III :Quadratus
Wanda avait galopé pendant une bonne dizaine de minutes a perdre haleine avant de se décider à s’arrêter. Encore effrayé, il s’appuya sur un agro épuisé et tremblotant.
Le vagabond leva enfin les yeux pour découvrir un gigantesque cerf, dont les ramures semblaient sans fin, brouter paisiblement dans la forêt. Se sentant soudain d’attaque, Wanda s’accroupit et banda son arc, puis le relâcha. La flèche atteignit l’animal en plein cœur, et celui-ci s’effondra sans une plainte.
Le jeune homme poussa un cri de victoire, ce qui soulagea sa nervosité accumulée depuis qu’il avait vu l’Ombre. Ces terres ne pouvaient donc elles non plus former la patrie du Peuple. Il faudrait encore voyager pour enfin savourer le bonheur si longtemps refoulé.
Wanda chargea le cadavre du cerf sur Agro, et repartit vers le village. Pendant le trajet, il se sentait étrangement honteux d’avoir tué ce noble animal qui devait avoir vécu bien longtemps. Quand il arriva au village, il chassa ses regrets : « Ori n’aurait pas eu le moindres remords, alors pourquoi je devrais en avoir ? »
Il entra, mis agro dans l’enclos avec les autres chevaux, puis prit la viande et le porta jusqu’au totem.
Il sentit des regards d’admiration soudain posée sur lui. Pour l’instant, c’était lui qui avait pris la plus grosse et la plus magnifique des bêtes. Des concurrents jaloux enragèrent devant cette prise trouvé par le souffre douleur des jeunes du village.
Soudain, Wanda la vit. Ses joues s’empourprèrent soudain et il baissa la tête. A la hauteur du totem se trouvait celle qui hantait ses rêves, accompagné par le shaman de Malus, Seigneur Emon.
Mono était une jeune fille un peu moins âgé que Wanda. Elle avait un visage d’une blancheur éclatante. De longs cheveux noirs glissaient de sa tête pour atterrir à la ceinture. Elle avait des yeux marron sombre qui aspirait ses interlocuteurs comme des gouffres sans fin. Sa robe blanche cachait pudiquement ses formes légères.
Elle et sa famille était arrivé voila deux ans. La première fois qu’il l’avait vu, Wanda était tombé sous le charme. Mono et les siens avait migré de la tribu de Malus pour rejoindre le campements d’Hydrus pour d’obscures raisons. Elle se joignait peu aux autres filles, et elle passait la plupart de son temps a écouter sagement le prêtre et a apprendre a déchiffrer les textes anciens.
Au moment ou il déposa le cerf devant le Totem, il vit les yeux de la jeune fille briller. Gêné, il bafouilla quelques mots pour saluer le prêtre, et se détournât pour partir.
Dés qu’il sut qu’il était hors de vue des yeux de Mono, il bondit de joie. Ca y’est, il avait réussi a attirer son attention ! Depuis deux ans, elle ne manifestait que de l’indifférence envers lui. Mais ce midi, une porte s’était ouverte.
Il regardât d’un air hautain les autres chasseur, portants des cadavres de petits animaux qui n’avait rien avoir avec sa prise. En dernier passait Ori.
Celui-ci était un jeune homme musculeux, bien plus grand et plus fort que Wanda. Il avait des cheveux blonds délavés qui descendaient jusqu´à la nuque et des petits yeux bleus. Il portait dans ses bras un daim aussi énorme que le trophée du vagabond. Il lui jeta un regard moqueur quand il passât, mais il ne dit rien de peur d’inviter la foule à prendre parti pour l’un ou pour l’autre.
Wanda le suivit a distance. Lui et Ori ne s’aimait pas. Ce dernier, chef de la bande de gamins du village, avait délibérément exclu le chétif vagabond pour une raison oubliée de tout deux. Le gamin avait longtemps nourri une haine à son égard, surtout depuis que le blond tournait autour de Mono. Follement jaloux, il avait même été a envisager de supprimer Ori, homme de gloire et de succès alors que Wanda restait dans l’ombre.
Quand ils retournèrent au Totem, le vagabond se dirigea vers le shaman d’Hydrus, Silas, un vieillard revêche et bourru.
-Seigneur, dit Wanda, j’ai aperçu une Ombre dans la Forêt d’Opale.
-Que dit tu ? s’écria Silas. C’est terrible ! Tu est sur de ne pas avoir revê ?
-Non, elle était dans une sorte de clairière entourée de brume. Ce qui m’intrigue c’est que c’est la première fois que je la vois, et…
Il s’interrompit soudain. Le grand Shaman, le seigneur Emon, s’était levé.
-Bien. D’abords, je voudrais vous remercier, hommes et femmes, de n’avoir pas abandonnés la lutte jusqu´à aujourd’hui. Depuis des années, nous cherchons la Terre Promise, un endroit épargné par Dormin le Grand Démon et par les Ombres toujours plus nombreuses…
Deux siècles mes amis ! Notre peuple, si fier et si pur, est devenu en quatre générations seize tribus épuisées que seul l’espoir fait vivre. L’espoir, lança t-il soudain, presque en hurlant. Ce mot, qui, pour les autres survivants du Cataclysme de la venue des ombres, des peuples épargné par les Grands Démon, ne veut rien dire, est pour nous le sens même de notre existence. Nous vivons non pas pour prospérer, mais pour voir un jour notre nation resplendir a nouveaux dans toute sa gloire. Et ce jour arrivera, et j’espère qu’ici, tous, nous le verrons ensemble, comme des frères.
La tribu entière applaudit à tout rompre. Certains scandèrent le nom d’Emon. D’autres pleurèrent en silence. Le shaman avait un charisme extraordinaire, et donnait sa joie de vivre et sa hargne a tout ceux qui l’écoutaient. Wanda, lui, après avoir manifester son enthousiasme, se mit dans la file des chasseur.
Silas prit la parole.
-Bien, aujourd’hui, selon la traditions, vous tous , hommes de la tribu, êtes allés chasser dans la forêt avec une seule consigne : prendre l’animal le plus majestueux. Les sages de la tribus sont allés délibéré pour décider quelle prise est la plus belle. Je connais maintenant les résultats.
Wanda exultait, savait que son cerf était incontestablement l’animal le plus majestueux de la foret d’Opale.
-Tribu de quadratus, votre meilleur chasseur est…
Le vagabond jeta rapidement un œil sur Mono, qui écoutaient sagement le shaman.
-Le meilleur chasseur est Ori, surnommé le Fauve, pour avoir rapporté le daim le plus gigantesque que la tribu est jamais vu.
Le vainqueur monta sur l’estrade. Il salua les milles applaudissements qui l’acclamaient. Mono, les yeux brillants, le regardaient d’un air attendri.
-Nous avons hésité longuement avec le trophée de Wanda, surnommé le Vagabond, mais il fallait un vainqueur, continua Silas.
Quelques moqueries de provenance des jeunes saluérent cette remarque, et le jeune homme, blessé dans son amour propre, quittât l’assemblée pour pleurer de déception.