétrer mon univers pour me dépouiller ? Es-tu inconscient ou seulement idiot ? Sache que les rares qui entrent ici, ne ressortent jamais. Potter… Ce nom ne m’est pas étranger. Serais-tu… ? »
Elle réfléchissait. Ses traits reflétèrent successivement le doute, l’étonnement puis…
« Tu as vu la mort de près, je me trompe ?
- C’est… c’est exact. » avoua Harry malgré lui.
Ces parfums devaient être une sorte de Véritasérum, impossible autrement.
« Oui ! Je comprends à présent ce qui te singularise. Harry Potter, le survivant. Celui sur qui le Seigneur des Ténèbres voudrait tant mettre la main. Et te voici en mon pouvoir. Il me récompensera sûrement quand je t’aurai livré à lui. Car si mes effluves sont inopérants sur toi, ma magie, elle, ne te ratera pas. »
Langoureusement, elle s’approcha en ondulant des hanches. Un chant d’une infinie beauté roula de sa gorge veloutée.
« Je suis Sylviane, la reine du monde floral. Viens avec moi, entends ma voix, tu seras mon roi. »
Quelle tentation ! Harry eut la sensation d’être soumis à l’Imperium. Il oscilla dangereusement, prêt à accepter tout ce que cette déesse lui proposerait.
« Oublie soucis et tracas, dans me bras tu seras comblé au-delà de toute espérance. »
Résister ! Il ferma son esprit, ses oreilles, ses yeux ; se concentrant sur l’image qui illuminait son cœur : Ginny.
« De quel matière es-tu fait ? tonna Sylviane, courroucée. Nul ne peut me contrer.
- Je suis navré de vous contredire, pouffa Harry, raffermi.
- Tant pis pour toi, pauvre imbécile. Mon favori te transformera avant peu en un adorable rôti cuit à point. »
Elle émit un sifflement bizarre que Harry s’étonna d’identifier facilement.
Le Fourchelang ! Cette femme le parlait comme les descendants de Salazard Serpentard et… lui-même.
« Vous essayez d’appeler Vipérine ? ricana-t-il avec arrogance.
- Quoi ? Tu as traduit ce que j’ai dit ?
- Entre autre talent, je possède cette langue peu courante, tout comme Voldemort. C’est inutile de vous fatiguer, votre Dragon ne viendra pas !
- Il ne tardera pas, il obéit toujours.
- Pas cette fois. Nous l’avons rencontré et…
- Tu ne l’as pas tué, au moins ? Vipérine est mon seul ami. Si tu as commis cette infamie, je…
- Il n’est pas mort ! s’empressa de la rassurer Harry. Nous l’avons… kidnappé.
- Kid… quoi ?
- Nous l’avons entravé et caché.
- Rends-le moi, ou tu le regretteras.
- Je vous propose un marché : votre dragon contre… trois choses. »
Harry crut un instant avoir dépassé les bornes vu l’éclair de fureur qui brilla dans l’émeraude des yeux de la reine. Pourtant, sans avoir bu de Félix Félicis, il était certain de son coup.
« Dis vite ! Il me tarde de le revoir. »
Une vague de triomphe l’inondant, Harry inspira profondément avant de lâcher :
« Vous décongelez mes amis, vous nous confierez un plant d’hypercharacias, puis vous nous laisserez repartir sans dommage. »
Oh ! là là ! Nettement moins jolie la déesse avec ses traits déformés par la rage. Sur ses gardes, Harry était prêt à repousser les mauvais sorts que cette furie semblait lui destiner. Néanmoins, après avoir craché par terre de dépit, elle se calma :
« Tu as gagné, Potter. Je le promets. Rends-moi Vipérine, maintenant !
- Sans vouloir mettre en doute votre honorable parole, j’aimerais d’abord que vous agissiez. Votre dragon vous sera remis quand nous serons… en sécurité.
- Qui me dis que tu respecteras le marché ?
- Euh… moi, je vous le dis. Ma parole vaut bien la vôtre, non ? »
Cette ultime fanfaronnade eut raison des réticences de Sylviane. D’un geste dédaigneux, elle libéra le trio de l’enchantement qui l’immobilisait ; d’un autre, elle attira une motte de terre au milieu de laquelle croissait un étrange végétal, laid et velu.
« Tu as ce que tu désirais. Partez, et rendez-moi Vipérine. »
Ron, Hermione et Neville massaient leurs muscles raidis après cette inaction forcée. Interdits, ils regardèrent tour à tour Harry qui toisait une bien belle personne.
« C’est qui, celle-là ?
- Ron, je te présente la reine Sylviane, maîtresse de ces lieux et roublarde au possible !
- Comment oses-tu m’insulter, freluquet ! Il me suffit de…
- Un geste de travers, et vous ne reverrez jamais votre favori !
- Mais de quoi ils causent ?
- Tais-toi, Neville, souffla Hermione tentant de saisir les nuances de l’affrontement.
- Donnez-nous l’hypercharacias ! Pas ce… cette…
- Un Vulgarus pustulus ! s’extasia Neville. J’en ai vu dans un livre et… »
Les épaules de la reine s’affaissèrent légèrement, elle avait joué et perdu.
D’une chiquenaude, elle convoqua une seconde plante. Dès qu’il l’aperçut, Harry sut que c’était la bonne. La montre de Dumbledore le confirma en émettant un doux rayonnement depuis le fond de sa poche.
Inutile de s’éterniser. D’un signe du menton, Harry ordonna un repli général après s’être emparé de son trésor. Au petit trot, ils décampèrent.
« N’oubliez pas votre engagement, jeune Potter. Sinon… »
Les paroles envenimées n’atteignirent pas Harry qui ne songeait qu’au trajet inverse.
« Mais que s’est-il passé ? insista Hermione pour la dixième fois en galopant à la suite du garçon.
- Plus tard. J’ai hâte de mettre le plus de distance possible entre cette femme et nous. Tu as toujours le mini-dragon, j’espère ? »
La jeune fille fouilla sa poche et exhiba le reptile endormi.
« C’est lui, Vipérine ?
- Oui ! Et elle y tient beaucoup, heureusement pour nous. Déposons-le là où nous l’avons trouvé. Il la rejoindra… s’il le peut.
- Tu ne vas pas lui rendre sa taille normale ?
- Pour qu’il nous transforme en brochettes ? Sylviane se débrouillera, j’en suis convaincu. »
Dès qu’ils abordèrent la caverne, Hermione réveilla la bestiole. En douceur, elle jeta un léger « amplificatum » qui lui donna le volume d’une grosse poule.
« Il rejoindra plus facilement sa maîtresse sous cette forme. », sourit la jeune fille en l’abandonnant à sa destinée.