Skingrad
Dissimulé dans le placard du salon, je voyais le même homme de la maison de la forêt qui entrait dans la demeure de Gamliek. Quand à ce dernier, il était à terre, mort. Moi, j’étais en train de pleurer, premièrement de tristesse et deuxièmement de peur. Oui la peur, ce qui vous saisi le corps, vous noue les tripes et vous fais trembler. Ce qui vous empêche de dire un mot. Cette sensation pris alors mon corps, j’avais vraiment peur, peur de la mort, de l’autre côté du placard. L’homme regarda autour de lui, il renversa quelques meubles. Il prit un morceau de charbon et écrivit sur un morceau de la robe de Gamliek. Puis il sortit. J’attendis quelques minutes avant de ressortir. Avec lenteur, je regardais le mot griffonné sur l’étoffe du mage. Je lis :
« Si jamais tu reviens, lis attentivement ceci :
TU VAS MOURIR ! Tu représentes une réelle menace pour notre Confrérie et on ne peut pas te permettre de te laisser parler. JE m’appelle Balnazar Ritos, je te dis ceci, car c’est les derniers mots que tu hurleras avant de mourir. »
Ceci me fit frissonner, il pouvait être n’importe où. Je me dis alors : je devais quitter Leyawiin. Je pris alors de la nourriture dans le buffet de Gamliek et de l’or qu’il lui restait. Je sortis alors de Leyawiin, allant à l’écurie. Avec seulement 1500 Septims, je réussis à convaincre le marchand de me céder un cheval. Sans tarder, je partis au triple galop vers Bravil, la ville la plus proche de Leyawiin. Je savais déjà où aller, ma mère s’était séparée de mon père pour des raisons que j’ignore, pour aller à Bravil, près d’une statue, elle avait trouvé une belle année où elle avait clôt soixante quatorze ans d’existence. Je ne m’arrêtais même pas pour la nuit, j’avais trop peur. J’étais arrivé à Bravil dans la nuit. La ville était endormie, seul de rares gardes patrouillaient. Je frappais à la porte de la maison de ma mère. Pas de réponse. Je continuais, toujours en vain. Soudain, une silhouette se dirigeait vers moi, elle était près de la statue. Je me collais à la porte et frappait de plus en plus fort. Alors que la silhouette s’approchait de plus en plus, je commençais à hurler. Un voisin sortit et cria :
_ C’est pas fini ça ? Va dépuceler des filles ailleurs sacripant !
Et il claqua le volet en jurant. La silhouette courut et je pus voir qu’il s’agissait d’un garde de Bravil qui chuchota avec autorité :
_ Par les Neufs ! Soyez un peu plus discret ! Vous allez réveillez toute la ville avec vos cris hystériques
Je baissais la tête :
_ JE suis désolé, je vous ai pris pour quelqu’un d’autre…
_ Bon ça ira pour cette fois, mais soyez tout de même moins stupide.
Avant qu’il ne parte, il me demanda :
_ Mais pourquoi frappiez vous à cette porte ?
_ JE cherche Lolera Filides, je suis son fils Brandar Filides. Vous la connaissez ?
Il ria :
_ La vieille Lolera ? Elle a déménagé à Cheydinhal. L’âge lui a un peu fait perdre la raison.
_ Merci bien.
Elle était à Cheydinhal, ce qui représentait quand même un peu de voyage. L’idée de voyager à nouveau comme ça, sans arrêt, dans la peur et la fatigue. Mais il le fallait, mais avant, je pouvais aller voir mon père, je l’avais toujours détesté, mais il était plus proche. Il habitait à Skingrad, près de la cathédrale. Je me mis donc en route.
Je pris la Route Verte pendant trois jours, pour remonter finalement jusqu’au pont qui surplombe le Rumare. Je m’arrêtais à la Cité Impériale, où je pris des forces et je dormis dans une auberge très charmante. Je repartis au matin du quatrième jour, vers Skingrad. Vers midi, j’arrivais à la Route d’Or. Je la longeais pendant tout le début de l’après midi, et puis, vers trois heure, je pu apercevoir les murailles de Skingrad. Les gardes me laissèrent passer sans problèmes.
Je déposais mon cheval à l’écurie locale, puis j’allais près de la cathédrale. La maison de mon père était là, sur la place, éteinte. Je frappais, mais à nouveau, pas de réponse. Mais alors que je m’apprêtais à recommencer. Un volet s’ouvrit et un Bréton dit :
_ C’est bon ! Entrez, c’est ouvert.
LA maison était de bois, elle n’avait pas changé depuis ma tendre enfance. Tout était en parfait désordre et les marques de mes nombreuses disputes avec mon père étaient encore là. Le bréton descendit l’escalier et commença :
_ Je suis le Père Maxence, je travaille à la cathédrale. Si vous cherchez Fradel Filides, il n’est pas là.
Je ruminais en moi-même la malchence que j’avais. Premièrement, ma mère avait déménagé et mon père était parti. Je soupirais :
_ Et où est-il ?
Il alluma une bougie, et expliqua :
_ La boutique d’alchimie de Fradel a été vendue, elle n’était pas assez rentable pour lui. Son ami Gamliek lui avait averti que la Guilde des Mages de Kvatch, il partit donc là bas. Mais hélas mon jeune ami, le Courier du Cheval Noir nous a appris que Kvatch a été dévasté par des Deadras il y a cinq jours. Il est probablement mort. Je ne le connaissais que peu. Pourquoi le cherchiez vous ?
_ C’était mon père… Je le cherchais pour me cacher.
Ce mot était sorti de ma bouche, j’aurais préféré ne rien dire, quand je vis les yeux du Père Maxence grandirent. D’un ton mielleux, il demanda gentiment :
_ Et pourquoi donc mon fils ?
Je lui répondis sèchement :
_ Vous ne me semblez pas assez digne de confiance pour que je vous en fasse part.
Il soupira :
_ Comme tu voudras.
Il pris un fauteuil et me pria :
_ Assieds toi, tu es mon invité, tu dois être vraiment épuisé à cause du long voyage que tu viens d’entreprendre.
Je m’assis, admirant son extrême amabilité :
_ Merci bien Père Maxence.
Il continua :
_ J’aimais énormément ton père, c’était un brave homme, dur aux premiers abords, mais il avait un bon fond. Il avait composé une potion qui avait soigné ma maladie, avec l’aide de Gamliek.
_ Gamliek est mort.
_ Ah, je l’ignorais…
J’interrogeais :
_ Quelle était cette maladie ?
_ C’était la lèpre, une lèpre encore plus dévastatrice que celle que l’on connaît.
Je regardais bien son visage, il était en effet tout noir, je croyais qu’il s’agissait de l’ombre de son capuchon mais c’était en réalité la marque de sa maladie. Il chuchota :
_ En réalité, ton père n’était pas très aimé ici, je veux parler des concurrents, des dirigeants… Et pour ta gouverne, il est vivant, il est dans les catacombes de la cathédrale ! Allons le voir si tu veux !
_ Oh oui !
Il désigna une torche :
_ Tu en auras besoin, allons y !
Il ferma la porte et se dirigea vers la cathédrale. Je le suivais. Dans l’immense église, nous descendîmes dans les abysses des fondations du bâtiment… Dans les catacombes, tout était sombre et l’humidité m’étouffait à moitié. Le Père Maxence alluma sa torche et s’arrêta, dos à moi. Comme il ne se décidait pas à avancer, je le résonnais :
_ Mon Père, qu’y a-t-il ?
Il se retourna, et dans son visage mutilé, je pu entrevoir un sourire ironique. Il éclata de rire :
_ Tu es aussi naïf que ton père…
Soudain, huit hommes en capuches noires sortirent de nulle part. Ils brandirent leurs épées sur moi, et un homme vint se placer près de Maxence.
_ Balnazar !
_ Oui, c’est bien moi.
Maxence ordonna :
_ Tuez le ! Il représente une réelle menace pour notre communauté !
D’un geste vif, je pris mon épée longue et pourfendais un homme. Je fus heureux de voir que cela produit un effet de surprise chez les autres. Malgré cela, ils s’avancèrent et commencèrent à faire pleuvoir des coups. Alors que je parais une attaque évidente, j’envoyais un coup dans le cœur d’un homme. Il en restait cinq. Un coup de taille tua un autre assassin. Un des assassins m’envoya un coup d’épée dans l’épaule. Ce fut atroce, mais je mis la douleur de côté, et je perforais l’homme d’un coup d’épée dans l’œil. Les trois derniers reculèrent :
_ On nous avait dit que ce n’était qu’un poltron !
C’est vrai, j’avais toujours été lâche et peureux, mais là, j’avais dépassé la limite de ce que je pensais pouvoir faire. Balnazar hurla :
_ Achevez le !
Ils foncèrent finalement, mais je profitais du fait qu’ils aient leurs armes brandies, pour donner un coup de taille qui trancha l’estomac de deux d’entre eux. Profitant que le dernier regardait les boyaux de leurs compagnons se vidaient, il reçut un formidable coup dans le ventre, puis une épée dans le ventre. Mon épée était tâchée de sang, tout comme mon visage, enragé. Maxence recula lentement. Balnazar tendit son arc, comme à notre première rencontre, et encocha une flèche à la pointe verte. Alors qu’il tira, je me dissimulais derrière un pilier. Je pris furtivement une épée courte sur le cadavre d’un assassin. Sur ce, je l’envoyais dans l’arc de Balnazar, qui se fendit. Il pesta :
_ Tu me le paieras cher sale chien !
Et il disparu dans les profondes catacombes. Maxence tremblait. Je lui donnais un coup de pied, ce qui le fit tomber contre un pilier, il supplia :
_ Ils m’ont forcé, je n’avais pas le choix !. ..
Tant pis pour toi Maxence, aujourd’hui, tu avais commis ta dernière erreur.