Lorient, qui jouera en D2 la saison prochaine, remporte son premier titre national face à Bastia ( 1-0) grâce à un but de Darcheville inscrit avant le repos. La finale a été retardée à la demande du chef de l´Etat à cause de sifflets entendus pendant l´hymne national.
L´histoire retiendra sans doute que la deuxième finale du XXIe siècle subit un curieux et solennel contre-temps en débutant avec vingt minutes de retard... à la demande expresse du président de la République, rendu furieux par les sifflets entendus pendant " La Marseillais" [lire le résumé des incidents]. Sur le socle de la Coupe de France, un seul nom traversera le temps. Celui de " Lorient", qui a achevé une saison douloureuse dans un giganteque moment d´euphorie. Vainqueurs 1-0 de Bastiais endoloris par le dixième anniversaire du drame de Furiani, les Merlus ont remporté la troisième finale de leur fin de saison, grâce à la frustration consécutive aux deux premières, face à Bordeaux en Coupe de la Ligue ( 0-3) et à Metz en championnat ( 1-1). Surtout, le club remporte son premier titre national en 76 ans d´existence.
Pour la troisième année consécutive ( et la cinquième fois en six ans), un club de Deuxième division représentera donc la France en Coupe de l´UEFA. Gueugnon, vainqueur de la Coupe de la Ligue 2000, et Strasbourg, vainqueur de la Coupe de France 2001, ont précédé Lorient dans cet habit. Lorient, Bordeaux, Paris, ce sera le ticket français en C3 pour 2002-2003.
Difficile de dire si Yvon Pouliquen goûtera lui aussi à sa première campagne européenne. Celui qui avait été appelé en décembre dernier au chevet d´une équipe malade savoure pour l´heure son étonnante performance : " conserver" un trophée conquis la saison dernière avec Strasbourg, pour sa première saison sur le banc d´une équipe pro. Blessé de n´avoir pu maintenir son équipe parmi l´élite après en avoir reçu le mandat aux pires heures de l´hiver, il permet à son club de sauver une partie de saison.
Difficile aussi de deviner combien de joueurs, parmi les vainqueurs, défendront cette coupe la saison prochaine. Jean-Claude Darcheville, le buteur du soir, si souvent décisif en championnat, prendra « à 99% » la direction de Bordeaux. Beaucoup d´autres retrouveront leur club d´origine après avoir été prêtés. Parmi eux, le Guinéen Feindouno, qui accompagnera Darcheville en Gironde vers le club avec lequel il a déjà été champion de France en 1999.
Mérité au regard du courage de l´équipe, maintes et maintes fois loué cette saison, ce succès doit tout à une entame de match déterminée et à une domination qui se sera rarement affaiblie. Bastia, mal parti, peut-être perturbé par l´attitude d´une frange de ses supporters, à l´origine des sifflets anti-Marseillaise, n´aura jamais sérieusement pesé sur les débats.
Avec plus de réussite et d´adresse, Lorient aurait pu remporter cerre finale sur un score comparable à celui que lui avaient infligé les Girondins de Bordeaux en Coupe de la Ligue ( 3-0). Avant l´ouverture de la marque, les Merlus ont plusieurs fois inquiété Boumnijel, si souvent que leur chance aurait pu passer. Mais peu avant le repos, une longue ouverture d´Arnaud Le Lan, reculé dans son couloir gauche, atterrissait dangeuresement dans les pieds de Jean-Claude Darcheville lancé à pleine vitesse. Vainqueur d´un duel épaule contre épaule avec Christophe Deguerville, Darcheville battait Boumnijel en deux temps, d´une feinte et d´un ballon piqué ( 41e).
Après le repos, Bastia n´est pas parvenu à accélérer et n´a pu faire illusion que sur deux jolis coups de Nicolas Dieuze, dont l´un échouait dans les pieds de Prince, qui ne cadrait pas son ballon ( 54e). Lorient passait à deux doigts de doubler le score par Darcheville ( 74e, 91e) et Feindouno ( 89e, 92e) qui, sans doute nerveux, rataient leur dernier geste. Juste pour prolonger le frisson jusqu´au coup de sifflet final et rendre la rencontre définitivement inoubliable pour les milliers de supporters venus de Bretagne.
