Chapître 12 : L´astre ténèbreux.
FLASHBACK
Ils s´engagèrent sur le chemin. Les beaux chants des oiseaux , les teintements clairs de l´eau éclairaient de leurs douce sonorités la belle forêt. Ils marchaient heureux, dans ce paysage joyeux.
Puis peu à peu, les sons de la forêt disparurent, faisant place à un silence inquiètant, parfois troublé par des cris terrifiants. Les oisaux aux ramages éclatant firent place aux vautours affamés, les fleurs colorés aux épines meurtrières, les arbres protecteurs aux ronces dévastatrice. Il y avait toujours un astre dans le ciel, mais il était noir, rayonnant de rayons malfaisant. Sa vue vous glaçait le sang, faisant de vous une créature sans chaleur, privé de vie. Le chaleureux soleil laissait place à son inverse dans ce lieu maudit.
Toute joie était anéantie, toute parole vaine. Des larmes coulaient sans bruits de vos yeux, remplissant vos lèvres de gouts amers et salés. Puis les larmes cessaient, et c´était le commencement de la mort. Tout espoir, toute raison disparaîssait, ne laissant place qu´à une morne et éternelle folie. Et au bout d´un temps infini, le mince fil qui vous rattachait encore à la vie finissait par se rompre, faisant chanceler les jambes, faisant flèchir le coeur. On mourait sans s´en apercevoir, comme l´on s´endort soulagé d´une longue et rude journée. La forêt comptait un disparu de plus.
Donc Shadow, Corthus et Ashura avançait dans cette forêt, inconscient pour le moment de leur triste sort ; ils étaient partis à l´aveuglette, le temps les suivant à la trace. Ils voyaient les plantes se raréfiaient, les bruits s´éteindre. Le commencement de l´engloutissement. Bientôt ils virent les ronces, les épines, et l´astre si terrible, tant redouté par la nature. Avec étonnement, ils constatèrent le changement, après une longue marche sans un mot. Ils voulurent parler, mais le gel pénètra instintanément par cette ouverture soudaine, les remplissant du froid du soleil noir. Ils continuèrent donc, dans le silence le plus total. Shadow voyait les visages de ses compagnons changeait lentement ; la valeureuse Ashura s´affaisait sous son propre poids, pourtant mince. Les ailes de Zéphyr et Firevolt s´alourdissaient de plus en plus, les faisant s´écrouler au sol. Corthus, si courageux, tremblait de peur devant ce soleil ténèbreux et impitoyable. Il pleurait, pleurait, pleurait, mélangeant le sang des écorchures au nobles larmes. Tous tombaient, mais tous se relever. Mué par une volonté inébranlable, un désir de justice ou un ardent besoin d´héroïsme, ils se reprenaient tous, quoique qu´il leur en coute. Shadow, lui, ne luttait pas. Il ne sentait rien. Il poursuivait sa route, sans prendre garde au soleil, sans faire attention à ses compagnons.
Quand il sentit soudain un poids sur son épaule. Ashura s´écroulait sur lui, incapable de continuer. C´est alors qu´il s´aperçut de l´état inquiétant de ses amis. Il leur parla, mais leur yeux restèrent inexpressif et leurs pupilles blanches. Il vit trop tard qu´ils devenaient fous. Il eut beau les secouait vigouresement, rien n´y changeait. Il secouait une nouvelle fois Corthus, quand il vit derrière eux un point noir. Plus, une ombre gargantuesque qui fonçait sur lui. Ses yeux s´emplirent de terreur, sans qu´il sache pourquoi ; il devait l´éviter. Il mit les deux chaos sur son épaule, prit Corthus et Ashura à pleines mains, et il commenca la course. Il fonça à toute allure, le vent battant à ses tempes, les ronces le cinglant de coups. Mais il continua, de plus en plus vite. Puis il fit si rapidement, que les pavés décollèrent par volée, déplacés par son passage. On ne le voyait plus, on voyait seulement des kilomètres de poussière avec une forme vague rouge devant.
Quand il crut avoir distancé l´ombre, il tourna la tête, mais le furieux spectre le poursuivait toujours, grandissant. Il poussa encore plus fort, courut encore plus, mais la forêt semblait interminable.
Soudain, enfin le chemin sembla s´arrêter. Il était presque arrivé. Voyant la fin du calvaire proche, il accéléra encore, encore et encore. Mais c´était un gouffre. Un gouffre sans fond qui s´étalait devant lui : Il pouvait entrevoir la fin du gouffre, et la reprise du chemin dans la douce forêt. Mais comment traverser cette béante fissure du sol ?
L´ombre le talonnaint, le léchant de ses milles tentacules glaciales, il sauta, vers la végétation luxuriante au loin. Sans espoir. La fissure s´étalait sur plus de 20 km de long. Il plongea la tête en avant, utilisant toutes ses forces. Il conjura le Mishra en lui, sans effet. Il ferma les yeux, attendant la fin dramatique de son envolée. A bout d´un moment vide de résultats, il ouvrit les yeux. Il eut la plus grande surprise de sa vie : il volait. Droit devant, extrèment vite, plus vite encore que l´ombre. Il tourna les yeux, et crut voir des ailes fantomatique, qui disparurent aussitôt. Heuresement, il était de l´autre côté, et le spectre avait disparu. Assis sur au bord des abysses, il réfléchissa.
L´ombre avait avalé une grande partie de lui même, et elle voulait plus. Les souvenirs de Shadow lui semblant apétissants, c´est lui qu´elle voulait engloutir désormais. Elle le pourchasserait, à ses moments les plus démunis.
Il cessa là ces réflexions, quand il vit ses compagnons cligner des yeux et se relever, l´air perdu et hagard. Ils avaient pliés devant leurs plus grande crainte, représenter par cet odieux soleil. Dans cette forêt maudite, tout s´inversait, raison en folie, chaleur en glace, force en faiblesse. Mais ils avaient réussi, sauvé par Shadow, qui les avaient soutenu, alors que lui même affrontait sa pire peur ; celle de disparaître.