Sorti de la routine
Ce jour là, c’était un jour bien banal pour moi. J’étais encore dans les bois sombres de Boinoir, me nourrissant de biche et de sanglier imprudents. Cela faisait déjà deux mois que je traversais ces bois de long en large.
Ma flèche toucha bien sa cible. Content, je me dirigeais vers le cadavre du daim, l’empoignant avec force afin de la transporter jusqu’à mon minuscule bivouac. À mon campement, je pris mon couteau de chasse afin de peler l’animal. Ceci fait, je le découpais en quartier afin de le faire cuire correctement. Après ce petit repas, j’emballais les morceaux de viandes restant. Je déroulais ma couverture et m’y couchais. Demain, ça allait faire soixante quatre jours que j’étais seul, dans cette immense forêt, à manger de la viande et des racines.
Le lendemain, ce fut le craquement d’un morceau de bois du feu de camp qui me réveilla. Je remballais alors mon équipement, me préparant à vivre une journée comme les autres. Je me remis à sillonner la forêt. Je m’arrêtais à midi afin de manger les morceaux de viandes de la veille. Mais alors que le crépuscule commençait, une maison se présentait, non loin de moi. Elle n’était pas bien grande, construite entièrement de bois. Je profitais de cette occasion afin de demander quelques légumes au propriétaire, je commençais vraiment à en avoir marre de la viande, et les racines n’étaient pas très goûteuses. Nous autres, Bosmer, préférons beaucoup plus les fruits et légumes que les morceaux d’animaux cuits. Alors que je m’apprêtais à frapper à la porte, je vis qu’elle était entrouverte. J’entrais, la maison était en parfait désordre, et, dans le hall, un haut Dunmer en armure légère noire, aux étranges reflets, plantait un couteau de cuisine dans l’œil d’un villageois Rougegarde. Et alors que le sang lui giclait sur le visage aux traits lourds, il pesta
_ Par Sithis !
J’hurlais alors, à la vue du corps ensanglanté du Rougegarde :
_ Qui êtes vous !?
Il se releva lentement et répondit d’une voix mielleuse, que je frissonnais :
_ Je m’appelle Dasur Optil.
En brandissant mon épée longue de fer, j’interrogeais à nouveau :
_ Qu’a tu fais à cet homme démon ?!
_ J’ai exécuté les ordres.
_ Pose ton arme et suis moi !
Il éclata de rire :
_ Tu crois que tu m’intimides ?
Il pris sa longue épée et la brandit sur mon menton :
_ Pas de témoin, c’est la règle.
Du coup sec de ma lame, je repoussais la sienne vers le mur, et je m’enfuis à toutes jambes. Je ne me retournais que pour voir un homme en noir, qui bandait son arc sur le perron du chalet. Et lorsqu’il décocha, un éclair me déchira le bras. Malgré la douleur, je continuais de courir aussi vite que je pouvais, il fallait que j’échappe à la mort.
Une flèche empoisonnée
Chaque pas était un châtiment, qui me faisait plus souffrir qu’un coup d’épée. Un liquide douteux coulait dans la veine touchée par la flèche. Une fois que le chalet était loin, je m’assis contre un arbre et arrachais la flèche de mon bras. C’était horrible. Je me retins d’hurler. Maintenant que la flèche était retirée, il fallait que je fuis, l’homme n’allait pas tarder à me rattraper. Je cherchais autour de moi, l’ombre d’une cachette. Je ne vis qu’un fort au loin, mais les forts, étaient tous infestés de morts vivants et de vampires. Ma vision s’arrêta sur un roc, où, l’entrée d’une caverne se présentait. Mais les cavernes étaient une cachette trop évidente. Je décidais donc la cachette la plus haute, l’arbre. Mais je ne pouvais pas espérer monter avec mon épaule blessée. Je pris donc l’initiative de courir jusqu’à ce que je trouve une cachette correcte. Je commençais donc à courir, et là, avec un grand émerveillement, je pu apercevoir Leyawiin. Mais cela ne me réconfortait pas, en sachant qu’un tueur traversait Boinoir derrière moi. À Leyawiin, j’avais une connaissance, un ami à mon père, qui résidait près du château. Je me dirigeais donc vers sa maison, dans les rues, les gens étaient visiblement choqués à la vue de ma blessure, dont le sang avait recouvert la moitié de ma main. Je frappais à porte de l’ami de mon père, un magicien. LA porte s’ouvrit, et l’homme à la grande moustache blanche s’exclama :
_ Brandar ! Comment vas… Que t’es tu fais !?
Je grimaçais :
_ Bonjour Gamliek, une flèche, je t’expliquerais à l’intérieur, nous ne sommes pas en sécurité dehors !
Il me transporta sur son lit et ferma la porte à double tour. Il s’écria :
_ JE vais te soigner mon jeune ami, accorde moi deux minutes et pendant que je cherche le parchemin de Guérison D’Autrui, explique moi ton histoire.
Je lui racontais tout depuis le début, pendant qu’il fouillait dans des coffres et des armoires divers des parchemins qui pourraient soigner ma plaie. Il le trouva et prononça bien clairement des mots d’une langue qui m’était inconnu. Une fois mon histoire finie, il conclut :
_ Etrange histoire… Et cet homme ? De qui s’agissait il ?
Je frissonnais :
_ Je pense que c’était un homme de la Confrérie Noire. Je crois, que je suis leur prochaine cible !
Gamliek s’écria :
_ La Confrérie Noire !? Je pensais que ce n’était qu’un mythe ! JE comprends que tu es la prochaine cible !
Le silence tomba sur la salle. Par la fenêtre, je pus apercevoir un homme en noir. Mais alors que mon cœur martelait puissamment ma poitrine, une flèche transperça le crâne de Gamliek. Que devais je faire ? je me cachais simplement, épouvanté, en pleurant en silence.