Une offre qui ne se refuse pas
Kiad m’avait à la porte, avec seulement quelques septims pour me payer un morceau de pain. Je l’avais visiblement vexé. Il ne fallait pas que je dorme à l’hôtel, la Confrérie Noire me retrouverait trop facilement, quand à Balnazar, il ne devait pas être loin. Il fallait que je fasse quelque chose. Il fallait que je me cache, mais où ? Un des mais de mon père, vivait à Cheydinhal, un autre à Kvatch, mais la ville, avait été apparemment détruite. Le frère de ma mère vivait dans le quartier commercial de la Cité Impériale. Il travaillait au Courier du Cheval Noir. Je devais aller le voir. Le reste de ma famille vivant à Haven, dans le Val-Boisé. Après, ce n’était que des amis ou de lointains cousins qui vivaient à Cyrodiil. Je partis donc chercher mon cheval. À l’écurie, j’aperçus du coin de l’œil une silhouette qui me suivait, qui se cachait, qui était assez furtive pour pouvoir me donner une peur bleue. Alors que j’étalonnais mon cheval, la silhouette s’empara d’une monture et se mit à ma poursuite. Je ne pouvais voir son visage dans l’obscurité, mais je ne voyais que des yeux perçants d’un rouge pâle… Bientôt, mon cheval saignait tant je le pressais. Il gagnait du terrain. Il dégaina son épée et commença à rire doucement. Quand à moi, mon estomac était tellement noué que je crus que j’allais vomir. Mon cœur battait si fort, que je crus que son martèlement régulier allait faire exploser mon crâne. Je ne me souvenais de rien, seulement qu’un homme armé me coursait pour me tuer. Le cheval commençait à haleter. Soudain, il tomba à terre. Mes éperons avaient pourfendus son corps, il se vidait de son sang. Le poursuivant s’arrêta calmement et ricana. Il jeta son épée et alluma une torche. Lorsqu’il sourit, je découvris sa large mâchoire ornée de grandes canines maculées de sang.
_ Un vampire !
Il éclata de rire et répondit sur un ton mielleux :
_ Oh ! Je vois que tu es perspicace ! Tu as de la chance, tu vas être ma seizième victime. Prépare toi à mourir.
Au milieu de cette ambiance, on entendit un sanglot. C’était le mien. Je me mis alors à pleurer. Le vampire éclata encore de rire, de pitié, devant mon pitoyable état. Alors qu’il allait me bondir dessus, une flèche lui transperça le cou, puis une deuxième, le torse. Lorsque le sang me tapissa la figure, je m’évanouis.
Lorsque je me réveillai, un Impérial armé d’un marteau détroussait les vampires. Il était avec un khajiit archer, dans une armure de cuir. Derrière, un Aldmer, dans une robe bleu, en train d’observer l’horizon. Il faisait encore nuit. Lorsque j’ouvris les yeux, le khajiit s’écria :
_ Là ! Il est encore vivant !
L’aldmer prit peur, tandis que l’Impérial dégaina sa lourde arme. Je bégayais :
_ No-on… Pitié… J’étais poursuivi par cette affreuse créature ! Merci de m’avoir sauvé !
Le khajiit expliqua :
_ On croyait tuer d’honnêtes voyageurs, mais on est tombé sur Smaël et toi !
_ Qui était ce Smaël ?
L’aldmer s’approcha et demanda :
_ Un poltron comme toi pourrait-il connaître des informations pareilles ?
L’Impérial cracha :
_ Non ! Car il va mourir ! Tue le Sabraham.
Le khajiit souffla :
_ Encore pour moi les corvées !
Mais au moment où sa dague allait percer ma gorge, un soldat à cheval, faisant sa ronde, débusqua sur le chemin. Il ne nous avait pas vu. L’Impérial chuchotta :
_ Vite ! On se tire !
_ Et le blanc bec ?
_ Prenons le avec nous ! On n’a pas le temps !
Ils me donnèrent un violent coup sur le crâne et me traînèrent jusqu’à leur repaire.
C’était une grotte, abritée entre deux énormes rochers, dont l’entrée était fort bien dissimulée. Dans la caverne, ils me jetèrent sur le sol. Le khajiit sortit quelques pièces d’or d’une bourse, et les jeta dans un coffre en bois :
_ Les temps sont durs…
L’aldmer lança une boule de feu sous une marmite et compléta :
_ En effet…
Pendant ce temps, l’Impérial me volait mon argent, et me prenait mon arc. Il dit ensuite :
_ Maintenant, on peut le tuer.
Il brandit sa claymore, mais je le retins :
_ Noon ! je sais où vous pourriez devenir très riches…
Il sembla intéressé et rengaina son arme. L’aldmer se dirigea vers moi et s’empressa :
_ Où ? Réponds ! Où ça ?
Je leur expliquais alors :
_ Voyez vous, je sais que la Confrérie Noire existe belle et bien, j’ai aussi entendu dire qu’elle était vraiment très riche : l’or des victimes et je ne sais quoi d’autre. C’est pour ça, que je vous demanderais de m’accepter dans vos rangs et nous détruirons la Confrérie Noire !
Sabraham ria :
_ Détruire la Confrérie Noire ? Même si elle existe, ce n’est pas à quatre que nous la détruirons !
Je lui adressais un sourire malicieux :
_ Justement, nous ne serons pas quatre… Mais des centaines !
L’Impérial et l’aldmer se regardèrent et conclurent :
_ Il est fou.
_ Mais non ! Vous êtes des bandits, et vous n’êtes pas les seuls ! Seulement, vous êtes hostiles les uns envers les autres ! Il faut cesser ça !
_ Et comment veux tu t’y prendre ?
_ Premièrement, réunir tous les brigands de Cyrodiil ! Nous verrons pour la suite !
Le khajiit dit :
_ Nous allons en parler. Reste là.
Il se retirèrent, parlèrent, jetèrent de petits regards, firent de grands gestes jusqu’à ce que l’Aldmer m’appris :
_ Ton plan est vraiment extrêmement osé. Mais les temps sont durs, et nous pensons que ton idée n’est pas si mauvaise… Nous voulons bien t’accepter au sein de notre groupe, mais il faut que tu fasses tes preuves.
Je ne pouvais pas refuser.
Sabraham s’écria :
_ Bienvenue parmi nous alors ! Lui, dit il en désignant l’Impérial, c’est Jolf Proma. Lui, c’est Anibald Deterius, un mage exclut de l’Université Arcanes. Et moi, je m’appelle Sabraham Double Trompeur.
Je me présentais :
_ Moi, c’est Brandar Filides.
Anibald sourit :
_ Au travail.