Je longeai la paroi froide et humide de la prison, puis, rampant derrière les lourdes figures de pierre de l’entrée, je m’engageai dans la ruelle la plus proche.
Au fur et à mesure de mon avancée, le sentiment de malaise qui m’avait pris à la sortie de ma cellule se renforça.
Sur la Grand Place, un terrible spectacle me glaça les sangs.
Des monceaux de cuirasses fondus jonchaient la place sur plusieurs ares. De nombreux cadavres, de soldats comme de civils, gisaient calcinés, certains démembrés, d’autres méconaissables. Une dizaine d’armures daedriques, quasiment intactes, trainaient sur le sol, vides. Seuls les casques avaient été abîmés, un trou parfaitement circulaire d’une dizaine de centimètres de diamètre les traversaient de part en part. Ainsi, même un bataillon de drémoras cuirassés avait été balayé comme un tas de feuilles mortes…Mais qui donc possédait un tel pouvoir ? Même dans les histoires les plus folles relatant de la puissance de Dagoth Ur ou de Nérévar, jamais un tel pouvoir n’avait été évoqué…
Le plus surprenant, c’était les trous dans les pavés en granit de la place . Disposés en cercle, d’environ 60mètres de diamètre, et tous à intervalles réguliers. Et au centre, les pavés semblaient avoir fondu également.
Derrière les cadavres de drémoras, étendu sur le dos, l’empereur Uriel Septim gisait dans sa toge impériale, le visage livide, un masque d’effroi lui déformant encore les traits…
Nombres de citoyens avaient déjà accouru, certains en chemise de nuit, et tous horrifiés par la scène.
J’en avait assez vu. D’un pas assuré, je me rendis à l’autre bout de la cité, pour respecter la dernière volonté d’un mourant.
La taverne était un lieu sale, ouvert jour et nuit, et on pouvait y trouver tous les bandits, assassins et surtout ivrognes de la ville. Des femmes nues dansaient sur les tables, tandis que les hommes, ivres pour la plupart dormaient par terre dans des mares de vomi, ou s’enfilaient d’énormes chopes de bière, jusqu’à être dans un état comparable à celui des autres.
Le chef de l’établissement, Maître DACK, trônait derrière son comptoir, l’air pathibulaire, les yeux jaunis par l’alcool. Ils riraient bien ses clients, s’ils le voyaient ramper devant sa terrifiante épouse Pochette, qui ne manque jamais une occasion de l’estourbir avec ses multiples rouleaux à pâtisserie !!
Je m’approchai donc de maître DACK, pour lui demander s’il savait quelque chose au sujet de la guilde des Alcooliques Anonymes. Il m’expliqua qu’au départ, cette association regroupait nombre de buveurs, qui, las d’êtres sans arrêt houspillés par leurs épouses quand ils rentraient ivres au milieu de la nuit, et qui se retrouvaient dans les catacombes de l’Ancienne ville de Cyrodil dans des bars clandestins. Ils portaient tous des cagoules, pour ne pas être reconnus par les autres. D’où le nom de l’association. Il me dit aussi qu’à une époque il en faisait partie, mais que son épouse l’ayant découvert et défoncé le crâne à coups de rouleaux, il ne pouvait pas y retourner. Mais, me dit-il, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient, depuis l’arrivée de celui qui se faisait appeler Fraros. Cet homme s’était improvisé maître de la Guilde, et l’ambiance s’était immédiatement dégradée.
Je lui demandai de quelle manière je pouvais atteindre les catacombes, mais il resta sans réponse. Réitérant ma question, il m’indiqua une petite porte au fond de la taverne.
Cette porte me conduisit à une petite cour, entièrement ceinte par les sinistres bâtiments de ce quartier, et au milieu, une épaisse dalle de pierre protégeait un passage ;
De toutes mes forces je tentai de la soulever , jusqu’à ce qu’elle cède enfin.
Une puanteur nauséabonde envahit mes narines. J’etais devant une des entrées perdues des catacombes. Lentement, je descendis l’échelle rouillée, pour arriver dans un étroit boyaux suintant…
A suivre…
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des pseudos de ce forum est complètement fortuite, cela va sans dire…