Lorsque nous l’avions étudié alors qu’il n’était disponible qu’en version bêta, The Division nous avait plutôt laissé une bonne impression : celle d’un titre certes gourmand en ressources matérielles, mais également très réussi visuellement, et d’une grande stabilité. Un équilibre que l’on a redécouvert avec plaisir sur la version finale, même si à l’image du cas de Far Cry Primal, nous aurions sans doute apprécié que le TPS d’Ubisoft se montre plus accessible aux joueurs modestes.
Ainsi, The Division ne réservera son rendu 3D le plus chatoyant qu’à des utilisateurs disposant au minimum d’une GTX 980, ou d’une R9 390X. En effet, le titre étant un TPS coopératif au gameplay relativement nerveux, un framerate moyen de 50 à 60 FPS restera l’idéal pour en profiter dans de bonnes conditions, et ce, à moins que vous ne puissiez vous appuyer sur des technologies annexes type FreeSync ou G-Sync. Pire ! Ce niveau de framerate que seules les cartes mentionnées vous offriront en résolution Full HD sera valable pour un préréglage graphique Ultra, qui ne sera même pas le plus exigeant. Dans ce mode de jeu, les effets Gameworks seront par exemple désactivés (ombres PCSS et HTFS, occlusion ambiante HBAO+), de même que le niveau de détails des objets et la qualité des reflets ne seront pas au maximum.

Si l’on configure vraiment The Division à son niveau de rendu le plus haut, le framerate tournera autour des 50 FPS sur une GTX 980 OC, et autour de 42 FPS, sur une R9 290X OC. A ce titre, on notera que tous les effets GameWorks seront activables aussi bien sur les cartes Radeon que NVIDIA, et qu’ils entraineront les mêmes chutes de framerate dans les deux cas. C’est plutôt une bonne nouvelle, quand on sait que la bibliothèque GameWorks est souvent montrée du doigt pour son manque d’ouverture, et sa propension à avantager une marque sur l’autre.

Et très logiquement, les constatations faites en résolution Full HD se retrouvent lorsque l’on passe à la 4K : aucune carte mono GPU ne sera en mesure de faire tourner le jeu en réglage Ultra, notre vaillante GTX 980 Ti de référence ne pouvant alors pas faire mieux que 36 FPS de moyenne. Ce qui nous amène à la question de la pertinence d’un système bi-GPU : malheureusement, à l’image de ce que nous avons déjà maintes fois constaté sur de précédentes études techniques, ni le système SLI, ni le système CrossFire ne seront pleinement satisfaisants, même si les deux fonctionnent. Ainsi, un duo de R9 290X 4 Go proposera des gains de performances de 25 à 40% selon la résolution par rapport à une carte seule, mais de nombreux éléments de décor présenteront d’importants problèmes de clignotement, de même que les microsaccades seront fréquentes (remarque : les pilotes 16.3.1 publiés recemment ne résolvent pas les problèmes de clignotement ). Côté SLI, les gains seront encore meilleurs (jusqu’à 60%), et le rendu ne souffrira d’aucun défaut, mais des problèmes de saturation mémoire apparaitront en 4K, qui feront crasher le jeu… Il faudra donc attendre que les choses se stabilisent en matière de support de pilotes, avant d’envisager l’une ou l’autre de ces solutions.
Configuration minimum officielle:
| Processeur | Intel Core i5-2400 / AMD FX-6100 (ou équivalent) |
|---|---|
| Mémoire | 6 Go |
| Carte graphique | Nvidia GeForce GTX 560 / 760 2 Go / AMD Radeon HD 7700 2 Go (ou équivalent) |
| Espace de stockage | 40 Go |
| Système d’exploitation | Windows 7, 8.1 ou 10 (64-bit uniquement) |
Configuration recommandée officielle :
| Processeur | Intel Core i7-3770 / AMD FX-8350 (ou équivalent) |
|---|---|
| Mémoire | 8 Go |
| Carte graphique | Nvidia GeForce GTX 970 / AMD Radeon R9 290 (ou équivalent) |
| Espace de stockage | 40 Go |
| Système d’exploitation | Windows 7, 8.1 ou 10 (64-bit uniquement) |
The Division met donc nos configurations PC à rude épreuve à son niveau de rendu le plus haut, mais est-il capable de s’adapter à des machines plus modestes ? Sans surprise, pas vraiment. Certes, et comme l’indique nos mesures, le jeu tournera sur une carte graphique d’entrée de gamme récente, type GTX 950 2 Go ou R7 370 2Go (2 modèles disposant d’un score de 8000 à 8500 points sur le référentiel 3DMark). En revanche, il faudra se contenter d’un préréglage graphique Bas, pour un framerate autour des 60 FPS. Sur des GPU moins performants, l’expérience se dégrade rapidement : 45 FPS pour une R7 360 2Go (score 3DMark : 6500 points), 32 FPS pour une GTX 650 Ti 1 Go (score 3DMark : 4820 points)… On signalera d’ailleurs à ce propos que les spécifications en la matière publiées par Ubisoft ne sont pas des plus claires. Ces dernières proposent ainsi en guise de minimum requis, non pas un mais deux GPU NVIDIA (GTX 560 et 760), et qui plus est, en les considérant comme étant de même valeur, alors qu’on en est loin. Dans le même esprit mais côté AMD, une Radeon HD 7770 nous paraît un peu sous dimensionnée pour faire face à un jeu qui est gourmand, et dont le gameplay nécessite un certain niveau de fluidité. Finalement, et pour en finir avec cette partie GPU, une carte graphique capable d’afficher un score 3DMark 11 de 6500 points nous paraît un minimum, sachant que pour du 60 FPS, il faudra plutôt tabler sur 8500 points.


Et pour ce qui concerne la consommation mémoire, ou le CPU, nous demanderez-vous ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, pour un titre qui est à la fois multijoueur, très ouvert et aussi beau, la demande en puissance sur ces autres composants restera très mesurée. The Division pourra ainsi très bien se contenter d’un processeur capable de traiter 4 threads et de 4 Go de mémoire, avec les options graphiques au minimum, évidemment. Pour jouer en Ultra, il faudra plutôt un vrai CPU 4 cœurs, et 8 Go de RAM. Certes, le process du jeu a tendance à s'étendre, mais la gestion de mémoire avec cette quantité embarquée n'a posé aucun problème. Quant au CPU, les performances du jeu ne semblent pas du tout être affectées (ou très peu) par ses limites. Ainsi, sur notre configuration de référence, le framerate est resté identique, que l’on soit sur 4, 6 ou 12 cœurs, de même que la fréquence de l’horloge n’a pas eu d’influence. Par contre, le jeu ne tournera pas sur un CPU 2 cœurs (c’était déjà le cas de la version bêta du jeu), et les temps de chargement se sont montrés extrêmement longs sur une configuration intégrant un CPU double cœur + hyperthreading.

Evolution de la charge CPU selon le nombre de coeurs (4 / 6 / 6+HT)

Enfin, terminons en précisant quelques points annexes : le jeu ne posera pas de problème sur des configurations portables équipées d’un système Optimus. Nous n’avons pas constaté de différence de comportement entre Windows 8.1 et Windows 10. Et ceux qui voudront régler au mieux leurs options graphiques disposeront d’un benchmark intégré, afin de leur faciliter les choses (notez que nous avons toutefois préféré réaliser nos mesures sur de vraies sessions de jeu). Les réglages graphiques, ce sera justement l’objet de la page suivante, et vu la longueur du menu que les équipes de Massive vous ont préparé, sa consultation ne sera sans doute pas un luxe.